Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

L'Opposition de gauche internationale, ses tâches, ses méthodes

Written by Trotsky at Prinkipo, 22 décembre 1932 · La préconférence de l’Opposition de gauche internationale (4-8 février 1933) · 8 987 mots

In English: Marxists Internet Archive (texte publié, sur un autre site).

(En vue de la prochaine conférence internationale.)

La tâche de la prochaine conférence internationale de l'Opposition de gauche (bolcheviks-léninistes) consiste à adopter une plate-forme clairement et exactement formulée, un statut d'organisation et à élire les instances dirigeantes. Le travail intérieur théorique, politique et organisationnel de l'Opposition de gauche dans les divers pays, surtout pendant les quatre dernières années, a créé les prémisses suffisantes pour accomplir cette tâche.

Les documents fondamentaux programmatiques et politiques de l'Opposition de gauche ne sont pas édités en moins de quinze langues. L'Opposition de gauche dispose de 32 périodiques dans 16 pays. Elle a réorganisé et fortifié ses sections dans 9 pays et en a créé de nouvelles pendant les trois dernières années dans 7 pays. Mais la conquête la plus importante et la plus précieuse est l'élévation incontestable du niveau théorique de l'Opposition de gauche internationale, la cohésion croissante de ses idées et son initiative révolutionnaire grandissante.

Origine de l'Opposition de gauche en URSS

L'Opposition de gauche se dressa en 1923, il y a dix ans, dans le pays de la révolution d'Octobre, dans le parti dirigeant du premier État ouvrier. L'arrêt dans le développement de la révolution mondiale provoqua inévitablement une réaction politique dans le pays de la révolution d'Octobre. Une contre-révolution achevée signifie le remplacement de la domination d'une classe par celle d'une autre : la réaction commence et se développe pendant la domination de la classe révolutionnaire. La force motrice de la réaction contre Octobre fut la petite bourgeoisie, surtout les sommets de la paysannerie. La bureaucratie, apparentée à la petite bourgeoisie, se présentait comme le porte-parole de cette réaction. Trouvant un appui dans la pression des masses petites-bourgeoises, elle conquit, aux dépens du prolétariat, une indépendance très large. Passant en fait du programme de la révolution internationale au national-réformisme, elle fit de la théorie du socialisme dans un seul pays sa doctrine officielle. L'aile gauche du prolétariat tomba sous les coups de la bureaucratie soviétique unie aux masses petites-bourgeoises, principalement aux masses paysannes, et même à certaines couches d'ouvriers. Telle est la dialectique du remplacement du léninisme par le stalinisme.

Après la défaite organisationnelle de l'Opposition de gauche, la politique officielle devint définitivement une politique de louvoiement empirique entre les classes. La dépendance de la bureaucratie envers le prolétariat s'est cependant manifestée en ce que, malgré la série de ses tentatives, elle n'osa pas ou ne put pas renverser les conquêtes fondamentales de la révolution d'Octobre : la nationalisation de la terre, la nationalisation de l'industrie, le monopole du commerce extérieur. De plus, vers 1928, se sentant menacée par ses alliés petits-bourgeois, surtout par les koulaks, de la perte de tout appui dans le prolétariat, la bureaucratie du parti exécuta un brusque tournant à gauche, Les produits extrêmes de ce zigzag furent les rythmes aventuriers de l'industrialisation, la collectivisation généralisée et la défaite administrative des koulaks. La désorganisation de l'économie provoquée par cette politique aveugle amena au commencement de cette année un nouveau tournant à droite.

