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La revue › nouvelle série n° 8-9-10

Chronique internationale

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 8-9-10 · juin-juillet-août 1944 · p. 22-24 · 3 142 mots

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U. R. S.S. Répercussions de la guerre sur l'appareil de production

La guerre a causé en U.R.S.S. non seulement d'énormes destructions, mais elle a, de plus, considérablement ralenti le rythme de l'accumulation socialiste qui consiste en un développement croissant de Tappareil de production soviétique.

Ce ralentissement est dù. d'une part, à la diminution des investissements que | Etat realise chaque annee pour rentorcer lappareil de production et, d'autre part, a limportance accrue des "désinvestissements" anxquels ont recourus les entreprises et organisations d'Etat pour couvrir les dépenses budgétaires.

En 1940, le total des depenses budgetaires pour Teconomie nationale atteignait o7,1 milliards de roubles, soil 32,7 % des dépenses budgétaires.

Ces dépenses se décomposent en dépenses pour "les SUBVENTIONS qui sont destinées à combler le déficit des éntreprises collectivisées, et en dépenses pour les INVESTISSEMENTS proprement dits qui contribuent à l'accroissement de l'appareil de production socialiste.

Les prévisions pour 1941 s'élevaient à 73,2 milliards (+ 28,2 % par rapport à 1940), soit 33,9 % des dépenses budgétaires.,

Ce budget était encore un "budget de paix", on ne sait dans quelle mesure il a été réalisé ni non plus quelles ont été les dépenses pour l'économie nationale en 1942. Investissements anglais et américains

Comme il résulte d'une communication du South American Journal, le total des investissements anglais dans l'Amérique Centrale et du Sud s'élèverait. en fin 1943, à 929 millions de £, soit un reenl de 200 millions par rapport à 1938 (1.128 millions de £). Cette chute n'est pas notable si on la compare à T'agrandissement des investissements dans les Dominions. Cet agrandissement portait deja, en hn 1942, ces investissements, d'apres la déclaration du ministre des Finances d'alors. Sir Kingsley Wood, à 2.185 millions de £ et doit atteindre aujourd'hui 2.500 millions. Pourtant la perte est importante en Amérique du Sud.

Sur les 929 qui y restent, 275 millions sont en obligalions d'Etat, 410 millions en actions des chemins de fer, 9 millions en banques et lignes de navigation, et 235 miltions en diverses entreprises. Les intérets s'élevaient en 1943 a 2,4 % contre 2.3% en 1942. Le fait que pour 404 millions on n'ait payé aucun dividende montre que toute la somme n'est pas très rentable.

Les U.S.A. essayent, en outre, de miner les positions anglaises en Argentine. où la Grande-Bretagne est encore très forte. D'après les dernières informations. les investissements américains ont augmenté dans l'Amérique Centrale et du Sud de 6 milliards de $ dans les dernières années.

Le total des investissements américains à l'étranger s'élève, selon la déclaration faite au début de no-

En 1943, les dépenses pour l'économie nationale atteignent seulement 31,1 milliards, soit — 57,6 % par rapport à 1941, et ne représentent que 14.8 % des depenses budgétaires. Ce recul s'explique en partie par les pertes de territoires.

Les prévisions pour 1941 amorcent un certain redressement. les dépenses pour l'économie nationale étant portées à 44,7 milliards, soit un progrès de 43,7 % sur 1943, mais cependant recul de 39% sur 1911. Comme l'appareil de production soviétique n'a sans doute, à aucun moment, été amputé de plus de la moitié de ses forces, tandis que les investissements dont a bénéficié l'économie nationale ont dimmue de plus de 50 %. il faut en conelure qu'on se trouve devant un ralentissement considérable de l'accumulation socialiste.

D'autre part, pour couvrir le déficit budgétaire que ni les recettes fiscales ni les emprunts souscrits directement par la population ni linflation n'arrivent a combler, le gouvernement a recouru depuis la guerre à ce qu'on appelle « la mobilisation du revenu et des fonds de réserve des entreprises el organisations d'Etat. »

Cette "mobilisation" aurait fourni depuis le début des hostilités une somme de 320 milliards de roubles.

