Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 7, numéro de mars-juin

A la mémoire d'Henri Sneevliet et des camarades qui sont tombés avec lui

Sal Santen · Quatrième Internationale, vol. 7, numéro de mars-juin · mars-juin 1949 · p. 33-35 · 1 348 mots

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"J'espère avoir la force suffisante pour m'en tenir jusqu'au dernier moment à la maxime malaisienne : BERANI KARENA BENAR (être courageux parce que c'est bien ains1) • --(Extrait de la dernière lettre de Sneevliet, écrite dans la nuit précédant son exécution) I histoire a déjà exprimé son verdiot sur les divergences qui ont conduit finalement à une rupture entre ITrotaky et Henri Sneevliet. La IVo Internationalo, constituée prématurément selon l'avis du dirigeant révolutionnaire néerlandais, a prouvé sur tous les plans son droit à l'oxistence. Plus encore, elle est devenue le seul centre révolutionnaire du monde. Les alliés de Sneovliet, du temps de la violente lutte de fraotion (1936-1940) roprésentaient souvent des partis dont les dimenaions dépassaient de loin celles des sections de la IVe Internationale ; aujourd' hui 11s ont complètement déchu avec leurs partis ou fractions, ou bien ont simplement disparu, de la scène politique. Qu'on lise les lamentables phrases "démocratiques socialistes" d'un Gorkin, ot on comprend que c'ost seulement par un pénible malentendu que de telles figures aient jamais pu prétendre s'appeler des révolutionnaires, sans parler de leur prétention à diriger un parti révolutionnairo dans une période révolutionnaire, Qu'on Jette un rapide ooup d'oeil sur le sort de l'IIP, du PSOP, du SAP, et l'on voit que Sneevliet s'est trouvé du mauvais côté dans la période de constitution de notze Parti Mondlal. I'atstotre a déjà prononco son voratot. 4- tution de notre Parti Mondial, l'histotre a déjà prononcé son verdict, disons-nous. Mais 11 ne lui a fallu que quelques années pour rendre au rigeant du RSAP et à son parti la place de véritables militants qu'ils méritaient. Il est bon de dresser aujourd'hui un bilan de tout ce qui nous a séparés durant de longues années. Mais, à côté de cela, 11 est de notre devoir de séparer radicalement, non pas Sneevliet de l'Internationale, mais Sneevliot de ses anciens alliés des années 1936-40. Ceux qui sont au courant de son activité, de l'éclatement de la seconde guerre mondiale jusqu'à sa mort, n'ont plus besoin de preuves pour acquérir la conviction inébranlable qu'un abime le séparait de tous les centristes, dont la rup» ture aveo l'Internationele n'était qu'une étape de leur propre déchéance. Qu'y a-t-11 de commun entre un Shechtman qui, pendant l'épreuve de la guer20, passait son temps princinalement à prolomor "la mort de la IVe Internetionale" et Sneovltet, dont les fières paroles prononcées à la veille de sa mort restent inoubliables : "Amis, nous sommes fiers d'êtres les premiers aux Pays-Bas qui viennent d'être condamnés devant un tribunal

