A Paris les "Quatre" n'ont abouti qu'à des résultats tout à fait limités. Cependant, une chose est certaino : la "guerre froide" slattiédit. In tension qui a été croissant pendant deux années s'abaisso. Le blocus de Berlin a été levé, quoique d'une façon incomplète. Los rapports diplomatiques deviennent plus normaux ; les dirigeants de politique extérieure des grandos puissances n'échangent plus d'injures. Le temps semble s'être vraiment mis au beau, Les colombes, les pigoons ot autres volstiles qui se réunissaient dans des Congrès pour sauver le monde de la guerre attendent dans leurs nids que les "Quatre" nous donnent dans quelques mois une paix faito sur mesure.
Il n'est guère utile d'épiloguer longuement sur les accords passés entre ces Messieurs. Il est bosucoup plus important de comprendre la signification réelle et les limites de ces accords. Il faut surtout no pas y voir une victoire de l'opinion publique, des "forces de paix" 20, la Quatrième Internationale a eu une position que les événemonta réoto.. Sur la question des relations internationales et du danger do guorcents confirment complètement. Tout en denongant la préparation crois -sante d'une de guerre mondiale, elle a montré que celle-ci n'était pa e imminente. A aucun moment au cours de toute la "guerre froido", elle a laissé croire que celle-ci se transformerait en shooting war, an guerro tout court, et ce parce qu'une guerre mondiale n'est pas le résultat a' le résultat d' un accident, la suite d'un outrago à la souveraineté ou à l'honneur national, eto.. mais l'aboutissant de tout un processus comprenant non souLement une préparation militaire, économique, diplomatique, mais aussi et surtout des conditions sociales données, à savoir notamment l'écrasement de la classe ouvrière dans un certain nombre de pays importants. La IVe d'autre avant tout en vue de la recherche d'un compromis sur le dos des Internationale a dit que la "guerre froide" était poursuivie de part et peuples, et que chacun des adversaires s'efforgait d'obtenir des termes aussi favorables que possibles. L'hystérie de guerre a été entretenue délibérement pour détourner les masses de leurs propres revendications ; après avoir mené une campagne bruyante contre les fauteurs de guerro de Wall Street, "l'Humanité" redécouvre tout à coup que la collaboration avec ses fauteurs de guerre constitue la seule garantie d'une " pa ix
• La IVe Internationale ajoutait enfin que les compromis ne durable" pourraient Stre que très limités, dans leur et en duréo, et que la troisième guerre mondiale serait inévitable linévitable
- 1 - substance si le prolétariat ne renversait pas la domination du capitalisme dans quelques pays au cours des années qui viennent.
Les mêmes critères qui avaient conduit à une analyse à laquelle les événements ont donné une vérification éclatante, nous servent à définir une orientation pour l'avenir.
"guerre froide" a abouti à un succès du capitalisme de s Etats-Unis sur le Kremlin et la période écoulée a été également marquée pe des victoires de la bourgeoisie sur le prolétariat de différents pays. La direction stalinienne desgrandes luttes ouvrières, exploitant celles-ci po les objectifs diplomatiques de Moscou, porte la responsabilité des défait ouvrières; la politique de la bureaucratie du Kremlin a desservi le prolé riat aussi bien que l'URSS. La direction stalinienne essaic de présenter 1: retraite du Kremlin comme une victoire des "forces de paix" de même qu'elle a chaque fois cherché à camoufler les écheos des travailleurs en les appe lant des victoires. Ce système ne parvient qu'à semer plus de confusion dans les rangs ouvriers.
Toutefois, dans l'un et l'authe cas, les résultats obtenus contre les masses travailleuses et contre l'URSS ne sont nullement décisifs.
L'impérialisme américain et les bourgeoisies mondiales à sa remorque s'efforcent de tirer le maximum d'avantages de cette situation aux dépens du prolétariat, tout en laissant la porte ouverte à un compromis avec la bureaucratie moscovite. Leur politique se trouve diatée en grande partie par la dépression économique en cours et la menace d'une grave crise économique. De son côté, la bureaucratie du Kremlin s'efforce d'opérer sa retraite de la facon la plus ordonnée afin de conserver le maximum d'empriso sur les masses travailleuses ; tel était l'objectif principal du Congrès de Pleyel fixé à une date proche du moment où les négociations diplomatiques menées dans la coulisse allaient aboutir à une solution publique. Le terrain le plus favorable pour un compromis entre les Etats-Unis et l'URSS, c'est La Chine. Position diplomatique et stratégique pour l'URSS, ce pays peut économiquement constituer une source de profits pour les Etats-Unis. Par contre l'Allemagne reste le terrain le plus épineux commandant les développements dans la plupart des pays européens, notamment en Europe orientale.
