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La revue › numéro de juin-juillet

La tactique dans la lutte pour les mots d'ordre transitoires

G. Hirt · Quatrième Internationale, numéro de juin-juillet · juin-juillet 1946 · p. 4-13 · 6 399 mots

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par G. HIRT

I

Au lendemain de la première guerre mondiale, la conscience de classe des masses prolétariennes atteignait un niveau remarquable, influencée surtout par les événements et par la victoire de la révolution russe. La social-démocratie, le Labour Party, la bureaucratie syndicale, et surtout la bureaucratie stalinienne, diminuaient, par leur politique de trahison, la conscience élevée des masses, diminuaient leur capacité de lutte et procuraient ainsi la bourgeoisie monopoliste la possibilité d'exterminer par centaines de milliers les meilleurs éléments prolétariens et de rejeter loin en arrière la conscience des masses, en appliquant tout un système d'assassinats, de force, de pression, d'escroquerie, de poison et d'intimidation.

Même l'homme le plus fort le plus sain et le plus clair du point de vue intellectuel, attaqué par des bandits, blessé par des coups terribles sur la tete, a besoin d'une période plus ou moins longue pour se retablir, pour recouvrer ses capacités intellectuelles, et même pour voir clair en ce qui concerne les choses les plus simples de la vie quotidienne. Il en est de même des masses. Ce sont ces faits qui ont permis aux partis traîtres, malgré leurs trahisons continues et malgré toutes les catastrophes résultant d'une politique funeste, d'embrigader de nouveau les masses ouvrières. Les masses, dénuées d'une conscience prolétarienne elevee, ne pouvaient agir autrement.

Cela ne signifie nullement que les masses avaient oublié complètement tout ce que leur conscience avait enregistré à l'époque. Mais leur conscience, affaiblie par des coups terribles, a amoindri leur force, leur clarté, et ne leur permet pas de s'orienter toul de suite, comme cela sebait produit il y a vingt-cinq ans. Par contre, si les masses, à cette époaue. avaient besoin d une dizaine d'années pour acquérir une conscience élevée, elles sont quand même capables, à l'heure actuelle, malgré les défaites subies, d'acquérir le même degré de conscience sinon une conscience plus élevée. Ceci grâce aux vieilles expériences acquises, qui restent vivantes; grâce aux expériences nouvelles acquises dans la lutte quotidienne et sous l'influence des contradictions dans lesquelles se démène le système capitaliste, contradictions qui prennent un caractère de plus en plus aigu. Mais tout cela sous condition que le parti révolutionnaire agisse d'une façon juste du point de vue politique, stratégique et tactique.

II

Si les masses avaient acquis une conscience de classe assez élevée, on pourrait suivre les conseils des camarades ultra-« gauchistes Nous pourrions nous borner à la critique prolétarienne et à la propagande systématique des mots d'ordre de caractère stratégique; nous pourrions, à la suite, passer immédiatement à laction de masses, l'élargir de plus en plus jusqu'au moment où les conditions décisives seraient créées pour la lutte finale et pour la victoire.

Mais la conscience de classe des masses a subi un recul considérable. Quelques individus avancés seulement peuvent, par notre propagande, acquérir un niveau assez élevé. Mais les masses n'apprennent que dans la mesure où notre critique et nofre propagande sont confirmées par leur propre expérience acquise dans la lutte quotidienne. Par une lutte qui leur est imposée dans les conditions de l'exploitation capitaliste, de la misère et de l'oflensive permanente de la classe bourgeoise. Un petit nombre de camarades « gauchistes », sincères mais incurables, n'arrivent pas à comprendre cette loi fondamentale.

Ces camarades ressemblent à ces aveugles avec lesquels l'on ne peut

POUR LES MI

IV° INTERN pas discuter sur le phénomène des couleurs. Mais une grande partie de ces camarades « gauchistes » peut être accessible à notre critique. Nous pourrons les altirer vers nous, à condition que notre politique générale, c'est-à-dire notre lulte pour les mots d'ordre quotidiens et pour les mots d'ordre transitoires, soit juste et adaptée aux nécessités de l'heure. Le fait seul que beaucoup de ces camarades, sincères et révolutionnaires, restent sur leur position « gauchiste », justement en ce qui concerne les mots d'ordre transitoires; le fait que nous ne réussissons pas à exercer un attrait suffisant sur eux, est un symptôme pour la faiblesse de notre tactique dans la lutte pour les mots d'ordre transitoires.

III

Notre tâche principale consiste dans la préparation de la révolution prolétarienne. Nous devons travailler pour ce but avec les masses et en nous mettant à leur tête. Nous devons les diriger et les mener à la victoire. C'est à nous d'enrôler dans le combat les employés, les petits fonctionnaires, les petits paysans et la petite bourgeoisie contre les exploiteurs et les parasites. Notre but, c'est de maintenir la victoire et de l'élargir jusqu'à la création d'une fédération des républiques soviétiques sur le plan européen, et enfin sur le plan mondial. Dans cette lutte, la classe ouvrière doit être le guide des autres couches de la population. Nous ne devons jamais perdre de vue ce but suprême, même dans notre lutte quotidienne, et en défendant les mots d'ordre transitoires.