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POUR LA CAUSE DE L'INTERNATIONALE et qui doivent mourir pour cette raison"? Le mouvement révolutionnaire, précisément par suite des positions apparem - ment inexpugnables du réformisme et de la bureaucratie syndioale, a Révolution d'Octobre et un parti révolutionnaire d'un tout petit pays. ractérisé par la stabilité et le bien-être, stion de tout le prolétariat, du moins d'une large couche de l'aristocratie ouvrière. expression partioulièrement violente dans le choc entre le dirigeant de la caprice, la lutte entre la IVe Internationale et le centrisme a trouvé une Par un caprioe de l'histoire qui n'est pourtant qu'apparemment un Dans ce pays, en outre, à faire de la conquête du pouvoir une perspective politique réelle. Son atdant les années de formation de l'Internationale, il n'a pas su se libérer de la tradition du mouvement ouvrier néerlandais qui n'avait jamais réussi il a su sélever bien au-dessus du niveau politique de son pays .Mais, pen - jours porté la marque du sectarisme. Toute la vie de Sneevliet prouve qu' touil a bien su s'adapter rapidement et complètement à une situation tout à titude à partir de l'éclatement de la seconde guerre mondiale démontre qu' le prolétariat de ce pays occuperait dorénavant comme partie inséparable du nationalisme inconditionnel qu'il paya de sa vie, il a indiqué la place que prolétariat des Pays-Bas. Miétax. que Pays-Bas avaient cessé de constituer un ilot en Europe. Et, avec cet interquiconque, Sneevliet comprit que prolétariat européen. pitalisme; mais ce ne fut pas pour lui une question brûlante que do détermi- l'aotivité de Debs, un des grands pionniers du socialisme américain, et oelle du SWP. Debs était un combattant conséquent et implacable contre le catrotskysto aux Etats-Unis, le camarade Cannon indique la différence Dans son disoours pour le vingtième anniversaire du mouvement entre tâches entièrement nouvelles. tradition révolutionnaire d'Eugène Debs, mais • 11 se pose en même temps des ner comment ce capitalisme devait être renversé, Le SWP reprend la Debs. Quelleque soit la signification internationale de notre conflit avea nale envers Sneevliet ne peut pas être différento de celle du SWP envers L'attitude de notre section hollandaise et de toute l'Internatiotre les tâches d'hier et celles d'aujourd'hul. Le RCP qui a pris la place Sneevliet a effeotué aux Pays-Bas. Ses liens intimes avec les masses indonédu RSAP considère comme un honneur de poursuivre le travail de pionnier que geux et sans reproohe • attitude envers le problème indonésien, ne peuvent êtro que des pour les camarades néerlandais. Exemplo aussi son internationalisme couraexemples loin les voix staliniennes)-; Dolleman, ouvrier qui devi nt un des marxistes do 1939, le RSAP a obtenu 19.000 voix dans cette métropole, dépassant de oeux-oi n'ont plus jamais réussi à s'y enraciner - (aux élections communales pas du tout parco que nous sous-estimons la place qui leur est duo. Menist qui réussit à briser l'influence des staliniens à Rotterdam au point que Si nous n'avons pas parlé dans cet article de Menist, Dolleman, Schieter, adel, Koeslag, Gerritsen et Wittoveen, qui sont tombés avec lui, ce n'est Sneevliet, avec sopt de ses camarades, ont été assassines par la Gestapo. Le 13 avril, sept années. se sont écoulées depuis le jour où Henri

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Les mieux éduqués des Pays-Bas, et qui durant la lutte de fraction s'ost senti étroitement lié à la IVe Intornationale, ont conquis, aveo leurs autres camarades, une plaoe permanente dans le cocum do la ulasse ouvrièro des Pays -Bas.

Mais on ne peut pas nier que Sneevliet était leur dirigeant et qu' 11 a été très longtemps le nôtre. En lui nous commémorons la fidélité et le courage de tous les militants qui aux Pays-Bas ont donné leur vie pour oause du prolétariat international. Si nous le commémorons en premier lieu, o'est également pour accomplir un devoir qui reposait depuis longtempa sur nous. Nous avons eu l'occasion de transmettre nos derniers saluts à SneovIlet dans se cellule quelques jours avant son exécution. A cette occasion, nous lui avons fait savoir que, malgró toutes les divergences et frictions relatives à la question de l'Internationalo, sa vie resterait pour nous l' exemple d'une vie révolutionnaira et que le prolétariat néerlandais perdait en lui un de ses meilleurs dirigeants. Nous espérons avoir prononcé oes paroles dans l'esprit de toute l'Internationale. Dans sa lettre d'adieu, sneevliet éorivait à oe sujet :

"La visite d'adieu de Bep et de votre petite fille, si importante pour moi, a déjà effacé le souvenir des anoiennes frictions qui se sont produites entre S, et moi. Il est bon que nous ayons pense tous deux à éliminer cela avant la séparation définitive qui se réalisera bientôt". Les "frictions" (malédiction à la censure nazie qui obligea Sncovitet à ne pas se prononcer plus précisément!) n'avaient pas eu de caractère la raison qui nous fait considérer comme notre devoir en cette commémoration personne1.. Elles portaient sur la politique de la IVe Internationale. Voila que ces paroles de réconoiliation de notre camarade tombé deviennent la propriété commune de toute l'Internationale. Loin de nous toute penséo do vouloir interpréter ces paroles comma un "testament politique" de Sneevliet. Mala i1 est bon de savoir que nous, en tant qu'Internationale, avons pu donner une poignée de main à Henri Sneevliet et, par lui, à tous CouX qui sont tombés aveo lui, avant que les salves meurtrières aient été tirées.

Et en ce 13 avril, nous courbons la tôte devant ces camarades qui n'ont pas oraittde fatre le sacrifice de leur vie pour apportor leur contribution la meilleure à la tâche que nous devons tous accomplir : le renversoment du capitalisme.

Sal Santen

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