(1) Dans son numéro 1, la revue New International, lancée par les dirigeants de la RWL canadienne et du SWP des Etats-Unis, publie une introduction signée par Steve Clark, Larry Seigle et John Riddle, dans laquelle on relève à propos de l'article de Jack Barnes « Their Trotsky and Ours » le passage suivant :
« Une agence policière des Etats-Unis est entrée également en action en menant une opération de sabotage style « cointelpro ». Une bande enregistrée fut envoyée anonymement des Etats-Unis : on prétendait qu'il s'agissait de l'enregistrement d'un discours (prononcé par Jack Barnes). Ceux qui l'ont reçue, en estimant qu'elle était authentique et commettant l'erreur de ne faire aucune vérification, en ont fait une transcription qui a été largement distribuée, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne à l'Australie. La nature politique des différences entre le discours et la transcription parisienne indique clairement que l'enregistrement anonyme a été falsifié ».
Procédant par amalgames et insinuations, cette présentation suggère que le Secrétariat Unifié aurait fait circuler, « sans la vérifier », une version du discours de Jack Barnes à Chicago, « falsifiée par une agence policière ».
(2) Ces insinuations sont d'une grossière malhonnêteté : - Lors de sa réunion de janvier 1983, le SU a entendu, en présence d'un camarade de la direction du SWP, un rapport détaillé de son représentant au congrès de la YSA, sur le discours du camarade Barnes. Pour pouvoir discuter précisément des problèmes politiques sérieux posés par ce discours public, il fut demandé aux camarades du SWP de fournir pour la réunion de mars du SU une transcription du discours éditée par leurs soins ou, s'ils n'en avaient pas le temps, un enregistrement que le Bureau du SU se chargerait de faire transcrire et traduire. En l'absence de réponse des camarades du SWP, le Bureau du SU a pris l'initiative de faire transcrire et traduire l'enregistrement reçu entre-temps. L'enregistrement et la transcription ont été contrôlés par le camarade qui représentait le SU à Chicago. La transcription a été envoyée à la direction du SWP, qui n'a communiqué en retour ni accusé de réception ni commentaires. Le SU a donc fait ce qui était en son pouvoir pour « vérifier » l'authenticité de la version diffusée à ses membres, et à eux' seuls, avec les précautions qu'atteste la lettre de présentation en date du 11/3/83. - la version du discours finalement élaborée et publiée par New International sous forme d'article, plus de six mois plus tard confirme le contenu du texte distribué au SU de mars et l'authenticité de l'enregistrement initial.
(3) Par conséquent, le SU a) condamne catégoriquement les insinuations sans preuves publiées par New International. b) souligne que, s'ils avaient été sincères dans leurs préoccupations et loyaux envers la IV• Internationale, les responsables de N.I. n'auraient pas attendu plusieurs mois pour diffuser publiquement des accusations aussi graves, ils l'auraient fait immédiatement et dans le cadre des instances régulières de l'Internationale. Leur silence puis leur accusation publique relèvent donc de l'irresponsabilité ou de la provocation pure et simple. c) souligne que l'accusation publique d'avoir été trompé ou manipulé dans le cadre d'une falsification policière constitue une des calomnies traditionnelles contre le mouvement trotskyste, dont le SWP a eu lui même souvent à souffrir. Il n'est pas tolérable que ce genre de procédé s'introduise dans les rangs même de l'Internationale. d) demande aux responsables de N.I. de publier dans leur prochain numéro la présente mise au point et de corriger euxmêmes les insinuations contre le SU. e) décide de publier la présente motion dans la revue Quatrième Internationale.