Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 6, n° 1-2

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Quatrième Internationale, vol. 6, n° 1-2 · janvier-février 1948 · p. 59-59 · 683 mots

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" La lutte pour la domination mondiale "

L DIS « penseurs » de la bourgeoisie européenne, vassale de l'impérialisme américain, clament à leur tour leur admiration pour ce nouveau livre de l'anteur de la « Révolution des *, Directeurs ». Ils rendent hommage à la « logique » rigoureuse du livre et sont surtout charmés par sa franchise « machiavélique » qui donne une base * théorique » à la politique expansionniste de l'Amérique de Truman et de Marshall, Burnham, après avoir annoncé le règne proche de la « classe directoriale » remplaçant les capitalistes, se résigne à remettre aux mains des magnats de Wall Street le salut du monde « civilisé » à travers la préparation de la troisième guerre atomique contre TU.R.S.S. et la domination mondiale de la « démocratie américaine ».

Ce 4 logicien » délicat qui lors de son premier livre sur la « Révolution des directeurs », en 1941, étalait encore toute sa tristesse devant le sort totalitaire « inévitable » selon lui, de l'huL A littérature sur la guerre est aussi vieille que la littérature elle-même De FIliade au Feu de Barbusse, le sort des armées, la misère des soldats ont été présentés en raccourci à travers le destin de tel ou tel « héros », fût-il roi ou poilu. Théodore Plivier, romancier communiste allemand bien connu, a réussi dans Stalingrad la véritable révolution littéraire de faire du destin collectif le sujet direct et immédiat d'un roman,

Utilisant la méthode du reportage à grande échelle, Plivier a lu et assimile des milliers et des milliers de lettres de soldats allemands, tombées entre les mains de l'armée russe durant la bataille de Stalingrad. Il réussit ainsi à nous initier au destin de plusieurs centaines de soldats nommés, décrits, placés dans le cadre de leur propre vie préalable à la guerre, alors qu'on voit, page après page, défiler l'ensemble de l'armée de Stalingrad, par régiments, divisions et corps d'armée.

L'impression qui se dégage de cette technique nouvelle est puissante. Nous ne connaissons aucun autre roman qui réussit à suggérer aussi intensément la somme des souffrances, des épreuves, des sévices qui a conduit à sa fin lamentable l'armée de. Stalingrad. L/imde James Burnham manité, trouve maintenant toute la verve cynique d'un Machiavel de décadence pour ériger les usines atomiques des impérialistes américains, en sanctuaires de la « Paix » et de la « Démocratie » dans le monde. Le camarade Joseph Hansen qui a consacré à l'évolution de Burnham un excellent article critique (1), remarque avec justesse :

Le défenseur des droits démocratiques devient un anticommuniste enragé ; Thomme de bonne volonté, un misantrophe, et le froid logicien un intellectuel incompétent enivré de la puissance de Wau Street.

Burnham était depuis toujours ennemi de la dialectique. Cependant son évolution confirme d'une façon éclatante la remarque faite à son sujet en 1940 par Trotsky : « Burnham ne reconnait pas la dialectique, mais la dialectique ne laisse pas Burnham échapper à ses filets. Il y est pris comme une mouche dans une toile d'araignée ».

de Th. Plivier pression réellement apocalyptique qui se dégage de cette description massive de saleté, de glace, de faim et de sang qui réduisent plus de cent mille hommes à l'état d'apathie complète fait dorénavant partie de la « sensation de notre époque » que tout révolutionnaire conscient doit ressentir.

Ajoutons que Plivier, après dix ans de résistance à Moscou, a récemment rompu avec la bureaucratie stalinienne dans des circonstances qui ne soat pas clarifiées. Stalingrad, écrit à l'époque où Plivier restait fidele à la « ligne », se ressent de la propagande chauvine qui dominait à ce moment la politique stalinienne. Le mythe de la « culpabilité collective ≥ du peuple allemand ressenti mystiquement par un officier & intelligent » au moment de l'effondrement, y montre le bout de l'oreille. Mais le destin des soldats de Stalingrad si adéquatement déorit par Plivier constitue lui-même la réputation la meilleure de ce mythe. C'est pourquoi Stalingrad reste un document de premier ordre sur la barbarie de la guerre contemporaine.

(1) « Fourth International », septembreoctobre 1947.

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