Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro d’avril-mai

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, numéro d’avril-mai · avril-mai 1946 · p. 58-61 · 1 749 mots

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Le Plenum du Comité Central du P.C.I. a adoplé dans sa séance du 30 et 31 mars 1946 la résolution survante sur la situation politique actuelle en France et les lâches du parti: Le Comité Central du Parti Communiste Internationaliste (IVe Internationale) s'est réuni à Paris les 30 et 31 mars. Après avoir étudié la situation des masses travailleuses, Comité Central à l'unanimité moins une voix a voté la résolution suivante: LA PROXIMITE DES ELECTIONS DOMINE LA SITUATION FRANÇAISE. LA SITUATION POLITIQUE PRESENTE EST CARACTERISEE : 1° Par le fait que l'offensive bourgeoise 1 contre le niveau de vie des travailleurs a obtenu d'importants succès, grâce à la politique des partis socialistes et communistes au pouvoir et à la bureaueratie syndicale.

2° Par le désarroi de larges couches de travailleurs déçues par lexperience gouvernementae des partis ouvriers (absention massive dans les élections ; abstentionisme syndical, isolement des dernières grèves, manifestations squelettiques), ceci en l'absence d'un parti révolutionnaire suffisamment fort jusqu'ici pour altiter les masses déçues par les grands partis ouvriers. 3o En même temps par une réaction confuse des travailleurs contre l'aggravalion de leurs conditions d'existence. Ceci détermine un antagonisme la politique des bureaueralies entre ouvrières et les aspirations latentes des masses travailleuses.

Cet antagonisme se maniteste notamment :

Dans les Syndicats. Par une opposition à la politique du rendement, et dans certaines corporations où le poids de la bureaucratie se fait moins sentir, par des luttes qui restent isolées

Dans la S. F.I. 0. Par l'existence d'un large courant à gauche.

Dans le P. C. Par une crise profonde et latente.

Dans l'étape la plus prochaine, la situation amènera les partis ouvriers à continuer à participer largement an gouvernement.

Mais, en définitive, la bourgeoisie est irrémédiablement poussée, pour maintenir son exploitation sur les masses laborieuses, à employer formes de plus en plus autoritaires. Elle poursuit ce but par étapes et la politique des partis ouvriers offre un terrain favorable à ces tentatives.

LE PROGRAMME ÉLECTORAL DU P.C.I.

Notre propagande électorale portera d'une part sur la défense opiniatre du pouvoir d'achat des masses contre les altaques économiques de la bourgeoisie etroffensive politique de bourgeoisie et, d'autre part, sur la lutte contre celle-ci qui en est encore à ses débuts (P.R.L., organisations de choc similaires).

LUTTE POUR LE POUVOIR D'ACHAT

DES MASSES.

Cette lulte signifie :

a) L'établissement d'un salaire minimum vital, revendication abandonnée par les bureaucraties ouvrières 1 salaires oit cetle révalorisation des être garantie par l'échelle mobile des salairerantie par l'échelle mobile des

6) La stabilisation des prix par le contrôle ouvrier sur les livres des comptes et la suppression du secret commercial :

c) La lulte contre le chômage et les licenciements.

d) Lorganisation de la production et de la répartition sous contrôle ouvrier, ce qui impose une lutte acharnée contre le capitalisme, pour "n Plan ouvrier de production élaboré par la C.G.T. et appliqué sous con-

IV° İNTERN trôle cuvrier. Ce plan comporte :

• Un recensement des possibilités de production ;

Un contrôle effectit de la produeton, de emploi des commandes, de Pembauche et de la complabilité ;

L'orientation de la production et son accroissement vers des œuvres de paix (reconversion de l'économie) ;

La pleine utilisation de la maind'œuvre — le chômage est un seandale dans le cadre d'une économie à reconstruire.

e) L'organisation de la production exige des nationalisations sans indemnité ni rachat, sous contrôle ouvrier, des grandes industries clefs.

