Selon le nombre des révoltes opposant telle communauté à telle autre, on peut déterminer le nombre de jours qu'il reste à vivre à l'impérialisme et à ses agents dans une colonie.
Pendant des décades, l'impérialisme français a provoqué de sérieuses frictions entre les chrétiens et les musulmans pen Syrie et au Liban, et l'impérialisme britannique entre les musulmans et les coptes en Egypte et les Arabes et les Assyriens en Irak. pour cette raison, le sionisme fut soutenu en Palestine comme une force contre le mouvement national arabe.
A la fin de la deuxième guerre mondiale, cependant, les problèmes auxquels l'impérialisme anglais avait a faire face deviennent infiniment plus difficiles. D'un côté l'Angleterre a intérêt à écarter la France de la Syrie et du Liban et par là même ne peut accepter aisément les frictions entre musulmans et chrétiens, étant donné que cela ne ferait qu'aider à renforcer la position de la France qui s'appuie sur la minorité chrétienne. D'un autre côté l'Angleterre a intérêt à poser des blocs solides sur la voie de la pénétration américaine dans le Moyen-Orient, et par là ne peut voir favorablement les conflits entre dirigeants arabes « indépendants » et Etats arabes « indépendants », car elle a intérêt à batir un front uni de rois et de ministres réactionnaires ; de là est sortie la Ligue Arabe.
De plus, la tentative de l'impérialisme de provoquer des conflits entre les Musulmans et les Coptes en Egypte échoua tristement (pour des raisons tant donne que gys erest le chai on que nous ne pouvons traiter ici). Et du sionisme le plus faible de la chaîne impérialiste dans le Moyen-Orient, car les antagonismes sociaux y sont les plus profonds, les difficultes pour l'impérialisme britannique de détourner l'attention des masses vers des buts chauvins y sont très grandes. L'impérialisme britannique doit alors résoudre un problème très grave : comment maintenir une unité de tous les pays arabes — unité dont les buts et les limites sont déterminés bien entendu par l'Angleterre — et maintenir la paix entre les diverses communautés du peuple arabe d'une part, et de l'autre continuer sa politique du « diviser • pour régner » dans sa forme •la plus achevée.
Ici l'impérialisme se souvient d'une arme qu'il a utilisée pendant plus de vingt ans pour soumettre la population de l'un des pays arabes et qu'on espère utiliser maintenant à des fins beaucoup plus importante: le sionisme. Le sionisme occupe une place spéciale dans les défenses impérialisles. Il joue un rôle double : d'abord directement, comme un pilier important de l'impérialisme, donnant son soutien actif et s'opposant à la lutte libératrice de la nation arabe, et ensuite en tant que valet passif derrière lequel l'impérialisme peut se cacher et vers lequel il peut orienter la colère des masses arabes.
Si à Tel-Aviv qui a 250.000 habitants il n'y a pas un seul travailleur arabe, si une rumeur selon laquelle il y a trois Arabes qui travaillent dans un
(*) Voir la première partie dans le numéro d'août-septembre.
café juif est suffisante pour qu'une foule de milliers d'individus accoure briser les vitres et le matériel, si un fellah arabe qui osait, avant la guerre, marché juif était battu et ses produits venir vendre produits sur un voles, genre de chose n'élait plus coutumier, efe.. (pendant la guerre ni aujourd'hui en raison de la rareté villages de la Vallée de Jezreel étaient des produits), si d'un seul coup vingt balayés lorsque la terre était achetée à un banquier syrien, Sursuk, si des milliers de pavsans évinces ne pouvaient chercher du fravail comme ouvriers agricoles sur la terre même que leurs familles avaient travailler pendant des générations, s'il y avail des « épurations » continuelles d'Arabes de la vie économique, qui Tont inévitablement penser tions » de Juifs pratiquées par les aux « épuranazis en 1933-39, si à partir de tels actes « innocents » les sionistes en viennent mainlenant à parler de faire de la Palestine un Etat juif et d'expulser tous les Arabes du pays, qu'y a-t-il d'étonnant alors à ce que les Arabes s'opposent au sionisme jusqu'à la mort?
Le sionisme décharge l'impérialisactes de spoliation et me de toule responsabilité dans les d'oppression.
