Le Congrès du Lanka Sama Samaja Party
(Section cinghalaise de
En juin 1950 avait eu lieu l'unification des deux partis qui, à Ceylan, se revendiquaient de la IV° Internationale. En février 1951 s'est tenu le Congrès de l'organisation unifiée.
La situation politique à Ceylan a fait l'objet principal des travaux du Congrès. Le document relatif à cette question commence par observer que le gouvernement du parti bourgeois UN.P. qui avait bénéficié en 1948 de «l'indépendance » obtenue par Ceylan dans le Commonwealth britannique a vu sa position auprès des masses se détériorer. «Non seulement les ouvriers et les masses paysannes, mais aussi une fraction des classes moyennes... désirent nettement la fin du gouvernement de l'U.N.P.». Les raisons en sont que les conditions d'existence se sont aggravées, la vie et les logements sont devenus plus chers. le chômage s'étend, le marché noir sévit.
la IV* Internationale) taux posés aux masses cinghalaises par la destruction du capitalisme et la construction du sociaiisme en coopération avec la classe ouvrière internationale».
Le parti dénonce les mots d'ordre stalinien de «front national», « front populaire », et leurs variantes qui visent à « remplacer I'U.N.P. proimpérialiste par un autre gouvernement capitaliste « ami » de l'U.R.S.S. et non à briser le pouvoir d'Etat capitaliste »; mais «la conscience politique encore arriérée des grandes masses peut faire d'elles une proie aux illusions semées par les staliniens».
Le mot d'ordre d'un « Gouvernement ouvrier et paysan samasamaja », destiné à déjouer les mancœuvres staliniennes et à dresser les masses contre le gouvernement de l'U.N.P. « n'est pas, déclare la résolution, un gouvernement du L.S.S.P. mais un gouvernement composé non seulement du L.S.S.P. mais aussi de toutes les autres formations qui voudront se joindre à lui pour former un gouvernement anti-capitaliste ouvrier et paysan avec un programme défini». Le L.S.S.P n'est nullement opposé au front unique avec le P.C. de Ceylan ou toute autre organisation ouvrière, sur des questions concrètes, mais seulement à une action « commune » avec le P.C. sur son programme de substitution d'un gouvernement capitaliste à un gouvernement capitaliste. • Le L.S.S.P. met en avant le programme suivant et est prêt à s'entendre avec toute organisation ouvrière pour sa réalisation :
1) Réelle indépendance à l'égard de l'impérialisme. Démocratie ouvrière.
Rupture de tous les liens constitutionnels avec l'impérialisme. Abrogation de tous les accords inégaux.
Etablissement d'une république indépendante ayant une constitution démocratique qui garantisse complètement les droits politiques des travailleurs et leur permette de participer totalement et librement au gouvernement du pays.
Destruction de tout l'appareil administratif capitaliste.
Formation d'organisations de masse dans tous les domaines pour défendre les intérêts des masses contre leurs ennemis. Armement du peuple.
Défense des droits de toutes les minorités. Développement du gouvernement local. Emploi des langues nationales dans l'administration. Droit de vote à 19 ans.
Depuis qu'il a remplacé les l'impérialisme britannique, ment de l'U.N.P. a montré et sa répression qu'il était autorités de le gouvernepar ses lois le représentant des grands propriétaires et des patrons. En outre la corruption de l'administration gouvernementale s'est développée. Enfin même sur le plan de «l'indépendance » le gouvernement a montré par sa politique extérieure qu'il restait un instrument de l'impérialisme.
« En ce moment, déclare la résolution, IU.N.P. n'a pas décidé les grandes lignes de sa politique et il est forcé d'exécuter diverses manœuvres temporaires, utilisant toutes les armes à sa disposition pour parer aux poussées des masses. L'indécision du gouvernement se reflète partiellement dans les divergences et querelles qui, publiquement, troublent l'unité du parti dirigeant. La question principale posée par la situation et la politique du gouvernement à l'égard des masses est la suivante: le gouvernement sera-t-il capable de gagner du temps pour se consolider et établir ses plans, ou bien les masses prendront-elles l'initiative. bouleversant les fondements du pouvoir de TU.N.P. avant que celui-ci ait pu achever de préparer ses plans.»
Il en résulte que «la tâche principale du Parti est la préparation des masses et en particulier de la classe ouvrière pour la destruction du régime de PU.N.P. et linstauration d'un gouvernement ouvrier et paysan samasamaja qui seul peut faire face aux problèmes fondamen-
2) Indépendance par rapport à la politique de puissance des deux blocs.
