(Adoptée le 11 novembre par quarante-huit mandats)
Des grandes luttes ouvrières de lannée écoulée, et surtout celles qui ont été ouvertes par la greve Renault, accompagnées du débordement des directions traîtres par de larges masses, ont créé des possibilités de développement du Parti comme jamais l'organisation trotskyste en France n'en a connues.
La crise du Parti s'est accentuée depuis le troisième congrès, par suite de son incapacité à exploiter ces conditions. La cause en est une politique
P.C.I. DE FRANCE par quarante-huit mandats)
epportuniste d'une direction qui dans le texte qu'elle présente pour le congrès ne donne aucune analyse du stalinisme et aucune position sur le problème fondamental de la lutte contre lui. A cette politique opportuniste le quatrième congrès substituera la stratégie et la tactique correctes permettant au Parti et à l'avant-garde d'armer la classe ouvrière pour ses luttes prochaines.
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I. — Nouvelle étape
1° Si la bourgeoisie a marqué des points depuis 1944, grâce à la trahison des vieilles dinections ouvrières elle l'a pas réussi à dépasser les cadres d'un équilibre instable. Des luttes d'envergure qui ne sont pas seulement probables, mais inévitables, peuvent mettre en danger cet équilibre instable et le régime capitaliste lui-même. En ce sens, la période objectivement révol tionnaire ouverte par la deuxième guerre mondiale n'est pas close ;
2° La guerre mondiale ne peut être le résultat, ni de « coups de poker », ni dı « maniement des torches enflaminées qui mettent le feu aux poudres >
(résolution Parisot), mais d'un long processus d'exacerbation des contradic tions économiques au cours duquel le prolétariat aura subi des défaites décisives. Les guerres d'émancipation des colonies au même titre que la force du prolétariat ne sont pas des facteurs de declenchement de la guerre, mais an contraire de retardement.
Tout en dénonçant les préparatifs d'une guerre qui serait inéluctable au cas où la classe ouvrière ne s'emparerait pas du pouvoir, le parti démascitera le mensonge d'une guerre imminente, dont le spectre est brandi par ies agents du capitalisme et de la birenucratle du Kremlin pour semer la démoralisation et la passivité dans les masses.
La création du bureau de Belgrada n'est pas le passage à la préparation directe de la guerre, mais une manœuvre diplomatique de plus en réponse an Wan Marshall ;
3° Sur le fond de la période objectivement révolutionnaire, issue de la guerre mondiale, la lutte de classes est passée par trois étapes :
0) Une première poussée ouvrière coïncida avec la « libération ». Cette poussée, qui ne fut pas une « révolution avortée » (résolution Parisot) fut liquidée par la seule intervention du parti stalinien, qui l'enlisa dans les ma'rais de la « résistance » et de « l'in. surrection nationale », c'est-à-dire de la collaboration de classes.
0) Ensuite vint une étape de redémarrage de l'économie et de paix so. ciale relative, assurée par la domina- 120 10121116 tion du stalinisme sur les masses et sur leur avant-garde. Les luttes ouvrières
Get son utilisation 1o Grande bourgeoisie et prolétariat.
Bien que « l'Etat fort » soit le seul moyen avec lequel la grande bourgeoisie peut espérer stabiliser sa situation, elle n'a pu jusqu'à présent prendre les mesures réactionnaires dont elle sent la y turent peu nombreuses, isolées et combattues énergiquement par les bureaucrates staliniens ;
•) Une nouvelle étape s'ouvrit avec la grève Renault. Cette étape se développe sur le fond d'un plafonnement de
Teconomie. Celle-ci, en France (conime dans toute l'Europe), n'a connu qu'une reprise alimentée par les crédits étatiques et des emprunts américains. Elle n'a pas assuré la reconstruction, ni le renouvellement de l'appareil de producton. Dile a usé les réserves, engendré l'inflation et amené l'économie au bord de la catastrophe. L'exposé de la situation de la France par Ramadier (discours du 9 octobre 1947) confirme en tous points l'analyse donnée dans notre these.
Lu nouvelle étape a été marquée par une série de luttes grandioses (plus de millions de journées de grève d'avril à juiilet 1947). Ces luttes ont montré
Tabsurdité de la thèse de la direction issue du troisième congrès : « La combattivité ouvrière s'accroît en même temps que le volume de la production, en raison directe de la reprise », théorie destinée à se taire sur le rôle essentiel du frein stalinien. Les grèves en gendrées avant tout par l'écart croissant entre les salaires et les prix n'avaient été différées que par l'em prise stalinienne. Le développement de ces luttes a modifié les rapports entre la classe ouvrière et la direction sta.. Jinienne.