Il est probable qu'il s'agit là d'une sorte "d'emprunts" placés auprès des entreprises et auxquels celles-ci ont pu souscrire en utilisant, d'une part, leurs bénéfices non investis, d'autre part, le produit de la liquidation de leurs stocks et surtout de l'amortissement de leur outillage. le renouvellement du materiel devant etre impossible actuellement dans la plupart des cas.

Il s'agit donc là d'un phénomène de "désinvestissement" qui s'ajoute à la diminution des dépenses pour l'économie nationale et accentue la régression des forces productives de I'U.R.S.S., causée par la guerre. vembre 1943 par le Ministère des Finances, à 13,3 milliards de $, non compris les fournitures sur la base de la loi prèt et bail.

En 1939, les investissements à l'étranger étaient estimés à 11,4 milliards de S. dont 8,9 milliards pour les pays alliés et neutres ;

Les dépôts d'or à l'étranger sont passés depuis le début de la guerre de 2.1 à 3,3 milliards tandis que les biens bancaires étrangers sont tombés de 800 millions de $ au total de 4 milliards ;

Les mises de fond directs se sont augmentées de millions, au total de 3 milliards. Le paiement en or des fournitures excédentaires de l'Amérique du Sud atteint 1,5 milliard; les avances or aux banques sud-américaines s'élèvent à 1,5 milliard ;

Les biens gelés des pays européens neutres sont passés de 1,14 milliard en 1939 à 3.34 en 1943. Iranports aériens. et maritimes: De même que sur d'autres terrains, l'Angleterre et les U.S.A. se mettent aux antipodes dans la question des relations aériennes de l'après-guerre.

L'Angleterre a cet avantage important de posséder un empire étendu sur le monde entier et d'avoir partout des points d'appui qui servaient jusqu'à présent à la flotte et qui doivent, dans l'avenir, étre rendus utiles pour les liaisons aériennes. Les Etats-Unis ont pour

AMÉRIQUE contre ANGLETERRE

AMÉRIQUE contre ANGLETERRE eux l'avance mières années. dans la consocéaniques. A Londres. del Time de l'autre ont eu lien le. la Conférence de l'Empire Br our ainsi dire d'une façon secondai les relations aériennes de l'après-guern l'autre avait un caractère essentieller avait dans son sein les représentants de i différents. Dans la Conférence de l'Empire. i question, entre autres, de trouver une plate-for permettrait à l'Angleterre et aux Dominion: résenter comme unité à la conference frés T'automne 1944 et préparée par les U.S.A.

L'intéret inhabituel qu on accorde a Londres a toutes les questions des liaisons aériennes est evident : on voit dans la construction des grands avions un moyen rapide de couvrir les grosses distances qui séparent les différentes parties de l'Empire Britannique. et par cela, d'enchainer de nouveau. fortement. les Dominions à Londres.

Cependant les Dominions ne pensent souvent quià leurs propres intérêts. On a pris ainsi des décisions concrètes au Canada, suivant lesquelles, dans l'avenir, toutes les routes internationales qui concernent ce pays doivent étre exploitées par une entreprise absolument dépendante de l'Etat : la Pranscanada Airlines. Seules les lignes secondaires peuvent étre livrées aux entreprises privées, comme le sont, par exemple, les sociétés de chemins de fer.

A Ottawa, on est très conscient des atouts qu'on possède grace aux conditions géographiques. On ne refuse pas complètement la coopération avec la GrandeBretagne, mais on accorde beancoup d'attention à sa propre independance, avant comme perspective de créer des lignes aériennes canadiennes allant dans l'Amérique du Sud et l'Amérique Centrale, en quoi on doit prendre en considération les U.S.A.

Cependant, il est probable que Londres va arriver à un accord avee la plupart des Etats membres de l'Empire et va reconnaitre aux Américains, sitôt la guerre finie. le droit d'utilisation commune de certains points d'appui dans l'Empire. Le but principal reste en cela la création de trois grandes routes :

1°) La ligne allant en Amérique du Nord.

2°) La route vers l'Afrique du Sud.

