Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro d’août-septembre

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, numéro d’août-septembre · août-septembre 1946 · p. 56-66 · 6 712 mots

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Le Parti communiste révolutionnaire (Revolutionnair - Communistische Partij), notre section hollandaise, a progressé d'une manière importante depuis son Congrès national de Noël dernier. Ses effectifs ont plus que doublé. La campagne organisée autour de son organe central (dont le nom fut change par le Congrès de « Rode October » en « Tribune », titre du journal des communistes hollandais du temps de Lénine), a dépassé de beaucoup le nombre fixé de 1.000 nouveaux abonnements. « Tribune » tire maintenant à 10.000 exemplaires el a plus de 2.000 abonnés.

Le R.C.P. a aussi monté une maison d'édition qui a publié en holilandais les deux brochures célèbres de Trotsky: « Leur morale et la nôtre » et « Contre le National-Communisme ». Les publications du Parti sont aussi largement répandues, avec de bons résultats financiers, ainsi que les publications du « Pioneer Publishers » américain associé au Socialist Workers Party.

Outre le succès du recrutement et des publications, le Parti a beaucoup progressé en influence parmi les travailleurs colonigux en raison de sa campagne incessante en faveur de 1' « Indépendance complète pour l'Indonésie », mot d'ordre qu'il est seul à mettre en avant parmi les organisations ouvrières de Hollande. De plus, le R.C.P. a recruté beaucoup des rangs mêmes des staliniens, promouvant la création d'une opposition de gauche organisée par le Parti communiste hollandais (C.P.N.), la première fois qu'un phénomène semblable apparait dans les rangs de l'exComintern. Finalement, le Parti a mené un travail syndical intensif, gagnant à son programme un grand nombre de responsables syndicaux à Amsterdam, Rotterdam et ailleurs dans les quinze vieilles villes industrielles où il a déjà établi des rayons.

A propos du travail syndical, doit noter le succès de l'énergique campagne de propagande que le Parti a menée pour le soutien de la grève des marins pour la reconnaissance du syndicat et l'augmentation des salaires. Au moment où le gouvernement « travailliste » de Schermerhorn se préparait à briser la grève en envoyant des troupes dans le port d'Amsterdam, le R.C.P. lança le mot d'ordre de généraliser et étendre la grève dans une action de sympathie et de solidarité. Les manifestes du R.C.P., affichés sur les kiosques des principales avenues de lla ville, furent lus et discutés âprement et avec enthousiasme par une foule d'ouvriers continuellement rassemblés autour. La grève des marins s'estétendue aux dockers, aux ouvriers des chantiers navals, aux métallos et aux ouvriers des raffineries de sucre à Amsterdam et à Rotterdam, et la vague de grève en est maintenant à sa quatrième semaine sans donner de moindre signe d'affaiblissement. La direction stalinienne de l'aile gauche de la Fédération Syndicale Unitaire (E.V.C.) a essayé d'endiguer cette vaSyndicales de se joindre à la Fédération Syndicale Réformiste (N.V.V.) et de vendre les grévistes en fonction de leur jeu parlementaire. Dans les élections générales du 17 mai, les stali-

IV° INTERN niens obtinrent 10 % du total des voix et à peu près 30 % des voix dams Amsterdam. Le grand vainqueur des élections était le Parti Populaire Catholique (K.V.P.), qui partout gagna sur la droite du Parti Travailliste Réformiste (Partej des Arbejd), pendant que le Parti communiste l'entamait sur la gauche. Les staliniens veulent à tout prix entrer dans une coalition gouvernementale. Dans leur zèle de collaboration de classe ils cherchent à utiliser et trahir de présent mouvement de grève en vue de leurs sièges ministériels. Les trotskystes hollandais, dans leurs manifestes, dénoncent la lâche trahison envisagée par les mauvais bergers staliniens. Jusqu'à aujourd'hui 1er juin, des grévistes ont repoussé toute tentative de stopper leur action sans qu'une augmentation substantielle des salaires n'ait été obtenue. L'exemple des luttes ouvrières aux Etats-Unis joue sans aucun doute un rôle important et ses leçons sont largement discutées.

Entre temps, les résultats des élections provinciales du 29 mai ont confirmé la tendance générale des élections générales. Les staliniens ont fait une démonstration encore meilleure de leur politique, leur volonté d'entrer dans le gouvernement allant croissant. En conséquence, des heurts plus directs et plus violents entre la direction stalinienne et les travailleurs industriels soulevés sont à prévoir.

Le R.C.P., en dépit de ses progrès évidents, ne s'est pas senti assez préparé pour prendre part aux campagnes électorales, dont les conditions sont bien plus restrictives , que dans la plupart des pays européens. Mais progrès organisationnels, déjà ses considérables, et son influence rie masse croissante posent les bases d'une future participation dans ce genre de luttes au même titre que dans les autres.

Cette activité extérieure constante s'accompagne, au sein du R.C.P. luimême, d'une intense vie politique intérieure dans laquelle les principaux problèmes concernant Internationale font l'objet d'amples discussions orales et écrites.

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Bombay, 13 février 1946.

