U. 8. S. S. INFLUENCE DE LA GUERRE SUR LA PRODUCTION SOVIÉTIQUE
Depuis l'entrée en guerre de TC.R.S.S., aucune donnée d'ensemble relative à la production soviétique n'a plus été publiée: pour estimer ce qui a pa subsister de la production soviétique de fait des occupations de territoires par l'impérialisme allemand. il faut s'appaver sur la répartition géographique de la production en U.R.S.S. et sur ce qu'on suit de la mobilisation industrielle et militaire.
Du point de vue géographique. les plans quinquenmaux ont visé à développer de préférence les régions les plus éloignées des frontières. De grands centres industriels sont nés ainsi en Sibérie, en Kazakstan et en Asie Centrale ; telle la seconde base métallurgique de T'U.R.S.S. : le combinat Oural-Kouznietsk , mais 15915 d'autres régions industrielles sont nées dans TOrient soviétique, avec des villes qui. des 1920. comptatent des centaines de milliers d'habitants, véritables villes champignons: Sverdlovsk, Novosibirsk, Stalinsk, elc... De 1989 a 1991, un touveau et vaste mouvement d'emigration intérieure vers 1 est a ete organisé, portant sur les régions occupées qui comptaient plus de to millions d'habitants en 1939.
Ce repli gigantesque, qui n'a pu étre préparé et qui a conté la vie à d'innombrables civils, a porté non seulement sur les hommes, mais aussi sur les moyens de production. Des usines entières de Kiev et de Kharkov ont été transférées aux environs de Magnitogorsk avec leurs ouvriers, y ont été reconstruites et ont retrouvé en quelques mois leur nivean de production antérieur. Enfin, en vue de maintenir la production à son nivenu maximum, la mobilisation soviétique a été réalisée avec une grande lenteur: a l'automne de 1991, alors que l'armée allemande était aux portes de Moscou, 18 classes seulement avaient éte mobilisdes, et uniquement en Russie d'Europe.
La production a pu. de ce fait, se maintenir à un nivean élevé : lextraction de la houille a pu atteindre encore, en 1913, 105 a 110 millions de tonnes ; les régions autres que celles qui ont été occupées lors de l'avance allemande maxima devaient, en effet, fournir en 1942, d'après le troisième plan. 52%, d'une production de 230 millions de tonnes. L'extraction de pétrole s'est maintenue au niveau de 1950 : en effet, pour 194%, on a po prévoir que l'agricuiture recevm 10% d'essence de plus qu'en 1939, alors que les besoins de l'armée en carburants sont évidemment accrus de fnçon considérable par rapport à cette dernière année. Dans le domaine de la sidérurgie, la production de plus de 16 millions de tonnes on ellet, qu'au delà de l'Ouralour la fonte : on sait. 1837 a meme pu être dépassée, atteignant sans doute
Sont du etre construits, an moins. 17 nouveaux hauts fourneaux, 30 nouveaux fours Martin, 17 nouveaux laminoirs, sans compter les entreprises tronférées. C'est dans le domaine des industries mécaniques que le developpement des régions dont 1E is.s a toujours conservé le controle a atteint son maximum : des 1937, ces régions fournissaient 80), de la production soviétique totale. On peut done estimer que, du fait des transferts d'entreprises et des constructions qui ont eu lieu depuis, ces régions sont aujourd'hui capables de fonrir dans ce domaine une production supérieure à celle de 1037. Cest également dans les régions orientales, près des centres d'extraction, que se trouve l'essentiel de la métallurgie non ferreuse: aluminium, nickel, cuivre, zinc et plomb; les centres principaux se trouvent dans l'Est et dans le
Kazakstan (cette région contient 60% des ressources connues de I'U.R.S.S, en plomb, 50/, des ressources de zine, un des prineipaux gisements pétrolifères, le 2de TU.R.S.S. après celui du Caucase, est situé entre TOural et la Volga).