Par sa position privilégiée et ses méthodes administratives de pensée, la bureaucratie soviétique possède bien des traits communs avec la bureaucratie réformiste des pays capitalistes. Elle est beaucoup plus encline à avoir confiance dans le Kouo-min-tang « révolutionnaire », la bureaucratie « gauche » des Trade Unions bureaucratiques, les « amis » petits-bourgeois de l'Union soviétique, les pacifistes libéraux et radicaux que dans l'initiative révolutionnaire et indépendante du prolétariat. Cependant, la nécessité de défendre sa position dans l'État ouvrier amène chaque fois la bureaucratie soviétique en conflit avec les laquais réformistes du capital. Ainsi, dans des conditions historiques particulières, s'est dégagée du bolchevisme prolétarien la fraction du centrisme bureaucratique qui a plaqué sa main pesante sur toute une époque du développement de la République soviétique et de la classe ouvrière mondiale.

Le centrisme bureaucratique est la défiguration la plus frauduleuse de l'État ouvrier, mais, même bureaucratiquement défigurée, l'Union soviétique reste un État ouvrier. Transformer la lutte contre la bureaucratie centriste en lutte contre l'État soviétique signifierait se placer sur le même plan que la clique staliniste qui déclare : « l'État, c'est moi ».

La défense inconditionnelle de l'Union soviétique contre l'impérialisme mondial est une tâche si élémentaire pour chaque prolétaire révolutionnaire que, sur cette question, l'Opposition de gauche n'admet dans son sein ni hésitations ni doutes. Comme elle l'a fait jusqu'à présent, elle rompra sans pitié avec tous les groupes et éléments qui essaieraient de prendre une position « neutre » entre l'Union soviétique et le monde capitaliste (Monatte-Louzon en France, groupe Urbahns en Allemagne, etc.).

L'Opposition de gauche dans les pays capitalistes

La IIIe Internationale surgit en tant que résultat immédiat de l'expérience acquise par les ouvriers avancés dans la guerre impérialiste, dans l'époque d'ébranlement d'après-guerre et surtout dans la révolution d'Octobre. Cela prédéterminait le rôle dirigeant du bolchevisme russe dans la IIIe Internationale et, par conséquent, l'influence de ses luttes intérieures sur le développement des autres sections nationales. Il est cependant absolument injuste de considérer l'évolution de l'Internationale communiste dans les dix dernières années comme le simple reflet de la lutte fractionnelle dans le Parti communiste de l'Union soviétique. Dans le développement du mouvement ouvrier mondial, il y avait des causes internes qui poussaient les jeunes sections de l'IC vers la bureaucratie stalinienne.

Les premières années après la guerre furent partout, surtout en Europe, une époque d'attente du renversement proche de la domination bourgeoise. Mais, au moment où éclata la crise intérieure du PCUS, la majorité des sections européennes en étaient arrivées à subir les premières grandes défaites et déceptions. Notamment, la retraite impuissante du prolétariat allemand en octobre 1923 produisit une forte dépression. Une nouvelle orientation politique devint pour la majorité des partis communistes une nécessité interne. Quand la bureaucratie soviétique, exploitant la désillusion des ouvriers russes envers la révolution européenne, émit la théorie nationale-réformiste du socialisme dans un seul pays, la jeune bureaucratie des autres pays respira avec soulagement : la nouvelle perspective lui ouvrait une voie vers le socialisme indépendamment de la marche de la révolution internationale. Ainsi la réaction intérieure en URSS coïncida avec la réaction dans les pays capitalistes et créa les conditions pour une répression administrative couronnée de succès de la bureaucratie centriste contre l'Opposition de gauche.

Dans leur mouvement continu vers la droite, les partis communistes se heurtèrent cependant au Kouo-min-Tang réel, à la bureaucratie réelle des Trade Unions et de la social-démocratie, comme les staliniens se heurtèrent aux koulaks réels. Le nouveau zigzag, qui se manifesta après cela, amena la rupture de la majorité officielle de l'IC en un centrisme dirigeant et une aile d'opposition de droite.

Dans le camp du communisme, on peut ainsi, pendant les trois dernières années, observer trois groupements fondamentaux : l'aile marxiste (bolcheviks-léninistes), la fraction centriste (staliniens), et enfin l'aile droite, au fond droite-centriste (brandlériens) glissant immédiatement au réformisme. Le développement politique, dans presque tous les pays sans exception, a confirmé et confirme tous les jours la justesse et la réalité vivante de cette classification.