LES FUSILLADES POLICIERES

DE CALCUTTA

Une vague de protestations et d'indignation de masse, occasionnée par le procès des hommes de l'Indian National Army de Subhas Chandra Bose, procès dirigé par l'impérialisme anglais, a balayé l'Inde toute entière durant le mois passé. Le Congrès National Hindou, ayant rapidement compris l'importance politique extraordinaire des procès en vue de sa campagne électorale, se plaça lui-même à la tête des revendications générales pour la mise en liberté des hommes de PI.N.A. Cependant, il n'envisageait l'affaire que sous le jour d'une excellente occasion pour mener dans tout le pays une vaste campagne électorale. Pour le reste, il avait l'intention de faire une parade impressionnante pour la défense légale des accusés devant la cour martiale, secondée par son classique stratagème d'un Fonds de Secours (Relief Fund), ramassant des vingtaines de roupies pour acheter la fidélité de ces hommes, de leurs suiveurs et de leurs nombreux admirateurs. Mais des masses firent échouer la tactique malhonnête ces politiciens. Connaissant fort bien

•expérience le sort réservé aux victimes de l'impérialisme anglais, et méprisant la servilité de leurs « dirigeants » qui ne font qu'intercéder auprès de l'impérialisme pour obtenir la grâce de ses opposants, leur enthousiasme dépassa rapidement les limites d'une simple agitation électorale préparée soigneusement par le Congrès. Des meetings et mamifestations énormes, aboutissant fréquemment à des heurts violents avec la police, ébranlèrent le pays d'un bout a l'autre. Et déjà avant les événements de Calcutta, des fusillades et des charges de Ihathi avaient eu lieu à Madura, Lahore, Delhi, Lucknow et Amritsar. Même l'armée hindoue et l'aviation de l'impérialisme britannique étaient gagnées progressivement à la cause. Non seulement des officiers et des hommes de troupe envoyaient des souscriptions au Fonds de Solidarité, mais voyait même apparaître sur les tribunes des meetings pour y apporter leur souscription.

L'agitation atteignait son summun à Calcutta. Le Congrès, le frère de Chandra Bose en tête, sensible à l'extraordinaire explosivité de la situation, chercha à canaliser l'indignation des masses dans la soupape de sûreté d'un meeting de protestation au cours duquel « seulement le président (un vieux congressiste chancelant) prendrait la parole ». Le stratagème s'effondra misérablement. Les étudiants en particulier ne pouvaient être retenus. Absences dans les écoles et collèges, meetings et manifestations, telle était leur activité journalière. L'agitation qu'ils déclanchaient se répandait dans la classe ouvrière. Les staliniens changèrent à nouveau de tactique. Ces agents de l'impérialisme aux Indes qui, jusqu'a maintenant, dénonçaient les membres de l'Armée nationale hindoue comme agents de la V° colonne et comme fascistes, découvrirent soudainement leurs vertus patrioliques et commencèrent la campagne pour leur libération. La pression des masse les avait aiguillés sur une orientation nouvelle acceptée péniblement et à contre cœur. La campagne pour la libération des hommes de I'I.N.A. déclenchait une nouvelle offensive des masses contre l'impérialisme. Les impérialistes anglais ne pouvaient tarder à passer à la contre-offensive.

Dans l'Inde entière, les étudiants avaient fixé le jour du mercredi 21 novembre comme « Journée contre la Répression », en protestation contre les brutalités exercées par la police à Madura, Lahore, Delhi, Lucknow et ailleurs. A Calculta, les étudiants n'allèrent pas en classe ce jour-là ; ils tinrent un grand meeting de protestation et, à 2 h. 30 de l'aprèsmidi, défilaient dans la Lharamtollah Street, Tune des principales avenues de la ville. Toul à coup, un fort cordon de policiers en armes barra ila route et annonça que le défilé ne pouvait aller plus loin, le quartier voisin étant « Région protégée » (Protected Area). Les étudiants essayèrent de forcer de barrage, mais furent repoussés et s'assirent dams la rue ne sachant que faire. Le trafic était suspendu et la foule grossissait. Vers 6 heures, les étudiants essayèrent à nouveau de passer. Les lhatis chargèrent et laissèrent sur le terrain plusieurs jeunes manifestants da tête brisée. Mais le défilé refusait de se disperser. La police ouvrit alors le feu, tuant trois manifestants et en blessant une centaine.

Aucun leader du Congrès n'était présent. Tôt dans la soirée, plusieurs

ATIONALE étudiants étant en difficulté étaient aillés chercher Sarat Bose pour l'amener sur les lieux de la bagarre avec la police. Non seulement il refusa de venir, mais encore il leur donna l'ordre formel de se disperser. Les éludiants méprisèrent conseil et passèrent outre. Après la fusillade, des émissaires de Sarat Bose se glissèrent dans la manifestation avec des messages écrits des patrons du Congrès, condamnant l'aclion des étudiants, proclamant que le Congrès n'avait pas donné l'ordre d'un mouvement de désobéissance civile, s'associant aux plaintes de Sa-

Bose envers l'indiscipline des étudiants et implorant ces derniers de se disperser pacifiquement. Les étudiants huèrent ces émissaires. Even Casey, gouverneur du Bengale, vint sur les lieux dans une voiture spéciale équipée d'un micro et d'un pickup. Il fut hué et bafoué. Il essaya de s'adresser aux étudiants de derrière les cordons de police, mais personne n'y porta attention.

Pendant ce temps nos camarades étaient sur les lieux alors que lous les leaders avaient fui. Ils s'adressérent aux étudiants assis dans la rue, vantant leur courage, condamnant la traîtrise des faux leaders, et les exhortant à rester sur place et à se renforcer jusqu'à ce que la police impérialiste les laisse passer. Nos camarades les poussèrent à en appeler au soutien des ouvriers. Il est inutile de dire que la présence et les discours de nos camarades durcirent la ferme résolution des étudiants. Allumant des feux au milieu de la rue pour se chauffer, ils restèrent assis toute la nuit déterminés à forcer les barrages, quoiqu'il arrive.