Malgré les efforts faits en vue de développer l'agriculture des régions orientales de T'U.R.S.S., il est certain que la perte des territoires ukrainiens, les plus productifs au point de vue agricole, a dû se répercuter sévèrement sur la situation alimentaire de la population. On peut estimer que les territoires que l'U.R.S.S. a toujours conservés sous son controle n'ont pu fournir, au mieux, que 69°%. de la production de céréales de 1937 (soit 790 millions de quintaux), que 71%, de la production de pommes de terre de cette méme année et que 6%, de la production de belteraves à sucre. Tous ces chiffres sont nettement inférieurs à ceux de la proportion de la population soviétique qui a du étre almeniée sur ces territoires (vraisemblablement plus de 75%. de la population de 1937). ce qui a impliqué un crave abaissement d'un niveau de vie qui était deja très faible. La production de beurre, de fromage et de viande a du subir un recul plus considérable encore: les territoires non occupés ne comptaient, en 1937. que 64%, des bovins, 50%. des porcins, 71% des ovins et caprins et 66, des chevaux de l'E.R.S.S. ; la baisse certaine du rendemeut des cultures et la nécessité d'étendre la culture des céréales panitiables au détriment des plantes fourragères ont dû contribuer à réduire encore davantage le cheptel soviétique. Des, maintenant, toutes les mesures nécessaires, — notamment des transferts massifs de machines agricoles d'Est en Ouest, -ont du étre prises pour remettre en culture les régions réoccupées par TArmée Rouge en Ukraine.
Si r'économie socialiste planifiée a manifesté sa supériorité indiscutable sur T'économie, impérialiste et si elle a permis finalement de briser l'assaut désespéré de P'impérialisme allemand, l'isolement de l'économie soviétique et le développement monstrueux de la bureaucratie, comme les conditions mémes de la guerre ont conditionné non seulement un niveau de vie très bas, mais encore une dillerenciation grandissante entre les diverses couches de la société soviétique. Prix, structure sociale et revenus
INDUSTRIE. - Si les revenus nominaux ont certainement augmente, la plupart des salaires sembleat étre maintenant de 300 roubles par mois, les neilleurs ouvriers (dits couvriers de choc, soit 8 a 12, des effectifs) arrivent a se faire 1.200 roubles par mois. les stakhanovistes (qui réalisent des rendements exceptonnellement eleves) touchent des salames qut atterguent jusqua 4.000 roubles par mois; et pour les techniciens, les salaires s'étogent entre 1.000 et 6.000 roubles par mois. La journée de travail est actuellement de 12 heures. Le revenu réel qui correspond i ces rémunérations varie fortement selon les avantages en nature que l'entreprise peut assurer a ses salariés et aussi suivant le niveau des prix de marché libre de chaque région. Comme les prix ont da considérablemeat monter, il en est résulté une amélioration certaine des revenus des paysans.
AGRICULTURE. - Or ce sont surtont les membres des kolkhozes qui bénélicient le plus de la raréfaction des denrées alimentaires. Dans de nombreux cas, il a fella organiser, depuis la guerre, une sorte de troe officiel, les coopératives fournissant par priorité des prodnite industriels nux paysans qui leur livrent des lentées alimentaires : mais les paysans s'orentent urtout vers le marche libre, car lis y réalisent des gains élevés. Dans le langage soviétique apparait, depuis quelque temps, l'expression caractéristique de
« paysan millionnaire », expression qui traduit l'aceroissement considérable des revenus d'une partie de la paysannerie. Cet accroissement tient non seulement 2 la hausse des prix, mais au fait que les membres des kolkhozes ont profité des circonstances pour développer, au détriment des fermes collectives, leurs cultures et leurs élevages individuels.
Il y a là un grave danger pour l'avenir des fermes collectíves de culture: si celles-ci se désagrégent plus ou moins au profit du développement. d'ailleurs illégal. des cultures et des élevages individuels, si sur cette base se constitue une nouvelle couche de paysans riches, les problèmes politiques et sociaux qui se sont posés déjà en 192% el qui n'ont pu etre résolus par la reaucralle qu'a travers les terribies convnlsions des années 1929 i 1932 (a collectivisation forcée) se poseront a nouvenu et d'une manière encore plus aigue.
La dilférenciation économique et la pression conjuguee des imperialismes contre TU.R.S.S., comme les conditions mêmes de la guerre et de la montée. révoJutionnaire en Europe, renforcent les tendances contridictoires et irréconciliables au sein de la bureaucratie Ces tendances centrifuges ne feront que s'accentuer dans la période décisive de liquidation de la guerre impérialiste dans laquelle nous soumes entrés. Le pasnage récent du traitre Kravtchenko, chef du buresu d'achat soviétique pour la métallurgie, dans le camp des impérialistes américains, montre que la séparation vers la droite (collaboration ouverte avec les impérialistes) comme celle vers la gauche, vers le prolétariat. lézarde chaque jour davantage Teditice de la bureaucratie.
Alain 103 La prolongation de la guerre fait peser sur la classe ouvrière anglaise un fardean de plus en plus Jourd. Surtout chez les mineurs et les ouvriers des chantiers novais, branches les pins éprouvees par Fintensite et la duree du travan, ainst que par ta compression des salaires relativement a laugmentation du coût de la vie, sa réaction ne cesse de croitre.
