La tâche des Partis Communistes, et en premier lieu de ceux des pays vietorieux, est de rendre clair aux masses que l'œuvre de paix de Versailles rejetté toutes les charges sor les épaules du prolétariat, aussi bien dans les pays victorieux que dans les pays vaincus, et que les prolétaires de tous les pays sont les véritables victimes. Sur cette base, les Partis Communistes, et avant tout ceux d'Allemagne et de France, doivent mener une lutte commune contre le Traité de Versailles. Le Parti Communiste français doit lutter de toutes ses forces contre les tendances impérialistes de sa propre bourgeoisie, contre sa tentative de s'enrichir au moyen de l'exploitation aggravée du prolétariat allemand, contre l'occupation du bassin de la Ruhr, contre le morcellement de l'Allemagne, contre l'impérialisme français, Il ne suffit plus aujourd'hui de combattre en France la soi-disant défense de la patrie : il faut lutter pas à pas contre le Traité de Versailles. (Thèses du IV" Congrès de l'Internationale Communiste). ATTU sur tous les fronts, l'impérialisme contre le capitalisme. La dictatire des bandes fasallemand a perdu une à une ses conquetes de la première période de la guerre l'Allemagne elle-même n'est plus qu'une "forteresse" assiégée de toute part. Comment erpliquer le fait qu'une chaine ininterrompue de défaites — qui se succèdent depuis deux ans — n'ait pas produit encore un ébranlement décisif en Allemagne et n'ait pas réussi à briser les carres de la dictature fasciste ? Et encore : comment se fait-il que la résistance de l'armée allemande reste acharnée et désespérée alors que sur le plan malitaire la défaite apparait inévitable ?
Pour répondre à ces questions il faut tout d'abord comprendre le rôle de deux facteurs essentiels: 1°) le poids du régime fasciste ; 2*) la politique pratiquée envers l'Allemagne.
Larmature de fer du fascisme s'est érigée en Allemagne sur la base de la défaite la plus catas troplaque quait connue le prolétariat dans en futte cistes, appuyée sur une immense masse de déclassés, sur de larges couches de la petite bourgeoisie paupérisée et tournée contre la classe ouvière, — à cause de la couardise, l'incapacité et impuissance des réformistes et des staliniens de former le pole d'attraction révolutionnaire, — est passé comme un char sur l'épine dorsale de la classe ouvrière européenne et le prolétariat allemand, la atomisé, a détruit ses organisations et annihilé ses conquêtes de plusieurs décades de lutte. Quel écho peuvert avoir en Allemagne les chefs émigrés, - démocrates, catholiques, réformistes, prostitués devant impérialisme mondial, — les bureaucrates aux ordres du Kremlin et les junkers repentis à la Paulus du Comité dit de "l'Allemagne libre" 9 Sans doute, aucun.
Pour briser la dalle fasciste, pour arracher la camisole de farce du nazisme, le peuple allemand doit trouver dane le prolétariat international appui le plus sür et la plus efficace : chaque pas que fait la révolution prolétarienne en Europe et dans le monde est autant de leviers qui aident au regroupement révolutionnaire en Allemagne et au renversement du fascisme. Les charlatans radicaux, les bureaucrates banqueroutiers, comme les valets de plume de l'impérialisme, qui s'emploient partout à lutter contre la révolution prolétarienne (en Italie comme en Belgique, en Grèce, en France comme dans toute l'Europe). déclarent que le prolétariat allemand est "nasile" jusqu'à la moelle. Ce mensonge, — qui est le même que celui du menter en chef de la propagande allemande, Goebbels, et qui aide les nazis à commettre tous leurs crimes au nom soidisant du «peuple allemand tout entier », — aide les impérialistes à préparer la mise en esclavage du peuple allemand, a forger un super-Versailles plus monstrueux que le précédent et facilite l'écrasement de la révolution, aujourd'hui, sous le prétexte qu'on "affaiblit" la lutte contre Hitler, et demain, que le peuple allemand est pestiféré et qu'il fout bien le soumettre pour mieux le "désintoxiquer".
