Au lendemain de l'accord de Varkica (janvier 1945) qui a livré, grâce à la trahison des chefs staliniens de TE.A.M. et de T'E.L.A.S. les masses populaires grecques au retour ottensif de la réaction. Plastiras a instauré un régime de terreur, Les arrestations à Athènes s'effectuaient à la cadence de 1,500 par jour.
A la fin mars, on estimait à 100,000 le rombre des personnes arrétées. dont 35,000 environ ont été envogées dans des camps de concentration en Grèce et en Egypte
Malgré les services rendus a la bourgeoisie grecque et à l'impérialisme britannique. Plastiras, personnage compromis par son passe aux yeux des royalistes, fut remplacé par l'amical Voulgaris qui déja en avril 1944 sétait chargé de noyer dans le sang la révolte des marins et des soldats grecs de l'armée d'Egupte
Un climat de contre-révolution règne particulièrement à Athènes.
Les bandes fascistes et royalistes, dont le noyau est constitué par les éléments des c bataillons de sécurité » utilisés jadis par les nazis contre la résistance populaire. se livrent Inéquemment à des actes de violence contre les organisations ouvrières et à des assassinats systématiques des militants ouvriers.
Les chefs staliniens responsables du désarmement des masses et de leur confusion idéologique se contentent maintenant de dénoncer les agissements « anti démocratiques » du gouvernement et d'implorer du régent Damaskinos et des autorités anglaises leur intervention pour faire respecter < Laccord de Varkiza ».
Cependant, d'aprés la radio furque (14 mars: 1945) et les correspondants des journaux étrangers, plusieurs groupements de partisans n'agant par livré leurs armes ou s'étant reconstitués, continuent à se battre en de nombreux endroits de la Grèce contre les forces de la réaction.
Des chefs staliniens < gauchistes » d'autre part, tels que Velioukiotis (ou Klaras) sembient étre en désaccord profond avec la direction du parti stalinien 4 laquelle ils reprochent sa « trahison a (1).
LA TERREUR STALINIENNE
Des nouvelles sommaires parvenues de notre organisation grecque font éfat d'assassinats en masse de ses militants et d'autres éléments revo-
ATIONALE 55 ivrier et de l'Internationale Iutionnaires, perpétrés par les staliniens pendant loccupation allemande, aprés la c libération » et pendant le mouvement de décembre 1945. Environ 100 militants trotskystes, pour la plupart rescapés des bagnes de Metaxas, révolutionnaires de longue date, ont été victimes de la terreur stalinienne.
Plusieurs camarades archiomarcistes et autres militants ouvriers ont subi le même sorr.
Nos camarades grecs sont en train de préparer un rapport détaillé sur ce que fut le régime instauré par les staliniens dans les régions de la Grèce contrôlées par eux pendant loccupation allemande et pendant le mouvement de décembre. La plus grande publicité doit étre donnée à ces informations qui. après l'expérience en Russie et en Espagne, confirment une Fois de plus le caractère contre-révolutionnaire conscient des direction, staliniennes ayant pour but de décapiter le mouvement ouvrier de tout element révolutionnaire non soumis à leur contrôle.
Notre organisation grecque publie deux Gourant et une revue mensuelle et dispose toujours d'une influence solide parmi les milieux avancés du prolétariat grec. FRANCE
LES ELECTIONS MUNICIPALES ET LE MOUVEMENT GREVISTE
L'orientation générale des élections municipales, qui ont eu lieu en France le 13 et le 29 mai (deuxième four) accuse une forte poussée des masses vers la gauche.
Les listes présentées par les partis commumiste et socialiste (communes ou séparées) et par les autres groupements ‹ anti-fascistes » de la Résistance ont obtenu la majorité absolue (52%).
Les partis de l'ancien centre (radicaux, radicaux-socialistes, radicaux indépendants, socialistes indépendants, républicains socialistes) ont réuni un pourcentage de 22% environ.
Le nouveau, groupement du centre. le Mouvement Républicain Populaire (catholique) obtient 2 %. et les c indéterminés > 15 %-
Enfin, les partis de la droite obtiennent 9 %
Le parti communiste a obtenu, à lui seul. 19 % des municipalités.
La radicalisation des masses se révèle encore plus clairement par l'élargissement du mouvement gréviste.
(1) La presse mondiale a annonce depuis que
Velioukiotis (Klaras) a été assassiné par des partisans
Klaras était l'une des ligures les plus populaires du staliniens. Cinq de ses lieutenants ont péri avec lui.
mouvement ouvrier grec 11 dirigeait les troupes de l'Elas qui combattirent hérolquement l'imperialisme britannique a Atlènes il y a quelques mois.