La fusillade des étudiants souleva la colère de la population de Calcutta. La classe ouvrière en particulier était enflammée, Dès la matinée du jeudi, les ouvriers quittèrent les usines les unes après les autres en signe de protestation. Les transports de la ville étaient complètement paralysés. Les conducteurs d'autobus, de tram, de taxi, de pousse-pousse, tous avaient quitté le travail. Avec des milliers d'autres ouvriers, portant leurs bannières syndicales et criant leurs propres mots d'ordre, ils défilérent pour rejoindre les étudiants, toujours assis dans la rue sous la menace des fusils de la police. Le drapeau rouge prit place devant le drapeau tricolore des bourgeois du Congrès, devant les étudiants assis. Un « hartal » complet (grève générale) fut proelamé dans la ville. Boutiques, restaurants, théâtres,

IV® INTERN tous les lieux publies étaient fermés. La population entière de Calcutta était dans la rue. Ceux qui étaient sur les lieux de la fusillade et aux alentours dénombrèrent plus de trois « lakhs ».

Pendant ce temps, Sarat Bose et les leaders du Congres perdaient la lete. Leur couandise et leurs basses manœuvres avaient été complètement mises à nu devant les masses. Ils firent à plusieurs reprises des efforts désespérés pour persuader les étudiants de reculer, mais en vain.

Le jeudi après-midi à 1 heure, pendant qu'une partie d'entre eux TeStait pour maintenir leur position dans la Lharamtellah Street, le reste se rassemblait à plusieurs milliers pour condamner la fusillade. Sarat Chandra Bose se fraya un chemin jusqu'à la tribune et appela à nouveau les étudiants à se disperser, on lui répondit par des moqueries. Incapable de supporter cet affront il se tourna vers le gouverneur impérialiste pour trouver une aide. Il le supplia de laisser passer les étudiants et , sarantit que « rien n'arriverait » si cette chose était accordée. Le gouverneur, garanti par ce nouvel allié d'une raison honorable de repli, fit retirer ses troupes sur leurs positions, non sans avoir fait charger et tirer une dernière fois les lathis. Une fois les forces de police retirées, 100.000 étudiants et ouvriers défilérent à travers la « Protected Area ». C'était une immense victoire pour les étudiants et leurs nouveaux alliés, la classe ouvrière.

Les staliniens parvinrent à faire mettre en grève une considérable partie des ouvriers. Mais ils étaient loin d'être satisfaits d'avoir à agir ainsi. Complètement discrédités devant les masses par leurs trahisons accumulées, ils étaient effrayés par la solidarité qui s'établissait entre les étudiants et les ouvriers. Alors qu'ils semblaient se joindre à la protestation de masse, en réalité ils cherchèrent à la frapper dans le dos. Au lieu de conduire les ouvriers, bannières syndicales déployées, à l'endroit ou manifestaient les étudiants, et par là établir une magnifique démonstration de solidarité, ils les conduisirent loin du meeting et tinrent une assemblée à part, dans laquelle ils mirent en avant la revendication importante de « Comité d'enquête sur le Whooting »! Ils aidèrent ainsi les leaders étudiants petits bourgeois de gauche, qui revinrent sur la scène le jeudi matin pour les trahir et des ramener dans le giron de Sarat Bose.

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Le « retrait » du cordon de police ne signifiait cependant pas que « rien n'arriverait ». Mises en rage fusillades de la police qui Par les continuaient dans d'autres endroits de la ville, les masses tendaient à se ruer contre le gouvernement impérialiste. Les forces de police étaient complètement retirées des rues qui étaient remplies d'une foule impatiente et folle de colère, lorsqu'on apprit que 37 personnes avaient été tuées, et plus de 300 blessées. Mais il n'y avait aucune direction. Les ouvriers étaient retenus par derrière par les staliniens. Les étudiants qui me pouvaient en aucun cas se débarrasser de leur propre direction, étaient désorientés par la lâcheté, l'hésitation et la trahison de leurs dirigeants petits bourgeois « de gauche », affiliés au Comité exécutif de la Fédération des Etudiants de la province du Bengale. Ces gentlemen aux jambes molles avaient peur de s'aventurer dans les rues face à la « violence » des masses, et aux balles qui pleuvaient sur celles-ci en réponse. Ils étaient encore plus effrayés par la violence de Sarat Bose qui avait interdit à tous les Congressistes de participer à n'importe quel meeting ou manifestation et qui, maintenant, excitait ses mercenaires et ses thugs contre les « agents provocateurs », les partis « minuscules » et les « organisations autres que le Congrès ».