Dans les trois premiers mois de l'année 194 il y a eu environ 2.100.000 journées de travail perdues à cause des grèves, dont 1.600.000 dans le seul mois de mars, contre 210.000 journées de travail perdues pendant la période correspondante de 1953.
La bourgeoisie impérialiste, elfrayce par l'ampleur du mouvement gréviste, déclenché maigré PopPONiTion de l'appareil bureaucratique des Trade-Unions, da Parti travailliste et dn Parti stalinien. 1 Compience au mois d'avril dernier une violente campagne contre les x organisateurs secrets » des grèves.
Mister Morisson, ministre travailliste à l'intérieur du gouvernement britannique, a donné Tordre à la ScoLand Yord de briser lactivité du & Parti Communiste Révolutionnaire », section de la IV" Internationate en Angleterre, en accusant les e trotskystes a d'avoir éte * l'orgenisme directeur d'une longue campagne de propagunite parmi les ouvriers et de la succession alarmente des grèves acteiles dans les outustries de premier plan. » (Déclaration de la radio anglaise du 4 Avril 1944).
La police a procédé à l'arrestation de certains caicarades dirigeants de notre section et & Tinterdiction de leur journal légal centrul The Socialist Appent.
Quelques jours après, ahe loi anti-gréviste draconienne t été votée par les Communes, provoquant une violente réaction dans les milieux ouvriers.
Nul doute que les mesures réactionnaires de la
« démocratique » Angleterre se montrerent absolument inelicaces devant la combativite croissante du prolétariat anglais et la volonté révolutionnaire de son avant-garde.
GRECE La première mutinerie sériense contre la guerre impérialiste a eu lieu, en avril dernier, parmiles equipages des navires de guerre grecs mouillés dans le port d'Alexandrie, ainsi que parmi les soldats grees de l'armée du Moven-Orient.
Pendant trois semaines environ, les comités de marin» armés à bord de plusieurs navires de guerre résistaient à la pression des Anglais et du gouvernement émigré grec de se rendre et de continuer in guerre aux cotés des « Alliés ».
Sur terre, les soldats, barricadés dans leurs casernes, opposaient le méme refus de se battre pour les intérets impérialistes.
La presse nazie attribue la révolte aux agissements des « bolcheviks de Moscou » (.), tandis que la presse anglaise et calliée » en général relate que la révolte a été condamnée par toutes les organisations politiques greeques, y compris le parti stalinien, partisan de la continuation de la guerre impérialiste sans condition. Dans un télégramme adressé i Churchill et signé por Svolos, Porphyroghenis et Roussos, représentants du « Front National de Libération », contrôlé par les stxliniens, et du Parti Communiste, ce dernier condamne la mutinerie des marins et des soldats grees comme « criminelle ».
Le révolte des marins et des soldats grecs fait partie de la radicalisation générale des masses popalaires greegues devant la situation chnotique qu'a créce, en Grèce en particulier, la guerre.
Dans ce pavs décime par la lamine, décornposé por Linflation qui atteint, ces derniers mois, des niveaus de chittres astronomiques (17.000.000 de drachmes, la livre sterling or 1 soit une dévaluation du drachme d'avantguerre, de 47.000 fois !!), exaspérée par la brutalité de Foccupation allemande et buigare, la population ouvrière et petite bourgeoise (actuellement prolétarisee rasse) se trouve depuis longtemps en révolte ouverte. La crise ministérielle permanente, malgré tous les ellorts de Angleterre en particulier, persistant a conserver sur son échiquier diplomatique le pion « Grece. et malgré la pression conjuguée de Moscou sur le parti stalinien gree. reflète l'exacerbation des contradictions sociales en Grece et inefficacité de toute panacée bourgeoise démocratique.
Une derniere tentative a ete latte dermerement au Etan. ou s'est réunie, sous legide de l Angleterre, une conférence de 20 délégués de tous les partis bourgeois grees, y compris le parti stalinien, en vue de former un gouvernement • d'Union Nationale ». Le prolétariat gree s'intéresse peu a de telles mascarades. Avec son instinet de classe sûr, et grice " sa longue expérience révolutionnaire, il se dirige à grands pas vers l'issue révolutionnaire, dans le cadre de la Fédération Soviétique Socialiste Balkanique et des Etats-Unis Socialistes d'Europe.
ANNIVERSAIRE. - Iya un an que le camarade P. Pouliopoulos, ancien secrétaire du Porti Communiste Gree et leader du mouvenient de la IV* Internationale en Grèce, Ctail fusillé comme otag politique.