+ + + Dans cette période de négociation, les gouvernements capitalistes et le patronat poursuivent aux dépens de la classe ouvrière l'exploitation do leurs viotoires des années écoulées. En France, en Italie, les agressions contre les conditions de vie se multiplient. Les gouvernements de " 3e forco" appuyés par l'aide Marshall s'efforcent d'élargir leur base restreinto. - En Angleterre, le gouvernement travailliste maintient le blocage des salaires. Aux Etats-Unis, la campagne "anti-rouge" et l'espionnite so déveRapport ils disition de la 101 Redt-Martier sont connait pas une minute pour occuper le moindre bout de terrain qu'il voit inocoupé devant lui. La mise en veilleuse des candidats au "pouvoir fort", tel de Gaulle en France, ne doit pas laisser d'illusions ; le capitalisme renforce son Etat aujourd'hui sans de Gaulle pour, si besoin est, le lui romettre demain afin de complèter l'oeuvre poursuivie par les Jules Moch et autres politiciens de la démocratie bourgeoise.
De son côté, la bureaucratie stalinienne, derrière ses rodomontades, bat en retraite. L'exemple le plus caractéristique est celui de la Chine où Mao-Isè-Tung, Li-Li-San et autres ohefs staliniens font aux
- 2 - capitalistes étrangers et chinois les promesses les plus grandes au moment même de leur victoire. Et il ne s'agit pas de promesses en l'air. Le recul • des staliniens s'effectue un peu partout. Il suffit de comparer le ton actuel de leur presse à celui qulelle avait quelques mois auparavant. Les préoccupations essentielles des directions staliniennes sont celles d'un resserrement et d'un renouvellement de leurs cadres. la crise des partis staliniens a pris un aspect particulièrement impressionnant dans les pays du glacis : Tito en Yougoslavie, Markos en Grèce, Gomulke en Pologne, Xoxi Dodze en Albanie, Kostov en Bulgarie, Rajk en Hongrie. En moins d'un le Kominform a perdu un parti et en a vu 5 autres traverser des crises graan,
Dans les pays qui ne sont pas soumis au contrôle de l'URSS, les partains pays d'une véritable débacio (Danemark, Hollande, Allemagne orientalo) tis staliniens enregistrent un rocul d'influonoo, s'approchant ves. dans cerLeur politique des quatre années qui ont suivi la 'libération" porte des fruits amers, pour les travailleufs hélas, et pour ces partis eux-mêmes.
+ + + Mais la situation actuelle n'est pas seulement marquée par les succès des Américains dans la "guenre froide", par des avantages marqués par les capitalistes aux dépens de la classe ouvrière en Europe et en Amérique, et par un déclin d'ensemble des partis staliniens. Du chaos qu i existait à la fin de la guerre mondiale, le capitalisme n'est parvonu qu' à un équilibre des plus instables, des plus précaires : un réel équilibre économique mondial n'existe pas ; par contre une crise monto à l'horizon qui risque d'emporter les quelques points acquis par le capitalismes enfin, ses succès n'ont pas abouti à un écrasement du prolétariat,ni à un minimum do stabilisation dans les pays coloniaux et semi-coloniaux. Etudiant la "Economist" (18 juin) reppelle et souligne les termes du rapport de la Commission du plan Monnet : "si un quelconque des situation de la France, éléments précaires de l'état actuel de demi-prospérité tournait mal, nous gerions rapidement ramenés aux conditions d'il y a 3 ans". trop vraisemblables" oas isolé : "En fait les incertitudes économiques et politiques qui cons- Indiquant que "des échecs économiques sont, malheureusement , ce même orgene déclare que la France n'est pas un économiques pirent encore pour rendre précaire le relèvement de la France existent E des degrès divers dans toute l'Europe occidentale et un rétablissement géFrance, dépend du fait de la découverte d'une vole | travers les obstaolos les ouvriers et les autorités, publiques et privées, qui prétendent les actuels. PolitIquement le plus grand danger est encore le gouffre diriger et les représenter dans l'Etat démocratique. Ce n'est pas seulement une question de communisme".
Autrement dit, la classe ouvrière n'est pas matée et l'autorité des directions sur celle-ci est en décroissance.
Il n'est guère besoin d'insister ici sur le recul grave que constitue pour l'impérialisme l'effondrement du régime du Kuo Min Tang. Il n' monde capitaliste son incapacité à rétablir sa domination sur les peuples coloniaux. Mais ce n'est pas tout.