Tous les mots d'ordre transitoires, sans exception, même s'ils revêtent un caractère très avancé, correspondent à un intérêt passager des masses. Les mots d'ordre transitoires ne sont qu'une expression de la lutte quotidienne dans des conditions très favorables, mais qui ne permettent pas encore d'assimiler les mots d'ordre quotidiens aux mots d'ordre de la lutte finale. Mais, de même que dans la lutte pour les intérêts les plus élémentaires, il faut, quand il s'agit des mots d'ordre transitoires, mettre l'accent sur les buts principaux et sur le but final de ia permanents, classe ouvrière.

La lutte pour un système de mots d'ordre transitoires, accentués d'après un plan bien éludié, facilite aux masses le passage à la lutte révolution-

ATIONALE 5 naire. Mais pour que les masses prennent en fait le chemin de la révoluton prolétarienne, les mots d'ordre transitoires, pris isolément, se révélent insuffisants, même s'ils sont accentués d'une façon systématique. C'est seulement en liant ceite lutte, d'une manière compréhensible aux masses, avec la critique prolétarienne et avec la propagande conséquente du but final, qu'on arrive à préparer la lutte pour la conquête du pouvoir par la classe ouvrière.

Notre programme socialiste correspond à notre but et démontre le chemin à parcourir. Pour y arriver, la lutte pour les mots d'ordre transitoires, pour un programme correspondant à ce stade de notre lutte, joue un rôle capital; mais, en ce qui concerne notre but final, ces mots d'ordre n'ont qu'un intérêt passager et limité, et aussi ceci uniquement sous condition que celte lutte soit combinée d'une façon permanente avec la lutter préparatoire (critique, propagande, organisation) pour les mots d'ordre correspondant au but suprême.

Le programme transitoire n'est qu'une partie subordonnée et passagère de notre programme socialiste. La lutte pour le programme transitoire doit être liée d'une façon immédiate, permanente et conséquente avec la lutte pour le socialisme, compréhensible aux masses. Ceci n'est possible que par notre critique et propagande prolétariennes, qui doit accompagner constamment notre lulte pour les mots d'ordre transitoires. Si ces conditions ne sont pas remplies, la lutte pour le programme transitoire se tournera, même si nous ne le voulons pas, contre le programme socialiste.

La lutte de Lénine contre l'opportunisme a commencé avec la lutte contre l'économisme à la fin du dixneuvième siècle; celui-ci ne mettait en avant que les intérêts quotidiens et défendait exclusivement les intérêts passagers des masses. La lutte pour les intérêts quotidiens des masses nous ouvre la voie vers les masses.

Mais il s'agit de ler cette lutte à la critique prolétarienne, à la propagande et à la préparation des mots d'ordre finaux. Cela seul peut changer la lulte pour les intérêts passagers des masses dans la lutte préparatoire pour la conquête du pouvoir. Lénine et Trotsky l'ont enseigné pendant des dizaines d'années aux militants. De sorte que notre programme transitoire pouvait se borner à des observations brèves et précises. Le programme transitoire doit être exécuté

IV° INTERN dans le cadre de notre programme général, de notre programme socialiste. Ne l'oublions jamais, pas dans la théorie et, à plus forte raison, dans notre lutte quotidienne.

C'est parce que la conselence des masses n'est pas assez développée ou - comme c'est le cas à l'heure actuelle - rejetée loin en arrière, que nous sommes obligés de borner notre Jutte temporairement et pour un celtain temps aux moyens de combat préparatoires (critique, propagande, organisation). Et pour la même raison nous devons, pour nous approcher d'eux, mener les masses dans la lutte immédiate pour leurs intérêts passagers. Mais malgré cela, l'axe notre lutte n'est pas dans l'action im médiate pour les intérêts passagers leurs interets permanents principaux, des masses, mais dans l'action pour teurs intérets de classe, bien que cette action ne revête pour nous, pendant un certain temps, qu'un caractère préparatoire et se borne à la erltique de classe, à la propagande et à l'organisation. Ce n'est que de cette façon que notre action pour les intérêts quotidiens revêt un caractère révolutionnaire. Engagée d'une çon différente, même avec les intentions les plus sincères, elle est opportuniste. Et l'opportunisme • le plus sincére, a dit Engels, est le plus dangereux.

Tous les mots d'ordre transitotres, même les plus révolutionnaires, ne concernent que les intérêts passagers des masses. Il ne peut pas en être autrement, car tous les mots d'ordre transitoires sans exception, même les plus avancés, ne touchent pas les deux bases du pouvoir de la classe capitaliste: 1° propriété des moyens de production; 2° l'Etat capitaliste, c'est-à-dire l'appareil d'Etat capitaliste, qui revêt un caractère de classe. A l'aide de ces deux facteurs la bourgeoisie est en mesure d'annuler et de liquider les succès obtenus par les masses, en faisant jouer toute la gamme du système capitaliste en ce qui concerne les prix, les loyers, les impôts, les tarifs, les douanes la dévalorisation de la monnaie, des rentes, la diminution des salaires, l'exploitation dans toutes ses formes, l'intensification du travail, du chômage, etc., etc.