Ces luttes ont confirmé la justesse de la stratégie axée sur le débordement dans l'action de lappareil traître, que nous avions préconisée.
4º Les conditions économiques qui ont engendré ces luttes subsisteront pendant toute une période, même aver l'apport des crédits américains.
Toutefois, à la suite des développements qui se sont déjà produits au cours de cette nouvelle étape, la lutte de classe va se trouver portée à un nivean politique plus élevé, comme viennent de le montrer, d'une part, la grève des transports parisiens, qui a pose a la classe ouvrière le problème de la grève générale en termes concrets et, d'autre part, les élections municipales, qui révèlent un glissement à droite de In petite bourgeoisie, et une concentration de celle-ci autour de de Gaulle. par la bourgeoisie nécessité impérieuse, car elle n'a pas pu passer à une attaque de front con tre ie prolétariat. Elle n'a marqué des points que dans la mesure où les staliniens ont empêché les luttes ouvrières, ou ont morcelé celles-ci ;
II. — Le regroupement petit bourgeois, le R.P.F.
II. — Le regroupement petit bourgeois, le R.P.F.
Q UATRIEMEIN 2º Les oscillations de la petite bourgeoisie.
Cherchant des solutions radicales, la petite bourgeoiste s'est tournée, au lendemain de la guerre, vers les partis ouvriers. Leur politique de repiâtrage du régime s'opposant au développement des luttes ouvrieres, seules capables d'ouvrir une perspective progressive a la petite bourgeoisie, vient de rejeter celle-ci à droite. Telle est la cause principale de la victoire du R.P.F. aux élections municipales du 18 octobre. C'est l'indice d'une situation grosse de dan-
,mais rien ne serait plus faux d'en gers conclure que la petite bourgeoisie incapable d'opérer de nouvelles oscillations. 3° La voie froide .
Le R.P.F., tout en servant de terrain de développement à des éléments fascistes, n'est pas un parti fasciste. C'est un conglomérat hétéroclite qui n'est pas en état de se lancer dans une lutte ouverte contre la classe ouvrière. Le faire serait une aventure où la domination du capital risquerait de sombrer.
Le succès électoral du R.P.F. accorde dès maintenant à la bourgeoisie une masse dont elle pourra opposer la pression à la pression des travailleurs entravés par leurs directions traîtres. Ni les conditions politiques ni le parti dont dispose de Gaulle ne permettent de comparer la situation à celle de l'Allemagne de 1933. Ceci dit, il serait faux de croire que de Gaulle s'oriente sur la création d'un véritable parti fasciste avant d'essayer de prendre le pouvoir De Gaulle compte sur l'aggravation de la crise économique (inflation, hausse des prix) pour continuer de polariser autour de son mouvement la petite bourgeoisie écœurée de l'incapacité des gouvernements démocratiques bourgeois.
Conseient des rapports de force véri-
III. - Le débordement du et sa recherche d'ur
1° Les grèves de la nouvelle étape ont démontré la grande capacité de combat. du prolétariat français. Toute une série de mesures gouvernementales (ordres đe réquisition, mobilisation policière et militaire) n'a pas eu d'effet d'intimidation sur la classe ouvrière. Au lendemain même de la victoire électorale du R.P.F., le gouvernement démocratique bourgeois, affaibli tant par cette victoire électorale que par le maintien des positions du P.C.F., a dû céder dans la grève des transports parisiens, non senlement sur les revendications de salaire, mais aussi sur la question des sanctions par crainte de la grève générale.
Le simple fait que les staliniens aient été amenés à poser la possibilité de la grève générale, le mécontentement des
TERNATIONALE tables, de Gaulle, en vue de son accession au pouvoir, pour y créer « l'Etat fort », s'efforcera d'endormir la combativité des masses et n'avancera aussi longtemps que les conditions le lui permettront que par la voie froide, par une série d'actions « légales » (nouvelles elections, révision de la Constitution), en exploitant le crétinisme légaliste et les trahisons des vieilles directions.
L'arrivée de de Gaulle au pouvoir permettrait vraisemblablement, pendant toute une période au mouvement. ouvrier, une existence légale ou semi-légale, mais elle n'en serait pas moins vrière et un obstacle considérable au coup terrible pour la classe oudéveloppement du parti révolutionnaire. Le Parti attirera l'attention des vailleurs sur le fait que la lutte de de Gaulle pour le pouvoir ne prendra pas nécessairement les formes hitlériennes.