Voyons quelques exemples. Une Com - pagnie Electrique Anglaise qui monte une entreprise en Palestine nomme un
Juif comme administrateur général. Le résultat est que, alors que dans chaque colonie la lutte anti-impérialiste est menée par des grèves, des manifestations et des boycolts contre les compagnies concessionnaires élrangères, en Palestine le boycott déclaré par les
Arabes contre la Compagnie Electrique
Palestinienne prend une autre allure :
celle de manifestation anti-juive. Dans cette voie les sionistes, qui déclarent dans un but de propagande que les positions-elets de l'économie sont entre
Teurs mains, bien qu'ils ne soient que simples auxiliaires, aident l'impériades partenaires débutants sinon de lisme à sucer le sang du pays.
encore plus clair. Alors qu'en Syrio Un autre exemple rendra cela cela et au Liban avaient lieu de grandes manifestations, certaines d'entre elles sanglantes, qui furent couronnées de victoire contre l'établissement de la
Compagnie de camions Steel Bros, er
Palestine, les sionistes « socialistes » la Fédération Générale des Travailleurs Juils (Histadrut) se mirent au service. récompense. de la Steel Bros. et peren échange d'une misérable mirent à la Compagnie de s'implanter fermement dans le pays.
En Palestine il y a un policier ou « ghalfir » (police spéciale) pour cent habitants alors qu'il y en a un pour 676 en Angleterre. Le budget de police palestinien s'élève à 27 % du budget de 1941-42 (sans compter les travaux publies entrepris pour des buts policiers, comme la construction de stade police, ete..) alors qu'en tions Angleterre il n'est que de 0,3 % du budget en 1942-43. De si considérables forces de police ne sontpas -à Dieu ne plaise - créées pour servir les intérêts de l'impérialisme. Non, c'est le sionisme qui, durant des années. insista pour qu'on augmente les forces de police, insista pour que l'ordre règne et exigea une forte poigne contre les Arabes !
Alors que les budgets de l'Education et de la Santé à eux deux n'atteignent Police (en Angleterre ils sont cinq fois même pas 1,65 %. du budget de la jamais émis la moindre protestation plus grands), les sionistes n'ont contre ce fait, mais ils ont fait des embarras parce que le gouvernement répartissait le budget de l'éducation entre Juifs et Arabes proportionnellement au nombre d'enfants dans les deux communautés. Ils exigèrent que le gouvernement attribue une plus grande part du budget aux Juifs étant donné que ces derniers payent plus d'impôts (car ils sont les plus riches). Et ceci fut d'entre les sionistes qui s'intitulent exigé même par ceux socialistes ! L'impérialisme est ainsi débarrassé de la responsabilité de l'analphabétisme général et des mauvaises conditions sanitaires qui prévalent dans le pays.
L'impérialisme n'a pas à supporter la responsabilité du fait que les grandes compagnies étrangères et les gros capitalistes et propriétaires fonciers, •juifs ou arabes, ne payent pratiquement pas d'impôts. Tous les sionistes, de la droite à l'extrême « gauche ».
s'opposent au prélèvement d'impôts et cela freinera d'ailleurs la construction d'entreprises sionistes.
En Palestine il n'y a même pas la moindre loi pour la protection des exploitants paysans. Ni les propriétaires foneiers arabes ni le gouvernement n'ont besoin de prendre des responsabilités de ce point de vue. Au contraire, le gouvernement, de temps à autre, en vue de se présenter comme un bienfaiteur, proclame son désir d'envisager des lois pour la proteetion des exploitants et, même, pro-
Jette des cartes et des plans de •développement agraire. Une fois encore, ce sont les sionistes qui s'opposent à des
IV® INTERN lois et plans de ce genre sous prétexte que cela empêcherait la colonisation sioniste qui nécessite l'éviction des agriculteurs arabes.
S'il existe en Palestine un régime absolument autocratique, sans le moindre Parlement ou même quelque organisme représentatif élu, l'impérialisme une fois encore peut rejeter toute responsabilité de cet état de fait très facilement: les sionistes s'opposent à retablissement d'organismes démocra -ngues de ce genre car cela generalt aussi expansion sioniste.