Il reste extrêmement caractéristique que le centrisme, pendant de longues périodes, travailla la main dans la main avec les droitiers comme avec un courant principalement apparenté, mais ne fit jamais bloc avec les bolcheviks-léninistes contre eux. Comme tout opportunisme, l'aile droite, considérée à l'échelle internationale se caractérise par une hétérogénéité extrême, par les contradictions de ses diverses parties nationales, jointes à une hostilité commune irréductible à l'égard des bolcheviks-léninistes.

En URSS, dans les conditions de la dictature, en l'absence de partis légaux d'opposition, l'opposition de droite devient inévitablement l'instrument de la pression des forces des classes hostiles au prolétariat : en cela consiste le danger principal de l'opposition de droite ; d'autre part, la conscience de ce danger paralyse ceux des dirigeants de l'opposition de droite qui, par tout leur passé, sont attachés au parti. Dans les pays capitalistes où, à droite du PC, se déploient toutes les nuances du réformisme, l'opposition de droite (brandlériens) n'a aucun champ d'action. Directement ou indirectement, l'opposition de droite cède à la social-démocratie ses organisations de masse, dans la mesure où elle en a eu (Tchécoslovaquie, Suède), sauf des éléments révolutionnaires qui trouvent la voie vers les bolcheviks-léninistes (Tchécoslovaquie, Pologne). Les cadres brandlériens qui existent encore çà et là (Allemagne, États-Unis) fondent leurs calculs sur l'espoir que, tôt ou tard, la bureaucratie stalinienne les graciera et les rappellera ; en vertu de cette perspective, ils mènent contre l'Opposition de gauche une campagne de calomnies tout à fait dans l'esprit du stalinisme.

Les principes fondamentaux de l'Opposition de gauche

L'Opposition de gauche internationale se situe sur la base des quatre premiers congrès de l'IC. Cela ne signifie pas qu'elle jure fidélité à chaque lettre de leurs décisions, parmi lesquelles certaines eurent un caractère purement conjoncturel et qui, dans leurs divers résultats pratiques, se trouvèrent démenties par la pratique ultérieure. Mais toutes les décisions fondamentales (attitude envers l'impérialisme et l'État bourgeois, la démocratie et le réformisme : problèmes de l'insurrection ; dictature du prolétariat ; attitude envers la paysannerie et les nations opprimées ; soviets ; travail dans les syndicats ; parlementarisme ; politique du front unique) restent encore maintenant la plus haute expression de la stratégie prolétarienne à l'époque de la crise du capitalisme.

L'Opposition de gauche internationale rejette les décisions révisionnistes des Ve et VIe congrès et considère comme nécessaire une refonte radicale du programme de l'IC, dans lequel l'or du marxisme est absolument avilie par le plomb du centrisme.

Conformément à l'esprit et au sens des décisions des quatre premiers congrès et en poursuivant leur développement, l'Opposition de gauche propose, développe théoriquement et réalise pratiquement les principes suivants :

1. Indépendance du parti prolétarien, toujours et en toutes circonstances ;

condamnation de la politique du Comité anglo-russe ; condamnation de la

théorie staliniste des partis bipartistes ouvriers-paysans et de toute la

pratique basée sur cette théorie ; condamnation de la politique du congrès

d'Amsterdam, où le Parti communiste s'est dissous dans le marais pacifiste.

2. Reconnaissance du caractère international et par là même permanent de la

révolution prolétarienne ; rejet de la théorie du socialisme dans un seul pays,

ainsi que de la politique du national-bolchevisme en Allemagne, qui la

complète (plate-forme de la « libération nationale »).

3. Reconnaissance de l'État soviétique comme État ouvrier, malgré la perversion

grandissante du régime bureaucratique. Obligation inconditionnelle pour tout

ouvrier de défendre l'État soviétique aussi bien contre l'impérialisme que

contre la contre-révolution intérieure.