Politique extérieure indépendante basée sur lopposition à l'impérialisme sous toutes ses formes.
Pas de capitulation devant la politique de puissance de la bureaucratie du Kremlin.
Défense de l'Union Soviétique et de la Yougoslavie en tant qu'Etats ouvriers contre toute attaque impérialiste. Solidarité avec les prolétaires de tous les pays.
Association fraternelle et soutien des mouvements nationalistes du Sud-Est asiatique et des autres pays capitalistes.
3) Eerasement du grand capital.
Etablissement immédiat du contrôle ouvrier dans tous les établissements industriels et lieux de travail. Liberté entière aux syndicats.
Nationalisation des grandes industries et des plantations.
Confiscation des avoirs impérialistes à Ceylan y compris ceux des banques.
4) Suppression de la pauvreté rurale.
Remise aux paysans de toutes les terres cultivées par eux.
Garantie aux prix agricoles. Semences et engrais gratuits aux paysans.
Soutien des coopératives agricoles.
Nouvelles entreprises agricoles sous un contrôle de masse. Fin du chômage rural partiel et total par développement de l'industrie.
5) Impôts sur les riches et non sur les pauvres.
Impôts progressifs sur les revenus dépassant 500 roupies par mois s'élevant à 100 % pour tout revenu dépassant 2.000 roupies par mois.
Abolition de tous les impôts sur les aliments et produits nécessaires à la population.
6) Elévation du niveau de vie des travailleurs.
Plein emploi et semaine de 40 heures. Echelle mobile des salaires avec un minimum garanti et augmentation de 100% en raison de l'augmentation de l'indice des prix depuis 1939.
Contrôle rigoureux des prix de tous les produits de première nécessité, y compris les aliments, les vêtements, etc., par les organisations de masse. Un programme national de logement.
Assurances nationales couvrant la vieillesse, la maladie, le chômage.
Instruction réellement libre, Services médicaux et sanitaires adéquats.
7) Un plan de développement national.
Développement général de l'économie nationale sur la base d'un plan socialiste.
Le L.S.S.P. développera particulièrement ce programme à l'occasion des prochaines élections. Il luttera au cours de celles-ci pour obtenir une majorité parlementaire, en soulignant toutefois qu'une majorité parlementaire ne pourra donner véritablement un gouvernement ouvrier et paysan que si les masses, par leur propre action, assurent la réalisation de toute législation.
Argentine
Une grande victoire des cheminots argentins
La grève des cheminots argentins a été pour la classe ouvrière du pays un des evenements les plus importants des derniers mois. Elle constitue en outre la synthèse de l'expérience faite par le prolétariat argentin dans ses mouvements et ses victoires des dernières années.
Au début de novembre 1950, la catégorie la plus défavorisée des travailleurs du rail se mit en grève pour obtenir notamment une échelle mobile de salaire allant de 550 à 700 pesos argentins. Ces cheminots avaient pendant deux ans attendu vainement que leur direction syndicale oblige l'Etat, propriétaire des chemins de fer, a leur accorder une aug mentation de salaire. Poussés par le mécontentement, ils déclenchèrent la grève afin d'arracher leur revendication par leur action de classe. D'autres cheminots grossirent les rangs des grévistes, et ce fut par la suite la grève de tout le personnel.
Le mouvement commencé dans l'entreprise des chemins de fer General Roca, 54 entraîna tous les cheminots du pays, sauf ceux des petites entreprises de moindre importance.
L'arrêt fut donc total. La population se heurta à de nombreuses difficultés pour se déplacer, notamment des milliers d'ouvriers et d'employés n'ayant d'autre moyen de circulation que le chemin de fer. Pour prendre les bus, il fallait faire la queue pendant des heures. Mais la population en général, loin d'incriminer les grévistes, approuvait leur mouvement. Les commentaires quotidiens étaient dominés par la situation créée par la grève, et on disait partout: « Ils ont raison; aucune famille ouvrière ne peut vivre avec 300 pesos par mois. »
L'Union Ferroviaria (syndicat groupant tous les cheminots, exception faite des chauffeurs qui sont organisés dans la Fraternidad Ferroviaria) voulut briser le mouvement gréviste qu'elle condamna et approuva les mesures prises par le ministre des transports: il était question d'une grève « illégale », de l'arres-
QUATRIEME " I N tation des grévistes qui seraient forcés de reprendre le travail avant toute discussion de leurs revendications.