Une continuation du contrôle des vieilles directions entraînant le morcellement des prochaines luttes favoriserait le gaullisme en décevant et en irritant davantage encore la petite bourgeoisie. Au contraire, le débordement des vieilles directions et une lutte d'ensemble rejetterait le gaullisme du devant de la scène politique.
En dernière analyse, c'est du développement des prochaines luttes prolétariennes, hors du contrôle des vieilles directions (débordement) et de Tissue de ces luttes que dépend l'avenir gaullisme. Le danger gaulliste ne réside pas essentiellement dans la possibilité d'une proche offensive antiouvrière, à la manière fasciste, mais dans une avance favorisée par les directions de trahison. Ce serait augmenter les dangers que d'emboîter le pas aux staliniens qui, sur la base d'une politique contre-révolutionnaire, renouvellent ces arreurs de la « troisième période », en rejetant les ouvriers sociaux démocrates dans le « parti américain ». stalinisme par le prolétariat le nouvelle direction cadres ouvriers lors de la réunion qui abandonna cette orientation, prouveut bien comment l'idée du combat de toutes les corporations unies par les objectifs communs a progressé au sein de la classe ouvrière.
Une étude plus précise des réactions ouvrières à cette occasion, ainsi que celle des résultats électoraux, permet de mieux apprécier l'évolution interne de la classe ouvrière. Lorsque l'Union des syndicats de la R.P. a été amenée a poser la question de ia grève générale, les éléments réformistes s'y sont opposés, arguant du caractère politique de cette grève ; les éléments d'avant-garde ont eu la même réaction, n'ayant pas confiance dans la direction des staliniens ; dans la plupart des secteurs
Q UATRIE ME IN ouvriers, le nombre des suffrages staliniens est en recul. quelquefois au bénétice du P.S., le plus souvent au profit de l'abstentionisme. Ces faits montrent un bouillonnement et des déplacements au sein de la classe ouvrière, mais les statistiques électorales sont incapables de montrer, ni quelle couche se déplace, ni dans quel sens. L'analyse du processus interne de la classe ouvrière doit être faite dans les usines, dans la lutte. L'ensemble de ces phénomènes prouve que de larges secteurs de la classe ouvrière sont à la recherche d'une nouvelle direction, et que de plus en plus la classe ouvrière comprend que la solution de ces difficultés est à rechercher, non plus dans les luttes revendicatives ‚mais sur le terrain politique. Dans ces conditions, toute la théorie négative de Parisot (d'abord la grève générale pour le minimum vital, ensuite l'offensive politique, Vérité, 27, juin) est le pire frein au dévoloppement du Parti.
Si l'orientation ultime de la petite bourgeoisie dépend de la capacité de la classe ouvriêre à mener de grands comhats dépassant le plan des revendications économiques immédiates, pour se situer sur un plan politique antibourgeois qui fera d'elle le porte-parole de toutes les couches exploitées, cette capacité de la classe ouvrière dépend de plus en plus de l'intervention active de l'avant-garde pour placer la lutte sur son véritable terrain politique, de construire ses propres organismes (Parti, F.O., comités de lutte, etc.).
L'attention du Parti et, par le Parti, de toute lavant-garde, doit être attirée sur le tait decisii suivant : alors que jusqu'alors les facteurs positifs du déve. loppement de la situation (émancination de la classe ouvriére de ses directions traîtres) l'emportaient largement
Condition nécessaire à tout pas en avant de la classe ouvrière et de son parti révolutionnaire.
Le débordement du stalinisme a pris une forme multiple depuis les débordements « élémentaires » des premières
V. - Vers une
Venant après une succession d'expériences au cours des six derniers mois (notamment la grève Renault et la cheminots) les staliniennes qui ont empêché le déclenchement de la grève générale à la faveur de la grève des transports parisiens, ont concrétisé plus ou moins clairement, pour une large avant-garde, le fait que le parti stalinien est un obsta. 52
TERNATIONALE sur les facteurs négatifs (cristallisation réactionnaire, indécision ou même démoralisation au sein de certaines couches de la classe ouvrière), cette situation peut se trouver inversée. Le rôle du Parti sera plus que jamais décisif. 3. → Le stalinisme.