La collaboration d'éléments socialdémocrates, labouristes, staliniens, anarchistes, de bureaucrates syndicalistes etc., dans l'appareil d'Etat, même si ces éléments sont absolument sincères, ne change rien au caractère capitaliste de l'Etat bourgeois-démocratique. Le gouvernement peut se

ATIONALE composer de « socialistes », « communistes », de « révolutionnaires », sans la participation de représentants ouvertement capitalistes, cela ne change rien à la nature capitaliste de l'Etat bourgeois, aussi « démocratique » soit-il.

Même l'étatisation la plus radicale (nationalisation) des moyens de production dans le cadre de l'Etat capitaliste, aussi dans l'Etat démocratique bourgeois, ne change rien au canactère capitaliste de cette propriete. De quelle façon on essaie de présenter les choses: en dernier lieu ce sont les capitalistes, en tant que classe, qui disposent de la propriele grâce au caractère de classe de Tappareil d'Etat. Quelle que soit sa forme extérieure, cette propriété est en fait capitaliste et est gérée dans l'intérêt de la classe capitaliste.

L'étatisation des moyens de production dans le cadre de l'Etat bourgeots n'est que la forme la plus développée, même dans l'Etat démocratique-bourgeois, de la centralisation capitaliste; c'est la concentration des moyens de production à l'échelle de l'Etat capitaliste et elle renforce le pouvoir des capitalistes en tant que classe, bien que des capitalistes isolés et des groupes capitalistes en soient les vietimes. La centralisation étatique et la concentration des moyens de production à l'échelle de l'Etat bourgeois renforce surtout la classe capitaliste, bien qu'un nombre considérable de capitalistes plus faibles soit liquidé et.

d'une maniére ou d'une autre, écrasé par le capitalisme d'Etat.

Certes, la démocratie bourgeoise donne à la bureaucratie ouvrière la possibilité de dire son mot, en ce qui concerne la gestion de la propriété d'Etat capitaliste et de faire croire aux ouvriers - moyennant des avantages correspondants — à une propriété « du peuple ». Cela n'affaiblit pas, mais cache seulement la disposition réelle des capitalistes en tant que classe sur cette propriété et renforce par là la nature capitaliste de cette propriété d'Etat.

Malgré ces faits, les capitalistes, en tant que classe, et non seulement quelques éléments, menacés dans leurs intérêts, s'opposent à l'étatisation, surtout contre une étatisation trop poussée. Car celle-ci rend tellement visible les bases du pouvoir capitaliste, que les masses s'aperçoivent de cet état de choses et réagissent en préparant leur lutte.

L'exemple de l'Angleterre et d'autres pays fournira de nouveau la preuve que le capitalisme d'Etat, aussi « démocratique » soit-il, n'amé-

IV° INTERN liore pas la situation sociale des masses laborieuses. Au contraire, il la rend plus mauvaise et Tabaisse d'une manière sensible. L'exemple prouve que la classe capitaliste, même dans le cadre du capitalisme d'Etat démocratique, augmente ses profits et permet ainsi à la bureaucratie ouvrière, qui lui rend des services appréciables, de gravir l'échelle sociale, d'accéder à la petite bourgeoisie, aux dépens des masses.

Le capitalisme d'Etat renforce le pouvoir des capitalistes en tant que classe, et est nuisible aux : masses. Pour cette raison, chaque étatisation capitaliste, chaque « nationalisation » et chaque « socialisation », mises en avant comme mot d'ordre isolément - même sous forme d'expropriation complète — est en principe inadmissible comme mot d'ordre transitoire. Le capitalisme d'Etat en lui-même ne nous approche pas du socialisme, au contraire!

L'étatisation capitaliste se distingue des autres mots d'ordre transitoires par le fait qu'elle n'apporte même pas aux masses des avantages passagers, ni du point de vue économique, ni du point de vue politique. Elle est nuisible à la classe ouvrière à chaque égard. Ce fait doit être attribué à la forme capitaliste de la centralisation étatique, à la concentration moyens de production et à l'existence de la machine d'Etat capitaliste.

Mais n'importe quelle centralisation capitaliste et concentration des moyens de production, entreprise à léchelle de l'Etat, facilite objectivement à la classe ouvrière, contre la volonté de la bourgeoisie, la solution de ses tâches d'avenir et la réalisation de la centralisation socialiste, de la concentration et collectivisation après la victoire du prolétariat. C'est pour cela, et uniquement pour cela, que nous sommes en droit d'avancer dans le cadre de l'Etat capitaliste le mot d'ordre de l'étatisation sans compensation, sous condition que nous lions ce mot d'ordre:

1º Au mot d'ordre général du contrôle de la production par les ouvriers, tout en expliquant aux ouvriers ce que nous entendons par ce mot d'ordre. L'idée excellente de la section anglaise d'avancer le mot d'ordre de la « gestion ouvrière » est tout à fait juste. (« For nationalisation of all industry without compensation and its operation under worker's management », voir « Socialist Appeal » du mois de mars 1946, n° 22.) Mais là encore il s'agit d'explier aux ouvriers ce que nous entendons par là, c'est-à-dire le même

ATIONALE 7 problème touché en ce qui concerne le contrôle ouvrier (voir ci-dessous), avec la différence importante que dans ce cas les ouvriers ne contrôlent pas seulement la production, mais qu'ils gèrent en fait, en excluant les capitalistes, cette production. L'argument que la gestion ouvrière (d'ailleurs aussi le contrôle ouvrier efficace) présuppose la prise du pouvoir accomplie par les ouvriers, n'est plus juste dans ce cas, car il s'agit ici d'un cas spécial où on peut lier le mot d'ordre du contrôle ouvrier à ia gestion ouvrière sans que les masses se trompent sur le sens véritable des choses.

