Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Résolution sur la crise du stalinisme et les développements de la révolution yougoslave (VIIe Plénum du CEI, 9-18 avril 1949)

9-18 avril 1949 · 1948-1950 : la crise yougoslave, l’évolution du « glacis » soviétique et la révolution chinoise · 3 105 mots

In English: Resolution on the Crisis of Stalinism and the Developments of the Yugoslav Revolution — traduction assistée par machine.

1. Environ deux ans après la rupture entre le Parti communiste yougoslave et le

Kominform, les signes d'amplification de la crise du stalinisme se multiplient de par le

monde et les tendances générales du développement de cette crise se précisent plus

clairement.

Une période nouvelle est ouverte dans le développement du mouvement ouvrier

international. Une analyse correcte doit contribuer à intervenir dans le processus

objectif pour cristalliser les nouvelles forces révolutionnaires qui surgissent de cette

crise du stalinisme, sur une plate-forme politique permettant la reconstruction d'un

puissant mouvement marxiste-révolutionnaire international.

2. Pour la première fois depuis la dégénérescence bureaucratique de l'URSS et de la IIIe

Internationale, il est possible, grâce aux nouvelles conditions objectives, d'élargir le

front de l'avant-garde marxiste-révolutionnaire et de reconstruire sur une large échelle

le mouvement révolutionnaire international.

La raison fondamentale qui rend actuellement possible une telle évolution réside

dans la combinaison historique de l'aggravation du déséquilibre et la crise du

système capitaliste, et de l'aggravation de la crise du stalinisme, dans les conditions

nouvelles créées par la dernière guerre.

Avant celle-ci, le capitalisme et le stalinisme avaient atteint un équilibre relatif dans

lequel ils se renforçaient réciproquement l'un et l'autre. Les bouleversements que la

guerre a provoqués à l'échelle internationale, la rupture de l'équilibre sur tous les plans,

l'entrée en action ou la fermentation révolutionnaire d'énormes masses, tant en Europe

qu'en Mie et dans les autres parties du monde, ont créé une situation d'un dynamisme

tel que ni le capitalisme ni la bureaucratie soviétique ne parviennent à la contrôler

effectivement.

Au contraire, cette nouvelle situation se développe fondamentalement aussi bien contre

le capitalisme que contre la bureaucratie soviétique. En effet, tous deux représentent des

forces historiques réactionnaires incompatibles avec les impératifs historiques actuels

qui peuvent se résumer ainsi : nécessité d'une organisation rationnelle et harmonieuse

de la vie économique et sociale internationale qui respecte la libre disposition des

masses de chaque nation et des rapports des nations entre elles.

3. Contrairement aux théories pessimistes développées sous l'influence des traits de

dégradation sociale et de barbarie inhérents aux contradictions du régime capitaliste et

à sa décomposition avancée, et de la soi-disant toute-puissance de la bureaucratie

stalinienne, notre mouvement international base ses perspectives révolutionnaires et

édifie son action sur la suprématie du processus objectif révolutionnaire de notre époque,

et son dynamisme ; sur l'impossibilité pour la bureaucratie soviétique d'étendre et de

consolider internationalement son contrôle du mouvement révolutionnaire ascendant

nourri constamment par le processus objectif Cette attitude est pleinement confirmée à

l'heure présente par les diverses manifestations de la crise du stalinisme auxquelles nous

assistons.

4. Dans les pays capitalistes d'Europe et d'Amérique, aussi bien que dans les pays du

« glacis » et les pays asiatiques, la crise ouverte ou potentielle du stalinisme est due en

dernière analyse au fait que le contrôle direct et absolu que le Kremlin entend exercer

pour servir exclusivement les intérêts de la bureaucratie soviétique se heurte à

l'ampleur, au dynamisme et l'expérience du mouvement des masses, qui n'a connu

depuis la guerre aucune défaite décisive, aucun écrasement de portée internationale.

Ce conflit fondamental entre les intérêts réactionnaires de la bureaucratie soviétique (et

les moyens bureaucratiques avec lesquels elle les défend en utilisant le mouvement

ouvrier) d'une part, et le libre développement de celui-ci, d'autre part, revêt des formes

spécifiques suivant les trois catégories des pays mentionnés.