Le parti stalinien est un parti ouvrier dégénéré, réformiste d'un type nouveau : ouvrier par son origine et sa base sociale (sa direction a montré qu'elle était prête à sacrifier une partie de sa clientèle petite bourgeoise pour rétablir son contrôle sur la classe ouvrière), rétormiste par sa politique fondamentale de collaboration de classe, parce qu'il introduit l'idéologie bourgeoise et des illusions petites bourgeoises dans la classe ouvrière, depuis 1933, il est « passé définitivement du côté de l'ordre bourgeois ». Ce parti réformiste diffère de la social-démocratie en ce qu'il défend la bureaucratie contre-révolutionnaire du Kremlin et, ce faisant, détenl la domination de la bourgeoisie dans les pays capitalistes. Sa volonté d'exercer une emprise totalitaire Sul la classe ouvrière (au nom de l'unité ouvrière) découle du fait qu'il doit imposer une politique réformiste dans la période de déclin du capitalisme. II' peut tolérer la moindre manifestation de divergences dans le mouvement ouvrier, il se montre le plus implacable adversaire de tout courant ouvrier qui pourrait le doubler sur la gauche, et plus particulièrement de la IV° Internationale.
La lutte du P.C.I. contre le parti stalinien, lutte du parti révolutionnare contre un parti réformiste, est la condition essentielle pour que la classe ouvrière combatte victorieusement bourgeoisie. corporations qui entrèrent en lutte, jusqu'aux débordements d'une nature de plus en plus complexe, au fur et a mesure que les staliniens développèrent leurs manœuvres gauchistes pour coitfer et étrangler les mouvements. nouvelle direction cle aux luttes ouvrières, et que sa direction a des intérêts étrangers à ceux du prolétariat. Pour une certaine partie des cadres ouvriers du parti stalinien euxmêmes, se trouve posé maintenant le problème de passer par-dessus leur direction pour continuer à diriger les lut. tes ouvrières.
Le problème d'une nouvelle direction passait de toute façon par une période
IV. - Débordement du stalinisme et manœuvres de celui-ci
IV. - Débordement du stalinisme et manœuvres de celui-ci
Q. UATRIEME IN préalabie de trouble et de désarroi. La solution est rendue plus difficile par la Taiblesse du P.C.I., dont les cadres n'ont pas jusqu'alors fait leurs preuves comme dirigeants des masses. Les difficultés ont été considérablement grandies du tait de la direction qui, depuis un 21 n'a pas opposé une politique révolutionnaire à la politique stalinienne, mais a fait du parti un appendice gauche des staliniens.
En fixant des objectifs, en indiquant les moyens, en popularisant les expériences, en dénonçant les manœuvres" staliniennes, et par l'initiative de ses
Dans la situation présente, le mot d'ordre politique central du parti sera LA GREVE GENERALE. Dans la préparation de celle-ci et pour la lutte contre le danger gaulliete de la classe oure le danger gaulliste. la tactique sera LE FRONT UNIQUE vrière.
En tant qu'avant-garde, le p.C... montrera la vole du front unique en faisant sur des objectifs précis de la lutte ouvriène, sur des mots d'ordre transitoires sensibles à toutes les masses laborieuses, des propositions concrètes de F.U. aux autres organisations ouvrières, non seulement sur le plan local ou de l'usine, mais aussi à l'échelle nationale.
Le P.C.I. fera campagne pour lunité d'action de tous les ouvriers et de toutes les masses laborieuses, et particulièrement de leurs plus grandes organisations, P.C.F. et P.S. Ceci ne pourra se faire qu'en dénonçant la politique d'alliance et de collaboration de leurs chefs avec des fractions de la bourgeoisie, divisant ainsi la classe ouvrière,
A. — La grève générale, mot d'ordre central de la nouvelle étape
La grève des transports parisiens Pa démontré sans la moindre équivoque et a mis en relief tous les problèmes qui lui sont liés.
1° Les mots d'ordre de la grève générale.
L'action du Parti, en tant que tel, est d'une importance extrême, à cause des problèmes politiques qui sont à la base de la grève générale. C'est l'absence d'objectifs politiques et revendicatils valables qui, lors de la grève des transports parisiens, a détourné l'action immédiate des éléments parmi les plus combattifs et les plus décisife pour son déclenchement.
TERNATIONALE militants, le parti aidera chacun des éléments de l'avant-garde qui cherche sa voie, assurera l'unification des volontés, leur donnera un programme commun, pourra diriger les masses, favorisera le déclenchement et l'organisation des luttes à venir. Le caractère hautement politique des prochaines luttes inévitables, même en labsence de tout parti révolutionnare reconnu par les masses, confère à l'intervention du parti l'importance de, quant à tamment de les masses, extraordinairement gran leur issue, qui dépend nola capacité du parti à alder à créer une nouvelle direction des luttes.
