Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 8, n° 8-10

Les hommes qui ont forgé notre Internationale : Marcel Hic

Quatrième Internationale, vol. 8, n° 8-10 · août-octobre 1950 · p. 11-12 · 1 289 mots

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Cest en 1933, a Lage de 18 ans, que Marcel Hie rejoint le mounement trotskyste entrant en

Jeunesses Léninistes. Son nom restera à jamais inscrit dans l'histoire de la IVe Internationale, car il est lié étroitement à une des phases les plus tragiques et les plus héroïques de cette histoire.

Cest au début de la guerre, et surtout après l'occupation allemande, qu'il va pleinement révéler ses qualités de dirigeant révolutionnaire.

En seplembre 1939, les deux organisations qui, à cette époque, se réclamaient en France du trotskysme, n'ont pas réussi à surmonter le désarroi que la guerre abait apporté avec elle dans les rangs ouvriers.

Elles se diviserent en de nombreux groupes, leurs militants se dispersérent, l'avant-garde révolutionnaire fut privée d'organisation réellement représentative.

Marcel Hie, à qui sa santé déjà très compromise naul de ne pas être mobilisé, devient secrétaire du burean européen de la ITe Internationale.

A peu pres seul, dans des circonstances où l'établissement des relations internationales devient une lüche dangereuse el presque insurmontable, il fait jace à toutes les difficultés et assume à lui seul presque toutes les tâches. Il manifeste ainsi sa volonté de rester fidèle à l'orientation internationaliste de notre monvement contre toutes les déviations nationalistes qui se manifestent dans le mouvement ouorier et parfois dans nos propres rangs. Il sait que ce travail ne sera pas inutile et qu'il conditionne toute reconstruction dan mouvement trotskyste en

France.

Après juin 1940, son orientation restera la mème; il continuera, bien que ce à vonloir maintenir la liaison soil encore plus difficile, du mouvement français avec les groupes des autres pays. En même temps, il se met résolument à la reconstruction d'un parti trotskyste en France.

La dislocation du mouvement trotskyste a été encore accentuée par la victoire hitlérienne.

Le mouvement ouvrier francais et son avant-garde n'étaient nullement formés pour la lutte illégale qu'il leur faut mener.

Cest là que Marcel Hic révèle des qualités de théoricien et d'homme d'action que bien peu d'entre nous lui supposaient jusque-là.

De 1933 à la guerre, il avait occupé de nombreur postes dirigeants mais les avait exercés avec une réserve et un effacement qui donnaient parfois l'impression qu'il ne pourrait jamais jouer qu'un rôle de second plan.

En réalité, il se formait tenacement tant sur le plan théorique que dans l'apprentissage de son rôle de direction.

Et à partir de juin 1940, ceux qui l'entourent assistent à une foudrogante éclosion, fruit d'un mürissement et d'une préparation constante et persévérante.

Entourés de quelques camarades de l'ancien Parti Ouvrier Internationaliste, il parviendra rapidement à reconstituer celui-ci. Dans cette tâche, deux soucis principaux : d'une part ne jamais perdre de vue les buts et les principes fondamentaux de notre politique, d'autre part associer à tout prix et en dépit de toutes les difficultés, les individualités révolutionnaires capables d'œuvrer à la reconstruction d'une nouvelle direction et d'un nouveau parti.

C'est cette volonté d'association mélée à une profonde lucidité politique qui rendent sa personalité si attachante pour tous ceux qui l'ont connu à cette époque.

Et sur ces bases solides se développe une activité féconde et considérable. C'est grâce à ses efforts obstinés que peut sortir des août 1940 « La Vérité » clandestine que tout d'abord il dirige seul et dont il restera ensuite le principal inspirateur politique. Il fonde et anime la commission syndicale qui permet au P.O.I. de profiter de certaines possibilités d'action légale et de lier à son action d'assez larges couches de militants syndicaux. Il seconde efficacement par ses conseils politiques clairel les Centres de Jelenes P.O.T. mène dans le mouvement des Auberges de Jeunesse voyants le travail

Pendant longtemps il cherche par quelle action extérieure doit principalement. se traduire l'expansion de notre politique dans cette période. Et c'est son profond attachement au principe de l'internationalisme qui l'amènera à concevoir la nécessité l'un travail à l'intérieur de l'armée allemande.