4. Condamnation de la politique économique de la fraction stalinienne aussi bien

dans son stade d'opportunisme économique des années 1923-1928 (lutte

contre les « super industrialisateurs » et appui sur le koulak) que dans son

stade

d'aventurisme

économique

des

années

1928-1932

(rythmes

d'industrialisation

exagérés,

collectivisation

généralisée,

liquidation

administrative des koulaks en tant que classe) ; condamnation de la criminelle

légende bureaucratique selon laquelle l'Union soviétique serait déjà « entrée

dans le socialisme ». Reconnaissance de la nécessité du retour à la politique

économique réaliste du léninisme.

5. Reconnaissance de la nécessité du travail systématique dans les organisations

prolétariennes

de

masse,

surtout

dans

les

syndicats

réformistes.

Condamnation de la théorie et de la pratique des syndicats rouges (RGO) en

Allemagne et des organisations analogues dans d'autres pays.

6. Rejet de la formule « dictature démocratique du prolétariat et de la

paysannerie » comme régime spécial différant de la dictature du prolétariat,

entraidant derrière lui les masses paysannes et, en général, les masses

opprimées. Rejet de la théorie antimarxiste de la transformation pacifique de

la dictature démocratique en dictature socialiste.

7. Reconnaissance de la nécessité de la mobilisation des masses sous des mots

d'ordre transitoires, répondant à la situation concrète de chaque pays, et en

particulier sous des mots d'ordre démocratiques dans la mesure où il s'agit de

la lutte contre les conditions féodales, contre l'oppression nationale ou contre

les diverses formes de la dictature impérialiste avouée (fascisme,

bonapartisme, etc.).

8. Reconnaissance de la nécessité d'une large politique de front unique vis-à-vis

des organisations ouvrières de masse, aussi bien syndicales que politiques, y

compris la social-démocratie en tant que parti. Condamnation du mot d'ordre

ultimatiste du « front unique seulement à la base » qui signifie pratiquement

le refus d'une politique de front unique et par conséquent, le refus de créer

des soviets. Condamnation de l'application opportuniste de la politique du

front unique, comme dans le Comité anglo-russe (bloc avec les chefs sans les

masses et contre les masses), double condamnation de la politique de l'actuel

Comité central allemand qui allie le mot d'ordre ultimatiste « seulement à la

base » à la pratique opportuniste des combinaisons parlementaires

occasionnelles avec les, sommets social-démocrates.

9. Rejet de la théorie du social-fascisme et de toute la pratique qui lui est

attachée, parce que servant, d'une part le fascisme et, d'autre part, la social-

démocratie.

10. Distinction dans le champ du communisme actuel de trois groupements :

marxiste, centriste et droitiers ; reconnaissance de l'impossibilité d'unions

politiques avec les droitiers contre le centrisme ; appui au centrisme contre

l'ennemi de classe ; lutte implacable et systématique contre le centrisme et sa

politique en zigzag.

11. Reconnaissance de la nécessité de la démocratie intérieure au parti non

seulement en paroles, mais aussi en fait ; condamnation impitoyable du

régime stalinien plébiscitaire (piétinement de la pensée et de la volonté du

parti, usurpation, suppression frauduleuse d'informations au parti, etc.).

Les principes fondamentaux énumérés ci-dessus, qui ont une importance

décisive pour la stratégie prolétarienne à l'époque actuelle, opposent

implacablement l'Opposition de gauche à la fraction centriste dirigeante

actuellement en URSS et dans l'IC. La reconnaissance de ces principes sur la

base des quatre premiers congrès de l'Internationale communiste représente

la condition nécessaire pour l'admission de diverses organisations, groupes

et individus au sein de l'Opposition de gauche internationale.