Dans cette situation, nos camarades luttèren! vaillamment pour mener des manifestations et tenir des meetings d'étudiants et d'ouvriers. Ils expliquaient que la seule voie pour contenir le lumpen-prolétariat qui maintenant dirigeait le combat seini ses vues (jetant les morceaux de briques dans les quartiers isolés et brûlant des baraques militaires en tant que symboles de la force armée impérialiste) était d'organiser une action disciplinée et organisée par des comités communs d'ouvriers et d'étudiants, des manifestations commu(voir le tract joint à la lettre). Mais des meetings communs, la Fédération des Etudiants avait décidé de ne pas agir, et les staliniens ne voulaient évidemment pas agir non plus. Même étant données ces conditons, nos camarades parvinrent à diriger deux grandes manifestations

(l'une d'entre elles drapeau rouge en tête) dans les endroits les plus agités et les plus dangereux, haranguant les foules à chaque croisement de rue, lançant des mots d'ordre de solidarité ouvrière et étudiante, et appelant les masses à ne pas attaquer les militaires à cette étapé. Notre principal

IV° INTERNATIONALE mot d'ordre était: « Préparez-vous au second round ». Il était déjà évident qu'on en était au reflux. Nos forces étaient trop petites, à côté des centaines d'agitateurs accourus en automobile sur les ordres de Sarat Bose, qui essayaient de persuader le peuple d'abandonner les rues, et à côté de la trahison des leaders petits bourgeois de « gauche ». Même à ce moment-là, ce fut l'action des seconds et non celle des premiers qui fut décisive.

Les événements du 21 au 23 novembre ont démontré clairement que le Congrès national bourgeois a très peu d'emprise sur les masses, les ouvriers et les petits bourgeois de CalAFRIQUE DU SUD

Un rapport reçu d'une des organisations trotskystes de ¡Afrique du Sud, la « Fourth International Organisation of South-Africa » (F.I.O.S.A.) relate l'activité incessante du parti pendant la guerre, nonobstant la vague chauvine qui traversa le pays, et les multiples difficultés organisationneles intérieures qu'il avait à surmonter. Les militants trotskystes ont concentré leur travail durant les années passées sur deux objectifs principaux: le mouvement national de la population laborieuse non-européenne, mouvement anti-impérialiste qui lutte pour la conquête de droits démocratiques complets pour la population nègre qui en est totalement dépourvue; le mouvement syndical des travailleurs non-européens qui ont à la fois à mener leur lutte de classe contre un patronat particulièrement exploiteur et contre les tendances segregatrices réactionnaires de la part des syndicats réformistes blancs. Dans le cadre du mouvement national, les trotskystes de l'Afrique du Sud ont participé activement à la lutte contre l'introduction d'un système de passeports pour les travailleurs noirs au Cap, pour empêcher les travailleurs de se déplacer sans autorisation préalable. Ils ont dirigé le mouvement du « Kensington Peoples Action Committee ». qui organise la résistance de la population noire culta. Les masses ont été trop radicalisées pour être aveuglées plus longtemps par la démagogie du Congrès. Il a aussi été démontré l'absence quasi complète d'une opposition de gauche organisée à l'intérieur du Congrès, ou en dehors de lui, en dehors de la classe ouvrière. Ces événements ont aussi donné à nos jeunes cadres tenr première expérience des mouvrments de masses, et a démontré au moins aux étudiants que les trotskystes préparent la seule direction non seulement idéologique, mais de combat, pour le mouvement anti-impérialiste tout entier. Nous pensons progresser considérablement à la suite de cette expérience. contre les barbares mesures ségrégatrices des municipalités, qui obligent les travailleurs noirs à séjourner dans d'infectes camps et leur interdisent laccès aux centres de population blanche. A travers ces multiples mouvements, les trotskystes sud-africains ont distribué des milliers de tracts et se sont adressés dans des meetings à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Dans le cadre de leur activité syndicale, les trotskystes sud-africains ont participé récemment au Congrès du Syndicat des Travailleurs noneuropéens, syndical qui compte plus de 100.000 membres. Sur toute une série de questions, entre autres sur les mots d'ordre relatifs à la question des prix et des salaires, les résolutions avancées par les trotskystes ont été adoptées par le Congrès, tandis que plusieurs quotidiens ont relaté les discours des dirigeants trotskystes.

Da F.I.O.S.A. publie actuellement un organe mensuel en langue anglaise et en une langue nègre, Workers' Voice, ainsi qu'une revue théorique trimestrielle du même titre. Notons qu'il existe une autre organisation trotskyste en Afrique du Sud, la « Workers' International League », qui édite également un organe en anglais, en boër et en nègre, intitulé Socialist Action, et une revue théorique intitulée Communism. Le Secrétariat International de la IV• Internationale s'occupe activement de l'unification de ces deux organisations qui n'ont pas de divergences politiques fondamentales.

TV* INTER ARGENTINE Une opposition dans le P.C. •Le Parti Communiste argentin, dont les manœuvres successives face au régime Peron ont fortement dimivient d'entrer dans une période de nue l'influence parmi les masses, crises intérieures intenses. Deux oppositions ont jusqu'ici apparu. La première s'intitule Opposition marxiste-léniniste-stalinienne » et se recrute particulièrement parmi les fonctionnaires locaux et régionaux du parti. Elle édite un organe public imprimé, , intitulé Bandera Rossa, et s'achemine, bien que confusément, vers des positions révolutionnaires plus conséquentes.

La deuxième opposition se recrute plus spécialement parmi les militants de base, et constitue une réaction de la part d'éléments prolétariens face à la desaffection progressive des travailleurs argentins envers le P.C. Il est significatif de noter par exemple que, pendant les manifestations du Ier mai 1946, le cortège du P.C. réunit à peine 2.000 personnes, tandis que Peron avait plus de 100.000 tra- ¡Peron guait plus de 10n 000. vailleurs dans le sien.