Après la grève des ouvriers du spectacle, du livre, des employés de la Bourse et de cerfais services publics, on a assisté depuis le commencement du mois de mai au ‹ démarrage » des ouvriers métallurgistes et des mineurs.
(Grèves dans la région parisienne, grève des mineurs du bassin du Nord, grève générale a
Lyon et dans plusieurs autres villes de province.)
alaires et application du augmentation de de la Résistance.
Les chefs staliniens et réformistes, qui ont fait jusqu'ici l'impossible pour freiner la mobilisation des masses, se trouvent aujourd'hui devant une situation délicate : les masses, persuadées qu'ils représentent un programme et une volonté réelle de lutte. leur font confiance et. d'autre part, passent d'elles-mêmes à l'action sans tenir compte de leurs recommandations de * prudence 3.
FINLANDE
LES ELECTIONS PARLEMENTAIRES
Les résultats des élections parlementaires, qui ont cu lieu au mois de mars, sont significatifs : les partis de droite conservent encore une influence supérieure à celle des social-démacrates et des communistes (732,000 voix contre 711,000).
Le parti social-démocrate, qui était au pouvoir depuis 1939 et qui a collaboré avec les nazis contre /'LI.R.S.S., a perdu 31 sièges (52 contre 83 en 1939).
Le succès des staliniens n'est que relatif. Malgré la défaite du pays et malgré son occupation par [Armée Rouge, les masses paysannes et ouvrières restent méfiantes envers TU.R.S.S. et le parti communiste finlandais, en raison du caractère nationaliste de la politique de la bureaucratie soviétique et de ses procédés incompatibles avec les méthodes prolétariennes. CEYLAN LA VIE DU CAMARADE GUNAWARDENE
EN DANGER
Selon les nouvelles reçues par nos camarades anglais. Philipp Gunawardene, un des leaders de l'organisation trotskgste de Ceylan. le c Lanka Sama Samaya Party >, emprisonné pour son activité révolutionnaire par l'impérialisme anglais, est gravement malade.
Nous avons publié dans le numéro précédent de c Quatrième Internationale » des informations concernant le développement du mouvement trotskyste à Ceylan et aux Indes, et plus particulièrement concernant l'activité du camarade ? Gunawardene ef de son compagnon Perera.
Nos camarades anglais demandent que des profestations énergiques soient envoyées aur
British Colonial Office, pour demander la liberation immédiate de Gunawardene.
Nous publierons dans le prochain numéro de 5 Quatrième Internationale >, qui sera consacré à la question coloniale, des informations sur les travaux de la première conférence panhindoue du parti bolchewik-léniniste des Indes et de Ceylan, qui s'est tenue c quelque diex Indes a du 20 a 25 septembre 1944, Part
ESPAGNE
LA CRISE.DU P.O.U.M.
La crise du P.O.L.M., signalée dans l'article sur lEspagne qui a paru dans le numéro précédent de e Quatrième Internationale 3, s'est aggravée.
Les dirigeants de la gauche des émigrés poumistes en France, sous la pression de leur base. se sont vus obligés de rompre avec la direction réactionnaire de Rovira et ont constitué un * Comité des relations du P.O.L.M. France ». Ils projettent la convocation d'une conférence et envisagent la reconstruction du P.O.U.M.
Cependant Tétude des documents qu'ils ont publiés jusqu'à maintenant, et en particulier l'importance qu'ils accordent a un soi disant * Comite Socialiste International », constitue en Amérique Latine par Pivert. Serge d'autres représentants de groupes plus ou moins inexistants (ef en fout cas centristes incurables) ne promettent aucune progression réelle.
La section espagnole de la IV: Internationale a adressé une lettre ouverte aux membres du P.O.U.M., analysant les causes de sa crise et les appelant (particulièrement les membres de la gauche) à une discussion politique ayanti pour but de définir les bases idéologiques et le programme sur lesquels peut se construire le parti révolutionnaire espagnol.
La première conférence nationale tenue par notre organisation espagnole de l'émigration a eu lien au mois de mai 1945. Elle marque un pas important dans la voie du regroupement des forces révolutionnaires espagnoles. Elle a adopté à l'unanimité une importante résolution politique sur = L'Espagne devant la crise révolutionnaire 3, ainsi qu'un programme d'action.
Une nouvelle direction élargie a été élue. Des mesures précises ont été adoptées tant pour le travail dans lémigration espagnole que pour le travail en Espagne même.
BELGIQUE
La crise royale qui ébranle actuellement la Belgique est une véritable crise de régime. Le P.C.R.. section belge de la IV' Internationale. attache la plus grande importance à cette ques tion. Il est intervenu activement dans le cours des événements par l'édition de plusieurs tracts. de papillons, d'appels à des manifestations, etc. Nous ferons paraitre, dans le numéro suivant de Quatrième Internationale. une étude trẻs détaillée de cette question.
