guerre impérialiste est l'épreuve cruciale de l'internationalisme. Son premier résultat est de convertir les frontières nationales, — ces barrières déjà avant, étouffaient et étranglaient l'économie monartificielles et historiquement dépassées qui, diale, - en des obstacles infranchissables. Les communications les plus normales entre deux pays deviennent des cas e d'intelligence avec l'ennemi » et de «haute trahison ». Les sections nationales d'organisations qui se glorifient d'étre internationalistes sont isolées, compartimentées, coupées de tout échange mutuel, pendant que les tambours de propagande chaque pays martèlent sans arret un hymne de haine anti-internationaliste. Cest précisément par la façon suivant laquelle elle fait face à un tel état de choses qu'une Internationale fait ses preuves.
Le fait que cette seconde guerre impérialiste n'est pas une simple répétition mais bien une contimuation de la première est attesté par le röle joué par la Il Internationale.
Il n'y a pas eu cette fois de trahison d'une soudaineté inouie, comme en 1914; longtemps avant la déclaration formelle de la guerre, cette "Internationale" s'était déjà révélée le bras droit des impériaatteignit son point culminant lors de la récente résolismes alliés. Son attitude pendant cette guerre, qui Jution du Congrès du Labour Party anglais, condamnant les ouvriers allemands comme partageant la responsabilité de l'hitlérisme, est particulièrement significative et répugnante.
La Il Internationale, créée précisément en raison de la trahison de la 1l' en 1911, l'a suivie dans la voie de la trahison de l'internationalisme. Sa dissolution formelle, en mai 1943, a simplement donné une forme légale à un état de fait qui existait longtemps à l'avance, en enterrant un corps que la vie avait depuis longtemps quitté.
A l'opposé de la politique de Lénine et de Trotsky. qui mit fin à la première guerre impérialiste, la position eriminelle du Kremlin en confondant le prolétariat (rahison de l'internationalisme et une aide pour l'impéallemand avec ses maitres capitalistes constitue une rialisme nazi infiniment plus précieuse que n'importe quelle arme secrete et n'importe quel y 4, a on 6, decouvert ou sur le point de l'être. Seule la IV• Internationale a victorieusement traverse, sans trahison ni dissolution, l'épreuve de la guerre impérialiste. Rien ni personne ne peut dissoudre la IV• Internationale. La faillite du Centrisme
Pendant la période qui a précédé la guerre, c'était devenu une mode intellectuelle parmi les centristes vaguement groupes autour du Bureau de Londres de mépriser la IV* Internationale pour son manque évident de force numérique dans ses partis constituants. Aux noyaux compacts de militants imbus de solides principes du marxisme qui composaient la IV" Internationale, les centristes comparaient avec complaisance leurs partis certainement numériquement beaucoup plus forts. Mais ces partis, relativement plus grands (bien qu'instables), n'avaient d'autre cohésion que celle que leur prétait les circonstances relativement assez faciles de la période d'avant-guerre : et la ressemblance de leurs programmes résultait non d'une identité de principes professés en commun et appliqués avec constance, mais précisément du caractère vague et flou de ces programmes, pastiches pleins de contradictions d'éléments réformistes et révolutionnaires, et de cette tolérance mutuelle des imprécisions politiques qui constitue une caractéristique typique du centrisme.