5. Dans les pays capitalistes d'Europe et d'Amérique, la crise du stalinisme se manifeste par

la désaffection (depuis 1948 en particulier) des masses à l'égard des partis

communistes, ou par la perte de la confiance aveugle dans la direction stalinienne. La

désaffection est illustrée principalement par les résultats de toutes les élections qui ont

eu lieu depuis cette date, qui démontrent la stagnation, le recul et parfois même

l'écrasement de certains partis communistes. La perte de position et d'influence

syndicales et la baisse des effectifs et des tirages de la presse des PC ne sont pas moins

significatives de leur affaiblissement général dans ces pays.

Cette désaffection qui porte avant tout sur la clientèle petite-bourgeoise des PC est

due, d'une part, à un facteur objectif : l'amélioration relative de la situation économique

consécutive au Plan Marshall, et d'une manière générale au changement du rapport de

forces en faveur de la bourgeoisie dans les pays en question ; et, d'autre part, à un

facteur subjectif : la politique suivie par les PC depuis la liquidation de la guerre.

Cette politique s'est développée essentiellement en contradiction avec le

développement de la situation objective. Elle fut opportuniste et droitière entre 1944-

1946, à un moment où la potentialité et même l'activité révolutionnaire des masses

avaient atteint leur point culminant. Elle devint aventuriste dans ses méthodes et

sectaire à partir de 1947 en présence d'un fléchissement net de l'activité

révolutionnaire dû au changement relatif de conjoncture et à leur méfiance à l'égard

de la direction stalinienne, en raison de son cours précédent opportuniste et droitier,

qui avait gâché les chances révolutionnaires exceptionnelles existantes à la fin de la

guerre.

Dans les deux cas, la politique des directions des PC était subordonnée aux intérêts

de la bureaucratie soviétique et à ses rapports avec l'impérialisme.

Mais, à l'encontre de ce qui se passa avant la guerre, où la passivité et même la

prostration du mouvement ouvrier (consécutives aux défaites subies) favorisaient le

maintien de l'emprise bureaucratique en son sein, actuellement le niveau élevé auquel

se situent la potentialité et l'activité révolutionnaire du prolétariat et des masses

coloniales permet aux masses de faire une expérience critique du stalinisme et de mûrir

à chacun de ses tournants opportunistes.

6. Dans les pays du « glacis », la désaffection des masses à l'égard du stalinisme est le

résultat d'une expérience directe du stalinisme au pouvoir.

Cette expérience a commencé au lendemain de l'entrée de l'Armée rouge dans ces

pays et de l'étranglement bureaucratique de la montée révolutionnaire qui eut lieu

à ce moment. Elle se poursuivit ensuite à travers l'installation bureaucratique

fortuite au pouvoir de l'appareil stalinien et le contrôle de l'économie de ces pays

qui, tout en éliminant la bourgeoisie de ses positions politiques et économiques,

aggravèrent les conditions de travail des masses en les privant de toute possibilité

d'organisation et d'expression démocratiques.

Dans ces pays, les masses réagissent contre le régime bureaucratique et policier, qui

tient avant tout à la bureaucratie soviétique, par une opposition passive. Celle-ci

empêche de les mener docilement dans le sillage de la politique gouvernementale et

crée des difficultés supplémentaires à la solution des problèmes auxquels ont à faire

face les « démocraties populaires ».

7. Mais les manifestations de beaucoup les plus importantes de la crise du stalinisme

dans ce pays sont constituées par les procès et les épurations qui atteignent les milieux

dirigeants même des PC.

Les procès montés à Tirana, Budapest, Sofia, ont décapité les PC de ces pays et les

ont privés d'une série d'éléments dirigeants les plus liés à la base des partis et au

mouvement révolutionnaire que ceux-ci ont dirigé pendant la guerre. D'autre part, une épuration s'amplifiant a déjà profondément désorganisé les partis

communistes de toutes les « démocraties populaires », particulièrement ceux qui

représentaient une force réelle : le PC bulgare, le PC tchécoslovaque, le PC polonais.