Mais les grévistes ne reculèrent pas. Ils firent la sourde oreille à un discours dans lequel le ministre, après les avoir accusés d'être des agents communistes et de « l'oligarchie » (fraction pro-impérialiste de la bourgeoisie), leur ordonna en tant que ministre de reprendre le travail à minuit sous peine d'être congédiés. Personne ne rentra au travail. Aux appels de cesser la grève « pour le bonheur de la patrie », etc., les cheminots répondirent par un élargissement du mouvement qui s'étendit alors aux ateliers de tout le réseau.
L'esprit combatif des cheminots a été extraordinaire. Le mouvement a eu pour la classe ouvrière argentine une importance capitale pour les raisons suivantes:
1. - En face d'une direction traîtresse et discréditée, les grévistes se sont, au cours de leur mouvement, donné leur propre direction. Celle-ci a regroupé les représentants ou les délégués de comités de grève détachés de la bureaucratie. Elle était composé d'ouvriers péronistes et d'autres tendances et se constitua en Comision Consultativa de Emergencia. Elle dirigea la grève, convoqua des assemblées, diffusa des communiqués pour informer les cheminots et la population du développement du conflit; enfin elle fut reçu par le ministre des transports et Peron qui voulaient arriver à un règlement. Bien que la Comision de Emergencia ait parfois été encline à la conciliation, reflétant ainsi les illusions du prolétariat envers « l'ouvriérisme » de Peron, elle a été l'expression jusqu'à présent la plus avancée de la direction de la classe dont les ouvriers ont besoin. Le gouvernement lui-même s'est vu contraint d'engager des pourparlers avec cette commission qui n'avait aux dires des gouvernants aucune autorité.
Quant à la commission dirigeante en titre, elle n'a pas compté pour les ouvriers, si ce n'est qu'elle a joué ouvertement un rôle traître en aidant la police dans la fermeture des syndicats des cheminots, ce qui obligea les grévistes à tenir leurs assemblées dans la rue, assemblées que ces dirigeants traitres essayèrent même d'empêcher par l'intermédiaire des flics. Cependant, cette commission dirigeante fut bien obligée de reculer devant la fermeté des cheminots.
=- Le trait le plus saillant de l rève a été l'indenendance dn monve ment vis-à-vis du gouvernement et de la bourgeoisie. Pour la première fois en Argentine, une grève d'envergure a déflé non seulement l'impérialisme et ses agents mais aussi la bourgeoisie argentine elle-même. Quant à la politique « ouvriériste » du gouvernement Peron, elle s'est montrée en l'occurence dans toute sa nudité; loin d'accorder aux cheminots ce qu'ils demandaient, le gouvernement s'est engagé dès le début dans la répression du mouvement. Ceci cons
TERNATIONALE titue pour les cheminots et l'ensemble de la classe ouvrière argentine une expérience fondamentale.
3. - Une situation contradictoire est done apparue. En effet, on a vu les ouvriers bravant le gouvernement Peron, cependant que le prolétariat argentin, sauf ses éléments les plus avancés, soutient encore Peron. La contradiction n'est que formelle. Si les ouvriers ont jusqu'ici soutenu Peron, c'est parce que celui-ci, profitant de l'absence d'un parti révolutionnaire, sut canaliser en sa faveur les mobilisations des masses en accordant aux travailleurs des gains substantiels et non parce que Peron se serait montré habile ou démagogue. Mais au fur et à mesure que le secteur nationaliste représenté par Peron se voit dans l'impossibilité de faire de nouvelles concessions aux ouvriers, ceux-ci s'orientent vers des actions de classe indépendantes. Ce n'est que l'absence d'un parti prolétarien qui fait qu'un tel processus soit lent et s'opère par bonds. Un de ces bonds et non le moindre a été la grève des cheminots.
Nous ne pouvons entrer dans le détail du mouvement. Bornons-nous à dire que les cheminots ne reprirent le travail que lorsque l'Etat s'engagea à leur accorder entière satisfaction. Mais quand ils constatèrent que le gouvernement ne respectait pas ses propres promesses, ils débravèrent à nouveau aussi résolument qu'ils l'avaient fait le premier jour.