Car, qu'est-il arrivé avec la déclaration de la guerre ? Le cas des lovestonistes américains est typique à ce point de vue. ces messieurs aux postes influents dans les Trade-Unions et à la politique "réaliste" jetèrent juste un coup d'œil circulaire sur la guerre, et, déclarant que les temps n'étaient pas propices, dissoudre leur parti. La dissolution du P.S.O.P. français ils prenaient sur eux tout simplement... de est trop connue en Europe pour qu'il soit nécessaire de s'étendre là-dessus. Le P.O.U.M., si puissant jadis et réduit maintenant à quelques poignées de militants dispersés, en arriva à un tel point de dégénérescence qu'il forme avec les nationalistes catalans un bloc qui réclame la constitution d'un Etat catalan-provençal capitaliste, découpé à même la France et l'Espagne. L'Independent Labour Party anglais, ame du Bureau de Londres, doit la continuation de son existence boiteuse pendant la guerre, dans une très large mesure, à la tragique division des forces trotskystes en GrandeBretagne, — division dont la liquidation récente est de mauvais augure pour I.L.P. - L'"Internationale" centriste, en tant qu'organisation internationale effective, a purement et simplement cessé d'exister. La /Ve Internationale a fait ses preuves
Entre temps, la IV* Internationale, que ces messieurs si "réalistes" regardaient avec tant de condescendance, est sortie de l'épreuve suprème de la guerre, inébranlée et même agrandie. Pas une seule section nationale n'a été dissoute. Au contraire, de nouvelles sections nationales ont été formées dans plusieurs pays. Quant à celles qui existaient déjà depuis longtemps, elles ont, dans la majorité des cas, réalisé de forts progrès, tant en ce qui concerne leur force numérique qu'en ce qui concerne leur influence parmi les masses.
Mais ce qui, politiquement, a une bien plus grande importance, C'est que des sections nationales entièrement coupées les unes des autres et du Secrétariat International, en raison de la rupture des communications consécutive à la guerre, ont constaté au moment de la reprise de ces communications que toutes avaient réagi politiquement de la même façon à l'essaim des nouveaux problèmes suscités par la guerre pendant la période de leur isolement. Il n'existe nulle part un seul cas où une section nationale dans son pays isolé se soit engagée dans la voie d'innovations idéologiques ou de déviations dangereuses. Un exemple particulièrement frappant de ce fait est celui qu'on a pu observer au moment de la formation d'une nouvelle et forte seetion dans les Indes Anglaises, par la fusion des groupes présidien et le sent fan tentent trots. pes préalablement existants. Simultanément, ces trotsque les uns aient la notion du travail de l'autre, -élaborèrent deux séries de thèses pour les Indes, contenant non de simples généralités mais des appréciations concrètes sur les problèmes de ce pays. Quand ces thèses, qui se croisèrent en route, parvinrent & leurs destinataires réciproques, les ressemblances. même dans les plus petits détails, s'avérèrent flagrants. Bien plus frappante encore est la comparaison des documents du Secrétariat International avec le programme (1) élaboré par la Conférence Européenne dans le feu du combat et dans les conditions les plus difficiles et les plus propres à semer la confusion. Des deux côtés des barrières impérialistes, le programme politique de la IV Internationale est resté ferme et
Le bilan de l'activité de la IV Internationale pendant la guerre dans le monde entier démontre deux faits d'une importance politique fondamentale : 1" Que les principes politiques sains, appliques avec opmitreté, prévalent d'une façon absolue pour établir et maintenir une solide cohésion organisationnelle sur tout "réalisme" opportuniste et sur toute politique de combines. 2° Que le marxisme-léninisme, en tant que méthode, en tant qu'outil théorique, est indépendant de toute particularité du développement dans tout pays momentanément isolé.
(1) Voir Quatrième Internationale, n** 4.5 et 6-7.
Un bref tour d'horizon
Aux ETATS-UNIS, le Socialist Workers Party résista victorieusement à deux coups qui auraient réduit en miettes une organisation moins bolchevique: a la delection de la minorité schachtmaniste petitebourgeoise, en 1910, et a la rude offensive judiciaire menée par le gouvernement, en 1941.
Le premier obligea le Parti à concentrer grande partie de ses forces pendant plus de six mois dans une intense lutte intestine, qui se termina en le privant de près de 40% de ses effectifs. Mais le principe de la défense inconditionnée de l'Union Soviétique fut maintenu. Le Parti, débarrassé de son aile petitebourgeoise, entreprit une campagne de prolétarisation qui a été à l'origine de sa pénétration profonde dans les masses américaines. Et ainsi, ses progrès constants réalisés depuis ont fait plus que compenser numériquement la delection des schachtmanistes. De plus, le S. W.P. est un parti de cadres capable en tous points maintenant de se mettre à la tête des grandes masses au moment historique où, en quête d'une direction, elles se tourneront résolument vers le trotskysme.