Dans le seul PC bulgare, plus de quarante dirigeants de premier plan de ce parti, parmi

lesquels les dirigeants les plus populaires par leur action durant la guerre, ainsi que

douze membres du CC élus en 1948 au Ve Congrès ont été exclus récemment.

La campagne d'épuration menée activement par les hommes à la solde du Kremlin

se développe sur le thème de la lutte contre les déviations « nationalistes »,

lesquelles consistent à. mettre en doute le rôle « progressif » de la bureaucratie,

même à s'opposer au contrôle que celle-ci exerce sur ces pays, et à ne faire confiance

qu'aux forces propres de chaque pays.

8. En réalité, il s'agit de la manifestation d'un nouvel aspect de la crise du stalinisme

dans les pays où les circonstances ont permis l'ascension des PC au pouvoir, ouvrant

des perspectives nouvelles quant à l'évolution et à l'avenir du stalinisme en général.

Cet aspect est confirmé aussi bien par la rupture du PCY avec le Kremlin que par ce

qui se passe actuellement dans les PC des autres « démocraties populaires »

(particulièrement qui possèdent une force propre). Il réside dans la tendance que

manifestent les PC au pouvoir possédant une force réelle à s'affranchir de la tutelle

de Moscou et à agir d'une façon autonome.

Ce mouvement auquel les PC semblent se laisser entraîner s'explique par le conflit

entre les intérêts de la bureaucratie soviétique et les intérêts propres des masses

dans chaque pays ; la politique d'exploitation du Kremlin qui aggrave les difficultés

rencontrées par les partis communistes dans la gestion de l'économie et la politique

de ces pays et entrave leur libre développement ; le fait que les partis communistes,

directement responsables du gouvernement de ces pays, subissent la pression des

masses et ne peuvent plus comme autrefois agir comme de simples agences de

transmission des directives du Kremlin sous peine de se priver complètement de

l'appui des masses.

Pour faire face à la menace que représente cette tendance à s'affranchir de son

contrôle, le Kremlin détruit les partis communistes en tant qu'organismes tant soit

peu autonomes, et les remplace par des appareils de fonctionnaires directement

sous ses ordres.

L'impossibilité dans laquelle se trouve le Kremlin d'adopter une tactique plus

souple, de manœuvrer avec plus d'élasticité en raison du monolithisme

bureaucratique du système aggrave davantage la crise.

Tel est le sens des événements qui marquent la situation dans toutes les

« démocraties populaires » et les partis communistes respectifs.

En l'absence de conditions subjectives favorables analogues à celles de la

Yougoslavie, la crise dans le « glacis » s'enlise dans un long processus convulsif, les

procès succédant aux procès, les épurations aux épurations, sans qu'il soit possible

de voir réunis dans un avenir immédiat tous les facteurs nécessaires à une résistance

victorieuse au Kremlin et au détachement de la tutelle réactionnaire de celui-ci.

Cependant, à travers cette crise, la prise de conscience du rôle contre-

révolutionnaire du stalinisme dans les masses du « glacis », et du monde en général,

mûrit rapidement.

9. Dans les pays asiatiques en révolte, le stalinisme semble parcourir une phase

ascendante, les masses coloniales confondant la victoire de Mao-Tsé-Toung avec une

victoire stalinienne.

En réalité, le développement organique des révolutions coloniales qui sont en cours

en Asie comporte un dynamisme qui va fondamentalement à l'encontre de la

possibilité pour le stalinisme, c'est-à-dire la bureaucratie soviétique, de s'identifier

avec ces mouvements, de les juguler et les utiliser exclusivement pour ses propres

intérêts. Les récents incidents dans le PC japonais sont un indice de la crise latente

dans les PC des pays asiatiques.

La crise du stalinisme en Asie est encore potentielle mais elle est inévitable. Elle

réside dans le développement spécifique des partis communistes de Chine, du Viêt-

Nam et d'autres pays asiatiques en révolte, qui sont entraînés par le dynamisme

propre du mouvement révolutionnaire des masses qu'ils dirigent loin des objectifs

et du contrôle direct du Kremlin. Elle implique pour notre mouvement des

considérations théoriques et pratiques qui se trouvent résumées dans la résolution

relative au développement des révolutions coloniales en Asie.