PAYS-BAS
Nous publions ici un article du Cde M. Perthus, un des dirigeants du Comité des Marxistes Révolutionnaires (C.R.M). section néerlandaise de la IV• Internationale, qui donne des informations extrêmement intéressantes sur la situation politique aux Pays-Bas et l'évolution du mouvement ouvrier hollandais.
LA SITUATION POLITIQUE
AUX PAYS-BAS
Les organisations nationalistes ont pu se renForcer énormément pendant l'occupation du pays par limpérialisme allemand. La terreur, la Famine et la déportation de centaines de milliers de travailleurs hollandais vers I Allemagne poussaient les masses, dans l'absence d'une résistance révolutionnaire ouverte de la part des ouvriers allemands, vers les nationalistes. Tout leur espoir se fondait sur lac libération > par les armées alliées. C'est surtout dans les provinces occidentales du pays, où les travailleurs mouraient par milliers dans les grandes villes (1) et où la terreur nazie affeignait son point culminant, que les masses ne vogaient pas d'autre issue qu'une avance des troupes alliées. Les grandes rafles, les fusillades massives, une Famine épouvantable, toute cette misère a été exploitée par les propagandistes de la bourgeoisie néerlandaise pour représenter la vietoire des Alliés comme l'unique voie de salut.
Le mouvement ouvrier
Les partis ouvriers traditionnels; la S.D.A.P (réformistes) et le C.P.N. (staliniens) faisaient tout leur possible pour renforcer le bloc de la bourgeoisie néerlandaise. Les réformistes ne fravaillaient même pas comme organisation indépendante pendant la guerre et entrainaient une grande partie de leurs membres vers des organisations nationalistes. La presse illégale réformiste parut seulement à partir de septembre 1944.
Les staliniens travaillaient dans Tillégalité comme une organisation indépendante. qui deplogait une grande activité depuis la guerre germano-soviétique. Sa propagande ne se distinguait presque pas de celle des bourgeois. Les mensonges pour cacher le véritable caractère de la guerre, la campagne diffamatoire dirigée contre les travailleurs allemands, les louanges pour la maison royale. tel était l'axe de leur agitation. Dans le mouvement de résistance hollandais, un puissant courant de gauche, pareil à celui de plusieurs pays européens, n'a jamais existé.
Il n'y avait que des groupements révolutionnaires extrêmement faibles qui osaient s'opposer à ce - front national › des partis bourgeois et c ouvriers p. Ces groupements se plaçaient sur une position internationaliste, appelaient les ouvriers à la fraternisation avec les travailleurs allemands et à la lutte révolutionnaire contre la guerre. Au commencement, fous les révolutionnaires actifs étaient unis dans l'organisation illégale de l'ancien R.S.A.P. Plus tard, en 1942, ce mouvement se scinda en deux : une aile. < Spartacus >, évolua de plus en plus vers lultra-gauchisme (le ≤ Radencommunisme > de Gorter de la K.A.P.D.. etc.). une autre. le C.R.M. se prononçait pour une affiliation à la Quatrième Internationale et éditait lorgane De Rode October, dont 46 numéros ont paru.
La lutte de classe reprend
Peu de temps après la ‹ libération » des propinces du Brabant et du Limbourg par les armées alliées, de grandes grèves furent déclanchées dans les usines Philips à Eindhoven et dans les mines du Limbourg. "Les objectifs étaient les suivants → lutte contre le mauvais ravifaillement; contre le système inhumain des * tarifs sur accord > dans les mines: contre le maintien des grands c collaborateurs > et des surveillants fascistes dans les mines. Meme dans cette partie la plus réactionnaire du pays. un puissant courant vers la gauche se manifestait et s'exprimait par un renforcement notable des réformistes ef staliniens. Ce même courant se manifestait également dans le reste du pays. malgré la famine et la ferreur, par une méfiance croissante des masses envers les organisations nationalistes et un renforcement des staliniens.
La capitulation de l'armée allemande fut très rapidement suivie, dans les provinces occidentales, par une série de conflits de classe. Amsterdam, 30.000 ouvriers arrétaient le fravail et exigeaient une augmentation de salaire et une amélioration des conditions de vie. Les grandes organisations syndicales réformistes. catholiques et profestantes, se sont regroupées. Les staliniens ont créé une nouvelle organisa-
(1) Pendant 7 mois, les rations hebdomadaires turent: 400 Kr. de pain, l kgde pommes de terre, le betteraves, 100 Et de fromage. Souvent cos rations kg.
furent même pas distribuées.
tion qui s'appelle < Eenheidsvakbeweging >, mouvement des sgndicats uniques. Elle Joue déjà un rôle important à Amsterdam, mais reste sans importance là ou l'influence stalinienne est moindre, par exemple à Rotterdam (2). C'est dans cette organisation que se sont groupés les éléments les plus radicalisés du prolétariat.