Si l'armée britannique, pendant les années 1936-39. tna des milliers partisans arabes (de la même manière que les Italiens tuèrent les Abyssins, ou les Japonais, les Hollandais et les Anglais tuent les Indonésiens aujourd'hui) ce ne fut pas pour maintenir sa domination — Dieu les en garde ! — mais pour protéger les Juifs ! (1)
Il est tragique de voir que les fils du même peuple qui a été persécuté et massacré d'une manière bestiale, et qui aujourd'hui est la victime innocente de la haine nationale du fascisme, la forme exacerbée de l'impérialisme - se trouvent orientés dans une mystique chauvine et militariste, et deviennent l'instrument aveugle de l'impérialisme pour subjuguer les masses Arabes. De la même manière que l'ordre social actuel est à condamner en raison des calamités qu'il entraîne pour les Juifs, il est aussi à condamner par le fait que l'on peut exploiter ces calamités pour des buts réactionnaires et d'oppression.
Le sionisme ne libère pas les Juifs de leurs souffrances. Au contraire, il les menace d'un nouveau danger, celui d'être le tampon entre l'impérialisme et la lutte libératrice nationale et sociale des masses arabes.
Le récent terronisme sioniste semble jeter le donte sur l'appréciation cidessus des relations entre le sionisme et l'impérialisme. Si les sionistes lut-
(1) Il est intéressant de remarquer que les compagnies anglaises installées en Palestine font tout leur possible pour s'accommoder de l'antagonisine juif-arabe, et pour Pexacerber. Ainsi, 1' « Anglo-American Tobacco Company » a intentionnellement bâti deux entreprises séparées. L'une à Tel Aviv (Maspero) fournit le marché juif, emploie des ouvriers juifs, et vend sous le slogan: • Achetez des produits 100 % juifs ». Lautre (Karaman, Diel et Saltf) fournit le mar. ché grabe, mploie 500 ouvriers arabes. et travaille sous la facade d'une entreprise nationale arabe. Ain i, par exemple, elle combine la vente de ses cigarettes avee une propagande contre la vente des terres aux propagande contre la vente des terres aux
ATIONALE 19 tent aujourd'hui contre le gouvernement anglais, nest-ce pas une preuve imperialisterivent une politiqué anti-
Le sionisme et l'impérialisme ont à la fois des intérêts communs et des intérêts antagonistes. Le sionisme veut construire un Etat capitaliste juif fort. L'impérialisme a effectivement intéret à lexistence d'une société capitaliste juive enfourée de la haine des masses coloniales, mais non pas à ce mue le sionisme devienne un facleur lrop puissant. En ce qui concerne ce dernier point, il est prêt à prouver sa « justice » envers les Arabes, et il est pret à faire la part de leurs justes revendications aux dépens du sionisme, Pour s'assurer les services des sionistes en tant que soutiens directs dans toute insurrection antiimpérialiste, et ce qui est encore plus important, en tant que tampon, l'impérialisme n'a pas nécessairement besoin de laisser fleurir le sionisme.. Une population sioniste de 600.000 individus peut remplir un tel rôle de façon tout à fait suffisante.
Le sionisme peut-il être anti-impérialiste ?
L'impérialisme peut tranquillement tracer des plans étendant ou restreignant les frontières d'un développement du sionisme, une chose au moins pour lui ne souffre aucun doute: quoiqu'il arrive au cours d'un soulèvement des peuples de l'Orient contre l'impérialisme, le sionisme ne passera pas du côté révolutionnaire. Ceci est clairement révélé par toutes les activités et les déclarations de l'organisation terroriste la plus active de Palestine - l'« Irgun » (National Military Organisation). Dans l'une de ses brochures « A la mémoire du Doeteur Raziel » elle éerit : « Nous devons combattre les Arabes dans le but de les subjuguer et de diminuer leurs exigences : nous devons les rejeter de l'arène politique. Celte lutte contre les Arabes encouragera la Diaspora et la consolidera. Elle attirera l'attention des nations du monde entier qui seront obligées d'honorer le peuple qui lutte avec ses propres armes. Et nous trouverons un allié qui soutiendra l'armée du peuple dans sa lutte. » (Mai 1943)
Il est vrai que les sionistes ne sont pas satisfaits du fait que ce n'est pas eux qui fixent les limites de la coopération entre le sionisme et l'impéria- lisme mais ce dernier. Néanmoins, même dans les jours de plus grande tension dans les relations entre eux et le gouvernement anglais, ils ne cessèrent jamais de dire que les intérêts du sionisme n'allaient pas à lencontre de ceux de l'impérialisme.