Pour renverser Hitler, pour abattre le fauteur du fascisme qu'est le régime capitaliste, il faut tendre une main fraternelle au prolétariat allemand : ou Hitler et ses bandes fascistes ont semé partout la terreur et la haine, les ruines et les massacres. Mais il ne faut pas oublier que c'est tout d'abord contre le peuple allemand que Hitler et les nazis se sont faits la main pour terroriser les peuples de l'Europe. Pour briser le cercle de fer qui enserre le peuple allemand, pour lui ouvrir la perspective de la lutte révolutionnaire, il faut briser la haine qu'alimentent contre tui les agents de l'impérialisme mondial et il faut démasquer leur role d'auxiliaires de M. Goebbels.
Les impérialistes ne veulent pas aider le peuple allemand & briser ses chaines : ils s'ammétent, au contraire, à remplacer la dictature de Hitler purement et simplement par la mise en esclavage de l'Allemagne, soi-disant parce qu'elle a "soutenu" Hitler ! Le prolétariat allemand est le facteur déterminant du sort de la révolution prolétarienne européenne et mondiale: son derasement, en 1993, a eu des conséquences incalculables pour le sort du prolétariat mondial dans son ensemble. La révolution allemande aura, à son tour. demain des consequences immenses : de sa victoire ou de sa défaite dépand la sort de l'humanité.
Et voilà pourquoi les impérialistes, comme les traitres réformistes et staliniens, qui ne veulent pas de révolution prolétarienne, s'apprêtent à forger de nouvelles chaines pour le prolétariat allemand, ne savent plus comment pulvériser l'Allemagne, detruire cette masse ouvrière existant au cœur de l'Europe et empécher la révolution qui suiera l'effondrement de Hitler. La seule solution que peuvent mettre en avant ceux qui veulent conserver et maintenir le capitalisme agonisant, c'est un nouveau super-Versailles, qui contiendra en germe une sionvelle guerre impérialiste.
Les impérialistes américains ont avancé deua projets: le projet Morgentau, celui de la grande banque américaine, qui est pour la transformation de l'Allemagne de pays industriel en pays agricole.
Les capitaux américains trouveront ensuite un placement rentable au ceatre de l'Europe, qui aura besoin de refaire tout son équipement industriel. Ce projet a été rejeté par Roosevelt pour des raisons trés claires, la "désindustrialisation" de l'Allemagne crée trois dangers: 1*) elle favorise l'accroissement de la capacité industrielle de rU.R.S.S. et de la France, c'est-à-tire des concurrents de Tindustrie américaine sur le marché mondial; 2) elle permet à ces pays de renforcer leur expansion en Burope méme; 3°) elle approfondit à un degré incalculable les dangers d'une explosion révolutionnaire au centre de l'Europe.
Et c'est précisément afin de s'assurer pas à pas, dans leur pénétration en Allemagne contre la révolution prolétarienne, que les "Alliés" forgent en Allemagne occupée un régime aussi barbare que celui de Hitler. Sous le prétente que le peuple a besoin d'être "désintoriqué", Eisenhower établit la dictature militaire, interdit tout "rassemblement" dépassant 3 personnes (), mais garie en service les formations des S.A. (partie des S.S.) et les Jeunesses hitlériennes soi-disant parce qu'elles doivent assurer «Tordre et le fonctionnement normal des services de lEtat ». Les impérialistes anglo-américains jettent ainsi le masque en Allemagne occupée comme en Italie, les fascistes sont maintenus en place, partout ou cela est possible, pour être utilisé contre la classe ouvrière. Voilà la lutte de messicurs les impérialistes fcontre le fascisme" !