La dissolution du parti communiste des Pays-Bas
Dans le P.C.. les éléments pefit-bourgeois se sont renforcés depuis la guerre. Mais il groupe égalentent toute une série d'ouvriers révolutionnaires attirés par les traditions et la puissance de ILI.R.S.S., et qui ne comprennent pas encore le caractère traitre de la politique stalinienne.
Un mois après la capitulation allemande. ta direction illégale du P.C. décida de dissoudre le parti et d'arriver au rassemblement de tous les éléments c démocratiques » au sein d'un * parti populaire ». Ce mouvement s'appelle < Les Amis de la Vérité = (La Vérité est le titre de l'organe central stalinien en Hollande). Beaucoup d'ouvriers se sentent trahis par cette décision. Et elle aura sans doute pour effet d'attirer encore plus d'éléments petit-bourgeois. fout en repoussant les ouvriers conscients.
Les perspectiyes immédiates
Le parti réformiste s'est reformé sous la direction des c droitiers 2 qui préconisaient pendant la guerre la suppression d'un parti ouvrier inde. pendant. Mais il y a un profond mécontentement chez une grande partie des membres de base, qui ne partagent pas du fout les opinions politiques de leurs dirigeants. On peut prévoir qu'une aile gauche importante se formera au sein du S.D.A.P.
Ainsi, nous constatons en Hollande le méme courant vers la gauche qui se dessine dans les autres pays. Mais il faudra encore de grands coups pour que les masses soient définitivement affranchies de leurs illusions réformistes et sfaTiniennes qui sont encore énormes. La guerre continue. Une amélioration rapide et sérieuse du niveau de vie des masses est improbable. Les capitalistes hollandais essayent, avec l'aide des réformistes et staliniens, de déclencher une grande campagne de propagande pour la c libé ration > des Indes Néerlandaises. Mais chez les ouvriers, il règne une répulsion générale envers la guerre d'Extréme-Orient. L'enrôlement des volontairees a donné des résultats peu satisfaisants. Il faut 500.000 soldats à la bourgeoisie, et celle-ci se verra forcée de passer à la mobilisation, illégale sans l'assentiment des Chambres.
Le gouvernement a annoncé qu'il ne sera pas possible de tenir des élections avant fin 1946 (sic). Une Assemblée Consultative est en voie de constitution. les membres en seront nommés par le gouvernement après consultation du mouDement de résistance. Les membres des noupeaux conseils municipaux sont également nommés par en haut. Voilà la « démocratie » pour laquelle les nationalistes se sont bartus (3)...
La situation reste très confuse dans la partie occidentale du pays. ou des troupes allemandes continuent à se cacher. La presse reste locale, les communications sont extremement mauvaises, le ravitaillement reste frès bas. la plupart des ouvriers ne sont pas encore rentrés d Allemagne, le reste est trop affaibli pour travailler. Voilà ce qu'il faut comprendre pour saisir que le mouvement ouvrier hollandais se frouve en plein regroupement, en pleine fermentation.
Les contradictions de classe s'accentueront rapidement par la poursuite de la guerre de la part de la bodrgeoisie hollandaise. Celle-ci parle cyniquement de la = libération > des Indes Néerlandaises, ou elle faisait règner la peine de mort, où elle supprimait les organisafions révolutionnaires, même nationalistes, ou elle instituait le camp de Digoul, véritable camp d'exfermination à la manière de Belsen. La voie du prolétariat néerlandais. comme celle du prolétariat belge, français, italien. ira vers la gauche. Pour nous, révolutionnaires, la situation est la plus favorable que nous agons Jamais connue aux Pays-Bas. C'est la question de la direction révolutionnaire qui se pose de la façon la plus aigné. Puissent les révolution-naires hollandais résoudre bienfót ce problème et construire avec des forces unies le grand parti révolutionnaire du prolétariat néerlandais !
20 juin 1945. M. PERTHUS.
(2) Depuis lors, une nouvelle grève importante a éclaté à Rotterdam, ou 40.000 ouvriers du port ont completement paralyse le travail, s'opposant à la participation de la bourgeoisie bollandnise a la guerre impérialiste en Extreme-Orient. (Note de la Rédaction.)
(3) Nos camarades hollandais du C.R.M, lancent dans leur presse leurs tracts les mots-d'ordre: « Nous exigeons que des élections générales élisent aussi vite que possible un nouveau parlement, de nouveanx conselis municipaux. a — e Nous exigeons la liberté compléte de la presse, de réunion et d'orgamisation.