• Il faut surtout lier ce mot d'or. dre combiné avec: a) la critique, qui explique aux ouvriers que l'étatisation capitaliste ne sert les masses ni du point de vue matériel, ni du point de vue économique; b) avec la propagande qui démontre aux ouvriers que la seule possibilité d'avenir réside dans l'institution de l'Etat prolétarien démocratique. Ce n'est que par ce moyen que la collectivisation étatique aboutira à l'avantage des ouvriers, des employés, des petits fonctionnaires et des petits bourgeois. C'est la critique prolétarienne et notre propagande qui établissent la différence fondamentale entre l'étatisation « nationalisation » et « socialisation » capitalistes, et la nationalisation et socialisation prolétariennes, entre la collectivisation capitaliste et la collectivisation socialiste.

Ce n'est qu'en combinant ces deux facteurs — l'étatisation sans compensation allant de pair avec la gestion ouvrière (ou du moins avec un contrôle ouvrier efficace) — qu'on arrivera à instruire les masses et à les mobiliser pour la révolution prolétarienne.

- A -

En engageant la lutte pour la semaine de 40 heures, par exemple, il s'agit de dire et de répéter sans cesse, que la bourgeoisie, tant qu'elle disposera des moyens que lui procure le système capitaliste, aura toujours la possibilité de prendre le dessus, en intensifiant lexploitation. Nous devons rappeler aux travailleurs (ce que les laquais de la bourgeoisie ne disent pas!) que la journée de 8 heures dans le cadre de la société capitaliste (el également en Russie!) n'a pas diminué l'exploitation des masses; qu'au contraire actuellement, cause du rythme accéléré dans la production les ouvriers sont obligés de se dépenser davantage que les ouvriers d'il y a cent ans l'ont fait pendant onze, douze, quatorze et même seize heures de travail par jour. Le salaire réel, compte tenu de toutes circonstances, n'a pas augmenté, mais au contraire baissé, non seulement en comparaison de la part toujours croissante de la classe capitaliste sur les valeurs créées, mais aussi en comparaison du salaire réel des ouvriers, il y a cinquante, cent et cent cinquante ans.

En luttant, par exemple, pour une véritable assurance vieillesse et pour n'importe quelle revendication sociale, nous devons dire aux ouvriers que la bourgeoisie, tant qu'elle tient effectivement le pouvoir, est en mesure, non seulement de charger les masses des faux-frais de ces opérations, mais encore de dévaloriser ces conquêtes, peu à peu et de les liquider au moment où la crise idu système capitaliste met en danger le profit, en instaurant ouvertement la dictature.

Dans certaines circonstances, il est parfaitement admissible, du point de vue tactique, d'avancer des mots d'ordre gouvernementaux. Ainsi, Lénine, en 1917, à un moment donné, disait aux masses: « Eloignez les capitalistes du gouvernement! » Ce qui voulait dire: « Obligez les meuchevicks et les sociaux-révolutionnaires à exercer seuls le gouvernement. » A l'heure actuelle il est admissible, du point de vue tactique, d'avancer des mots d'ordre comme ceux-ci: éloignez les capitalistes du gouvernement! Pour un gouvernement des partis suivis par les masses ouvrières et qui se réclament de la classe ouvrière! (par exemple pour un gouvernement du P.S., du P.C. et des syndicats!). Nous devons auparavant di-

Te aux masses: un tel gouvernement peut donner satisfaction à quelquesunes diennes (augmentation de vos revendications quotiides salaires, certaines libertés politiques, etc...)

Mais quoiqu'un gouvernement pareil puisse vous apporter, tout cela n'aura qu'une signification passagère, tant que la classe capitaliste dispose de ces deux facteurs, mentionnés ci-dessus. Car la nature de tous ces gouvernements, comme ceux du Labour-

Party, du P.S., du P.C. et de la bureaucratie syndicale et des anarchistes consiste justement en ceci, qu'ils ne touchent pas à la base du pouvoir de la classe capitaliste.

Tous les mots-d'ordre, pour lesquels nous engageons la lutte, doivent être liés à notre critique de classe.

C'est notre devoir d'expliquer aux masses, en se basant sur l'expérience de celles-ci, que tous les succès remportés ainsi ne peuvent être que passagers, insignifiants, parce que la bourgeoisie est en mesure, tenant les leviers de commande, de dévaloriser et de liquider ces conquêtes.