Cette deuxième phase de la lutte dura trois jours. Elle se termina par la vietoire complète des grévistes, l'Etat ayant cédé à leurs revendications. On a même vu les cheminots de Junin (province de Buenos Ayres) ne reprendre le travail qu'après la libération de deux camarades arrêtés par la police. La grève finie, la Comision de Emergence voulut s'emparer du syndicat des cheminots. Une manifestation composée de milliers de travailleurs du rail se mit en marche vers le siège central de l'Union Ferroviaria pour en prendre possession, mais la manifestation fut brutalement dispersée par la flicaille. Le lendemain, la C.G.T. mit la main sur le syndicat, les agents du gouvernement qui sont à la direction de la C.G.T. empéchèrent ainsi les cheminots de se donner libremant leur direction. Maintenant que leur syndicat est sous la mainmise de la C.G.T., ils luttent à l'intérieur pour y imposer leur direction. La Comision de Emergencia continue à fonctionner pratiquement et elle s'est acquise la confiance des travailleurs.
Le groupe Cuarta Internacional a, pendant la grève, publié deux manifestes au prolétariat argentin pour aider à la généralisation de l'expérience des cheminots. La faiblesse numérique du G.C.I. n'a pas permis une large diffusion de ces manifestes, mais ils ont été connus des ouvriers de plusieurs industries. Aucune autre organisation ouvrière ne s'est fait l'écho de ce mouvement gréviste.
(Transmis par le Groupe argentin G.C.I.) 55
E
EME
T
R
France
La Conférence
En juillet 1950, un petit groupe de militants syndicaux lançait un journal -«l'Unité » - dans lequel ceux-ci défendirent la nécessité de l'unité du mouvement syndical dans le cadre de la démocratie ouvrière, comme un moyen essentiel de combat et de victoire de la classe ouvrière.
Les initiateurs de ce journal convoquérent à Paris une conférence le 25 février dernier. A celle-ci assistèrent plus de 300 travailleurs dont un certain nombre était des délégués de groupes et même d'organismes syndicaux. Il y avait des travailleurs de toutes les industries : métallos, mineurs, cheminots, produits chimiques, employés, métro, postiers, fonctionnaires, instituteurs... De nombreuses régions de province étaient représentées : Nord, Est, Lyon, SaintEtienne, Caen, Hérault, Marne, LoireInférieure, Finistère... Il y avait des membres de la C.G.T., de la C.G.T.-F.O., (réformiste) de la C.F.T.C. (chrétiens), de la C.N.T. (anarchiste), des syndicats autonomes, des exclus, des inorganisés. Du point de vue des tendances précisées, si certains délégués avaient des couleurs politiques, la plupart n'avait aucune affiliation définie.
La discussion se poursuivit toute une journée sur la question de l'unité d'action. Pour la première fois en France depuis des années, on assista à une véritable controntation libre, democratique, d'opinions diverses, même très opposées. On vit défiler à la même tribune des orateurs hostiles à l'unité d'action avec les orga-
Le mécontentement des masses britanniques contre le programme de réarmement du gouvernement travailliste et l'aggravation en résultant des conditions d'«austérité», la montée des prix et la rareté en produits de consommation croît constamment. Au cours du dernier mois, la révolte contre la politique de Transport House (siège de la direction travailliste), a commencé à prendre une forme organisée et de vastes proportions à la base du Labour Party et des syndicats.
Le Socialist Fellowship, qui est l'organisation la plus conséquente de l'aile gauche dans le Labour Party, a pris la direction de ce mouvement anti-guerre. Sous ses auspices, s'est tenue à Londres le 25 février une conférence très représentative de délégués de groupes du 56 de « l'Unité » nisations contrôlées par les staliniens et des orateurs influencés par la politique stalinienne. La tenue d'une telle conférence hors des cadres dans lesquels les vieilles directions tiennent les travailleurs (dont la majorité est actuellement non syndiquée, en raison des expériences depuis la « Libération ») est en soi un succès. La conférence a pris des dispositions pour que le mouvement lancé l'an dernier soit poursuivi avec plus de vigueur.
Mais la conférence de «l'Unité» est aussi - sous une forme tout à fait particulière parmi les militants syndicaux — l'expression de la recherche encore très indécise et très confuse de larges couches ouvrières vers une politique dégagée du contrôle des vieilles directions. De multiples interventions ont montré comment, a la base — dans tel atelier, dans tel dépôt de chemin de fer, dans telle entreprise, dans telle ou telle lutte. - les travailleurs veulent agir unis et comment ils cherchent à réaliser une unité d'action qui ne soit pas à la merci des manœuvres des appareils syndicaux.