En 1941, le gouvernement des Etats-Unis fut si alarmé par l'influence acquise dans le mouvement syndical par les trotskystes, qui seuls menaient une action résolue contre la guerre, qu'il monta un proces monstre contre 23 dirigeants du S.W.P. et de la fameuse section régionale 544 du Syndicat des Camionneurs, base sur deux etranges lois : Tune ressuscitée pour les besoins de la cause et datant de lépoque de la Guerre de Sécession, l'autre, toute nouvelle, créée ad hoc, aux yeux de laquelle étaient criminels non seulement les actes mais mème les pensées socialistes. Le procès fut sensationnel ; les accusés se transformèrent en accusateurs; du haut de la tribune de cette cour, des millions de travailleurs américains entendirent pour la première fois quelle était la véritable position du trotskysme; et des centaines de milliers d'ouvriers représentant les sections les plus combattives des travailleurs américains se rallièrent au comité de défense des accusés. Dix-huit d'entre eux sont actuellement détenus dans les prisons de l'impérialisme américain ; mais le parti édifié par cette direction trotskyste américaine n'hésita pas un instant dans marche en avant, mais au milien de lhystérie de guerre qui accompagna les sentences, il recruta des nouveaux membres sur la base de ces mêmes sentences.
Dans le reste des deux Amériques, de solides progrès ont été réalisés. Au CHILI, en 1941, on parvint a remédier à la division des forces trotskystes au moyen d'une fusion des groupes existants en un seul parti, le Partido Obrero Revolucionario, dont la composition essentiellement prolétarienne est reflétée par son influence parmi les masses, particulièrement dans les mines et les entreprises de transport. Sa force est telle qu'il fut à mème de présenter un candidat aux dernières élections présidentielles. En ARGENTINE, également au cours de la même année, une fusion des cing groupes existants a pu etre réalisée après de longues négociations, d'où le Partido Obrero de la Revolucion Socialista est issu. Presqu'en même temps, une importante sous-section des Internationalen Kommunisten Deutschinds fut constituée parmi la nombreuse émigration allemande, dont l'organe Der Punke parait bi-mensuellement. les forces trotskystes ont fusionné. Grice à ces fusions, les organisateurs nécessaires furent rendus disponibles pour aider à la création de groupes au PARAGUAY et en BOLIVIE. Au CANADA comme au MEXIQUE, nos petites sections ont eu a surmonter des crises graves pour pouvoir continuer leur progression constante. A CUBA, la section nationale a réussi à sortir de l'isolement et à prendre la direction de plusieurs grèves importantes, surtout parmi les cheminots. Quant au BRESIL, la dictature de Varges empêche toujours malheureusement que des nouvelles | de notre section, jadis importante, ne parviennent jusqu'au monde exterieur.
Dans T'AFRIQUE du SUD, le problème de la coexistence d'un groupe trotskyste non-ofheiel à coté d la section officielle atiend d'être solutionné par le Secrétariat International.
A CEYLAN, la section de la IV" Internationale, qui s'était développée jusqu'à compter 4.000 membres et à faire élire quatre représentants au Conseil, a pu résister a tous les coups de limpérialisme britannique et même à l'arrestation de ses dirigeants, effectuée en dépit de leur immunité parlementaire. Ces mesures, néanmoins, forcèrent le Parti à continuer son activité dans l'illégalité. Dans les INDES BRITANNIQUES. la nouvelle section déjà mentionnée donne actuellement une preuve tangible de son développement par la publication simultanée de trois Journaux, lun en hindoustaril, Tautre en anglais et le troisième en tamil. Les sections de la IV* Internationale en CHINE et en INDOCHINE sont encore coupées du reste du monde en raison de la guerre.