Ainsi, par exemple, l'un des membres de l'Agence Juive écrivait quelques jours avant les grands acles terroristes du 2 Novembre (anniversaire de la Déclaration Balfour):
« L'un des mauvais principes du système traditionnel (de la politique anglaise —T.C.) est que les autorités britanniques ne font des compromis qu'avec ceux qui savent comment déranger et briser la paix alors qu'elles ont coutume de traiter à la légère et de trahir un allié fidèle, patient et pacifique. Si c'est cela la manière d'obtenir une alliance avec l'Angleterre, nous ne pouvons éviter d'essayer de suivre cette voie, étant donné que nous avons anterer a une avons interet à une altiance à sens unique à la place d'une alliance mutuelle. Les Yishao (population juive de Palestine.. T.C.) n'ont pas l'intention d'expulser les Anglais du pays pour être leurs héritiers.
Nous ne royons pas la moindre contraviction enire une immigration massive, un Etat juif, et des bases larges et solides pour l'Angleterre dans ce pays. Au contraire, nous devous envisager cela très favorablement, » (Dr
Y. Sneh, « Sur les raisons fondamentales de la crise », Halarelz, 26 octobre 1945.)
C'est le même thème qui revient interminablement jour après jour. Il est intéressant de noter que même lorsque l'impérialisme révèle son grand désir d'utiliser les Juifs comme boucs émissaires, le thème ne varie pas. Les procès pour détention d'armes de ces deux dernières années ont été une preuve tout à fait claire des intentions de provocation de limpérialisme.
Depuis maintenant de nombreuses années, des milliers d'Arabes ont été arrêtés sans jugement, et tout Arabe trouvé porteur d'armes durant le soulèvement national de 1936-39 étail condamné à mort ou pour le moins à un emnrisonnement prolongé. Les sionistes ne formulèrent pas le moindre mot de protestation de telle sorte que la colère des masses Arabes opprimées se déchargea sur les Juifs.
On fit alors une tentative pour compléter la provocation : les Juifs trouvés en possession d'armes étaient jugés publiquement. Dans tout l'Orient les journaux arabes commencèrent à écrire que les sionistes étaient en train de s'armer contre les Arabes et que l'Angleterre était la protectrice des Arabes. Mais evidemment les sionistes ne dirent pas que les procès pour détention d'armes de ces deux dernières années n'étaient qu'un maillon de la chaîne de la politique impérialiste « Diviser pour régner ».
Même en ce moment ils font tout ce qu'ils peuvent pour prouver qu'ils ne sont pas des ennemis de l'impérialisme, mais au contraire ses alliés. Ainsi, par exemple, dans le procès pour détention d'armes du 28 Novembre 1944, Epstein, membre de l'Hashomer Hatzair, le parti sioniste « Socialiste Révolutionnaire », déclara aux juges : « Vous qui venez d'Angleterre saurez sûrement apprécier les dangers et les in fo
S e ans les pays arriérés. Aucune entrees de developpemen ce de compagn rise de colonisation dans l'histoire e l'Humanité n'a eu lieu sans se eurter à la haine des indigènes. Il aul des années et parfois des généraon pour que ces hommes (les indiènes - T.C.) deviennent capables lapprécier et de comprendre le bienit que représente l'entreprise pour ur avenir. Mais le peuple anglais e recula pas devant la tâche de dévepper ces pays arriérés (conquête npérialiste = « développement » T.C.) tchant qu'en agissant ainsi vous complissiez une mission historique humanitaire, Vous avez sacriflé les eilleurs de vos enfants sur l'autel 1 progrès (et quest-ce que les Comignies de pétrole y gagnèrent - T.C.)
Si les sionistes ne sont pas antipérialistes (et évidemment être à la is et en même temps contre le peue arabe et l'impérialisme est imposble), alors pourquoi tous ces actes rroristes? La réponse est simple. Les onistes sont dans une voie sans onistes sue. La victoire du prolétariat occiintal et des masses de l'Orient meta un terme aux rêves sionistes. Si vague révolutionnaire mondiale teint ses objectifs, alors tous les peues faibles, y compris les Juifs du onde entier, seront sauvés. Mais les tifs de Palestine, dans leur situation en n navan stre sauvés particulière ne peuvent etre sauves que s'ils cessent d'être le tampon entre la lutte libératrice nationale et sociale difficultés qu'impliquent les entreprises de développement et de colonisation
IV INTERN des masses arabes et l'impérialisme. La classe capitaliste juive de Palestine est condamnée quoi qu'il arrive. En conséquence ils sont incapables de quoi que ce soit si ce n'est d'un aventurisme aveugle basé sur la foi dans les miracles ou pour le mieux d'une lutte pour tenir un peu plus longtemps.