La conférence de «l'Unité» a confirmé ouvrière de France est encore sous le que, si la grande majorité de la classe contrôle des staliniens, il existe désormais une minorité non négligeable qui est hostile aux vieilles directions et cherche à donner à toute la classe ouvrière le moyen d'agir et de lutter exelusivement pour ses intérêts et non au profit de Wall Street ou du Kremlin. Labour Party, d'organisations syndicales et coopératives et de la Jeunesse du Labour Party. Elle se prononça pour un clair programme de lutte contre la guerre et lança un appel pour la tenue d'une autre conférence dont l'objet serait de lancer un mouvement pour imposer aux dirigeants travaillistes la convocation d'un Congrès national extraordinaire du Labour Party, où la politique extérieure du gouvernement serait soumise à la discussion et aux votes de la base du parti.
Sous le slogan « Pas de guerre, pas de coalition », la seconde conférence s'est tenue le 18 mars à Holborn Hall, Londres. 111 délégués y représentaient 71 organisations. Les délégués provenaient de 10 organisations de districts du Labour Party, 18 de groupes locaux, 10 de groupes de jeunes, 4 de conseils syndicaux
Grande-Bretagne
La lutte dans le Labour Party contre le réarmement et la guerre
Grande-Bretagne
La lutte dans le Labour Party contre le réarmement et la guerre
QUATRIEME 1 locaux, 20 de sections syndicales, 1 d'une région de fédération syndicale, 7 de groupes du Socialist Fellowship. L'assemblée décida de lancer une campagne pour demander la tenue d'un congrès extraordinaire du Labour Party et élut un comité représentatif pour diriger le travail.
A cette conférence, une partie importante de la discussion fut consacrée à l'attitude prise par le groupe « Victory for Socialism » dirigé par des parlementaires comme Fenner Brockway et Silverman qui ont soutenu d'une manière critique la politique extérieure du gouvernement et qui cherchent maintenant à tirer profit du sentiment anti-guerre qui existe dans le L.P. Ce groupe s'est opposé à la revendication d'un congrès extraordinaire sous prétexte qu'un tel congrès serait dominé par le vote massif des syndicats en faveur de la direction. Ce groupe a décidé en conséquence de convoquer lui-même une conférence nationale composée seulement des sections du L.P. et d'où seraient en fait exclus les syndicats. Le sentiment très net de la conférence du 18 mars était qu'un tel plan serait à la fois dangereux et vain.
D'une part, il fournit à Transport House l'occasion de dénoncer la conférence convoquée par le groupe « Victory for Socialism » comme une tentative de division du Labour Party et, en conséquence, de prendre des mesures qui pourraient sérieusement nuire à un mouvement de gauche contre la guerre. En fait, le comité exécutif du L.P. a déjà adressé une mise en garde aux parlementaires qui se sont associés à cette tentative.
D'autre part, une conférence des seules sections du L.P. serait tout à fait incapable de battre la bureaucratie fortement organisée du parti et des syndicats, et de l'obliger à changer de politique extérieure. L'opposition de la majorité des sections du Labour Party à la politique extérieure est fort connue et s'est manifestée au dernier congrès. Mais sans un soutien substantiel des syndicats, ces sections restent une minorité incapable de faire passer leur programme dans le parti.
La nouvelle opposition anti-guerre dans le pays diffère de celles du passé par le fait qu'aujourd'hui la politique extérieure
Le Congrès de fondation du
Les 24 et 25 mars, dans la vieille ville de Worms, s'est tenu le Congrès de Fondation de IU.A.P. Parti Ouvrier Indépendant d'Allemagne. Ce Congrès représente un point tournant dans la situation de la classe ouvrière allemande, dont les conséquences ne manqueront
NTERNATIONALE se trouve étroitement liée à la politique intérieure. Le mécontentement des travailleurs au sujet de la détérioration des conditions de vie occasionnée par le programme de réarmement, transporte la lutte contre la politique extérieure directement au sein des syndicats et permet de mobiliser ceux-ci contre la politique de Transport House. Un signe très net d'une telle possibilité est donné par le fait que le syndicat des métaux, fort de 800.000 membres, s'est prononcé pour un congrès extraordinaire du parti.
La conférence du 19 mars a décidé de faire tout le possible pour éviter une division du mouvement contre la guerre et d'appeler le groupe « Victory for à joindre campagne extraordinaire qui seul peut obtenir un changement de politique. La campagne ellemême est engagée; des appels ont été adressés à toutes les organisations adhérentes au Labour Party.