- B -

En expliquant ainsi négativement aux masses, de quoi il s'agit, c'est-àdire de l'impossibilité d'une amélioration constante de leur situation dans le cadre du système capitaliste, nous avons le devoir, de leur dire positivement ceci:

1ª Qu'il faut profiter de toutes les possibilités qu'offre le système des représentations bourgeoises et qu'ils ont le devoir de se servir de tous les moyens de combat dont ils disposent, accordés à la situation respective et aux rapports de force entre les clas-

2° Qu'il s'agit de bouleverser les bases du système capitaliste par une action de masses et de les remplacer par les deux bases du pouvoir socialiste, à savoir:

a) De remplacer l'appareil d'Etat capitaliste (même celui de l'Etat démocratique-bourgeois) par l'Etat démocratique-prolétarien des ouvriers, employés, petits fonctionnaires, petits paysans, petits bourgeois, c'est-àdire l'Etat de la majorité écrasante du peuple qui s'exprime dans les conseils d'ouvriers et paysans et dans -un appareil d'Etat prolétarien.

Tous les délégués des conseils d'ouvriers et paysans doivent être révocables et les électeurs doivent avoir le droit , de les remplacer.

Chaque fonctionnaire de l'Etat prolétarien de son économie et de son gouvernement doit pouvoir être révoqué par le conseil d'ouvriers et paysans compétent, pour que les fonctionnaires ne dégénèrent pas en bureaucrates qui enlèvent leurs droits aux ouvriers. Les fonctionnaires doivent rester des serviteurs fidèles de la classe ouvrière.

Il fout également empêcher que les fonctionnaires, en dégénérant, accaparent la plus grande partie des bénéfices de la production collective, comme cela se passe en Russie, et par là, acquièrent un standard de vie plus élevé que les ouvriers. En général, le salaire maximum d'un fonctionnaire dans l'Etat prolétarien ne doit pas dépasser celui du salaire réel d'un ouvrier qualifié; il peut être élevé seulement dans la mesure où le standard de vie des masses s'élève de la même façon.

: Tout cela est valable pour que les responsables des partis, organisations et institutions et aussi celles des partis pelit-bourgeois (la presse), ele.... dont l'activité dans le cadre des lois de l'Etat prolétarien est admise. | faut assurer la possibilité de révoquer ces fonctionnaires.

b) La propriété de la classe capitaliste sur les moyens de production décisifs doit être remplacée par da propriété collective des ouvriers, employés, petits fonctionnaires, petits paysans, petits bourgeois, etc.. et doit être contrôlée et gérée par la démocratie prolétarienne c'est-à-dire par les conseils d'ouvriers et paysans.

Enfin, nous devons faire comprendre aux masses qu'une conduite fructueuse de leur lutte demande nécessairement un parti révolutionnaire prolétarien; que les organisations telles que le Labour Party, le parti stalinien, ne luttent pas pour les intérêts de la classe ouvrière, mais pour les intérêts égoïstes de la bureaucratie ouvrière; qu'ils sont obligés, par conséquent, de rejoindre les rangs de la IV* Internationale.

- C—

Tous les mots d'ordre transitoires doivent être unis dans le mot d'ordre central du contrôle de la production par les ouvriers, exercé par les conseils d'usines révocables, en_collaboration avec les syndicats. Les conseils d'usines sont à organiser d'une manière très homogène et il faut les grouper, à travers tout le pays, dans un organisme central des conseils d'usines. Dans certaines circonstances nous approuvons le contrôle de la production par les syndicats, au cas où la démocratie syndicale est véritablement assurée.

Le mot d'ordre du gouvernement identique à celu Petits paysans est des ouvriers et du gouvernement prolétarien-démocratique, institué par les ouvriers, employés, petits fonetionnaires, petits paysans et petits bourgeois. Nous employons ce mot d'ordre uniquement dans le sens qu'il avait en 1917 pour les bolchevicks. La réalisation de ce mot d'ordre suppose la victoire du prolétariat en alliance avec les couches les plus exploitées des paysans et petits bourgeois sous la conduite de la classe ouvrière. La lutte ainsi menée doit mobiliser les masses de façon à les rendre capables d'instituer, par une lutte victorieuse le gouvernement des ouvriers et paysans. Le mot d'ordre du gouvernement des ouvriers et petits paysans n'est pas un mot d'ordre transitoire, mais notre mot d'ordre final. La réalisation des buts de classe prolétariens (la construction, l'inslitution de l'appareil d'Etat prolétarien, de la propriété collective, de l'organisation de la production collective, l'édification socialiste, qui groupera enfin le monde entier), c'est cela, notre programme de gouvernement.

Dans la lutte pour les mots d'ordre transitoires, nous employons le mot d'ordre du gouvernement ouvrier et paysan en tant que mot d'ordre final el du point de vue propagandiste, résumant ainsi toute notre critique et propagande qui accompagne constamment notre lutte pour les mots d'ordre transitoires.