Non seulement il ne peut être question d'une grève générale pour 1.000 francs d'acompte, mais les mots d'ordre revendicatifs eux-mêmes, c'està-dire le minimum vital (chiftré) garanti par Véchelle mobile et le contrôle ouvrier, ne peuvent être détachés du mot d'ordre politique central : Gouvernement oworier et paysan.
Les travailleurs savaient que la vietoire de leurs revendications nécessitait le renversement du gouvernement Ramadier. Renoncer au mot d'ordre du gouvernement ouvrier et paysan, c'est fermer la perspective de la grève générale et rendre nulle toute agitation en sa faveur.
La présentation de ce mot d'ordre ne peut être toujours la même dans toutes les situations. Dans telle situation de crise ouverte, le mot d'ordre positif d'agitation « gouvernement P.s., P.C. C.G.1. » peut avoir une valeur de mobilisation; dans d'autres situations, nous devrons le présenter davantage sous son côté de dénonciation des directions de trahison qui se refuseront à prendre le pouvoir. Ce mot d'ordre est essentiel pour aider les ouvriers à comprendre la trahison des vieilles directions qui se refusent à prendre le pouvoir sur un mot d'ordre anticapitaliste,
2º La préparation et l'organisation de la grève générale.
Les comités de lutte ont été, au début de la nouvelle étape, de véritables organismes bureaucratiques; organismes de front unique, ils 'ne peuvent exister que l'action, ou dans sa préparation dans immédiate. Ils ne peuvent se substituer aux comités de grèves, ni aux organis mes syndicaux en devenant permanents. Le Parti œuvrera à la création de tels comités, sans toutefois oublier qu'a l'avenir, d'autres formes de regroupement pour la préparation de la grève générale pourront fort bien être créées par les travailleurs.
Le Parti doit populariser les expé riences des comités de grève, face a
VI. - Les tâches du parti
VI. - Les tâches du parti
VATRIEME I N ses contrefacons staliniennes et réformistes. Il doit propager aussi l'idée de la liaison entre ces comités.
Le Parti doit développer, au cours de la campagne pour la grève générale, la nécessité de la milice ouvrière pour la défense des entreprises occupées contre les bandes armées légales (police, mobiles, etc.) ou fascistes au service de la bourgeoisie.
3° Contre les syndicats autonomes pour le F.O.
Le rôle des. syndicats autonomes a été clairement exposé dans la grève du métro. Quelles que puissent être les intentions des ouvriers qui y adhèrent, les syndicats autonomes sont toujours des obstacles à la grève générale, soit parce qu'ils isolent des masses et démoralisent les ouvriers d'avant-garde (syndicat démocratique de chez Renault), soit parce qu'ils font appel aux seuls intérêts corporatifs et sont les instruments aux mains de réformistes faisant directement le jeu de la bourgeoisie.
La démonstration de la trahison stalinienne à de plus larges couches ouvrières au moment de la grève des transports parisiens, peut permettre une progression importante de l'influence du F.o., en le taisant apparaître comme la tendance qui lutte au sein des syndicats, pour que ceux-ci participent à la préparation de la grève générale.
Le Parti devra aider à assurer une parution régulière du F.O. et à lui donner une forme populaire et attrayante.
Face à la politique stalinienne d'aggravation de la différenciation au sein de la classe ouvrière, la tendance Front ouvrier peut dès l'abord acquérir un soutien large dans les entreprises et corporations, si elle sait mettre en avant, fermement et au nom de V'unité de la classe, la réduction des catégories, le resserrement de l'éventail ,et toutes formes de revendications (adaptées à chaque corporation ou générales) tendant au relèvement dégressif des salaires. L'ensemble des mots d'ordre proposés dans ce sens ne doit pas être présenté comme vaguement supplémentatre revendications générales, mais comme la polifique revendicative d'un courant combattant par tous les moyens toute forme de soutien ou de propagande entérinant ou aggravant la division économique au sein de la classe ouvrière. B. - La lutte contre le gaullisme
Le Parti doit expliquer inlassablement que la lutte pour l'expropriation seu rod capital sert en défimite le définitive le moven de briser le fascisme à jamais, c'est-à-dire que notre lutte contre le fascisme sera indissoluble de la 54
TERNATIONALE lutte contre l'alliance avec les partis bourgeois et la politique qui se refuse à attaquer le capitalisme.
Ce programme anticapitaliste (natlonalisation sans indemnité ni rachat, armement du peuple,
Pete.) devra être celui du gouvernement ouvrier-paysan, aboutissant logique du front unique des organisations ouvrières.