Ainsi se dessine clairement dans le monde entier un début de mouves le monde entier un debut de mouvement global apparu depuis près de vingt ans, c'est-à-dire depuis l'expulsion de lOpposition de Gauche de l'Internationale Communiste. Ce phénomène est le résultat de deux processus: la radicalisation mondiale du prolétariat qui s'est exprimée dans sa première phase par un renforcement considérable des partis communistes dans la plupart des pays du monde; l'expérience systématique faite par les militants ouvriers avancés de la politique opportuniste de collaboration de classe qui caractérise l'activité des dirigeants staliniens dans tous les pays et qui passe par différents stades: collaboration ministérielle, activité ouverte de briseurs de grève, compromissions avec l'impérialisme étranger, ete...

Jusqu'ici le mouvement oppositionnel dans les différents P.C. n'en est qu'à son stade initial. Il a pris un caractère différent dans différents pays. Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Afrique du Sud et aux Indes la direction stalinienne a pu exécuter un certain « cours gauche » préventif face au mécontentement grandissant de la base, par suite de l'accentuation des contradictions entre la bureau

NATIONALE 61 cratie soviétique et l'impérialisme anglais et américain. En Hollande, en Grèce, en Norvège, en Argentine, des oppositions organisées ont apparu. Les sections espagnole, canadienne et italienne ont connu une ou même plusieurs scissions. Enfin, dans des Partis Communistes extrêmement puissants, quant à l'appareil bureaucratique, comme les P.C. français et tchéco-slovaque, les tendances oppositionnelles n'ont pas encore pu s'exprimer et se traduisent soif sur le plan syndical soit par un abandon du parti. Mais il est clair que lévolution des luttes ouvrières, et particulièrement un renforcement des sections de la IVe Internationale accélérera le processus de différenciation idéologique au sein des P.C. BELGIQUE

Une Conférence du P.C.I.

Le Parti Communiste Internationaliste a tenu le 7 juillet une Conférence extraordinaire face à des problèmes organisationnels urgents à résoudre et la situation

En effet, à l'évolution rapide de intérieure dans le pays.

la deuxième vague de luttes économiques, que le P.C.I. avait prévue pour l'année 1946 dans le manifeste de son V° Congrès (novembre 1945) a commencé à déferler sur le pays à partir du mois d'avril. Partant de mouvements isolés et sporadiques, la vague gréviste a atteint de premiers points culminants avec la grève générale des métallurgistes de la région de Louvière (12.000 grévistes) en mai et avec la grève des 40.000 travailleurs de la région de Liège au mois de juin.

La résolution adoptée à la Conférence Nationale analyse l'origine de la vague gréviste, tire les leçons des défaites partielles des mouvements isolés et propose au prolétariat belge un plan d'action autour de la préparation d'une grève générale pour des objectifs déterminés.

Il est à noter que, depuis le début de la vague gréviste, le premier ministre Van Acker, dirigeant réformiste, a essayé à plusieurs reprises dans des discours radiodiffusés et dans des déclarations à la presse de faire endosser au P.CJ. la responsabilité du « déclenchement » des mouvements grévistes. Le P.C.I. a répondu à ces « accusations » dans un com-

IV° INTERNATIONALE muniqué de presse publié par une demi-douzaine de quotidiens, Dans ce communiqué, le Secrétariat du Parti réfute d'abord les allégations démagogiques du premier ministre selon lesquelles des « agitateurs anonymes » « exciteraient les travailleurs » ou selon lesquelles le P.C.J. aurait même « armé » ces agitateurs. Il avertit l'opinion publique que ces déclarations ne constituent qu'un alibi que le gouvernement prépare par avance pour pouvoir justifier l'arrestation. non seulement des militants trotskystes, mais également de militants syndicalistes dévoués à leur classe. Ensuite, le communiqué explique le sens politique des déclarations du premier ministre. Il démontre qu'effectivement le P.C.I. a été le seul Parti à défendre la nécessité d'une reprise de la lutte de classe de la part du prolétariat, face aux conditions de vie intenables imposées à la classe ouvrière, et que le programme trotskyste était le seul programme axé autour de la lutte ouvrière. Dans ce sens, il était exact de dire que la classe ouvrière en lutte montrait son acceptation de fait de ce programme.

Il est à noter que Van Acker, depuis son arrivée au pouvoir, s'est attaqué au mouvement trotskyste avec un acharnement tout particulier. Les lecteurs de la Quatrième Internationale se rappelleront que ce même premier ministre « socialiste » a interdit l'année passée le journal trotskyste La Voie de Lénine, soi-disant pour un article appelant les travailleurs belges à la solidarité avec les travailleurs allemands, mais en fait pour l'agitation trotskyste en faveur des luttes revendicatives parmi les mineurs. Or, à ce moment, les trotskystes belges avertirent la classe ouvrière que ces attaques contre l'avant-garde trotskyste du prolétariat ne constituaient que le prélude à des attaques plus conséquentes contre P'ensemble de la classe. Ces prévisions viennent de se confirmer de façon sensationnele. Après avoir accusé le P.C.I. d'avoir * déclenché » les grèves, Van Acker s'en prit ensuite au mouvement syndical qu'il accusa d'irresponsabilité. Ce singulier langage de la part d'un « socialiste » fut sévèrement critiqué lors d'un récent congrès syndical belge. Mais voici qu'à l'occasion de la crise ministérielle qui sévit actuellement en Belgique, Van Acker attaqua ouvertement son propre parti, le parti socialiste belge. Celni-ci s'était prononcé contre une coalition avec le P.S.C., le Parti Social Chrétien, parti réactionnaire de la bourgeoisie. Van Acker non seulement se désolidarisa de cette politique dans une interview publique, mais il refusa même toute collaboration avec son « camarade » Spaak, chargé par son Parti de constituer un gouvernement de coalition « de gauche ». L'attitude de Van Acker a déclenché une tempête de protestations dans le Parti socialiste. Indice important de la radicalisation des masses: plusieurs fédérations du Parti se sont prononcées à cette occasion non seulement contre une collaboration .gouvernementale avec le P.S.C. mais même contre toute collaboration avec un parti bourgeois quelconque. BULGARIE

