Depuis l'été 1963, des changements radicaux se sont produits dans le mouvement national révolutionnaire du peuple angolais contre l'impérialisme portugais.
D'une part, le Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (M.P.L.A,) a été durement scindé et affaibli, la majorité de ses membres ayant, sur linitia-tive du dirigeant de son aile gauche radicale, Viriato da Cruz, rompu avec le Dr Agostinho Neto qui s’est uni avec des organisations dissidentes, néo colonialistes ou féodales.
D'autre part, le Front National de Libération de l’Angola (F.N.L.A.) a été reconnu officiellement comme seule organisation effectivement combattante par l'Organisation de l'Unité Africaine (O.U.A.) et a été renforcé par l'entrée de nombreux anciens membres du M.PL.A. Le Gouvernement Révolutionnaire de l'Angola en Exil (G.R.A.E.) issu du F.N.L.A. a été reconnu de jure par neuf Etats indépendants d'Afrique, y compris l'Algérie.
A présent, les forces du M.P.L.A. restant dans l’émigration sont virtuellément coupées du mouvement clandestin en Angola, tandis que les forces de guerrillas qui sont sous la direction du F.N.L.A. déploient, après une période de calme, une action militaire largement croissante contre le colonialisme portugais, non seulement dans le région Bakongo, mais aussi dans d’autres districts de l’Angola ; renforçant l'adhésion au Gouvernement Révolutionnaire parmi les Angolais Tshokwés, Luenas, Umbundus, Bailundos, Kimbundus et surmontant ainsi en pratique les inconvénients de la prépondérance Bakongo au sein de l’Union des Populations de
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LUE He D l'Angola (U.P.A.) d'où provient le mouvement actuel, Cet élargissement national est accompagné d’une vigoureuse campagne du F.N.L.A. contre le tribalisme,
La promesse d'aide des Etats africains ne s'est pas matérialisée sur l'échelle nécessaire, en raison des pressions de forces néocolonialistes et ouvertement impérialistes. Aussi la direction du F.N.L.A. est obligée de $e diriger de plus en plus vers des sources révolutionnaires, y compris les Etats ouvriers, et avant tout la Chine pour obtenir de l’aide, Que cette direction ait montré des indices d’inclina-tion à s'orienter dans cette voie est un signe encourageant,
Sur le plan programmatique, le F.N.L.A. est évidemment loin de la perspective du socialisme révolutionnaire et la direction n’est pas immunisée contre le néocolonialisme et les pressions de l'impérialisme. Toutefois, dès qu'un mouvement dynamique de masse est lancé, il ne peut rester statique, Dans le processus même de la lutte, les grandes questions programmatiques viendront inévitablement à l'avant-plan. Celles-ci incluent la nécessité de construire un parti socialiste révolutionnaire, de réformes agraires révolutionnaires, de la nationalisation des principaux moyens de production, d’une rupture nette avec l'impérialisme mondial et l'établissement de rapports fraternels avec les Etats ouvriers.
La manière la plus efficace pour les marxistes révolutionnaires d'aider les combattants de la libération de l’Angola à trouver leur voie vers le programme s0-cialiste est de participer activement dans les luttes conduites par le F.N.L.A. et de les aider à obtenir le soutien matériel pour combattre l'impérialisme portugais, et à déjouer toute manœuvre néocolonialiste, avant tout de l'impérialisme américain. ä
13 février 1964.