10. Toutes ces manifestations de la crise générale du stalinisme sont dominées dans

l'immédiat par l'importance du développement de la révolution yougoslave. La

rupture du PCY avec le Kominform fut non seulement que dans tous les PC,

particulièrement d'Europe, elle a permis d'amorcer dans ces partis des courants

critiques qui atteignent même leurs sommets.

Les répercussions de l'affaire yougoslave ont déjà profondément disloqué le Parti

communiste allemand, en particulier son organisation d'Allemagne occidentale,

ainsi que les milieux dirigeants du PC espagnol.

En Autriche, en Grèce, en France, en Italie, les résultats visibles de l'affaire

yougoslave sont pour le moment moins spectaculaires, mais la fermentation qui

existe fraye le chemin à la construction d'oppositions et à l'amorce de courants

critiques qui sont possibles pour la première fois depuis longtemps dans ces partis.

11. Mais ce qui présente le plus grand intérêt dans l'affaire yougoslave, c'est l'évolution

progressive propre du PCY qui a résulté de la rupture, évolution qui contient

potentiellement la plus grande chance du mouvement ouvrier international depuis

la Révolution russe pour renaître sur la plate-forme du marxisme révolutionnaire.

Confirmant l'affirmation faite par notre internationale dès l'éclatement de l'affaire

yougoslave que la rupture d'un parti stalinien avec le Kremlin entraîne

nécessairement une différenciation par rapport au stalinisme, laquelle dans

certaines conditions peut s'avérer éminemment progressive, le PCY a suivi un cours

qui dépasse, deux ans à peine après la rupture, les pronostics les plus optimistes.

Les progrès idéologiques réalisés par le PCY et les réalisations correspondantes en

Yougoslavie prouvent la profondeur du mouvement révolutionnaire qui a porté ce

parti au pouvoir et les qualités remarquables de son équipe dirigeante. Ces progrès

sont en outre d'autant plus appréciables qu'ils se réalisent dans une conjoncture

internationale où s'exerce une énorme pression conjuguée de l'impérialisme et de la

bureaucratie soviétique sur la révolution yougoslave, tandis que l'aide du prolétariat

reste encore très faible.

12. Le trait général de l'évolution du PCY et de la Yougoslavie est une affirmation de plus

en plus claire et puissante (dans le domaine des idées et de l'organisation politique et

économique du pays) de l'essence éminemment démocratique de la dictature du

prolétariat, qui comporte une lutte persévérante contre la dégénérescence

bureaucratique.

Dans la mesure où le PCY persévérera dans cette voie et, en se débarrassant des

derniers vestiges idéologiques staliniens, retrouvera le lien organique entre la

progression de la révolution yougoslave et la révolution mondiale, ce qui exige le

regroupement des forces révolutionnaires sur l'échelle internationale, il deviendra le

tremplin le plus puissant d'où partira l'assaut décisif contre le stalinisme en crise.

Une telle évolution favoriserait d'autre part l'organisation de la nouvelle opposition

communiste qui monte dans les partis staliniens et avec laquelle il est permis

d'envisager actuellement la construction dans un avenir proche de formations mar-

xistes-révolutionnaires pour toute une série de pays.

La révolution yougoslave et notre internationale

13. Le caractère d'avant-garde révolutionnaire prolétarienne de notre internationale lui a

permis d'adopter, dès le début, seule entre tous les autres courants du mouvement

ouvrier, une attitude juste et efficace à l'égard de la rupture du PCY avec le Kominform

et de l'évolution de ce parti.

Grâce à la compréhension théorique correcte du stalinisme que possède notre

mouvement, il a pu dès le début saisir le sens de la rupture et s'engager tout entier

dans l'action pour la défense de la révolution yougoslave.

Distançant de loin dans la compréhension de la crise du stalinisme tous les autres

courants qui, faute de base théorique sérieuse, ont fait preuve en cette occasion du

confusionnisme et du sectarisme le plus grand, notre mouvement a démontré dans les

faits qu'il est le plus sensible aux tendances réellement révolutionnaires qui jaillissent

à travers les différentes expériences du mouvement des masses et qu'il est capable à

la fois d'apprendre de celles-ci et d'adopter à leur égard une attitude propre à faciliter

leur progression vers les positions fondamentales du marxisme révolutionnaire.