Arrestation de Trotskystes

Après l'anrestation et la condamnation d'une série de dirigeants du Parti socialiste indépendant de Bulgarie, gouvernement bulgare a maintenant étendu son activité terroriste, visiblement dirigée par le Guépéou, contre les trotskystes. Nous avons reçu nouvelle de l'arrestation d'une série de militants du jeune Parti communiste internationaliste, section bulgare de la IV• Internationale. Parmi les miitants arrêtés se trouve le docteur Gatchev, de Plovdiv, dirigeant révolutionnaire bulgare bien connu et un des leaders de la Ligue de Défense des Droits de l'Homme. La presse trotskyste mondiale a vigoureusement protesté contre ces mesures arbitraires, tandis que les partis trotskystes des Etats-Unis, d'Angleterre, de France, de Belgique, de Hollande et d'autres pays ont envoyé des télégrammes de protestation à la Légation bulgare dans leur pays. Une mobilisation générale du mouvement ouvrier non infecté du virus stalinien est nécessaire afin de mettre un terme au renouveau terroriste du Guépéou qui risque d'étrangler complètement la démocratie ouvrière dans de nombreux pays. Les organisations ouvrières devraient commencer immédiatement une campagne rigoureuse afin d'obliger le gouvernement bulgare à publier immédiatement les chefs d'accusation avancés contre les militants trotskystes arrêtés, à permettre à des avocats de pays occidentaux de défendre ces révolutionnaires irréprochables qui ont combattu sans relâche la dictature du roi Boris et l'impérialisme allemand.

LY INTER

En même temps. il faut avertir pubiquement le gouvernement bulgare que l'annonce que les militants trotskystes se sont ‹ suicidés », qu'ils sont « morts accidentellement » en prison, qu'ils ont été • tués lors d'une tentative d'évasion » ou qu'ils ont été « enlevés » ne sera considéré que comme une formule exprimant leur assassinat par le Guépéou dont le gouvernement bulgare s'avérerait alors ouvertement le complice. CHINE L'activité trotskyste pendant la guerre

Des rapports reçus récemment de deux organisations trotskystes en Chine nous permettent de nous former une idée des conditions extrêmement difficiles dans lesquelles les militants révolutionnaires de ce pays ont continué leur activité durant les dures années de la guerre. Non seulement ils avaient à lutter contre la terreur policière de Tchang-Kai-Chek, contre le terrorisme stalinien et les sauvages persécutions la police japonaise qui travaillait selon les méthodes de la Gestapo, mais ils durent encore affronter des terribles conditions de vie, de famine et de rareté complète du matériel le plus indispensable pour un minimum de travail politique.

Malgré tous ces obstacles, nos camarades chinois ont continué sans interruption leur travail. Les deux groupes pub ièrent chacun un organe, l'un intitulé « La Lutte », l'autre intitulé « L'Internationaliste ». Le groupe « La Lutte » restait très activement attaché au mouvement ouvrier à shanghai, et ses militants organiserent plusieurs grèves dans lindustrie textile. C'est sur dénonciation des patrons chinois que la police japonaise arrêtait plusieurs militants du groupe, dont une camarade « responsable » aux yeux du patronat du déclenchement des luttes grévistes. On voit que les patrons chinois, comme les patrons français n'hésitaient pas du tout à faire appel à « Tennemi » quand il s'agissait de briser la résistance des travailleurs! Les camarades arrêtés furent sauvagement torturés par la Gestapo japonaise afin de dénoncer la direction du groupe, mais ils résisterent héroïquement et gagnèrent à cela l'estime même de leurs bourreaux.

NATIONALE 63 Grâce à leur attitude héroïque, le dirigeant du mouvement trotskyste chinois, le camarade Pong-Shih-Chih, ancien dirigeant du P.C. chinois, ancien membre du Comité exécutif de PI.C. a pu survivre à la guerre.

Les divergences entre les deux groupes concernent la question du caractère de la guerre sino-japonaise après l'entrée en guerre de l'impérialisme américain. Actuellement, les camarades s'efforcent d'éditer un journal imprimé. Ils ont pu reprendre contact avec les groupes de leur parti avec lesquels ils furent coupés durant la guerre, et ont établi le contact avec trois groupes. Des groupes trotskystes existent donc à Shanghai, Hong-Kong, Canton et à l'intérieur de la Chine (région de Tchoung-King). Montée du mouvement ouvrier en

Chine.

Depuis la fin de la guerre en Chine, le mouvement ouvrier y connait un essor nouveau qui ne reste inférieur qu'à la période directe de la Révolufoin chinoise de 1925-1927. Alors que depuis cette période le prolétariat chinois se trouvait en semi-léthargie, la fin de la guerre a complètement changé cette situation.

