Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro de novembre-décembre

L'échec de la Conférence de Londres

Quatrième Internationale, numéro de novembre-décembre · novembre-décembre 1947 · p. 6-7 · 576 mots

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Que signifie l'aiournement indéfini de la « Conférence des Quatre » à Londres ? Ni les Russes, ni les Américains n'étaient disposés à arriver à un accord sur la question allemande, qui aurait signifié en réalité la possibilité d'un accord plus général sur l'ensemble des rapports U.R.S.S. - Etats-Unis.

Actuellement, aucun des deux adversaires n'est disposé à céder à la pression de l'autre, car les rapports de forces ne sont pas encore clairement définis.

Il est incontestable que l'impérialisme américain posssède potentiellement une supériorité imposante sur l'U.R.S.S Mais pour eue cette supériorité puisse peser effectivement sur la balance des relations internationales, elle doit se manifester en Europe par la réalisation du plan Marshall qui tend à stabiliser économiquement et politiquement le capitalisme européen occidental, y compris l'Allemagne,

D'autre part, la bureaucratie soviétique spécule sur les difficultés que rencontrera l'apolication du plan Marshall, difficultés consécutives à la profonde dislocation économique des pays européens, à leur instabilité politique et sociale, aux limites restreintes de l'aide économique de Wall Street, et, dans un proche avenir, à la crise probable de l'économie américaine.

Le Kremlin pense que ces difficultés réelles, et qui toutes découlent de l'aggravation du déséoullibre fondamental du système capitaliste à l'époque impérialiste, déséquilibre particulièrement accéléré accéléré depuis cette guerre, lui permettront de gagner du temps et d'organiser sa propre zone d'influence en Europe.

En réalité, un accord peut intervenir en tant qu'expression d'un rapport de force à un moment donné. Actuellement. ni les Etats-Unis, ni lU.R.SS. ne considèrent comme consolidées et définifives les sphères d'influence étahlies par chacune de ces deux puissances à l'aide de l'avance de leurs armées pendant la guerre.

Des deux côtés, l'énreuve de force est encore en plein développement. A l'abri du « statu quo » établi à la liquidation de la guerre, Wall Street et le Kremlin préparent leurs atouts pour la prochaine reprise.

Les Etats-Unis sont engagés dans l'application du plan Marshall dont le pivot est la reconstruction économique de l'Allemagne. Un accord avee l'U.R.S S. signifierait. à l'étape actuelle, l'abandon ou une modification essentielle de ce plan.

Il est douteux d'autre part que la bureaucratie soviétique, malgré les dernières concessions faites par Molotov à la Conférence de Londres au sujet des prélèvements des réparations sur la production allemande (Molotov a laissé entendre que ces prélèvements pourraient ne commencer que lorsque la production allemande re oindrait 70 % du niveau de 1938), soit réellement disposée à modifier, à l'étape actuelle, les plans relatifs à sa propre zone d'influence.

Dans ces conditions, a ourner la Conférence signifie rechercher un compromis mais seulement après toute une période de tentatives de la part des deux puissances pour consolider davantage leur propre zone d'inf.uence, et rendre ainsi le rapport de force plus net en leur faveur. C'est l'opinion que Marshall a exprimé 6 clairement dans son discours du 20 décembre 1947. Dans l'avenir, un compromis entre l'U.R.S.S. et les Etats-Unis reste toujours possible, aussi longtemps que la première reste dans les limites du « statu quo » actuel, et dans la mesure où les seconds reconnaîtront, par l'éclatement de la crise, l'impasse économique.

En tous cas, l'échec de la Conférence de Londres signifie la prolongation de loccupation de l'Allemagne, et de sa division en deux parties exploitées et opprimées par les impérialistes anglo-saxons et français d'une part, et par la bureaucratie soviétique de l'autre.

L'avenir de l'Allemagne et de l'Europe tout entière est lié au sort de la révolution prolétarienne et des Etats-Unis Socialistes d'Europe.

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