La meilleure perspective que les sionistes peuvent espérer est que l'Angleterre leur accorde un Etat Juif, même si ce ne doit être qu'un Etat minuscule dans une petite partie de l'étroite Palestine. Ils pensent que le plan de partage de la Palestine peut pian de partage de la palesune peut convenir aux intérêts de l'impérialisme britannique dans certaines conditions. Un tel plan perpétuera l'existence de deux mouvements irrédentistes, une lutte sioniste aigüe pour la moindre possibilité de travail et le plus petit lopin de terre dans l'Etat Juit, et la faiblesse économique de l'Etat Arabe mutilé. Tels sont les côtés positifs du plan du point de vue de l'impérialisme.
Des sionistes basent leurs calculs sur ce facteur et sur un autre. Il est vrai que la position du sionisme dans dans la lutte entre le peuple colonial et l'impérialisme est prédéterminée et ne changera pas quelle que soit la conduite de l'impérialisme, mais sa place dans la lutte entre les différents impérialismes n'est pas prédéterminée. Ben-Gurion et Weizmann peuvent être des agents américains avec le même enthousiasme qu'ils le furent au compte des Anglais pendant près de frente ans. Le récent terrorisme sioniste avait pour but d'effrayer l'Angleterre avec la possibilité d'un tournant du sionisme vers l'Amérique et en même temps de rendre plus facile aux politiciens britanniques s'ils le désirent, de permettre la construction d'un Etat Juif en dépit de l'opposition arabe. (Ils seraient ainsi capables de dire aux Arabes qu'il était devenu une nécessité matérielle et morale d'accorder quelque chose aux sionistes.)
Même si cette « solution » se réalisait — ce qui est loin d'être certain — ce ne serait qu'un délai temporaire et de peu de durée à l'enterrement du sioniste. Les Juifs de Palestine et les Arabes seraient entraînés par un tel plan dans des batailles sanglantes et de terribles sacrifices. La seule solution réelle pour les travailleurs juifs de Palestine est de tendre un, pont sur l'abime qui les sépare des dizaines de millions d'Orientaux en renonçant aux rêves sionistes de domination.
Les derniers actes terroristes -
ATIONALE 21 dynamitage des voies ferrées réalisé avec la totale collaboration de toutes les organisations militaires sionistes (Hagana, National Military Organisation, et le Groupe Stern) - ne gêna pas l'impérialisme en réalité mais au contraire lui rendit un très grand service. Ils avaient l'intention « d'obliger » le gouvernement anglais à ouvrir les portes de la Palestine à l'immigration et la colonisation sioniste malgré Topposition des Arabes habitant le pays et les pays voisins (les premiers avant decouvert la vernable lace du sionisme en premere main et les autres l'ayant appris par eux). Mais en tait cela sur le feu Arabes. Le ferrées à la une arme des agents sation des Alexandrie
Le ne fit qu'ajouter de l'huile de la haine entre Juifs et bombardement des voies veille du 2 Novembre était excellente dans les mains britanniques pour l'organipogromes au Caire, à et à Tripoli. sort des Assyriens
Un précédent et un avertissement
Les sionistes de la base sont trompés par leurs dirigeants qui leur font croire qu'ils ne sont pas de simples marionnettes maniées par l'impérialisme pour son profit et leur malheur. Ces faits ont de nombreux précédents dans l'histoire de la sanglante domination de l'impérialisme sur l'Orient. L'exemple le plus caractéristique, en miniature mais éclatant, de la technique de l'impérialisme est l'utilisation que l'Angleterre fit des Assyriens. Etant donné que cet exemple est riche, Il est donne saie cet exemere est riche, détails.
Les Assyriens sont une tribu sémite qui parle un dialecte aramaique. Avant la première guerre mondiale ils étaient environ 40.000 et habitaient les montagnes Hakari, en Turquie, au nord-est de la frontière actuelle de l'Irak. Des l'éclatement de la première guerre mondiale, les monfagnes Hakari revêtirent une grande importance stratégique étant à la frontière de la Russie, de la Turquie et de la Perse. Des officiers russes vinrent inciter les Assyriehs à combattre la Turquie en leur promettant un Etat indépendant. Cette promesse fut confirmée par un officier britannique, le Capitaine Cracey. de l'Intelligence Service, qui se rendit spécialement dans cette intention dans les montagnes Araki et d'au-
IV° INTERN tres offres libérales furent faites aux Assyriens par des émissaires anglais et russes.