- 3 - masses et de la maturation de nouvelles grandes luttes ouvrières dans les Nombroux sont les indices d'un mécontentement grandissant des métropoles impérialistes, en Europe occidentale et en Amérique. Dans les pays où les travailleurs ont déjà mené de grandes luttes, en Italie et on France notamment, on pergoit l'amorce de ces nouveaux combats, en Italie aveo de grandes grèves d'ouvriers agricoles, en France dans toute une sé -rie de mouvements obligeant, à l'échelle des Fédérations, les responsables syndicaux de la CGT, de "Force Ouvrière" et des syndicats chrétiens à faire un front unique à leur corps défendant. Aux Etats-Unis, l'idée d'un chôsiours mouvements se sont produits (marins, Ford, ...) ; enfin la politimage massif résultant d'une crise économique inquiète les syndicats ; plusation montante exprimée par l'élection de Truman n'a obtenu aucun apaise.ment, tout au contraire, depuis plus de six mois. Indices de maturation aussi dans les pays qui, pour des raisons différentes , n'ont pas connu de grands mouvements ouvriers depuis la fin de la guerre. Nous treitons ailleurs de l'Angleterre. Mentionnons ici seulement que la patience et la confiance des travailleurs laissant l'expérienco du gouvernement travailpor liste se faire pendant quatre ans commencent & s'épuiser. Le mouvement cheminots a pesé sur les délégués de Blackpool ; les nationalisations bourgeoises ont épuisé leurs vertus ; les ouvriers veulent mettre leur nez dans la marche des industries. Mais rien n'a peut être de signification/considérable que cette grève des travailleurs des transports de Berlin. Ceux-oi avaient dû ronger leur frein en silence pendant toute la darée du blocus aocepter des salaires en marks orientaux dépréciés ; mais dès qu'ils ont senti la modification du rapport des forces, ils sont entrés en lutte pour le relèvement de leurs salaires et pour faire reconnaitre leur organisation syndicale. Très rapidement la "sympathie" apparente des gouvernements oocidentaux pour les grèvistes opposés à l'administration pro-soviétique se dissipait. Les généraux de tous les pays n'aiment pas les ouvriers, surtout quand ils font grève. La grève des transports de Berlin est aussi très symptomatique, eu égard à la situation des travailleurs des pays du glacis qui n'osent pas plus s'exprimer aujourd'hui que les transports berlinois ne le firent quelques semaines auparavant.
Il existe indiscutablement dans la classe ouvrière, à travers lo monde, des manifestations de découragement, de fatigue, de scepticisme, d'indifférence, voire de réaction et de décomposition. Les quatre années lées depuis la fin de la guerre avec les défaites provoquées par la politiécouà être impressionnés par des aspeots negatifs indiscutables de la situation, aotuelle, en réponse aux militants révolutionnaires qui auraient tendance que des vieilles directions ont laissé leurs traces. Mais dans la période les trotskustes tiennent à souligner tout ce qui témoigne du caractère secondaire de ces aspeots négatifs, de leur poids relativement insignifiant en présence des énormes reserves de combativité que possède encore la olasse ouvrière et qu'elle met en oeuvre malgrè la double trahison des direotions traditionnelles et en l'absence d'une direction révolutionnaire reconnue • N'y a-t-il rien de plus stimulant gais, trahi, battu et se lançant à nouveau dans la bataille, on 1944, en -947, - que l'exemple de ce prolétariat franen 1948 et s'apprêtant à se battre une fois encore? Certains attribuent au le prolétariat n'ren est pae encore la. prolétariat leurs propres sentiments de démoralisation et de fatigue ; mais
+ + + + La caraotéristique de l'étape qui se prépare et sur laquelle tes les organisations trotskystes aligneront précisement leur activité, c'est
-4- cette maturation de nouvelles luttes ouvrières, sans oublier le développement des mouvements coloniaux. Moins que jamais nous ne prophétiserons quant aux rythmes de développement de ces mouvements ou aux formes dans lesquelles il se manifesteront.
L'élément nouveau le plus important dans la situation objeotive, c'est l'approche de la crise économique avec une chute des prix et un chômage déjà perceptible dans plusieurs pays qui entrera d'ailleurs pour beaucoup dans la ranimation des luttes ouvrières à la première étape. Cet élément suivant une phase d'inflation et d'emploi généralisé, nécessite tout a 'abord un rajustement des mots d'ordre. Une autre page du Programme de
Transition donnera aux militants et à tous les travailleurs les armes pour le combat. L'échelle mobile des heures de travail et le contrôle de l'embauchage et du débauchage deviendront les mots d'ordre de mobilisation de millions de prolétaires.
c'est que
Mais un élément non moins important dans la situation / les vriers veulent se battre mais se défient de plus en plus des vieilles directions. L'absence d'une nouvelle direction reconnue freine certainement le démarrage des mouvements.
Mais l'approche de ces luttes et oes luttes elles-mêmes ne peuvent manquer de stimuler les éléments les plus conscients ot les plus combatifs. Comprendre ce qui mûrit, et savoir concrétier 1 an fonotion des conditions spécifiques à chaque pays, les mots d'ordre, moyens de lutte et les formes d'organisation les plus appropiées pour que l'avant-garde militante rassemble ses forces et montre à la classe ouvrière
Le chemin de la victoire dans le combat,
- c'est la tâche que poursuivront
Les sections de la IVe Internationale, fortes d'une riche expérience durement acquise au cours des cinq dernières années.