Il faut expliquer aux masses ce que nous entendons par un gouvernement des ouvriers et petits paysans. Ceci ne peut-être fait qu'en basant notre propagande sur ce mot d'ordre sur la critique permanente du caractère insuffisant de n'importe quel mot d'ordre transitoire, aussi avancé soitil, et en démontrant d'une façon claire le chemin conduisant au socialisme. Ce n'est que de cette façon que le mot d'ordre propagandiste du gouvernement des ouvriers et petits paysans arrivera à convaincre les masses.

Actuellement, il n'est plus recommandable d'employer la vieille formule du gouvernement des ouvriers et pelits paysans.

1° Parce que les partis traîtres, les groupes opportunistes, centristes et anarchistes se sont servis de ce mot d'ordre (et s'en servent encore) pour tromper les masses.

2° Parce que l'expression « paysans » cache les intérêts de classe opposés à la campagne, fait l'impression d'admeltre un gouvernement en collaboration lavec les paysans exploiteurs et facilite ainsi aux partis traitres, opportunistes, centristes et anarchistes leur politique d'alliance avec la classe capitaliste.

Ce n'est qu'en combinant la lutte pour les revendications immédiates avec notre critique et propagande que nous arriverons à mobiliser les larges masses qui apprennent par leur propre expérience. Ce n'est qu'ainsi que nous réussirons à faire participer les masses à la lutte pour la révolution prolétarienne.

V

Engager la lutte exclusivement pour les mots d'ordre transitoires, c'est-àdire: ne pas lier cette lutte avec la critique de classe, ne pas l'expliquer aux masses d'une façon claire et compréhensible, ne peut avoir que le resultat négatif, dans le meilleur des cas, de separer les masses des partis traitres. Mais cela ne resoud pas la question positive, pourquoi, pour quel but menons-nous notre lutte?

Il n'y a que peu de temps que le colonel Peron nous a fait la démonstration en Argentine, de quelle façon on peut, avec des mots d'ordre transitoires, dans ce cas avec des mots d'ordre assez avancés du point de vue social, mobiliser de grandes masses pour des buts fascistes. En effet, tous les mots d'ordre transitoires, isolément, peuvent, servir n'importe quelle politique, même une politique antiprolétarienne. antiprolétarienos d'ordre avec la Ce n'est qu'en liant ces dutte préparatoire pour les mots d'ordre finaux que nous pourrons empêcher l'adversaire d'abuser de d'ordre, et en même ces mots temps guider les masses arriérées dans la direction de la révolution prolétarienne et de la lutte immédiate pour les buts de classe prolétariens.

La façon dont on peut lier l'action immédiate pour les mots d'ordre transitoires avec l'action préparatoire pour les mots d'ordre finaux, doit être déterminée d'après la situation donnée. De toute façon, deux conditions sont à remplir: 1º notre critique de classe doit être exercée systématiquement et d'une façon permad'une manière compréhensible aux masses.

Celui qui s'adonnerait à l'illusion, qu'il s'agit d'abord de gagner les plus larges masses possibles exclusivement en proclamant les mots d'ordre transitoires, pour passer ensuite à la lutte immédiate pour les buts de classe, celui-là ne préparerait pas la victoire, mais la delaite. Car, de cette manière, avec des masses opportunistes, aucune vietoire n'est possible.

VI

N'oublions jamais la leçon terrible que nous avons reçue par la dégénérescence des partis sociaux-démocrates. Prenons l'exemple du parti social-démocrate allemand. La dégénérescence de ce parti a débuté - à la fin du xix° siècle, à peu près de-

ATIONALE puis la mort d'Engels - avec le fait que la social-démocratie a commencé de mettre en avant la lutte immédiate pour les questions quotidiennes et de négliger de plus en plus les mots d'ordre finaux. Cette attitude opportuniste lui assurait des succès électoraux de plus en plus formidables, jusqu'au point d'avoir des millions d'électeurs. Le nombre des membres du parti grandissait d'année en année et atteignait des centoujours davantage de parti ditait taines de milliers. parti éditait vues, tracts, brochures, livres etc...

Non pas que ce parti encore sain se serait tu en ce qui concerne les buts de la lutte prolétarienne; pas du tout. Mais il proclamait ces mots d'ordre d'une manière de plus en plus affaiblie et nébuleuse. Il arrivait à produire une ambiance révolutionnaire dans les masses, mais, par contre, ne réussissait pas à créer la clarté nécessaire et la conscience de classe indispensable à la lutte révolutionnaire.

Le parti social-démocrate, qui n'était pas encore dégénéré, éditait tous les ouvrages de Marx et d'Engels. Il commémorait à chaque occasion leur souvenir et leur enseignement. Il rappelait dans les masses le souvenir de la grande Révolution française, de la Révolution de 1848, de la Commune, de la Révolution russe de 1905, etc... Dans les articles, à loccasion de réunions, meetings, dans les congrès nationaux et internationaux et dans des manifestes, on parlait de la Révolution dans des termes très généraux, sans expliquer aux masses les tâches immédiates pour accéder à ce but. La revue scientifique du parti, le « Neue Zeit > fut, des années durant, une véritable source de l'enseignement révolutionnaire. Le parti socialdémocrate publiait pendant ces an -nées une littérature vaste et remarquable, une quantité énorme de livres et de brochures qui, à beaucoup d'égards, contribuaient à produire des effets révolutionnaires. Kautsky, par exemple, publiait en 1906 une brochure remarquable pour cette époque: « La Révolution sociale », et bientôt après une suite: « Au lendemain de la Révolution sociale ». Mais tout cela ne changeait rien au fait que, d'une manière générale, le parti social-démocrate allemand, dans sa pratique quotidienne, bornait sa lutte de plus en plus aux revendications quotidiennes et négligeait entièrement la lutte préparatoire pour la révolution prolétarienne, malgré ses grandes paroles.