Tout d'abord, ce sont des changements dans la situation objective qui ont provoqué ce changement. Alors que numériquement le prolétariat est plus nombreux maintenant par suite de l'industrialisation des provinces arriérées, la fin de la guerre a amené pour lui une série de cataclysmes l'un plus terrible que l'autre: le chômage (plus de la moitié des usines de Shanghai sont fermées) : l'inflation qui a pris des formes extravagantes; la famine dans les régions les plus fertiles; une accentuation de la pression des spéculateurs et des usuriers. Mais ce processus objectif s'est déroulé alors que l'état d'esprit du prolétariat chinois, lui aussi, avait passé par une profonde transformation. Le poids de la défaite de la Révolution de 1925-27 ne pèse plus sur les jeunes générations. La vietoire dans la guerre a à la fois augmenté la confiance des travailleurs, leur a donné un nouvel espoir et en même temps a démasqué devant eux le caractère parasitaire et entièrement pourri du régime de Tchang-KaChek pour qui la « victoire » de la Chine ne signifie rien d'autre qu'un plein pouvoir pour les classes les plus réactionnaires d'exploiter plus impitoyablement encore la paysannerie et le pro étariat, tout en soumetlant le

IV° INTERN pays au contrôle le plus complet de l'impérialisme yankee.

La montée nouvelle du mouvement ouvrier chinois s'est exprimé tout d'abord par une vague de grèves qui, partant de Shanghaï, se sont répandues jusque dans les industries et les régions les plus arriérées. A Shanghaï même, plus de 1.000 grèves eurent lieu entre les mois de novembre 1945 et de mars 1946. D'autre part, la combativité accrue des travailleurs a exercé sa pression même sur les organisations les plus conservatrices. Tous les syndicats affectent maintenant un langage plus « radical ». Politiquement, le Parti Communiste reste la seule tro-in organi Ce Pas est essentielgrande organisation s'opposant lement un parti de la moyenne paysannerie, dont l'objectif central consiste à arriver à une diminution de la rente foncière, tout en garantissant le payement des intérêts de ces rentes diminuées. C'est grâce à cette politique que le P.C. a pu gagner la sympathie de couches paysannes moyennes assez larges. Récemment cependant, le P.C. a essayé de pénétrer de nouveau vers les centres industriels. Il sera forcé d'établir un programme ouvrier, mais tout indique qu'il essayera avant toute autre chose de maintenir l'alliance avec la « bourgeoisie progressive ». Voilà ce qui donne des possibilités extrêmement intéressantes au mouvement trotskyste qui apparait comme le seul mouvement politique s'appuyant franchement sur la défense des intérêts ouvriers. EGYPTE Les trotskystes dans la lutte contré le gouvernement

Pendant que le gouvernement égyption poursuit des négociations interminables avec l'impérialisme britannique, les ouvriers, les paysans et les étudiants conduisent la lutte pour l'indépendance dans la rue. Les trotskystes égyptiens jouent un rôle important dans ces luttes.

Le 9 février, jour où la police tira sur les manifestants au Caire et à Alexandrie, tuant 27 personnes, les trotkystes tinrent une réunion au Caire ou furent discutées les mesures à prendre face à la situation. On décida de publier un premier tract, qui

ATIONALE appelait les étudiants à quitter l'Université et les quartiers bourgeois pour se rendre dans les quartiers ouvriers. Cet appel eut un écho immédiat. Les étudiants adoptèrent le mot d'ordre « Vers les ouvriers », et à Alexandrie, ils se rendirent au nombre de 3.000 vers les rure 1 se gunts par 300 0s ines, ors dis où ils textile. Considérant le danger de cette situation, la police tira sur eux, tuant trois étudiants et deux ouvriers, et blessant une trentaine de manifestants.

Au Caire également les étudiants réussirent à se joindre aux ouvriers et un comité commun d'étudiants et d'ouvriers fut créé, composé en majorité de trotskystes. Ceci marque une nouvelle étape de notre mouvement en Egypte.

Etant donné que les journaux trotskystes sont interdits en Egypte, le Parti décida d'éditer un nouveau tract accusant le Roi de la responsabilité de la mort des fusillés et montrant aux ouvriers et aux étudiants que l'ennemi des masses laborieuses était à la fois l'impérialisme étranger, la bourgeoisie indigène rapace et la Cour avec la noblesse dégénérée. Alors que les manifestations continuèrent dans les grandes villes, le mot d'ordre « Vivent les Ouvriers et Etudiants » est devenu le cri de ralliement des exploités et des intellectuels. Les classes laborieuses comprennent maintenant que la prochaine révolution aura des caractères distinctement prolétariens. Elles comprennent que la bourgeoisie nationale a pour ses intérêts de classe trahi la cause de l'indépendance complète du pays, et que cette cause repose maintenant essentiellement entre les mains du prolétariat.

Pour vaincre, celui-ci devra renforer le Parti Communiste Révolutionnaire, section du Moyen-Orient de la IV• Internationale, dont les inscriptions en anglais et en arabe couvrent dès maintenant les murs du Caire et d'Alexandrie.