Il sera le principal animateur de ce travail et c'est ce qui lui vaudra d'être arrêté en octobre 1943.

Cette arrestation l'empêchera de voir s'achever une des tâches les plus tantes qu'il ait entreprise pour le développement du mouvement: la reconstitution de l'unité du mouvement trotskyste en France. Là plus qu'ailleurs, preuve d'une profonde volonte d'association et d'unification de toutes et volontés révolutionnaires. L'unification avec le C.C.I. et le groupe Octobre était acquise au moment de son arrestation. Sa réalisation, retardée pour des raisons de sécurité, ne pouvait plus être remise en question.

Son attachement à la cduse révolutionnaire continua à s'affirmer sous les coups des tortionnaires de la Gestapo. Comme toujours, son courage fut servi par sa luci

Au cours de l'enquête, dans les moments les plus difficiles, il sait dité politique.

seulement résister aux inquisiteurs. mais aussi soutenir et aider par son attinon tude la résistance des camarades arretes avec lur.

En déportation, il ne se départit pas un instant de son rigoureuz et clairponant comportement révolutionnaire. profonde connaissance de l'allemand (it était licencié dans cette langue et interpréte professionnel), il pouvail facilement obtenir un poste privilégié qui lui aurait permis de surmonter les rigueurs de la détention. Mais dès son arrivée à Buchenwald, il tint à conserver son allitude de dirigeant révolutionnaire. Déporté avec plusieurs autres membres du P.O.I., il voulut que lui revienne le rôle de représenter auprès des autres détenus notre organisation et notre politique, car il estimait que dans les camps notre affirmation était nécessaire.

Il est évident que cest ce qui lui valut detre (malgre sa qualification d'interprète) transporté à Dora dans la plus mauvaise partie de ce kommando.

A Buchenwald, la confection des listes de départ dans les kommandos était effectuée par les hauts fonctionnaires détenus des camps qui, à Buchenwald, à cette étaient tous staliniens. Ceux-ci portent là encore la responsabilité d'avoir conjugué leurs coups contre nos militants avec ceux de la répression fasciste. époque,

Il fut affecté à une section de travail située dans la partie soulerraine de l'usine où les détenus logeaient sans sortir jamais en surface.

Sa santé ne put résister, alors que su pensée et sa volonté n'avaient jamais faiblies a aucune épreuve. Il est mort séparé des autres trotskystes détenus dans son kommando. Mais certes il n'étail pas seul et il a dû le ressentir dans ses derniers instants.

Cette farouche énergie qu'il avait déployée, cette rayonnante intelligence et cette chaude cordialité qu'il avait répandues autour de lui ou milieu de ses camarades de combats sont des liens qui ne se rompent pas, qui ne se rompront jamais.

Ceux qui font connu, comme ceux qut, venus après lui à notre combat, apprennent son histoire, demeureront résolus à s'inspirer de son exemple et à continuer à continuer an trots ste de moteur de one qui, dans cette dériode dramatique, an deermis fermement et fièrement la cause de la révolution.

Son nom peut venir s'ajouter à la liste de tous ceux qui sont tombés dans la dure et héroïque lutte l'avant-garde révolutionnaire lui-même évoquait dans son dernier article dans « La Vérité » le 15 octobre 1943 :

Nous ne sommes pas des antifascistes d'hier. Nous avons lutté pour le Front Unique contre Hitler en 1933, pour l'unité d'action contre La Rocque en 1934, pour l'Alliance Ouvrière en Espagne. Après juin 1940, nous avons relevé le drapeau la lutte antifasciste, alors que tant de gaullistes d'à présent, éberlués. cherchaient encore leur voie entre Hitler et Churchill, alors que le encore leur voie entre Hitler et Churchill, alors que lé Parti Communiste n freiait Communiste negociait la parution de l'« Humanité » avec M. Abetz. La longue liste de ceux qui, de

Pologne, de Hollande en Espagne. de Belgique. en Grèce, sont morts dans la lutte antifasciste porte hautement témoignage de notre action. Aussi avons-nous aujourd'hui le droit de parler clair.

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