Fraction et non parti

L'Opposition de gauche internationale se considère comme fraction de l'IC, de même que ses diverses sections se considèrent comme les fractions des PC nationaux. Cela signifie que l'Opposition de gauche ne considère pas comme définitif le régime organisationnel créé par la bureaucratie stalinienne. Au contraire, son but est d'arracher le drapeau du bolchevisme des mains de la bureaucratie usurpatrice et de rétablir l'Internationale communiste sur la base des principes de Marx et de Lénine. Qu'une telle politique soit la seule juste dans les conditions actuelles, cela est confirmé aussi bien par l'analyse théorique que par l'expérience historique.

Bien que les conditions particulières du développement de la Russie aient amené le bolchevisme à la rupture définitive avec le menchevisme dès 1912, le Parti bolchevique continua à faire partie de la IIe Internationale jusqu'à la fin de 1914. Il fallut la leçon de la Première Guerre mondiale pour poser la question d'une nouvelle internationale, il fallut la révolution d'Octobre pour constituer cette nouvelle internationale.

Une catastrophe historique telle que l'écroulement de l'État soviétique emporterait évidemment aussi avec elle la IIIe Internationale. De même, la victoire du fascisme en Allemagne et l'écrasement du prolétariat allemand permettraient à peine à l'IC de survivre aux résultats de sa politique désastreuse. Mais qui donc, dans le camp de la révolution, oserait affirmer actuellement qu'on ne peut éviter ni prévenir l'écroulement du pouvoir soviétique ou la victoire du fascisme en Allemagne ? Pas l'Opposition de gauche, en tout cas. Sa politique, au contraire, est entièrement orientée pour défendre l'Union soviétique et pour aider le prolétariat allemand non seulement à se mesurer avec le fascisme, mais aussi à conquérir le pouvoir. Restant sur le terrain de la révolution d'Octobre et de la IIIe Internationale, l'Opposition de gauche rejette l'idée de partis communistes parallèles.

La responsabilité de la scission du communisme retombe entièrement sur la bureaucratie stalinienne. À tout moment, les bolcheviks-léninistes sont prêts à rejoindre les rangs de l'IC et à observer scrupuleusement la discipline dans l'action, tout en menant en même temps sur la base de la démocratie intérieure au parti une lutte implacable contre le centrisme bureaucratique. Mais aujourd'hui, dans les conditions de la scission, notre appartenance à l'Internationale communiste peut s'exprimer non par notre autolimitation organisationnelle, non par le refus d'initiative politique indépendante et du travail de masses, mais dans le contenu même de notre politique. L'Opposition de gauche ne s'adapte pas à la bureaucratie stalinienne, elle ne se tait pas sur ses crimes ; au contraire, elle les soumet à sa critique implacable. Cependant, le but de la critique ne consiste pas à opposer des partis concurrents aux partis communistes existants, mais à attirer aux côtés de l'Opposition de gauche le noyau prolétarien fondamental des partis officiels, et, de cette façon, à rétablir ceux-ci sur leur base marxiste.

C'est en URSS que cette question se pose de la façon la plus claire et la plus aiguë. La politique du second parti y signifierait une politique d'insurrection armée et de nouvelle révolution. La politique de fraction signifie la réforme intérieure du parti et de l'État ouvrier. Contrairement aux calomnies de la bureaucratie stalinienne et de ses partisans, l'Opposition de gauche reste pleinement et totalement sur la voie de la réforme.

Notre attitude envers l'Internationale communiste est définie par le nom de notre fraction : Opposition de gauche. Le contenu de nos idées et de nos méthodes se caractérise assez exactement par le nom : bolcheviks-léninistes. Chacune des sections doit porter ces deux noms, qui se complètent réciproquement l'un l'autre.

La Vérité, n° 142, 16 février 1933.

Homogénéiser les rangs de l'Opposition de gauche. La composition de la conférence internationale

L'Opposition de gauche ne peut croître et se renforcer qu'à la condition de purger ses rangs d'éléments de rencontre ou étrangers.