Ce n'est que si la classe ouvrière montre qu'elle peut et veut apporter une solution à la crise de la société qu'elle pourra regagner la petite bourgeoisie à son camp. Et cette solution ne peut être trouvée que par la lutte révolutionnaire contre le pouvoir de la bourgeoisie.
Le parti doit dénoncer systématiquement la volonté des vieilles directions ouvrières de se maintenir sur le terrain de la légalité républicaine. doit faire comprendre aux travailleurs qu'attendre que « de Gaulle tine le premier » est la politique qui fait le plus directement le jeu du gaullisme.
Le Parti doit montrer comment la classe ouvrière est capable d'écraser le danger réactionnaire par une lutte conséquente menant à la grève générale et au gouvernement ouvrier paysan. Il montrera que c'est le seul moyen de briser les manœuvres de dictature.
Le parti doit mener une lutte conséquente pour la défense des libertés démocratiques. Les mots d'ordre démocratiques doivent être toujours étroitement lies aux mots d'ordre transitoires, ils ne peuvent se situer sur le terrain de la démocratie bourgeoise mais toujours montrer la voie du dépassement de cette démocratie.
Le Parti doit utiliser les interventions gouvernementales contre la grève et l'action des bandes fascistes pour populariser l'idée de la milice ouvrière.
Le mot d'ordre et la stratégie de front unique, à l'échelle nationale, locale et à l'entreprise à toute sa place dans la lutte contre le gaullisme et la défense des organisations ou libertés ouvrières. Le P.C.I. fera tous ses efforts pour réaliser l'unité du front prolétarien.
Ceci ne signifie pas que notre critique du stalinisme et de la social-démocratie soit en rien diminuée (politique du « climat » de front unique de la tendance Parisot) ni que cette unité d'action doive se faire sur des mots d'ordre ou un programme contraires aux intérêts ouvriers. En particulier ,nous ferons une critique systématique des sociaux-démocrates qui se sont alliés au R. P. F.-M. R. P. contre le P. C. F., et celle du P. C. F. qui prêche le « Front des républicains » au lieu de s'unir pour combattre pour prendre le pouvoir sur un programme anticapitaliste transitoire capable d'entraîner les ouvriers et les petits bourgeois.
UAT RI E IN
Dans tous les organismes de masse, le Parti luttera pour leur faire adopter. un programme de lutte réelle contre le gaullisme. Même lorsque ce sont les staliniens qui lancent l'idée de la création d'organismes de masse (comités de de fense de la République) nous devons lutter pour qu'ils soient de véritables organismes de masses, et non des organismes bureaucratiques. Pour cela nous lutterons pour une constitution démocratique de ces comités et pour leur formation sur un programme de défense des libertés ouvrières, par les ouvriers eux-mêmes (groupes d'auto-défense, milices, ete.) et sur un programme de préparation de la grève générale.
L'objectif des staliniens qui est de faire de ces comités de défense républicaine des organismes bureaucratiques (de défense de la production) sera dénoncé par nous. Notre objectif sera de faire déborder les staliniens par les ouvriers dans les organismes créés par eux. Un resultat , meme dans une seule usine, peut acquérir une importance considérable dans notre agitation et à titre d'exemple pour toute la classe ouvrière.
Ces organismes pourraient ainsi devenir des organismes de front unique et de dualité de pouvoir. C.- Contre l'impérialisme français
A la diplomatie du dollar du capitalisme français et à la politique réactionnaire de « l'indépendance nationale» des staliniens le Parti oppose une
VII. - Construire un parti capa
C'est par les grandes luttes ouvrières et par le débordement des vieilles directions que passe la construction du Parti. Dans la situation présente de
T E RNATIONALE campagne incessante sur le mot d'ordre des Etats unis socialistes soviétiques, couronnement des luttes pour les revendications ouvrières, pour le gouvernement ouvrier et paysan, seul remède préventif à la troisième guerre mondiale et à la famine et à la misère qui s'étendent sur l'Europe.
Le Parti lutte pour l'évacuation immédiate de l'Allemagne et de l'Autriche par les troupes d'occupation françaises, lutte qui doit rejoindre celle de nos sections sœurs, pour le retrait de toutes les troupes d'occupation, y compris les forces armées soviétiques, dans les pays du glacis.