Ainsi, le parti social-démocrate allemand perdait en qualité et avait des succès au point de vue quantitatil. Les ouvriers révolutionnaires, dont les connaissances théoriques n'étaient que superficielles, se laissaient tromper par les succès électoraux. La dégénérescence du parti ne fut reconnue que par le petit nombre de camarades qui étaient autour de Karl Liebknecht, Rosa Luxembourg i et Franz Mehring. Et à une certaine époque cette « quantité » trouvait son expression dans la collaboration avec la bourgeoisie d'abord en dehors, ensuite au sein même du gouvernement de l'Etat capitaliste. Les catastrophes terribles qui en résultaient pour le prolétariat allemand et pour le prolétariat mondial sont suffisamment connues de tout le monde.

La sincérité des hommes qui ont commencé la pratique de cette politique « réaliste » à la fin du xix siècle, est hors de doute. Ils avaient des intentions sincères et ils voulaient servir de leur mieux la classe ouvrière et la révolution prolétarienne. Mais dans la lutte politique, ce ne sont pas les bonnes intentiens qui importent, mais l'effet produit par une politique déterminée, qui a sa 1ogique propre.

Nous nous approchons de la grande période, où nous serons en mesure de rassembler autour de nous les masses de plus en plus déçues. Nous sommes peut être au début de cette période. Nous pouvons « faciliter » et

« hâter » notre influence dans les masses, en amadouant notre combat pour les mots d'ordre finaux, et nous pouvons réussir à grandir assez vite.

Mais actuellement la place est libre, non seulement pour le parti prolétarien, mais elle commence à devenir libre également pour les partis petitsbourgeois. Car la social-démocratie et le Labour-Party prennent de plus en plus la place des partis bourgeoisradicaux: cela est valable, dans une plus forte mesure, pour les partis staliniens, qui marchent de plus en plus vers la droite et apparaissent comme un parti nationaliste extrême.

Si nous choisissions la ligne qui nous « facilite » l'influence sur les masses, en affaiblissant la lutte pour nos buts, nous nous placerions alors en fait, malgré nos bonnes intentions, sur la plate-forme des partis petitsbourgeois. Nous commencerions alors à prendre le même chemin qu'ont pris les chefs sincères de la socialdémocratie, il y a cinquante ans. Cela serait le premier pas vers une nouvelle dégénérescence — pour la troi-

ATIONALE 11 sième fois. Il en résulterait de lourdes luttes intérieures et des scissions pour rétablir le parti devenu opportuniste, pour en faire de nouveau un parti de classe. Ceci mènerait inévitablement à un affaiblissement certain. En appliquant cette ligne, nous n'avancerions pas du tout plus vite, mais finalement moins vite. De toute façon, si l'assainissement du parti opportuniste s'avérait encore possible, il ne pourrait se faire qu'avec de grandes pertes.

Certes, la situation objective est actuellement tout à fait différente de ce qu'elle était, il y a cinquante ans. A cetle époque c'était le développement permanent de la société capitaliste, actuellement, c'est la décadence du système et sa crise de plus en plus accentuée. Ceci nous dónne la possibilité de corriger une évolution pareille de notre parti, mais seulement la possibilité. Pour que cette évolution n'ait pas lieu, pour que nos sections ne deviennent pas des partis de masses révolutionnaires, il est nécessaire de suivre lenseignement de Marx, Engels, Lénine, Trotsky, que nos actes pratiques concordent à ce qu'ils nous ont appris. Il s'agit de mettre en avant la lutte pour notre programme de classe. Ce n'est que de cette manière que nous réussirons à combiner les intérêts passagers des masses avec leurs intérêts permanents. La lutte pour chaque programme d'action (dont la nature est passagère) doit être conduite de façon à ce que ce programme puisse être subordonné à notre programme permanent.

En variation d'une parole fameuse de Lénine nous pouvons dire: plutôt aller plus Join comme l'a fait Liebknecht, que d'affaiblir les buts de classe. Cela serait fait, si nous laissions de côté nos mots d'ordre permanents, de sorte que les masses ne reconnai-

Iraient plus leur but suprême. Il faut mener la lutte, dans notre pratique quotidienne en suivant fidèlement la ligne de classe. La croissance de notre organisation sera plus lente, mais d'autant plus efficace, en ce qui concerne le but à atteindre. 20.000 ounos idées, représentent une force qui convaincus de la justesse de nous rendra capable de réaliser de grandes choses. Mais 200.000 et même deux millions d'ouvriers, gagnés exclusivement sur la base de la lutte pour les mots d'ordre transitoires sont une force beaucoup plus considérable, mais une force qui, objectivement, éloigne les masses de la Révolution prolétarienne.

