La conférence représentant les diverses organisations qui luttent en Europe et dans le monde entier pour la IVe Internationale vous adresse le salut le plus chaleureux, avec l'espoir passionné que vos magnifiques efforts seront couronnés du triomphe sur tous les ennemis du peuple en armes.
Une fois de plus, par votre héroïsme et votre élan irrésistible, vous donnez aux ouvriers et aux opprimés du monde entier la démonstration qui découle de toutes les luttes sociales de notre époque : seul le fusil sur l'épaule de l'ouvrier peut garantir la liberté, le pain et la paix des travailleurs.
C'est pour avoir été détournée par le Front populaire de ses tâches révolutionnaires (s'emparer du pouvoir, détruire la bourgeoisie et ses soutiens, l'armée, la police, etc., donner la terre aux paysans, organiser les soviets, armer le peuple) que la classe ouvrière, depuis cinq ans, se débat dans des convulsions sanglantes. C'est le Front populaire qui, en se cantonnant systématiquement dans les cadres du régime capitaliste et de son État démocratique bourgeois, a alimenté l'insurrection militariste fasciste qui a failli porter un coup mortel à la révolution espagnole. La capitulation complète des partis ouvriers devant les radicaux et leur programme a permis au capital financier de se servir des radicaux et du régime démocratique pour maintenir le corps d'officiers fascistes et réactionnaires, c'est-à-dire pour préparer en fait l'insurrection fasciste.
Sans les milices ouvrières, arrachant les armes aux ministres libéraux, sans la levée en masse du peuple armé, Madrid serait aujourd'hui aux mains des fascistes. Mais l'héroïsme et la combativité ne suffisent pas pour vaincre. Il faut la préparation et l'entraînement. C'était la leçon qui résultait de la défaite des Asturies. Malgré cela, le Front populaire s'est employé à entraver et à combattre comme étant des « provocations » la seule propagande pour la milice ouvrière.
Aujourd'hui les faits sont là. La guerre civile traîne, faute d'une préparation et d'une politique révolutionnaire préalable.
La IIe et la IIIe Internationale et chacun de leurs gouvernements (Blum et Staline) se couvrent de l'hypocrite excuse de neutralité pour ne rien faire pour les combattants d'Espagne. Pendant ce temps, les gouvernements fascistes (Italie, Allemagne) arment la contre-révolution.
Malheur au peuple espagnol s'il se laisse encore tromper et endormir, s'il garde sa confiance en ceux qui par leur politique de désarmement du peuple ont alimenté les forces de la réaction fasciste !
La fin des souffrances de la guerre civile et l'issue victorieuse de la lutte sont étroitement liées à la capacité de la classe ouvrière d'Espagne de forger, aux cours de ses combats, sa nouvelle direction, un véritable parti révolutionnaire. Les intérêts de la révolution espagnole se confondent avec les intérêts historiques de la IVe Internationale.
Pour aller de l'avant dans la voie de la victoire, le peuple travailleur doit s'organiser dans les comités révolutionnaires (soviets). Il faut exproprier et balayer la bourgeoisie et instaurer le gouvernement ouvrier et paysan.
Il faut forger les cadres et consolider les rangs de la milice ouvrière et paysanne, organiser l'armée rouge. Il faut donner la terre aux paysans.
La réaction a fait du Maroc un rempart contre le peuple espagnol. Un peuple qui opprime un autre peuple ne peut pas se rendre libre. Libérez le peuple marocain ! Vous en ferez un allié formidable pour jeter à la mer les bandits de Franco et pour écraser vos ennemis sur votre péninsule
Travailleurs de France, de Belgique, d'Angleterre, travailleurs de tous les pays !
La lutte du peuple espagnol est la vôtre et celle de nous tous. Pas de neutralité possible !
Les fascistes de Rome et de Berlin arment les fascistes d'Espagne.
Il faut aider le peuple espagnol par tous les moyens : en lui envoyant des armes, en sabotant l'armement du camp fasciste, en ravitaillant la révolution, en affamant la contre-révolution, en organisant l'assistance et l'hébergement pour les familles et les enfants des victimes, en formant dès maintenant partout des comités de soutien de la révolution espagnole. Il faut que dans tous les ports, et sur toutes les voies de transport soit sabotée systématiquement par les ouvriers toute espèce de ravitaillement en armes ou en provisions des fascistes.
Mais le meilleur moyen d'aider les révolutionnaires espagnols, c'est d'en suivre l'exemple dans la lutte contre le fascisme de nos propres pays, en chassant ceux qui veulent désarmer les travailleurs, matériellement et politiquement, en menant l'offensive révolutionnaire contre notre propre bourgeoisie, pour son renversement par les soviets des ouvriers et des paysans.
Vive la révolution espagnole victorieuse !
Vive la solidarité active du prolétariat international !
Vive le parti mondial de la révolution sociale, la IV° Internationale !