Ces nationalisations se différencient de celles qui ont été effectuées depuis la « libéralion » en ce qu'elles n'accordent aueune indemnité aux capitalistes, qu'elles doivent s'étendre à l'ensemble du secteur économique et financier el organiser la gestion des entreprises nationalisées sous le con-

ATIONALE 59 contre l'Union content Un Sue digra lare retirise Soviétique, la politique largement par notre Parti dans la campagne électorale.

Le Comité Central a ensuite décidé de mener une vigoureuse campagne contre la loi électorale antidémoeratique, qui impose le cautionnement et les candidatures obligatoires dans vingt déparlements.

Il a constaté que la campagne pour le million doit être un succès, succès que les premières souscriptions permettent de prévoir. Il a décidé que le Parti présentera aux élections des candidals dans les régions les plus industrielles ; il s'est élevé contre la future constitution et a pris la décision d'appeler les travailleurs à boycotter le référendum, Le Comité Central a enregistré les résultats positifs de la campagne pour la légalisation de « La Vérité » et a décidé d'impulser l'action du Parti en vue de faire de « La Vérité » le grand journal de combat des travailleurs. LEGALISATION DE « LA VERITE »

Après une campagne persévérante qui a duré plus d'un an et demi (depuis la « libération » de la France), et à laquelle ont contribué par leurs protestations plusieurs autres sections de l'Internationale, « La Vérité », or gane central de notre section française, a conquis sa parution légale. Le premier numéro légal, sur 4 pages grand format, est sorti le 20 avril 1946. NORVÈGE L'ACTIVITE DE NOS CAMARADES

NORVEGIENS

Nous avons reçu le premier rapport depuis la fin de la guerre de nos camarades norvégiens.

Ils nous annoncent qu'ils ont pour suivi leur activilé pendant toute la durée du conflit impérialiste, participant, sur une base internationaliste, à la lutte contre l'occupation nazie, el publiant régulièrement des journaux clandestins. Leur activité leur a valu un sérieux développement.

Leurs forces sont groupées dans le Parti communiste et le Parti socialiste norvégien.

Un journal de leur lendance paraîtra probablement à partir du mois de mai.

trôle des travailleurs à Ions.

Le Contrôle Ouvrier d'ordre dominant dans actuelle. Le P.C.I. doit engager les délégués tous les écheest un mot la situation entre autres

Comités aux d'Entreprises à lutter pour l'élargissement des attribulions de ces Comits jusqu'au contrôle tolal sur la gestion des usines.

Pour imposer ces revendications, la classe ouvrière ne devra pas hésiter à employer tous les moyens d'action en son pouvoir, y compris la grève.

Le Comité Central a ensuite adopté, par 11 voix contre 9 el une abstention, la résolution suivante :

Le Parti, dans la campagne électorale, devra mettre constamment en avant la nécessité de la rupture de la coalition gouvernementale des partis ouvriers avec la bourgeoisie. Rompez la coalition. Pas de ministres capitalistes. Gouvernement P.S.-P.C.-C.G.T. Prenez tout le pouvoir.

Il devra appeler les masses à se mobiliser et exiger application par ce goure pour imposer cette rupture nement d'un salaire minimum vital, de l'échelle mobile des salaires du Plan de production et des Nationalisations sous contrôle ouvrier.

Dans la situation actuelle caractérisée plus haut, et particulièrement en face des premiers regroupements fascistes el de l'offensive impérialiste

IV° INTERN AUTRICHE LE KARL-LIEBKNECHT BUND

Après plusieurs années d'isolement, e premier contact vient d'être rétabli avée nos camarades autrichiens du Karl-Liebknecht Bund.

Entre 1934 et 1943, cinq groupes illégaux trolskistes fonctionnaient en Autriche, et plus particulièrement à Vienne.

Chacun publiait un journal elandestin.