14. L'évolution de l'affaire yougoslave, qui a revalorisé objectivement le trotskysme aux

yeux de l'avant-garde révolutionnaire internationale en démontrant la justesse

historique de son programme, a permis d'autre part de parfaire dans l'action notre

propre éducation quant à l'attitude à suivre à l'égard de mouvements progressifs des

masses, de mieux comprendre les étapes concrètes par lesquelles passe l'évolution d'un

courant d'origine stalinien et a porté les coups les plus décisifs aux manifestations du

sectarisme dans nos propres rangs.

De ce point de vue, l'évolution de la révolution yougoslave a fertilisé et continue à

fertiliser la théorie et la pratique de notre mouvement.

15. Soulignant les résultats déjà obtenus par l'action de nos sections pour la défense de

la révolution yougoslave dans une série des pays, notre internationale redoublera

d'efforts dans cette campagne centrale qu'elle mène de par le monde, consciente que

de cette manière elle travaille de son mieux, dans les conditions actuelles, pour

donner une issue révolutionnaire à la crise du stalinisme et œuvrer à la

reconstruction du mouvement marxiste-révolutionnaire.

Entourer la révolution yougoslave d'une large sympathie active de l'avant-garde

révolutionnaire internationale et de la partie consciente de la classe ouvrière, c'est

favoriser l'existence et l'évolution progressive du plus important foyer

révolutionnaire à l'heure actuelle ; c'est propulser d'autant plus et rassembler la

nouvelle opposition communiste qui fermente dans les partis communistes,

précisément stimulés par l'exemple yougoslave.

16. Nos sections réaliseront le front unique le plus large possible avec toute

organisation, groupe ou courant prolétarien qui accorde un intérêt analogue à la

défense de la révolution yougoslave.

Elles maintiendront, amplifieront et compléteront les formes actuelles de leur

campagne, à savoir : faire connaître par leur presse et leurs publications et par la

diffusion des publications du PCY la vérité sur la révolution yougoslave, son évolution,

ses réalisations.

Elles maintiendront, amplifieront et compléteront la dénonciation des calomnies du

Kremlin et du Kominform et mèneront campagne pour que le blocus économique de

la Yougoslavie soit levé, et contre toute autre action hostile qui serait entreprise pour

éteindre et faire disparaître ce foyer révolutionnaire.

Elles dénonceront le danger toujours réel qu'un compromis entre l'impérialisme et

la bureaucratie soviétique ne s'établisse au détriment de la Yougoslavie, et les

agissements hostiles et les diverses pressions que les impérialistes exercent déjà sur

la Yougoslavie en vue de l'assujettir.

Elles amplifieront dans les usines, les syndicats et les milieux progressistes

intellectuels le mouvement pour l'envoi de délégations et de brigades en Yougoslavie

et pour que celles-ci mènent campagne à leur tour.

Elles lieront le mouvement révolutionnaire yougoslave au mouvement international

par des actions communes et des accords de front unique sur les plans tels que la

défense de la démocratie syndicale, le rétablissement de l'unité syndicale mondiale,

la solidarité ouvrière internationale, l'union des intellectuels progressistes,

étudiants, femmes, etc.

17. Ayant triomphé dans un petit pays économiquement et culturellement arriéré, de

majorité paysanne, et pris entre l'impérialisme et le Kremlin, la révolution yougoslave

éprouvera des difficultés à parvenir au moyen de ses propres forces et par son propre

dynamisme à des étapes supérieures si elle reste longtemps isolée, sans un appui actif

du prolétariat international.

De ce point de vue, seule sa jonction avec la révolution mondiale assurera sa

progression constante et son épanouissement socialiste.

Entre-temps, il est du devoir de l'avant-garde révolutionnaire internationale de

venir à son aide sur tous les plans et de comprendre que ses responsabilités ne sont

pas moindres que celles du Parti communiste yougoslave en ce qui concerne le sort

futur de la révolution yougoslave.

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 3, p. 342–349 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

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