3°) La route allant vers l'Australie à travers l'Inde.

Dans les autres territoires, c'est-à-dire l'Amérique du Sud, l'Est de l'Asie. ete.., les Anglais vont se beurter à la concurrence des Américains qui, déja, ont, fes ces is teas aigre, de grandes expériences pour grâce à leurs Clippers, de grandes expériences pour

Mais le transport par avion n'entre en considération que pour les passagers pressés et pouvant bien payer et pour une marchandise précieuse. Des calenls anglais ont démontré que pour le transport de 100.000 tonnes de marchandises par mois, de Grande-Bretagne aux U.S.A., il suffit de 34 bateaux marchands de grandeur movenne, emplovant 8.000 tonnes d'essence et avant un personnel de 2.380 hommes. Mais pour transporter d'Angleterre aux U.S.A. la même quantité de marchandises par la voie des airs, il est nécessaire de 1.900 avions ayant en tout un équipage de pas moins de 22.500 hommes et avant tout de 295.000 tonnes d'essence.

Le même transport, ellectué de Londres à Sidnev, en Australie, nécessite 96 navires avec un équipage de 6.710 hommes et 31.000 tonnes d'essence. Effectué par la voie des airs, il faut 5.885 avions avec un personnel de 58.370 hommes et 837.000 tonnes d'essence.

Ces quelques chiffres suffisent. Pour un transport de marchandises de grand style. lavion ne peut etre pris en considération. Un Clipper portant des U.S.A. en Angleterre une charge de 8,5 tonnes, travaille en moverne sur la base de 462 $ par tonne. Dans le transport par bateau, dans le pire des cas, on dépense 30 $ par tonne. Ainsi, pour un certain temps encore, et malgré les progrès constants de la technique dans la construction des avions. l'expédition des marchandises par la voie des airs sera un moyen coûteux.

La flotte commerciale maritime jouera encore le premier rôle sur le plan économique. Et voici les forces respectives en cette matière de l'Angleterre et des Etats-Unis :

A l'éciatement de la première guerre mondiale, la flotte des U.S.A. s'élevait à 3 millions de tonnes. celle de la Grande-Bretagne à 19 millions de tonnes. L/Allemagne possédait alors 5,5 millions de tonnes.

Sous la direction du Shipping Board le retard fut rattrapé et, en 1922, à la Conférence Navale de Washington, les U.S.A. possédaient 14 millions de tonnes, la Grande-Bretagne, 18.

En 1933. à la dissolution du Shipping Board, les U.S.A. étaient encore la 2. puissance navale mondiale. mais leur flotte avait baissé de 5 millions de tonnes par rapport à 1922.

En 1940, les Anglais durent payer 10 fois le prix de plus de 2 millions de tonnes de vieux bateaux américains.

En 1941, les U.S.A. ont construit 900.000 tonnes. En 1942 5 millions . En 1943 1 million de ton. PAR MOIS ! Le programme naval porte sur 4.403 bateaux et un total de 30 millions de tonnes.

La lutte pour le pétrole Les huiles de pétrole ne sont devenues un facteur de la plus haute importance dans la vie économique du monde qu à partir du moment où l'utilisation de ces huiles s'est modifiée, ou, au lieu d'étre un simple combustible pour l'éclairage. elles sont devenues ine source de production d'energie.

A partir de 1913, Timportance des huiles de pétrole pour la satisfaction des besoins de la production d'énergie des pays industriels n'a cessé de s'accroitre.

A la veille de la présente guerre, les huiles de pétrole participaient deja pour plus de 20 % à la production générale d'énergie du globe. Aux Etats-Unis, leur part dans la production générale de l'énergie dépassait même 35 %.

La guerre, et particulièrement l'essor formidable de l'aviation, des tanks et des transports maritimes. ont considérablement augmenté l'utilisation des huiles de pétrole.

A la veille de la guerre, 85 % de la production mondiale du pétrole étaient contrôlés directement ou indirectement par des capitaux américains ou britanniques.