Aussi cyniquement que les impérialistes americains, les marchands d'esclaves de la City supprétent, eux aussi, i dépecer l'Allemagne. Déja, depuis l'autre guerre, Lord Vansittart trouvait ta paix de brigandage de Versailles comme trop douce et pronait un dépécement complet de l'Allemagne. Si les projets de Vansittart ne sont pas devenus les slogans officiels de l'impérialisme anglais, la faute n'est pas à Vansittart : elle est due à ce que l'Angleterre, prise entre le danger d'une Russie puissante et d'une France qui pratique l'équilibre entre lu Grande-Bretagne et la Russie, ne sait plus à quel saint se vouer pour garder une position décisive sur le continent : avec la France, dans un bloc occidental", - demain tourné contre rU.R.S.S., — ou eventuellement avec une Allemagne pas trop dépecée et ranimée, plus tard, instrument contre les prétentions trop grandes de la Frunce ? En attendant, si l'Angleterre prone le "bloc occidental" aver la France et pratique envers le sort futur de PAllemagne la polttique "d'uttentre et voir", pour l'immédiat elle s'apprête à s'assurer le "controte des meilleures morceaux de l'Allemagne. En effet, les impérialistes ont décidé d'occuper lAllemagne, — et ils parlent o d'au moins pour dia ans comme si cela dépendait uniquement deux et non pas de la lutte révolutionnaire du prolétariat allemand, européen et mondial, — et de la partager en quatre morceaux : I'U.R.S.S. contrôlerait la Prusse orientale: l'Amérique, le Sud; la France, la Thenanie; et l'Angleterre, la Ruta et le Nord.
La formule proposée pour être appliquée à l'Allemagne "occupée" est celle -quelle curieuse coincidence 1 - que les nazis et les impérialistes allemands ont appliquée en France : contrôle de
Tindustrie, réquisitions de la main-d'œuvre à laquelle s'ajouteraient, — comme nous allons le voir plus loi, — le transfert massif des populations et la déportation pure et simple. Voilà le régime de bagne qu'on promet à l'Allemagne de demain : après cela les charlatons hypocrites parleront de "liberté" et de "démocratie" grâce ma victoires des impérialismes!
L'impérialisme français — que d'aucuns déclaraient déjà mort et enterré en 1940, alors que la bourgeoisie française fuisait suer sa defaite à ses 70 millions d'esclaves coloniaur, - plus avide et pius rapace que jamais, ne sait plus ou placer su frontière occidenale : sur le lhin, "le fleuve proncais", comme dit le nouvel impostera qu'on a coiffé du titre de minisre des Affaires Etrangères, Georges Bidault ; en Rhénanie, que ton "doit" occuper. comme dit le viet imposteur "Socialiste" Grumbach, plus loin peut-étre, comme disent les "communistes français", qui veulent une "France grande et forte". Et cette politique honteuse de rapine, de brigandage et d'esclavage, réplique fidèle de la barbarie de Hitler est baptisée ingénuement par de Gaulle de pofitique réaliste" !