Les Assyriens furent gagnés à Tidée d'une possibilité de renaissance de leur ancien empire. Leurs rêves s'amplitierent de plus en plus jusqu'à ce qu'ils furent imbus de l'espoir d'établir un royaume indépendant s'étendant de leurs montagnes jusqu'à Kifri, qui est au sud de Kirkuk — région habitée principalement par un autre peuple, les Kurdes. Le 10 Mai 1915, les Assyriens déclaraient la guerre à la Turquie.
A ce sujet la Société des Nations déclare : «Il n'y a aucun doute à ce que ce peuple ait engagé une révolte armée contre son gouvernement légal à l'instigation d'étrangers et sans aucune provocation de la part des autorités turques. Il est aussi établi que les conditions de vie dont jonissaient les Assyriens au sein de l'Empire Ottoman élaient bien meilleures que celles des autres chrétiens, étant donné qu'on avait concédé des formes larges d'autonomie patriarcale.» (Rapport de la Société des Nations, page 3, d'après Toynbee « Le monde musulman depuis
Conférence de la Paix », 1927, p. 483-4.)
Malek, un Assyrien qui écrivit un livre condamnant les Anglais, intitulé « La trahison des Assyriens» (1935), écrit : «Ils (les Assyriens) furent aceueillis en Turquie durant les deux derniers millénaires et eurent la possibilité de préserver leur égliso el leur peuple en tant qu'entité nationale, jusqu'à ce qu'ils soient utilisés par les autorités britanniques comme une force militaire» (page 61).
A partir de ce moment commence le chapitre de leur pérégrinations et de leurs misères. Pendant des années, les Assyriens menèrent un combat inégal contre l'armée turque, furent rejetés de leur pays au cours de la lutte, mais continuèrent à combattre côte à côte avec l'armée anglaise. Lors de la conquête de l'Trak, les Anglais reerutèrent des régiments parmi les Assyriens, étant donné qu'ils ne réussissaient pas à en faire aulant parmi les
Arabes. A la fin de la guerre il y : eut des révoltes de tribus en Irak et l'Angleterre eut besoin d'énormément d'argent et d'hommes pour les écraser.
(Cela coûla aux contribuables anglais environ 80 millions de Livres pour écraser les révoltes de 1919-20). Dans cette entreprise les Anglais utilisèrent au mieux les services des Assyriens.
Les Assyriens continuèrent à être un jouet dans les mains des Anglais dans les combats qui suivirent avec les Tures, les Kurdes (qui habitent la région de Mossoul riche en pétrole), et les Arabes habitant lIrak Impérialisme. Comme le De W. 4. voulaient libérer leur pays de Wigram, qui connail de première main la situation des Assyriens, le déclare : « Comme le Haut Commissaire du moment la admis, ce furent les forces assyriennes qui nous évitèrent d'être balayés pendant les révoltes arabes de 1920 (Sir A. Wilson, « Mésopotamie » p. 291) et ce sont aussi elles qui repoussèrent l'invasion turque en Irak en 1922-23.... Mais ce fait même entraina pour eux la haine des Iraniens. » RCAS Vol. Il (Janvier 1934, P. 38-41).
Ainsi l'impérialisme britannique s'arrangea pour que les Assyriens fussent expulsés de Turquie, remplissent une tâche importante en exterminant cruellement les Kurdes et les Arabes en Irak, et qu'ainsi ils soient entourés de toutes parts d'une animosité aigué. De cette manière ils devinrent de plus en plus attachés et de plus en plus dépendants de l'impérialisme britannique. B. S. Stafford, dans «The Tragedy of the Assyrians » put déclarer à juste utre que la question des Assyriens n'était pas une question religieuse, mais une question politique pure et simple.
Les Arabes et les Kurdes d'Irak crurent que l'Angleterre avait l'intenfion d'installer une enclave armée dans le nord du pays. Des articles et des discours furent publiés au Parlement d'Irak disant que c'était l'Angleterre qui avait incité les frictions en Irak. Les discours sur la défense des Assyriens avaient jeté l'Irak dans les pires complications en fonction de ses seuls intérêts et elle souhaitait alors créer un Efat Assyrien autonome dans le nord de l'Irak, c'est-à-dire elle entendait créer en Irak un second problème sioniste.