Entre les deux guerres, une lutte violente opposa dans le monde les deux principales compagnies anglaises, la Anglo-Iranion Oil Company et la Royal Dutch Shell Company, de peterding, piliers de la puussance pétrolière de la Grande-Bretagne, à la Standerd Oil Company, le plus puissant trust pétrolier américain. In Proste-Orien gui oge de endements petrole e C'est surtout le partage des gisements pétrolifères

Fi cuerre se. tuelle les capitaux américains et anglais.

Ces gisements comprennent ceux de l'Iran de l'Irak, de l'Arabie, des iles Bahrein, dans le Golfe Persique, et de l'Egypte. Leur production occupait, à la veille de la guerre, li quatrième place dans la production mondiale du pétrole (6 %), accusant un accroissement de 5,5 % par rapport a la production de 1913.

Pendant la guerre, la production pétrolière da Proche-Orient a connu un nouvel essor. On consider • aujourd'hui le réservoir du Proche-Orient comme un des trois réservoirs les plus importants du monde.

La production de pétrole dans le évolué pendant la guerre comme suit

1939 1940

Irak 4,6 3.6

Iran 11 10,5

Iles Bahrein. 0,6 1

Arabie Saoudite 0,6 0,7

Egypte. • 0,6 0,9

Proche-Orient a

:

1942

1941

1,3

1.8

10,8

11,1

1,3

1,1

0,8

0.8

1.3

1,9

La lutte mondiale pour le wolfram

Au début du mois de mai, un accord fut conclu entre l'Espagne, l'Angleterre et les U.S.A. pour limiter Lexportation espagnole de wolfram vers l'Allemagne. Au mois de juin, quelques jours après le débarquement, Eden annonçait aux Communes que le Portugal décidait à son tour de cesser les exportations de wolfram vers l'Allemagne.

Le wolfram est un métal non-ferreux dont l'importance dans la production moderne, et particulièrement dans la production de guerre, est capitale.

On l'utiise aujourd hui surtout dans l'industrie de l'arier pour fabriquer un acier particulièrement dur et résistant avec un point de rusion très élevé.

Les outils en acier au wolfram se distinguent avant tout par la très grande résistance qu'ils présentent aux températures élevées provoquées par le travail rapide moderne. résistance beaucoup plus grande que celle présentée par les outils en acier au carbonne. Ainsi, grâce à l'emploi du tour rapide à outils en wolfram on est arrivé a enlever 300 kgs de copeaux d'acier par heure, la où on n'aurait enlevé que 5 kgs avec un tour normal à outils en acier au carbonne.

« La production moderne en grandes masses, écrit un spécialiste allemand (1), serait certainement inimaginable sans l'emploi des aciers au wolfram. On a calculé que le rendement de l'homme et de sa machine-outil a été quadruplé ou quintuplé quand on a remplacé lacier ordinaire au carbonne par lacier au wolfram. Et là réside l'importance strategique de ce métal, car la possibilité d'une mécanisation de la guerre repose sur la production en masse.»

Plus de 90 % du wolfram produit dans le monde est utilisé pour la fabrication des aciers spécianx Dans les fabriques de munitions, on utilise le wolfram surtout pour la fabrica ion des projectiles destinés à percer des cuirassements en acier, des glissières de mitrai-leuses, pour les noyaux des projectiles des petites armes, etc..

Les pays producteurs de wolfram sont la Chine. la Birmanie. les Etats-Unis, la Bolivie, la Corée, la Malaisie, le Portugal et l'Espagne.

On sétonne quand on constate l'importance capttale du wolfram pour la production moderne que les Etats-Unis et l'Angleterre aient laissé pendant plus de 4 ans l'Allemagne s'approvisionner tranquillement au Portugal et en Espagne.

Mais le journal suisse Berner Tagwacht révèle que ce sont de gros financiers anglais qui livrèrent le wolfram espagnol aux ennemis de l'Angleterre. Le monopole mondial de la production du wolfram appartient à la banque anglaise Rothschild qui contrôle également la production de la plupart des autres métaux non ferreux.

Le journal suisse précise encore que l'exploitation du minerai de woifiam. en Espagne, est entre les mains de la compagnie internationale Pennaroya : la majorité des actions est la propriété de compagnies d'assurances anglaises, elles-inêmes contrôlées par la banque Rothschild. de Londres.

