Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Pour le centenaire de la Ire Internationale

novembre 1964 · Secrétariat unifié · La réunification : le VIIe Congrès mondial et après (1963-1965) · 1 088 mots

In English: World Outlook Vol. 2, No. 32, 25 September 1964 (texte anglais publié, pas encore en ligne ici).

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Déclarations du Secrétariat Unifié de la IV° Internationale

Pour le centenaire de la I" Internationale

Il y a un siècle, le 28 septembre 1864, l'Association Internationale des Travailleurs tenait à Londres son assemblée constitutive. Pour la première fois, le prolétariat du monde entier possédait sa propre organisation politique internationale.

Malgré des limitations politiques, une faiblesse organisationnelle et des luttes internes dévorantes, la Première Internationale s'est acquittée de tâches d’importance historique. Pour la première fois, des organisations nationales de la classe ouvrière se montraient capables de tirer profit de l'expérience commune, de la connaissance et de la capacité du mouvement prolétarien pris dans son ensemble.

Eïles apprirent à unir leurs forces contre l'ennemi commun.

La Première Internationale ne s’est pas révélée capable de mener son entreprise à bonne fin. Cependant, son programme, enrichi d'expériences et de connaissances nouvelles, se trouva matérialisé dans des organisations internationales successives.

La Deuxième Internationale a créé de grands partis de masse et véhiculé le savoir du socialisme scientifique auprès de millions de travailleurs particulièrement en Europe occidentale, avant de s'écrouler ignominieusement en 1914 face à la tâche pour laquelle elle se préparait depuis des années, à savoir, présenter une opposition socialiste révolutionnaire contre la guerre impérialiste.

La Troisième Internationale fut le témoin de la consolidation du premier Etat ouvrier, à la suite de la première révolution ouvrière victorieuse en 1917, et a semé les graines du socialisme révolutionnaire d’un bout à l’autre du monde colonial. Après que la bureaucratie conservatrice conduite par Staline eut usurpé le pouvoir en Union soviétique, la Troisième Internationale devint un instrument de la politique étrangère de Moscou, fut même dirigée contre .les soulèvements révolutionnaires de nombreux pays, pour être finalement dissoute par Staline en

Dans quelle mesure les principes fondamentaux du marxisme ont-ils favorable-ment résisté à l'épreuve de cent années ? Les porte-parole capitalistes disent que le marxisme a fait fiasco. Les révisionnistes ne se sont pas lassés de répéter que les idées de Marx nécessitent une refonte radicale. La vérité, c’est que le marxisme, tout particulièrement dans le domaine où il a été élargi et enrichi par des figures telles que Lénine, Trotsky et Rosa Luxembourg, offre la seule clé de la compré-hention rationnelle du monde, et la seule méthode efficace de changer la société pour le mieux.

En particulier, les cent années de luttes passées, y compris de grandioses victoires et d’amères défaites, montrent que Marx et Lénine avaient parfaitement raison de mettre en garde contre l’utopie de croire qu’une « voie pacifique » au socialisme peut être trouvée. La preuve la plus récente doit être recherchée dans les exemples que constituent Cuba et l’Algérie. à

Dans le monde d’aujourd’hui, des problèmes complexes et délicats se posent à la classe ouvrière internationale. Construisant sur ce que les trois Internationales précédentes avaient produit de mieux, la Quatrième Internationale offre les vues pénétrantes du marxisme vivant. Aux travailleurs de l’Union soviétique et des autres Etats ouvriers, elle offre la seule explication rationnelle de l'étrange phénomène du stalinisme, que, sous la conduite de Léon Trotsky elle a combaïtu dès ses premières manifestations. Les révélations partielles faites par Khrouchtchev au XX* Congrès du Parti Communiste de l’Union soviétique confirment de la manière la plus flagrante j’analyse faite par Trotsky des décennies auparavant. De même, ces révélations ont confirmé la justesse de la plate-forme de la Quatrième Internationale pour les Etats ouvriers, à savoir l'instauration d’une démocratie prolétarienne, telle que la définissait et l’expliquait Lénine dans L'Etat et la Révolution.

Aujourd’hui, la classe ouvrière internationale affronte une tâche à l'échelle du monde entier. D’une part, il lui faut parachever la révolution coloniale qui débuta avec le triomphe de la Révolution chinoise en 1949 et atteignit un nouveau point culminant dix ans plus tard avec la victoire à Cuba. D'autre part, il lui faut entreprendre et mener rapidement à leur terme des victoires socialistes dans les pays capitalistes hautement développés.

Cette voie est la seule qui soit sûre d'empêcher une troisième guerre mondiale et l’éventuelle suppression physique de l’humanité par un conflit nucléaire. C’est la seule voie qui permette de parvenir à un monde qui garantisse l'égalité sociale, l'égalité de l’homme et de la femme, des jeunes et des vieux. Un monde d’abondance illimitée, riche de possibilités d’épanouissement de la personnaïté humaine, du bien-être matériel et social du berceau à la tombe, le monde sociahste lumineux d’une paix durable et de Ja fraternité humaine.

Le chemin qui conduit hors de la jungle capitaliste n’est pas facile à suivre. Il est semé d'obstacles. Certains des problèmes essentiels sont maintenant l’objet de dicussions de la part des ouvriers avancés de tous les continents tout particulièrement en liaison avec le d'fférend sino-soviétique. Dans cette controverse, nous sommes persuadés que les dirigeants communistes chinois ont exprimé bien des choses justes, mais que leurs positions sont profondément erronées quant au rôle joué par Staline. Il n’est pas une seule personne qui ait fait autant que Staline pour changer des possibles victoires prolétariennes en défaites certaines et pour freiner, mutiler et briser l’élan des révolutions socialistes.

La commémoration du centenaire de la Première Internationale ne serait qu’un exercice de style si elle n’était faite dans le but de ranimer et de renforcer l'internationalisme prolétarien. Reconnaissons que les forces qui s'opposent à ce genre d’internationalisme sont encore fortes et que cette résistance est enracinée dans les bureaucraties des organisations ouvrières. Il faut mener le combat contre cette tendance conservatrice et réactionnaire. Ainsi que l’ont montré les fondateurs de la Première Internationale, le prolétariat du monde entier a le plus pressant besoin de sa propre organisation mondiale pour lutter contre un ennemi mondial.

Après que la Troisième Internationale eut été corrompue par la bureaucratie soviétique, puis, finalement dissoute par Staline, le programme établi par les quatre premiers Congrès de la Troisième Internationale a été préservé par Léon Trotsky. Il est devenu partie du programme fondamental de la Quatrième Internationale fondée en 1938.

La Quatrième Internationale est la seule organisation qui ait assuré la continua-. tion de la théorie et de la pratique du socialisme révolutionnaire mis en vigueur pour la première fois sur le plan organisationnel par la Première Internationale.

Quelles que puissent être vos opinions, quelles que puissent être vos divergences avec d’autres organisations de la classe ouvrière, en ce jour unissons-nous dans la célébration du grand début historique accompli par la Première Internationale. Et faisons le serment de nous engager à rechercher les moyens de nous unir dans une lutte commune contre le capitalisme et l’impérialisme, dans l'esprit de l'unité prolétarienne internationale.

PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !

Source : Quatrième Internationale, n°23, novembre 1964 · scan (Radar, 16-014-00103).

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