En octobre 1943, un procès a eu lieu une contre ander inrand joset à Vienne contre sept militants trolskisles aceusés d'avoir édité et distribué le journal clandestin « Gegen den Strom » (Contre le courant). Deux d'enlre eux, les dirigeants Josef JaTubowie, âgé de 28 ans, et Franz Kascher, âgé de 34 ans, ont été condamnés à mort et exécutés.

Les eing autres ont été condamnés à 19 ans de prison.

Jakubowie et Kascher ont eu, pendant leur procès et jusqu'à leur exécution, une attitude révolutionnaire exemplaire.

Ils ont courageusement défendu le programme du socialisme révolutionhaire et ont refusé tout appel à la clémence de leurs juges.

Ces arrestations ont eu comme résultat le ralentissement pendant un certain temps de l'activité de nos camarades aulrichiens.

Au lendemain de la « libération » et du retour de plusieurs camarades dirigeants des camps de concentration, une réorganisation sérieuse a eu lieu.

Les groupes, séparés durant l'ocaupation nazie, se sont unifiés dans une seule organisation qui a pris le nom de Karl Trebknecht Bund (IV® Internationale).

L'organisation est obligée, sous la nouvelle occupation « alliée » de l'Autriche, de continuer un travail illéfal, et édite l'organe « Der Sparla-

Elle se compose de plusieurs militants ouvriers expérimentés qui ont des attaches solides avec l'avant-garde du prolétariat autrichien. Nous publierons bientôt un substantiel rapport sur la situation générale en Autriche, el plus particulièrement sur celle du mouvement ouvrier dans ce pays. DaVS.

ATIONALE GRÈCE

TROTSKISTES ET ARCHEOMARXISTES

PROPOSENT UNE ALLIANCE

OUVRIERE CONTRE LA REACTION MONARCHISTE

Trotskistes et archéo-marxistes ont adressé une lettre ouverte au Parti communiste et au Parti socialiste grees, les invitant à établir l'unité de classe prolétarienne dans l'action pour atleindre les buts suivants :

- La dissolution du Parlement de la réaction monarchiste;

- Contre le retour du roi;

- Pour les libertés politiques et syndicales;

- Contre la terreur blanche, pour l'écrasement et la dissolution des bandes fascistes;

- Pour l'amnistie politique générale;

- Pour l'échelle mobile des salaires ;

* Pour la nationalisation des banques et de la grande industrie, sous contrôle ouvrier;

- Pour l'autodisposition du peuple grec;

- Pour le départ des troupes d'occupation anglaises;

- Pour la fraternisation avec les soldats anglais.

La leltre précise que le boycott des élections de mars était seulement une phase de la lutte contre la réaction.

¡De grandes et âpres luttes extraparlementaires sont nécessaires.

« Les grands problèmes sociaux' peuvent pas se résoudre au Parlement, mais dans les usines, les quartiers, les villages, à travers une lutte de classe contre classe. »

Seule la classe ouvrière, avantgarde politique de toutes les couches exploitées, peut conduire cette lutte à une issue victorieuse.

Trolskisles et archéomarxistes se déclarent prêts à mettre à la disposition de l'Alliance ouvrière toutes leurs forces, et ont commencé sur la base de cetta lettre une agilation intense parmi les militants staliniens et socialistes, ainsi que parmi lous les ouvriers en favenr de la rypture de la coalition avec la bourgeoisie et la cons titution du Front ouvrier.

ÉTATS-UNIS

LA GREVE DES MINEURS

La vague des grèves continue aux Etats-Unis. Malgré ses hauts et ses bas, il n'y a jamais eu depuis la fin de la guerre moins de 500.000 grévistes.

Depuis 7 semaines environ, 400.000 mineurs se sont mis en grève, réclamant une amélioration des conditions de sécurité du travail et la création d'un fond d'hygiène et d'assurance sociale de leurs syndicats constitué par les contributions des patrons.

D'autre part, une nouvelle grève menace d'éclater chez les cheminots qui englobera 300.000 salariés environ.

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