La lutte des ouvriers doit être constamment liée aux luttes des peuples colonisés par l'impérialisme français. Notre campagne doit développer les mots d'ordre suivants :
- Retrait immédiat des troupes ;
- Boycott des transports par la grève ;
- Indépendance immédiate des peuples colonisés
Get sur l'axe suivant : La défaite de 'impérialisme et la victoire des peuples colonisés.
Cette. lutte ne signifie nullement Te silence ou la complicité à l'égard des partis nationalistes (que nous soutenons quand ils luttent contre l'impérialisme) ni des trahisons et des crises contrerévolutionnaires du stalinisme aux colonies. ble de diriger les luttes ouvrières cherche à definir une politique à l'usage propre de l'avant garde sont deux dangers que le Parti doit éviter pour éviter la stagnation et la décomposition.
L'opportunisme de la direction sortante, sa défiance méprisante à l'égard du prolétariat, son refus de dénoncer la politique catastrophique des partis traîtres et en premier lieu du parti stalinien, son refus de mettre en avant le mot d'ordre de grève générale avec son plein sens politique et révolutionnaire ont paralysé le parti dans la période la plus riche d'événements et de possibilité depuis juin 1936.
Continuer dans la même voie, c'est mener le parti à la désagrégation et livrer la classe ouvrière à sa direction traître, c'est-a-dire, en définitive, à la.
défaite devant le gaullisme.
unité révolutionnaire
Gagner au programme de la IVe Internationale et à l'unité révolutionnaire le plus grand nombre de J.S. et d'ou- crise révolutionnaire
Parti doit amélioner l'avant-garde, gagner laction, surgis dans de la société, le liaisons avec ses états-majors ses renforcer son influence sur des couches de plus en plus larges de la classe ouvrière avant de pouvoir organiser dans son sein des milliers de travailleurs et d'en diriger des millions.
Le Parti pourra gagner l'avant-garde dans la mesure où il sera capable dans l'immédiat d'apporter à l'ensemble des travailleurs, la stratégie, la tactique, les directives d'action justes et efficaces où il fera la preuve de sa propre capacité d'être une direction effective des luttes : en un mot ,s'il est capable d'armer • politiquement l'avant-garde pour la rendre apte à préparer et diriger les luttes de masses.
L'opportunisme qui fait des concessions programmatiques aux illusions des ouvriers dupés et le sectarisme qui vriers socialistes en rupture avec la social-democratie, tel est le problème concret débarrasse phrases ,qui se pose au parti depuis que les mouvements grévistes de masses, puis du début de l'été, ont accéléré la différenciation et l'évolution des courants prolétariens révolutionnaires dans la socia'démocratie (différenciation que le travail entrepris par le 2º congrès en divail rection des J. S., avec des faiblesses de toutes sortes, n'avait fait qu'éban.
cher).
Dès . ce moment, le résultat dépend essentiellement de la capacité du parti a detinir la politique juste ‚à s'intégrer effectivement dans la lutte des masses, à constituer, en faisant la démonstration de son efficacité révolutionnaire, le pôle d'attraction pour les courants en évolution. Le résultat dépend aussi d'une attitude d'honnêteté du parti, bannissant les procédés de diplomatie secrète qui traduisent un manque de confiance injustifiable dans les capacités politiques des jeunes révolutionnaires ayant rompu avec la social-démocratie. Le front unique systématique ,Ia discussion franche et à tous les échelons sur le programme et la tactique (et non sur les doutes et improvisations de Zeller) des propositions et un débat publie sur lunitication, telles étaient les mesures indispensables pour éviter la désorientation et l'effritement de la masse des militants J. S.
Ce n'est pas une des moindres conséquences de la politique fausse de la majorité que de nous avoir fait perdre la plus grande partie du bénéfice politique et organtsationnel que nous étions en droit d'attendre de l'évolution des J. S. En effet, ce qu'il importe avant. tout à des jeunes en train de se dégager de l'emprise réformiste, c'est. trouver un guide dans une direction révolutionnaire conséquente
Si le parti manquait encore à ses tâches dans les luttes, trop souvent le cas dans la période comme ce fut. passée, tout le travail de regroupement révolutionnaire reposerait sur du sable.
Le Parti luttera également pour gagner politiquement des groupes se réclamant de la IVe Internationale.
Nous n'avons pas su donner au problème de la construction du parti son véritable sens politique. Il faut cesser d'en faire la phrase rituelle placée à la fin d'un discours ou d'un article. Nous devons savoir faire comprendre à la classe ouvrière que l'existence d'un parti révolutionnaire capable de diriger ses luttes est indispensable aussi bien pour la satisfaction de ses revendica tions immédiates que pour sa victoire finale. Le débordement des vieilles directions ne mènera à la victoire que si nous savons faire comprendre cela aux éléments les plus conscients de l'avantgarde ouvrière, c'est-à-dine que nous devons faire de la construction du parti révolutionnaire un véritable mot d'ordre d'agitation.