Ces développements nouveaux dans le L.P. ont surpris les staliniens qui sont sans politique. Quelques semaines auparavant, Harry Pollitt, le chef du P.C. britannique, avait proposé un congrès extraordinaire du Labour Party, dans lequel la majorité qui soutient la direction serait surmontée en remplaçant le •système de vote massif actuel par un système dans lequel chaque délégué n'aurait qu'une voix. Le Daily Worker fit campagne pour cette revendication comme « la revendication de l'heure » jusqu'à la tenue de la conférence du Socialist Fellowship. Alors il la cessa brusquement, évidemment parce que les staliniens n'ont pas d'influence dans le Socialist Fellowship qu'ils considèrent comme « teinté de trotskysme ». Ils ignorent s'ils doivent ou non soutenir le mouvement croissant de l'aile gauche.
Dans cette situation, Socialist Outlook, . le mensuel politiquement proche du Socialist Fellowship, mène campagne pour obtenir 5.000 nouveaux abonnés afin de passer à une parution hebdomadaire et renforcer ainsi la lutte contre le programme de réarmement. Le Socialist Fellowship a également publié une brochure intitulée « Une politique extérieure socialiste - l'alternative à la guerre et au réarmement». Une autre brochure, « Des logements pour le peuple », va bientôt sortir. Parti Ouvrier Indépendant point de se faire sentir dans le mouvement ouvrier de toute l'Europe.
La défaite qu'Hitler infligea au prolétariat allemand en 1933, à la suite de la politique criminelle des dirigeants réformistes et staliniens, modifia la conjoncture de toute la classe ouvrière interna-
Allemagne
Allemagne
LINS tionale. L'Allemagne qui, par sa puissance industrielle, les capacités techniques et organisationnelles de son proléfariat, la puissance et la tradition marxiste de son mouvement ouvrier, avait été pendant une longue période un des centres de la révolution prolétarienne, devint brusquement la forteresse principale de la contre-révolution. Une période de défaites successives s'ouvrit pour la elasse ouvrière internationale, entraînant la deuxième guerre mondiale. Au cours de cette guerre, les conditions matérielles d'un relèvement du prolétariat allemand furent détruites par la sauvagerie des opérations militaires qui entraînèrent une décomposition complète de la vie industrielle organisée. Ainsi, aux blessures profondes infligées à la classe ouvrière allemande par les défaites passées et la dictature nazie, s'ajoutèrent coup sur coup les blessures de la guerre, de la défaite, de l'occupation, de la division du pays et de l'incroyable dégradation subie par toute la population laborieuse pendant les années de famine 1945. Il n'est done pas étonnant que le mouvement ouvrier ne connut aucune reprise véritable dans ces conditions, et que la première vague révolutionnaire déferlant sur l'Europe entre 1943 et 1947 affaiblie considérablement par la passivité de la classe ouvrière allemande.
Le réveil de la classe ouvrière allemande, par suite d'un fonctionnement normal de l'industrie et de lapparition sur la scène politique d'une nouvelle génération de prolétaires n'ayant pas connu la défaite de 1933, bouleverse de fond en comble la situation sociale sur le vieux continent. Le centre de gravité de la lutte ouvrière se déplace à nouveau vers le pays qui compte le plus grand nombre d'ouvrier industriels. Nous ne sommes qu'au début de cette évolution. Mais il est logique que la constitution d'un parti de classe du prolétariat se soit produite parallalèlement au réveil de la classe dans son ensemble. Les partis ouvriers traditionnels ont largement perdu leur crédit dans les masses allemandes. Les militants chevronnés ne leur pardonnent pas leur responsabilité dans la défaite de 1933; les jeunes ne se sentent pas attirés vers ces appareils au service des puissances d'occupation. Longtemps, classe ouvrière resta amorphe et passive et n'intervint point dans la vie des organisations, abandonnées aux seuls fonc tionnaires. Dès qu'elle se réactivisa, elle exigea un nouveau parti, conforme à ses aspirations et à ses intérêts propres. Si IU.A.P. est resté, jusqu'à ce jour, une organisation encore fort modeste, c'est que l'activité de la classe ouvrière allemande n'a fait que les premiers pas sur la voie re la lutte ouverte.