VII

Notre tâche principale peut s'expr.mer ainsi: la conscience des masses doit être développée de plus en plus, et à ce but doit être subordonnée n'importe quelle autre tâche. Chaque succes, sans exception, aussi grand soil-il, réalisé aux dépens de la conseience des masses, aboutit inévitablement à des défaites beaucoup plus étendues.

Pour que le parti puisse élever la conscience des masses, il faut considère comme sa tâche principale d'affirmer la conseience des membres du parli par un travail d'instruction approfondi.

Pour acquérir la victoire, la Révolution prolétarienne en Europe devra être préparée sur la base d'une stratégie et tactique plus réfléchies, écrivait à juste titre Trotsky, il y a quelques années. Il était difficile d'amener les masses vers l'accomplissement de la Révolution bourgeoise-démocratique ,et ensuite vers la Révolution socialiste. Mais dans tous les pays européens, a heure actuelle, sans exception, la période . des Révolutions bourgeoises-démocratiques est close. Actuellement, nous ne pouvons pas commencer en Europe d'accomplir la Révolution démocratique bourgeoise. Il s'agit de mobiliser les masses, pour les guider finalement vers lutte immédiate pour la Révolution socialiste. (Ce n'est que dans les pays coloniaux que la Révolution démocratique bourgeoise doit être accomplie, comme en Russie 1917-18). La Révolution démocratique Révolution socialiste forment une unité en Europe, à l'heure actuelle. Cela rend la tâche beaucoup plus difficile qu'en 1917. Cela demande en effet une stratégie et une tactique plus réfléchies.

Pour se reconnaître dans la jungle embrouillée du capitalisme décadent, où les changements se suivent d'une façon accentuée, il ne suffit plus de prendre en considération uniquement des questions isolées. Celui qui ne prend pas en considération toutes les questions de la politique prolétarienne dans leur ensemble; celui qui n'étudie pas suffisamment la méthode marxiste-léniniste, s'orientera de plus en plus difficilement dans les conditions changeantes de la société capitaliste. H ne pourra pas réaliser • le rôle dirigeant du parti prolétarien, il ne pourra pas conduire les masses sur le chemin de la Révolution prolétarienne mondiale.

La démocralie formelle dans notre parti est respectée de tous. Je crois -même que nous allons trop loin à ce sujet aux dépens de notre cause. Mais, pour réaliser la démocratie dans le parti, il ne suffit pas d'avoir raison. Il faut avant tout la capacité de tous les membres du parti, de juger et de rélléchir du point de vue de la Révolution internationale. Personne ne naît avec cette capacité. Même nos plus grands chefs étaient obligés de travailler durement et ils n'ont jamais cessé ce travail.

La faculté de jugement politique de tous les membres du parti n'est pas seulement indispensable pour qu'ils puissent, le cas échéant, par exemple pendant la guerre impérialiste, se retrouver et s'orienter sur le bon chemin.

Plus : le jugement politique indépendant de tous les membres du parti est finalement la garantie la plus importante contre la dégénérescence du parti prolétarien (et par là une garantie contre la dégénérescence de (Etat prolétarien). Un parti qui connaît le sérieux de la démocratie dans le parti doit connaître le devoir qui consiste à élever la conscience de classe de tous les membres du parti, sans exception. Cela suppose naturellement une ligne politique, stategique et tactique justes, donc également une tactique intelligente dans la lutte pour les mots d'ordre transitoires. .

La propagande la plus importante qui incombe au parti et qu'elle doit appliquer sans cesse, est l'instruction marxiste de tous les membres parti, sans exception, dans la théorie de la politique, stratégie et tactique prolétariennes, dans cette théorie qui n'est que le résultat de toutes les expériences de la classe ouvrière.

Quelques sections sont tellement avides de s'agrandir très vite, qu'elles oublient cette tâche principale notre parti. Les camarades oublient que nous ne serons pas capables de rassembler les masses autour de notre programme, si le parti ne gagne pas en profondeur et arrive ainsi à approfondir la conscience de classe des masses. Très souvent, des camarades dirigeants cèdent à celte ambiance malfaisante. Dans quelques sections, on n'envisage ces questions que du point de vue quantitatif et l'on perd de vue le point de vue décisif de la qualité de classe. C'est un symptôme pour la faiblesse de notre tactique, en ce qui concerne les mots d'ordre transitoires. Ceci présente le danger d'un changement d'esprit dans parti. Les camarades dirigeants n'ont

İV° INTEI RIN pas le droit de céder à cet état d'esprit compréhensible, mais faux, des membres du parti. Ils doivent, au contraire, tâcher de convaincre les membres du parti de la nécessité d'une instruction systématique. Ils doivent organiser d'après un plan et d'une façon permanente ce travail d'instruction, pour surmonter peu à

ATIONALE 13 peu, dans la plus franche camaraderie, cette pensée purement quantitative. Les deux tâches sont à résoudré: la tâche qualitative et la tâche quantitative: celle-là toujours sur la base de la qualité révolutionnaire, de plus en plus développée.

G. HIRT.

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