" La haute finance de Londres, conclut le "Berner Tagwacht", a done réalisé de gros bénefices sur les livraisons de wolfram faites pur l'Espagne à l'Allemagne sans se demander si ce wolfram devait être utilisé contre les intérêts de l'Angleterre et de ses alliés. Il est significatil que l'initiative d'arrêter les livraisons de wolfram ait été prise par les Américains qui, eux n'y étaient point intéressés et que le Foreign Office, subissant la pression des financiers soucieux de leurs bénéfices de guerre, na suivi qu'en hésitant. »

Les mesures contre l'exportation da wolfram vers l'Allemagne n'ont été prises que tout dernièrement, quand les impérialistes "alliés" ont décide d'en finir pour de bon avec elle.

(1) W. Pahl: La lutte mondiale pour les matières premières.

Les capitaux américains, appuyés par la politique et la diplomatie de Washington, pénètrent de plus en plus profondément dans cette région autrefois soumise à l'influence presque exclusive de la Grande-Bretagne

Dès la fondation de la Irak Petroleum Co, en 1928. la Standard Oil Company of N.J. y était co-participante au capital pour 23,75 % ; en 1942-43, la Staruard Oil Co of California prit la participation anglaise (Anglo Iranian et Royal Dutch) de façon que la Standard possede aujourd'hui 71,25 % de la Iral Petroleum Co.

La Irak Petroleum Co n'est pas seulement active au Mossul, mais possède aussi des concessions à Catar et dans la pointe Sud-Ouest du Golfe Persique. Mais il n'est pas encore sur que les U.S A. soient participantes a travers la standard Oil Co of California à Fattaire purement britannique que représenie la Anglo Iranian Co. Cette derniere Compagne est restee possesseur en propre de 100.000 miles carrés, le reste du territoire de la concession étant contrôlé par une nouvelle société américaine.

En Arabie Saoudite, la Standard Oil Co of California (représentée par la California Standard Oil Co) a obtenu encore, depuis 1933, l'exploitation d'une concession de 400.000 mètres carrés. Dans les iles Bahrein, les exploitations commencées par les Anglais ont été reprises par une autre société américaine, la Banrein Petroleum Co. une succursale de la Standard Oil Co of Californa.

Dans le Koweit, au point Sud-Ouest du Golfe Persique, comme plus au Nord à côté de Basra, In moitié est entre les mains de la Anglo Iranian, l'autre moitié entre les mains d'une autre compagnie américaine, la Golf Oil Corporation of Pensylvania.

Une commission spéciale a été fondée, en 1943, aux U.S A., portant le nom de Petroleum Reserves Corporation, dont le président est le ministre de l'Intérieur Ickes et qui s'occupe activement à élargir la main-mise américaine sur le pétrole du Proche-Orient.

Tandis que le Proche-Orient disposait jusqua présent dune capacité de raffinage d'a peine 15 millions de tonnes (11 milions à Abadan. sur le Golle Persique, et le reste à Haifa, sur la Méditerranée), les Américains projettent l'augmentation de la capacité de raffinage de Haifa a 17,5 millions de tonnes et d'Alexandrie à 12,5 millions de tonnes.

Pour le tran port dn pétrole du Proche-Orient dans les nouvelles raffineries, ils projettent la construc ion de trois gigantesques pipes-lines. Le pétrole de l'Arabie Saoudite et du Koweit serait amené Alexandrie par un pipe-line de 2.400 kilomètres ; la production supplémentaire de l'Iran serait amenée par un pipe-line de 1.500 kms, du Golle Persique a Haita. Le pipe-line de Trak du Sud serait double par une ligne parallèle de 1.000 kms.

Les frais de ces constructions s'élèveraient de 130 à 160 millions de dollars. Le capital nécessaire serait mis à la disposition par la Petroleum Reserves Gorporation et par les deux compagnies privées i du Proche-Orient de la Arabian American Oil Co. Les visées américaines se cristallisent ainsi en des projets concrets

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