Le Congrès de fondation de l'U.A.P. a reflété tous les facteurs contradictoires qui déterminent la situation actuelle du prolétariat. Parmi les 142 délégués mandatés par 75 sections se trouvaient une soixantaine de jeunes militants n'ayant que de vagues souvenirs de la période préhitlérienne. Leurs niveau politique était en général fort bas; d'autant plus
: 8 remarquable était leur esprit, leur combattivité et leur enthousiasme. Une cinquantaine de délégués par contre avaient plus de 45 ans; nombreux étaient ceux de cette génération qui ont participé aux luttes héroïques du prolétariat allemand après la première guerre mondiale. Ils possèdent l'expérience et la formation théorique qui manquent aux jeunes, mais ils n'ont pas encore, en attendant de nouveaux combats victorieux, regagné pleine confiance dans le destin de leur classe. Entre ces « jeunes » et ces « Vieux » s'intercalent de rares délégués de la « génération perdue », celle dont la jeunesse se place sous la domination nazie et qui a senti plus que les autres tout le poids de la défaite.
Le réveil de la lutte ouvrière en Allemagne est la cause générale de la constitution de l'U.A.P.; mais sa cause immédiate réside dans l'accentuation de la crise du stalinisme qui s'est produite dans pays depuis 1949. Une centaine de délégués mandatés, ainsi que de nombreux délégués fraternels et invités, étaient des militants récemment exclus du P.C. allemand. Certains d'entre eux y avaient occupé des postes élevés; tels Georges Fischer, président de l'U.A.P., qui fut membre du secrétariat du P.C. en Bavière; Latzke, qui fut membre du Reichstag pour le P.C.; Joseph Schappe, qui fut rédacteur en chef-adjoint de l'organe central du P.C. D'où les possibilités de développement réel que possède le nouveau parti dans les milieux ouvriers communistes. D'où la fureur des bureaucrates staliniens qui n'ont négligé aucun moyen pour empêcher ou entraver l'organisation de ce Congrès. Après avoir couvert les murs de Worms d'inscriptions calomniatrices, ils menacèrent congressistes d'une « mobilisation générale » de la jeunesse stalinienne de toute la région — plan qui ne fut pas exécuté, et pour cause! Ils se rabattirent finalement sur un assaut d'une vingtaine d'hommes de main, qui furent rapidement jetés hors de la salle par les congressistes, et sur l'utilisation d'un provocateur parmi les délégués
Congrès, dont les congressistes se débarrassèrent non moins rapidement. Dès la fin de ces incidents, le Congrès put siéger en paix et discuter toutes les questions dans un parfait ordre, malgre de ire.
quents debats passionnés.
Les opinions politiques qui se sont affrontées dans les discussions du Congrès sont encore fort disparates. L'U.A.P.
apparaît, au moment de sa fondation, comme un vaste creuset dans lequel se mélangent pas mal de vieilles déceptions et d'illusions nouvelles. A côté de multiples délégués exprimant un point de vue de classe, conforme aux principes du marxisme révolutionnaire, d'autres se firent partisans d'idées révisionnistes et confuses. Sur le caractère et l'activité du nouveau parti, sur l'estimation de
IU.R.S.S. et du stalinisme, sur les perspectives et la signification historique des révolutions coloniales et de la révolution chinoise en premier lieu, d'importantes divergences existent parmi les militants de base et les dirigeants de l'U.A.P. Ce phénomène n'est que le reflet normal du stade initial de reprise de conscience de classe dans lequel se trouve le prolétariat allemand. Pendant toute une période, la tâche essentielle des militants révolutionnaires de T'U.A.P., au premier rang desquels il faut mentionner les trotskystes allemands qui en font partie, sera de communiquer et de faire assimiler à tous les membres de l'U.A.P. au moyen de leur propre expérience l'expérience internationale du mouvement ouvrier, qui permet aujourd'hui de formuler la position de classe sur les questions litigieuses avec un maximum de précision. Cette tâche, l'avant-garde révolutionnaire dans l'U.A.P. saura la mener à bien.
