Camarades, amis !
La récente conférence internationale pour la IVe Internationale s'est déroulée sous le signe de la montée révolutionnaire en Europe occidentale. En France, en Espagne et en Belgique se décide le sort non seulement du prolétariat européen, mais aussi de celui de tous les continents pour des années, sinon pour des dizaines d'années. Le prolétariat espagnol est entré dans une lutte héroïque. Tandis que Mussolini et Hitler ne se gênent pas d'envoyer aux généraux réactionnaires des avions et des bombes, Staline et Blum abandonnent le prolétariat espagnol à son destin. La IIe et la IIIe Internationale sont trop intimement liées avec la bourgeoisie mondiale pour s'en dégager même au moment où se joue leur propre peau.
Ce qu'il faut aujourd'hui, ce sont non pas des manifestations platoniques de solidarité, non pas une philanthropie impuissante, mais le soutien effectif de l'avant-garde révolutionnaire par tous les moyens qui sont à notre disposition. Au moment où ces lignes sont écrites, la section française s'apprête à envoyer une équipe composée d'artilleurs, d'aviateurs, de techniciens, de médecins et d'infirmières et qui est sur le point de partir en Espagne. Nos forces financières sont faibles et notre aide matérielle est insuffisante. Mais la valeur de notre action d'assistance consiste avant tout à donner un exemple au prolétariat mondial, afin que les ouvriers de chaque usine et que chaque municipalité ouvrière fassent également preuve de solidarité.
Mais ce qui est décisif, c'est la signification politique de cette action. Seule la IV° Internationale, exempte de tout compromis avec la bourgeoisie, préconise sans réticence et ouvertement la plus étroite fraternité d'armes avec le prolétariat espagnol. Nous pouvons et nous devons faire comprendre à chaque prolétaire avancé que c'est seulement dans le renforcement de la nouvelle internationale révolutionnaire que réside le gage de la victoire définitive.
Désormais, c'est le tour de l'Espagne, de la France et de la Belgique. Nous devons concentrer toutes nos forces sur ces pays pour arracher le prolétariat des tenailles fascistes. Seules des organisations fortes de la IV° Internationale en Europe occidentale seront capables d'ouvrir à temps les yeux au prolétariat sur le caractère trompeur de l'alliance de ses leaders réformistes et staliniens actuels avec les sommets de la bourgeoisie ; seules des sections fortes seront capables de rassembler autour d'elles la majorité écrasante du prolétariat et de la paysannerie, afin de les mener à la victoire dans les luttes décisives qui viennent.
Révolutionnaires de tous les pays du monde, nous vous appelons ! Aidez l'avant-garde prolétarienne de France, d'Espagne et de Belgique ! Nos idées justes seules ne suffisent point. Elles doivent s'emparer des masses pour devenir forces matérielles. Certes, les sections de la IVe Internationale sont pauvres. Dans ses rangs il n'y a ni ministres ni « commissaires du peuple ». Elles ne s'appuient que sur votre dévouement et vos sacrifices. Mais les sacrifices que vous faites maintenant porteront dans l'avenir mille fruits. Car le succès dans votre propre pays dépendra aussi de manière décisive de qui l'emportera en Europe occidentale : la révolution prolétarienne ou la réaction fasciste.
Camarades, amis ! Le temps presse. Menez avec nous la campagne mondiale de soutien pour les révolutionnaires de France, d'Espagne et de Belgique ! Ne tardez pas ! Solidarité !
Le Secrétariat international pour la IVe Internationale P.S. — Adresser l'argent à la direction de la section dans votre pays, en indiquant la
destination. Celle-ci le transmettra au SI qui publiera au fur et à mesure les
rentrées dans le service d'information et de presse du SI, ainsi que dans la presse
française et belge. La répartition entre les trois pays sera effectuée par le SI selon
les nécessités.