Le Parti que nous devons construire est un parti prolétarien par sa politique, sa composition sociale, son orientation de travail et ses méthodes d'organisation.
Le travail, d'entreprise, par la constitution de cellules d'entreprises, pour la vie et le développement desquelles tout le parti doit travailler (administration, journal, éducation, brochures de propagande, etc.) doit être notre objectif premier.
Le travail de masse du Parti ne consiste pas dans l'agitation de ses membres en dehors de la classe, comme ce fut le cas depuis les élections de novembre 1946. Le résultat fut l'épuisement des forces du parti au moment même où les grandes grèves exigeaient une tension de tous les efforts. Le véritable travail masse commence d'abord par le fait de répondre par des mots d'ordre, des directives d'action et des explications aux préoccupations de la classe ouvrière.
La faiblesse actuelle du Parti et l'énormité des tâches qui lui incombent, rendent impérieuse la concentration des ettorts, notamment au moyen de campagnes suivies mobilisant l'ensemble du Parti pendant toute une période sur des objectifs précis.
Le travail d'entreprise, objectit essentiel du parti, doit viser à l'enracinement en profondeur dans de véritables bastions dont l'importance s'est montrée décisive au cours des grèves. Il faut combiner les conquêtes méticuleuses et patientes d'individus avec le travail d'agitation large, particulièrement dans le domaine syndical.
Le travail local, là où il est impossible de faire un travail d'entreprise, dolt, comme ce dernier, avoir un caractère systématique en profondeur de concentration sur des objectifs limités et précis. Pour le renforcement de la J.C.I.
La démoralisation qui frappe certains éléments lorsqu'ils quittent le stalinisme rend tout à fait actuel ce que dit le Programme transitoire sur la Jeunesse : « Bien entendu, même parmi les ouvriers qui furent autrefois au premier rang, il y a maintenant pas mal d'entre eux qui sont lassés et déçus. Ils resteront, au moins dans la prochaine période, à l'écart. Quand s'use un programme ou une organisation, s'use aussi la génération qui les a portés sur ses épaules. La rénovation du mouvement se fait par la jeunesse, libre de toute responsabilité pour le passé, La IV° Internationale prête une attention exceptionnelle à la jeune génération du prolétariat. Par toute sa politique, elle s'efforce d'inspirer à la jeunesse confiance dans ses propres forces et dans son avenir. Seuls, l'enthousiasme vrai et l'esprit offensif de la jeunesse peuvent assurer les premiers succès de la lutte. Seuls, ces succès feront revenir dans la voie de la révolution les meilleurs élé ments de la vieille génération. Il en fut toujours ainsi, il en sera ainsi. »
Le parti doit réserver une part de ses forces au développement et au renforcement de la J. C. I. (journal, éducation, formation des cadres...)
Il doit aider la J. C. I. à réaliser sur son programme l'unité avec la J. S.
De plus, l'utilisation de larmée contre les grevistes necessite laide a la J. C. I. pour le travail antimilitariste.
Le recrutement de la IVe recrutement individuel ou sous la forme d'une fusion avec des courants évoluant jusqu'à notre programme, ne peut donner de résultats durables que si le parti forme des cadres ayant assimilé sérieusement ce programme. Le travail d'éducation permettra en outre au parti de lutter efficacement contre les tendances
TERNATIONALE centristes et d'empêcher, autant que faire se peut, leur cristallisation.
La « Vérité », arme essentielle parti, à la fois comme instrument d'agitation et de propagande et comme organisateur et éducateur, doit être l'expression effective de la politique du parti, du travail et des besoins de ses militants, et non le produit d'une rédaction indépendante du parti et de la classe ouvriere.
Elle doit s'exprimer sous une forme simple, populaire, sans porter en rien atteinte à notre programme.
La nouvelle étape offre au parti de larges possibilités de s'enraciner dans les masses. Le libérer de l'opportunisme dans lequel l'a engagé le 3º congrès, le redresser en le ramenant à la politique trotskyste telle est la tâche du 4º congrès. C'est la seule façon de rendre le parti capable de s'intégrer dans de larges actions. C'est le pas en avant nécessaire pour le rendre apte à préparer le prolétariat à la conquête révolutionnaire du pouvoir.