En raison de l'hétérogénéité du congrès et de l'U.A.P., les décisions politiques et organisationnelles ont été prises sous le signe du compromis. Le Congrès n'a pas adopté de programme, mais a chargé la direction nouvelle d'en élaborer un projet. Il s'est borné à l'adoption de Thèses et principes d'orientation présentées au Congres au nom de la commission de programme par Wolfang Leonhard et produites à la suite de longues et laborieuses discussion souvent orageuses au sein de cette commission. Malgré leurs insuffisances évidentes, notamment en ce qui concerne la caractérisation de l'UR S.S. et du stalinisme et la définition des tâches dans la lutte contre la guerre, ces Thèses peuvent permettre une première clarification politique. Leur position sur les questions allemandes est en général correcte. Ceci apparut du rapport sur la situation politique allemande faite par Joseph Schappe, ridacteur en chef de Torgane hebdomadaire du parti Freie Tribüne, ainsi que de la discussion qui s'engagea à cette occasion direction de s'engagea à cette occasion. Le Congrès a élu une 29 membres, où sont représentées toutes les opinions politiques qui apparurent au Congrès. Cette direction a élu à son tour un secrétariat de 9 membres, qui désigna en son sein comme président et secrétaire politique du parti, le camarade Georges Fischer; comme secrétaire général, le camarade Wolfang Geese; comme secrétaire d'organisation, le camarade Georges Jungelas; comme rédacteur en chef du journal, le camarade Joseph Schappe; comme responsable à l'éducation, le camarade Wolfang Leonhard. Les tâches immédiates du nouveau parti se dégagent clairement du Congrès.
NTERNATIONALE Ce sont: la clarification politique, la consolidation organisationnelle et la prolétarisation du jeune narti. La classe ouvrière allemande ne peat être traitée en mineure. Son immense expérience la rend fort méfiante envers toute organisation dont le caractère politique n'apparaît pas nettement dans toute son activité. Malgré toute la bonne volonté dont ont fait preuve jusqu'à maintenant les dirigeants de l'U.A.P., ils n'ont pas encore réussi à se présenter devant l'opinion publique avec une physionomie politique absolument nette et précise. L'immense écho obtenu par ce Congrès de fondation (17 journalistes présents en permanence, de multiples commentaires de la presse étrangère, de nombreux reportages de la radio et même des actualités cinématographiques) rend la clarification politique d'autant plus nécessaire, sinon l'U. A.P. risque de gagner seulement des éléments arriérés et même douteux et avant-garde ouvrière des usines et des mines. La consolidation organisationnelle s'impose, là où le Congrès a montré que le nombre de militants effectivement recruté est encore très inférieur au nombre de militants touchés, intéressés et attirés par l'U.A.P. Le nombre relativement peu élevé de travailleurs effectifs au Congrès et les assises encore faibles de l'U.A.P. dans les usines, font de la prolétarisation une tâche urgente, sans laquelle le nouveau parti ne pourra pas Jouer le rôle qui lui incombe. Mais une politique de classe tranchée et l'introdustion de mithodes d transonne cori duction de méthodes d'organisation cormouvement ouvrier allemand apparaissent comme les conditions évidentes pour mener à bien cette prolétarisation de T'U.A.P. (
Les nombreux télégrammes d'organisations étrangères, parmi lesquelles de multiples organisations trotskystes, adressés au Congres, montrent que TU.A.P. a déjà commencé à renouer avec la tradition internationaliste de la gauche allemande. L'aide et la critique fraternelle du mouvement ouvrier international lui sont indispensables pour progresser sur la vole juste. D'autant plus nécessaire est-il de saluer d'abord le jeune parti de classe du prolétariat allemand de la façon la plus chaleureuse et d'exprimer l'espoir qu'il rallumera, au cœur de l'Europe, la flamme de Spartakus et de la révolution socialiste.
M. BLANCHARD.
Au moment de tirer ce numéro nous parviennent les informations suivantes :
ETATS-UNIS. — A Los Angelès, Myra Tanner Weiss, candidate du Socialist Workers Party (trotskyste) au Conseil de l'Enseignement de cette grande cité industrielle de la côte ouest, a obtenu, après avoir mené une ardente campagne de lutte contre la guerre, 18.569 voix, soit plus de 6% des suffrages.
SUISSE. — Le 18 mars s'est tenue à Zurich une Conférence convoquée par la Proletarische Aktion, à laquelle assistèrent des militants provenant de la socialdémocratie et du stalinisme. Ils décidèrent de travailler à la constitution d'un parti révolutionnaire, et de commencer en menant campagne aux élections cantonales de quatre districts ouvriers du canton de Zurich.
Une scission s'est produite dans le « Parti du Travail » (stalinien) dans le canton de Genève. De vieux dirigeants locaux ont constitué une Union socialiste qui aurait l'appui d'un millier de travailleurs à Genève. Cette organisation possède des élus au Conseil municipal de Genève et publie un journal, l'Echo du travail.