Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 7, numéro de mars-juin

L'Amérique devant la crise

Quatrième Internationale, vol. 7, numéro de mars-juin · mars-juin 1949 · p. 6-7 · 788 mots

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Tout le sort du monde capitaliste depend aujourd'hui de l'évolution économique, politique et sociale des Etats-Unis. Il n'est donc pas étonnant que l'opinion publique bourgeoise suit aveo inquiétude l'evolution de la situation intérieure américaine • Trois courants y sont aujourd'hui apparents. L'économie américaine a olairement dépassé le point culminant de son "boom" d'après-guerre et accumule de plus plus les signes d'une dépresaion prochsine. Après une période de reflux des luttes sociales, consécutive à l'offensive engagée par le grand capital contre les syndicats sous le signe de la loi Taft-Hart_ ley, une nouvelle vague grèviste se déclenche dans laquelle la lutte ouvrière contro le chômage croissant se combine aux préoccupations d' accumuler, à la veille de la crise, un maximum de réformes sociales (assurances, pensions, eto.); Enfin, le lent processus de radicalisation politique des masses américaines, un moment canalisé par le parti démocrate à la veille de l'élection de Truman, commenoe à chorcher de nouvelles voies, alors que Truman, six mois après avoir promis aux travailleurs "un plus grand morcesu de gâteau", s'avère absolument ingapable de réaliser une quelconque de ses promesses et se voit même forcé d'admettre une "revision" de la Loi Taft-Hartley qui n'est que sa copio sous un nom différent.

Bien que la presse bourgeoise s'efforce soigneusement d'étudier ces oourants indépendemment l'un de l'autre et que la prosse stali -nienne les présente sous l'angle grossièrement simplifié de "18 orise" qui vient et qui devrait, dans l'esprit du Kremlin, résoudre toutes ses difficultés, il s'agit bien entendu d'une évolution d'engámble de la soolété américaine qui amène celle-01 à un des tournants déoisifs de son histoire.

Les énorme réserves accumulées par la bourgeoisie américaine, principal profiteur de deux guerres mondiales qui ont ruiné l'Europe, ett les bénéfices extraordinaires réalisés pendant le boom de guerre et d'après-guerre, entre 1941 ot 1949, ont permis à l'impérialismo américain de conserver aux Etats-Unis même une forme de domination "démocrati -que" , basée en partie sur la corruption de la bureaucratie syndionle, alors que de plus en plus le rôle international joué par l'impérialisme amérioain le transforme en soutien de la pire réaction à l'ótrangor. En même temps, le maintien de la prospórité amériodino a pour condi -tion le maintien et l'extension des marchés mondiaux capitalistes, obligeant l'impérialisme américain à sacrifier une partie do sos surprofits et une partie des salaires réels de son propre prolétariat pour roplâtrer l'économie capitaliste de l'Europe occidentale. Ces objeotits sa combinent de plus en plus à celui de la préparation de la guerre contre 1'URSS, c'est-à-dire à des dépensos militaires astronomiques. Tout 10 mécanisme compliqué de la politique américaine, reproduisant sous une sous une - 6 - forme condensée tout le mécanisme de la politique mondiale,se lisait pour ainsi dire dans les postes du budget américain. Mais l'ampleur de ce budget est déterminée en premier liou par la conjocture économique aux USA , c'est-à-dire par le revenu national et le produit des impôts. Ces doux grandeurs n'ont cessé de baisser depuis plusieurs mois. La orise agricole qui s'annonce grave impose au budget les dépenses supplementaires des subsides pour maintenir artificiellement les prix agricoles à un niveau "rentable". Un budget restreint pourrait-il maintenir l'ensemble de ces charges qui iront en s'augmentant? Il y a tout lieu d'en douter. La bourgeoisie américaine se trouvera donc tout d'abord placée devant un "ohoix", entre le maintien de son orientation vers le "Welfare state" afin de conserver la paix sociale aux Etats-Unis même, et sa politique aggressivo internationale, sans laquelle elle ne pourra vraiment jouir de la paix sociale obtenue. Ce choix s'exprimera et s'exprime déjà dans le niveau de vie des masses américaines qui seront ainsi forcées à leur tour à bhoisir" une nouvelle voie d'intervention politique qui passera (et les révolutionnaires y travaillent activement depuis des années) par la construction d'un puissant parti buviler basé sur les 15 millions de membres des syndicats. Le rythme, et l'ampleur de la prise de conscience politique du prolétariat américain influenceront ainsi de façon décisive la politique et les engagements internationaux de la bourgeoisie yankee, et deviendront bientôt un des facteurs essentiels de la situation mondiale.

Les prédictions sur l'ampleur de la crise économique qui menace les Etats-Unis nous semblent vaines. 4 l'étape actuelle, il suffit de noter Les conséquenoes importantes de la dépression qui se produit déjà pour déterminer les contradictions devant lesquelles la bourgeoisie se trouve placée. La crise économique aux Etats-Unis ne jouera opendant on faveur d'un reoul de l'offensive mondiale bourgeoise qu'à condition que le prolétariat américain fasse son entrée sur la scène politique. Autrement les tendances actuelles de la situation américaine finiront toutes paz 1boutir à la même conclusion : l'accentuation de la marche vers la guerre en tant que seulo "solution" impérialiste des contradiations économiquos, sociales et politiques,

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