La section d'AUSTRALIE traversa indemme une période d'hystérie de guerre particulièrement aigüe. FRANCE, de BELGIOUE, d'ESPAGNE et de GRÈCE, En Europe, la persistance des sections des sous des conditions qui auraient complètement détruit des organisations moins bolcheviques, est trop connue pour qu'il soit nécessaire d'en parler plus longuement. En ITALIE, un groupe est en train de se constituer dans la partie sud du pays occupée par les Alliés, après une âpre lutte théorique intérieure qui fit prévaloir le principe de la défense inconditionnée de l'Union Soviétique sur une tendance ayant sur ce sujet une position confuse. Les barrières de la guerre impérialiste continuent à nous couper de toute COmmunication avec nos sections d'ALLEMAGNE, d'AUTRICHE, de POLOGNE et de l'UNION SOVIETIQUE.
Mais les plus grands progrès réalisés par la IV• Internationale dans un pays d Europe, au cours de l'anGRANDE-BRETAGNE. C'est en mars 1944 que la née dernière, furent incontestablement ceux de la longue et tragique division qui opposait notre section britannique, la Revolutionary Socialist League, a la non-officielle Workers International League prit fin, grâce à l'intervention du Secrétariat International, au cours d'un congres de fusion qui créa le fevolutionary communist Party. A peine cette fusion avaitelle été réalisée que la nouvelle organisation fut violemment attaquée par l'impérialisme britannique, doublement alarmé et par l'unification en elle-mème et par l'extrême rapidité avec laquelle l'influence trotskyste se développait parmi les ouvriers britanniques pendant la grande vague de grèves du printemps. A la suite du premier procès intenté sur In base de l'infâme «Trades Unien Disputes Act» de 5327, trois trotskystes britanniques ont été jetés en prison. Et, pendant que le "trotskysme" donienne, reléguait même la guerre au second plan, •, trois jours durant dans la presse lonle gouvernement s'empressa de promulguer un nouveau décret spécial, — le «1A (a) », plus cynique encore, — qui rend punissable de cinq ans de prison le fait de discuter l'idée même d'une grève. saut dans une reunion syndicale convoquée par un bureauerate des Trade-Unions, Mais les inculpés avaient tait appel. le parti, que le procès fit connaitre à des centaines de le gouvernement se trouva forcé de les relacher. Amsi milliers de travailleurs britanniques indignés, continue à développer rapidement son influence, particulierement parmi la masse militante des charbonnages.
Conclusions
De cet aperçu, nécessairement trop bref, découle une deuxième Conclusion d'une signitcation polilique considérable: que dans le monde entier l'avant-garde révolutionnaire a réagi d'une manière saine aux événements actuels, tendant partout à reserrer ses rangs. Mais ce qu'il convient de noter particulièrement, c'est que cela n'a pas été réalisé sur la base de combinaisons organisationnelles vagues et sans principes : dans chaque cas, las fusions ont eu lieu DANS la IV Internationale et sur la base de l'acceptation inconditionnée, par tous las participants, da son programme intégral.
Ainsi il est possible, après eing ans de guerre impérialiste, de dresser un bilan provisoire. Les Il et Il Internationales ont ouvertement et totalement trabi l'internationalisme. Les groupes centristes. jadis apparemment florissants, qui considéraient la formation de la IV• Internationale comme prématurée et son organisation comme imaginaire, eux-mémes piétinent sur place, s'écroulent, on (comme les lovestonistes) se suicident tout tranquillement. Les sectaires ultragauchistes, tels les oehleristes, qui considéraient que "l'opportunisme" de la IV• Internationale la condamnait à une désintégration rapide, continuent, dans un superbe isolement à se livrer à leur sport passionnant qui consiste à s'excommunier mutuellement pour déviations opportunistes. Mais la IV• Internationale existe et se développe, et reste inébranlable sur un programme dont cinq années tumultuenses ont parfaitement démontré la justesse. Elle continuera à le rester et elle ne démentira pas les dernières paroles de son grand leader assassiné, Léon Trotsky : « Je suis sûr de la victoire de la IVe Internationale. En avant ! ».