Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 25-26

Résolution sur la question nationale adoptée au IVe Congrès du P.C.R.

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 25-26 · décembre 1945-janvier 1946 · p. 33-34 · 857 mots

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1. — Dans les pays occupés de l'Europe occidentale, l'effondrement des vieux Etats bourgeois fut accompagné d'un abaissement considérable du niveau de vie des masses prolétariennes et petites-bourgeoises. D'autre part, l'occupation hitlérienne y détruisit tous les vestiges de la « démocratie > bourgeoise, surtout toutes les organisations prolétariennes. Hitler a ainsi objectivement rempli le rôle historique que les différents mouvements fascistes & indigents > n'ont pas pu jouer. La puissance de résistance des masses à l'oppression impérialiste répond objectivement à la lutte contre l'abaissement du niveau de vie et contre l'oppression fasciste. En même temps, l'appareil d'occupation allemand fait fonction d'appareil d'Etat de la bourgeoi

IV INTERN sie belge. Toute lutte partielle économique contre la bourgeoisie belge met le prolétariat belge en collision avec l'impérialisme allemand. 2. - En vue du danger mortel qui la menace, la bourgeoisie des pays occupés laisse de plus en plus tomber se: valets fascistes et essaye de canaliser et de briser la montée révolutionnaire avec l'aide des organisations nationalistes. En même temps, ceux-ci ont pour fonction de profiter du mouvement de masse pour reconstituer l'Etat et l'armée belge et pour préparer une participation plus « active » de la bourgeoisie dans la guerre de brigandage impérialiste. La lutte la plus implacable contre le & Front de l'indépendance », la « Brigade blanche », etc.... lutte contre le poison chauvin, lutte contre le gouvernement Pierlot, est donc un devoir pressant pour le P.C.R. L'art de la stratégie léniniste consiste précisément à DETACHER les masses de ces agences impérialistes et de transformer leur mouvement de résistance contre l'oppression et l'exploitation impérialiste en révolution prolétarienne. 3. - Mais par-dessus tout, un fait domine la situation: l'exacerbation des contradictions sociales résultant de la guerre. Si les masses se mettent en mouvement contre l'oppression dont elles sont l'objet, sous quelque drapeau qu'il soit, ce ne sera pas le caractère idéologique (« la conscience nationaliste ») mais bien le caractère social (« la lutte de classes ») qui déterminera la direction et les formes de leur combat. La prédominance fatale du prolétariat dans tout mouvement de masses, déterminera des formes spécifiquement prolétariennes de lutte: comités, grève, milices, etc. Au moment où le prolétariat entre en lutte ouverte et générale contre l'occupation allemande, il crée en même temps les germes d'un double pouvoir, qui menace tout autant de balayer la bourgeoisie nationale.

4. - Le P.C.R. soutient et pousse en avant les mouvements de résistance des masses à l'exploitation impérialiste, pour créer et développer les organes du pouvoir prolétarien et pour saboter toutes les tentafives des agences bourgeoises de reconstituer le pouvoir capitaliste national. Il soutient les objectifs immédiats du mouvement de résistance des masses à l'impérialisme, et les lie à ses revendications transitoires. Les formes de ce soutien dépendront des circonstances. Là où des organisations nationalistes déclencheront des mouvements insurrectionnels non suivis des masses, le P.C.R. considérera ces mouvements comme des mouvements de la classe réaction-

ATIONALE naire, les sabotera et essayera, le cas échéant, de les détruire. 5. - Au milieu de la lutte des masses (grèves, manifestations, grève générale, insurrection, etc.), le P.C.R. luttera pour la réalisation du front unique prolétarien sur la base des comités et des milices. Dans ces comités, il luttera de toutes ses forces pour son propre programme. Pour des buts techniques limités (remise d'armes, etc.), il pourrait conclure des accords pratiques avec des organisations petites-bourgeoises, SANS JAMAIS SE LIER POLITIQUEMENT, tout en les combattant politiquemen! avec la dernière énergie. Jamais il n'entrera, sous quelque forme que ce soit, dans les combinaisons à la « Front Populaire ». Au contraire, démasquer la démagogie « anti-fasciste » des agences de la bourgeoisie, qui mène la guerre pour ses propres buts de rapine et poursuit ces mêmes buts dans la lutte contre l'impérialisme allemand, devra constituer à ce stade de l'évolution l'axe de notre propagande, comme l'action prolétarienne internationale, indépendante et anticapitaliste, doit être représentée dès-maintenant comme une condition nécessaire et suffisante pour la victoire des masses contre Hitler. . 6. - Au moment où un gouvernement national « démocratique-bourgeois » ou non, surgi•rait de la lutte, la lutte contre le « Front de l'Indépendance », etc., se prolongerait logiquement en une lutte tout aussi énergique contre ce gouvernement. Au moment où l'appareil d'occupation allemand serait remplacé par l'appareil d'occupation anglo-saxon, la lutte également implacable se poursuivrait contre cet appareil d'oppression et d'exploitation.

7. - Le P. C. R. défend le mot d'ordre du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Pour que ce mot d'ordre serve tout autant à démasquer la bourgeoisie nationale il le lie au droit d'auto-détermination de TOUS les peuples, il exige la libération des peuples coloniaux : du Congo, des Indes, de l'Afrique du Nord, etc. Il lie également ce mot d'ordre à celui des Etats-Unis socialistes d'Europe, et montre aux masses opprimées que seule la révolution socialiste peut réaliser leur libération de toute oppression nationale. Pour cela, il est indispensable de mener une campagne internationaliste de fraternisation prolétarienne avec les masses opprimées du monde entier, surtout avec les prolétaires allemands en uniforme.

Juin 1943.

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