En 1930, le mandat sur l'Irak prit fin. Cela donna à l'Irak une indépendance qui était éviremment purement formelle, le contrôle de l'Angleterre sur les terrains pétrolifères, trois aérodromes, ete... restant intact. Cela rendit néanmoins la conscription des Assyriens pour les besoins anglais superflue comme aujourd'hui d'ailleurs où l'Angleterre s'appuie principalement sur l'aviation el non sur une forte armée de terre. Mais les Assyriens avaient encore une utilité pour l'Angleterre être massacrés comme boucs émissaires.
Avec la déclaration d'abolition du mandat, les Assyriens se tournèrent vers l'Angleterre en lui demandant avec insistance d'être démobilisés pour empéeber les Trakiens de craindre qu'ils soient utilisés pour attenter à l'intégrité territoriale et à l'indépendance de l'Irak. Mais Sir Francis Humphreys, le Haut Commissaire anglais, tenta de repousser cette demande par tous les moyens possibles, disant que la Société des Nations avait son mot à dire là-dedans, et cætera, Il fit une déclaration menaçant les Assyriens n'être plus jamais utilisés dans n'importe quelle branche de l'administration gouvernementale s'ils étaient démobilisés. Sir Francis réussit dans son opération. Lorsque des articles antibritanniques commencèrent à apparaitre dans la presse irakienne, l'ambassade britannique intervint, et quelques journaux furent interdits. Mais lorsque la propagande commença à développer l'idée que la principale tâche des Irakiens était de combattre les Assyriens et que l'Angleterre était l'ennemie de l'Irak parce qu'elle défendait ces derniers, l'ambassade britannique resta alors silencieuse. Cela servit à encourager tous les éléments réactionnaires, le clergé et la réaction féodale, à hater la préparation d'une croisade contre les Assyriens, victimes aveugles de l'impérialisme.
Le résultat de dix-sept années de politique anglaise produisit alors ses fruits. Il y eut des révoltes terribles contre les Assyriens sous le commandement des autorités irakiennes et avec la participation de l'armée. L'aviation britannique vola au-dessus de la région des massacres, prit des photographies, mais n'apporta aucune aide aux vietimes.
Après ces massacres, l'Angleterre se rappela à nouveau ses promesses au sujet de l'établissement d'un grand Etat Assyrien indépendant, et decida qu il était temps de permettre aux Assyriens de s'établir dans une portion continue de territoire, bien que réduite. Les uns après les autres les
ATIONAL E 23 plans surgirent pour l'installation des Assyriens (au Brésil, en Guyane, ete., mais ils furent tous rejetés sauf un d'entre eux qui projetait de les installer en Syrie, dans la région de Lataquié. On décidait un programme d'établissement pour 30.000 personnes, qui devait coûter 1.140.000 livres sterlings. D'après l'accord, l'Angleterre devait payer 250.000 livres sur cette somme, TIrak 250000. la France 380.000 et la Société des Nations 80.000. Comme on ne trouva pas de source pour les 180.000 Livres restantes, le projet tomba à leau.
Le 11 février 1936, l'archevêque de Canterbury interpella le gouvernement à la Chambre des Lords en lui demandant comment en définitive il avait l'intention de régler cette question qui, selon lui, restait un lourd fardeau sur la conscience des pays qui étaient parties contractantes dans l'accord et de l'Angleterre en particulier. Il proposa même de prendre part à la récupération de la somme manquante en en appelant au peuple britannique. Lord Stanope répondit an nom du gouvernement : « Le gouvernement comptait sur d'autres contributions volontaires après avoir luimême pris part pour 250.000 lipes, et il a influencé I'Trak pour qu'il double sa première offre en la portant à 250.000 Livres. Le gouvernement ne peut rien ajouter à cette contribution et il ne soutiendrait pas un appel de l'Archevêque ». Après tout, qu'est-ce que les Assyriens pouvaient attendre de ce pauvre impérialisme britannique, qui ramassait des millions chaque année dans les terrains de pétrole aui lii avaient été conservés par les Assyriens ?
Et le résultat final de tous ces vastes projets fut que neuf mille Assyriens réussirent à s'établir en Syrie sur la frontière Syrie-Irak, dans la région de Jezira 1
(A suivre). "
(Fin au prochain numéro: « Le rôle du stalinisme »).