Que les impérialismes jettent le masque en ce moment décisif et que la compétition à la curée de l'Allemagne ait pris un caractère forcené. rien l'étonnant. Mais que la bureaucratie de Staline montre à son tour toute sa putréfaction intérieure. tont son mépris cynique pour les principes non pos seulement du socialisme mais même de la libérté et de la démocratie bourgeoises, voila qui ne va pas manquer d'ouvrir les yeur au ouvriers commumistes qui n'arrivent pas à comprendre comment de "tactique" en "tactique", lune plus géniale que Tuutre, on en arrive à étre, d une part. les excitateurs au chauvinisme le plus hysterique, — comme en France, — d'autre part, les prêcheurs d'un superVersailles, plus meurtrier qu'en 1918, — alors que le léninisme s'est forgé en Europe et dans le monde sur la base même de la lutte contre le chauvinisme et contre Versailles. Le laquais de Staline pour les "sciences" économiques, Varga, a publié à Moscou ua plan qui prévoit non seulement le dépécement de l'Allemagne, non seulement la désindustrialisation de ce pays et le transport de l'industrie en U.R.S.S.. mais encore la déportation de 10 millions d'ouvriers allemands en Sibérie ! Les satrapes assyriens de Babylone n'ont pas pu concevoir de meilleurs supplices, il y a quelque deux mille ans, pour "punir" les peuplades ennemies. Aujourd'hui, il ne s'agit pas de peuplades, mais de la masse prolétavienne la plus importante d'Europe, ce projet n'est pas conçu au nom de l'Assyrie, mais en celui de l'Union Soviétique. Certes, les satrapes ne savent trouver d'autre solution ni à Babylone ni eu Kremlin, mais ceci ne suffit pas pour justifler la plus grande monstruosité que la bureaucratie stalinienne essaie de couvrir du nom de l'U.R.S.S. et de Lénine /
Staline parle du prolétariat européen en verttable négrier: VU.R.S.S. occupera Varsovie ; en échange, Staline offre à Messieurs les banqueron-
5 Décembre 1991.tiers "démocrates" polonais une "bonne" frontière sur l'Oder et leur alloue la Saxe. Il "celle" la Rhenanie à l'impérialisme français, — qui se promet de rappeler aux Allemands les bienfaits d'une nouvelle organisation Toit, — et soctroie pour les "re parations" dix millions de travailleurs allemands ! Ce projet barbare compromettrait à jamais le socialisme si aucune voix courageuse ne s'élève dans la classe ouvrière pour dénoncer le sinistre projet du "père des peuples" et de ses divers "/ils du peuple" !
. Après les articles à la Tlya Ehrenbourg, qui écrit sans honte « qu'il n'y a de bons que les Allemands qui sont morts », et qui insulte sans vergogne le prolétariat allemand, qui a donné un Kart larbinecht, il ny a rien d'étonnant que les vieux brigands à la Lord Citrine, chef des TradeUnions (syndicats) anglais, ou des nouveaux gangsters américains à la Murphy, chef de la C.I.O. (syndicats), découmant que r le peuple allemand est responsable des crimes de Hitler. •
Tous ces gens ont montré qu'ils peuvent descondre dans la boue encore micux que les socialpatriotes de 1914.
Nous disons, en ce moment déris/, au prolétariat européen et mondial: suns la victoire de la rés volition prolétarienne allemande, la victoire du prolétariat européen n'est pas possible et concevable. Pour aider la prolétariat allemand dans sa lutte contra Hitler, il faut briser le mur de haine qu'on veut elever entre lui et le prolétariat européen. Pour aider la révolution profétarienne allemande, il faut dénoncer impitoyablement les projets sunguinaires des impérialistes mondinux, des charlatans "démocrates", des traitres staliniens et des réformistes. Il faut rendre à l'internationalisme son véritable contenu: il faut fraterniser avec le prolétariat allemand contre la dictature de Hitler aujourd'hui, contre la dictature de toccupant "allie" demain.
Les contradictions de classes rongent et sapent les fondements du régime de Hitler, mulgré le caycon de fer du fascisme; une caplosion gramitiose se prépare en Allemagne. Pour ouvrir une perspective de combat à la classe ouvrière, pour lui donner confiance dans la révolution, les socialistes el les "communistes" staliniens sont incapables et impuissants à le faire. Seule, la /V° Internationale lévera en Allemagne aussi le drapeau de la révo lution et se trouvera fianlement à la téte des masses. Dès maintenant elle dit à lu felasse ouvrière: • Si vous voulez empêcher une nouvelle guerre impérialiste, si vous voulez préparer un monde meilleur, alors il faut, des maintenant, inlassablement, inferiblement, dénoncer la paia de vengeance des impérialistes et démasquer le rôle de Toccupation qu'ils préprarent.
A bas le supar-Versailles de Roosevelt-ChurchillStaline / Vive la révolution prolétarienne allemande !
5 Décembre 1944.