« Afin de barrer effectivement la route au communisme et d'empécher les ouvriers de se laisser entraîner dans une vague extrémiste », comme le déclara le ministre de la justice Ahmed Kamel Mourai Pasha, le gouvernement réactionnaire égyptien vient de faire passer au Parlement une nouvelle loi pénale punissant de longues années de prison l'excitation à la grève, la participation aux manifestations de rue et aux cessations de travail, le « contact avec des organisations étrangères » et d'autres « délits » de ce genre. Immédiatement

IV INTER après, plus de 1.000 personnes ont été arrêtées et quatre journaux ont été interdits ‹ pour prévenir le danger d'une grève générale ». Cinq librairies et deux clubs, dont celui de ‹ L'Association pour la recherche scientifique » furent fermés. INDOCHINE

Assassinat de Tha-Thu-Than

Il y a quelques semaines, la nouvelle tragique de la mort de notre camarade Ta-Thu-Thau, dirigeant du mouvement trotskyste en Indochine nous parvenait. Cependant, les circonstances de cette mort furent tellement mystérieuses, qu'un représentant du Secrétariat du Parti Communiste Internationaliste, section française de la IV® Internationale, s'est rendu auprès du délégué du gouvernement du Viet-Minh en France, afin de lui demander les éclaircissements nécessaires au sujet de cette mort. Il ne put obtenir du président Ho-Chi-Minh que des réponses évasives à ses questons, le president se bornant a déclarer « que Ta-Thu-Thau avait été un révolutionnaire irréprochable ». ce qui était bien connu!

Nos camarades indochinois avaien! de multiples et féroces ennemis: les colonialistes français qui, à maintes reprises, arrêtèrent Ta-Thu-Thau: la bourgeoisie indigène « collaboratrice »; les staliniens qui ne purent leur pardonner d'avoir maintenu bien haut le drapeau communiste de Lénine et de Trotsky, qu'ils avaient eux-mêmes abandonné depuis longtemps. Par ailleurs, la description de la mort de Tha-Thu-Thau devient encore plus douteuse devant le fait que nous avons appris depuis lors la mort de nos camarades Phan Van Hum et Nguyen Van Dat dans des endroits différents et en des circonstances tout aussi mystérieuses. Enfin, le camarade Nguyen Van Tao, ancien secrétaire général du P.C. d'Indochine qui se sépara de ce Parti sur une plateforme progressive serait soit en fuite vers le Laos (ou le Siam), soit assassiné par un coup de couteau dans le - dos durant un meeting.

Le journal « Thiet Thuc » de Hano, dont nous ignorons la couleur politique a même prétendu que certains membres du Viet-Minh ont organisé

NATIONALE 65 l'assassinat des trotskystes sur tout le territoire du Viet-Nam.

Voilà pourquoi le Secrétariat du P.C.I. et le Secrétariat du Groupe Bolchevik-Léniniste Indochinois en émigration ont adressé un communiqué à la presse, dans lequel ils exigent que toule la lumière soit faite sur les circonstances dans lesquelles les leaders trotskystes ont trouvé leur mort. Ils ont également demandé aux représentants du Viel-Minh à Paris une entrevue afin d'arranger les modalités pour la constilution d'une commission d'enquête composée de représentants du mouvement ouvrier français et indochinois afin d'enquêter sur ces cas mystérieux. I's concluent, en demandant que le P.C.I. soit immédiatement mis en rapport avec l'organisation trotskyste en Indo-Chine, par la déclaration suivante:

« En France, les trotskystes ont été les seuls pour défendre l'indépendance totale du Viet-Nam. Ils ont rendu des services considérables au mouvement indochinois en France même. Tous les Indochinois en France savent cela. Ils demanderont avec nous que toute la lumière soit faite, et toute réponse évasive n'apparaîtra que comme un aveu de culpabilité ou comme une capitulation devant la pression des assassins et de leurs maîtres. » JAPON

Contrôle ouvrier

Les nombreuses grèves qui suivirent la fin de la guerre en ExtrêmeOrient et la suppression de la direction autoritaire de la main-d'œuvre ont pris une nouvelle forme qui cause un grave souci aux autorités militaires et au gouvernement fantoche Yoshida. De plus en plus fréquemment, les ouvriers Japonais occupent les usines et les locaux Industriels et s'engagent dans ce qu'ils appellent le ‹ contrôle ouvrier sur la production ». Les ouvriers occupent les usines et continuent eux-mêmes la production, ignorant la direction jusqu'a ce que leurs revendications soient acceptées.

D'après « The Economist > du 29 juin 1946, jusqu'à présent le gouvernement Yoshida n'a pas osé intervenir contre cette nouvelle manifestation de la montée de la lutte de classes au Japon; mais encouragé par T'Etal-Major de Mac Arthur, il a ex-

IV° INTERN pulsé les ouvriers qui occupaient la résidence officielle du Premier Ministre. Les occupations d'usine ont bien entendu été déclarées « illégales » par de gouvernement, mais ceci n'a pas eu beaucoup d'effet pour dompter la combativité des ouvriers ». D'après The Economist, des groupes ouvriers ont contrôlé 26 usines, et on s'attend à ce que d'autres syndicats adoptent la même tactique dans le proche avenir. Le syndicat des ouvriers électriciens menaçait de ne plus fournir de courant électrique à toutes les administrations gouvernementales

ATIONALE et aux maisons des directeurs de la Compagnie d'Electricité, tout en continuant de fournir le courant au pubiie.

Le Q.G. allié fut particulièrement alarmé de la saisie du journal « Yomiuri », l'un des grands quotidiens de Tokio, par le syndicat des employés qui, à la rédaction du journal, applique une politique « proche de celle des communistes », comme s'exprime The Economist. La direction du journal avait abandonné les locaux de la rédaction, mais les bureaux restèrent entre les mains du syndicat.

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