La vague révolutionnaire d'après-guerre n'a pas seulement soulevé la jeune génération du prolétariat, elle a également revigoré une grande variété de groupes sectaires qui cherchaient leur chemin du côté de l'anarchisme, du syndicalisme, du pur propagandisme, etc. Nombreux furent ceux qui espéraient trouver un cadre favorable à leurs idées confuses dans l'Internationale communiste. Des éléments petits-bourgeois bohêmes, tirés de leur routine par les soulèvements pendant et après la guerre, se rangèrent en masse sous la bannière du communisme. Une partie de cette armée bigarrée de partisans se dispersa dans le mouvement communiste et pénétra son appareil ; les braconniers font souvent les meilleurs gendarmes. Les éléments déçus, en revanche, ou bien se détournèrent immédiatement de la politique, ou alors s'efforcèrent, en chemin, de s'attacher à l'Opposition de gauche. Ces éléments-là sont prêts à accepter les meilleurs principes, en paroles, à condition qu'ils ne les empêchent pas de demeurer des bourgeois (Paz et Cie), qu'ils ne soient pas obligés d'observer une discipline de pensée et d'action (Souvarine) ou d'abandonner leurs préjugés syndicalistes et autres (Rosmer).

Abordant la tâche de former ses rangs à l'échelle nationale aussi bien qu'internationale, l'Opposition de gauche devait bien commencer avec les divers groupes existants réellement. Mais, dès l'origine, il était clair, pour le noyau fondamental de l'Opposition de gauche internationale, qu'une combinaison mécanique de groupes séparés se considérant partie prenante de l'OGI ne se concevait que comme point de départ, et qu'ultérieurement, sur la base d'un travail théorique et politique aussi bien que de la critique interne, la sélection indispensable devait être faite. De fait, les quatre dernières années ont été, pour l'Opposition de gauche

internationale,

une

période

non

seulement

de

clarification

et d'approfondissement de la théorie dans chaque pays, mais aussi celle de sa purge d'éléments étrangers, sectaires, et bohémiens-aventuristes, sans positions de principes, qui ne se sont pas attelés sérieusement à la cause, sans lien avec les masses, dénués du sens de la responsabilité et de la discipline et, pour cela, d'autant plus enclins à écouter les voix du carriérisme (Landau, Mill, Graef, Well, et autres variantes du même type général).

Le principe du parti démocratique n'est en rien identifiable au principe de la porte ouverte. L'Opposition de gauche n'a jamais demandé aux staliniens de transformer le parti en une somme mécanique de fractions, sectes, groupes et individus. Nous accusons la bureaucratie centriste de mener une politique fondamentalement fausse qui, à chaque pas, l'amène en contradiction avec l'élite du prolétariat et de chercher à résoudre ces contradictions en étranglant la démocratie du parti. Entre la politique organisationnelle du centrisme bureaucratique et sa « ligne générale », il y a un lien indissoluble. Contrairement au stalinisme, l'Opposition de gauche est porteuse de la théorie marxiste et des acquis stratégiques du léninisme au sein du mouvement ouvrier international. Pour autant qu'il soit question de principes, l'Opposition de gauche n'a jamais rompu avec quelque groupe ou camarade que ce soit avant d'avoir utilisé toutes les méthodes de persuasion idéologique. C'est exactement pour cette raison que le travail de sélection de cadres qui a été accompli possède un caractère organique et permanent. En vérifiant les coordonnées de chacun sur la base de son bilan, l'Opposition de gauche doit poursuivre jusqu'au bout l'épuration de ses rangs, car, l'expérience l'a montré, c'est seulement de cette façon qu'elle pourra croître et éduquer ses cadres prolétariens. La conférence internationale ne peut reposer que sur le travail déjà accompli et approfondir et consolider les résultats de ce travail.

La proposition de convoquer une conférence avec chacun des groupes qui se revendique de l'Opposition de gauche (les groupes de Landau et Rosmer, les Mahnruf et Spartacos, le groupe de Weisbord, etc.) représente une tentative de faire marche arrière et démontre un manque total de compréhension des conditions et des lois de développement d'une organisation révolutionnaire et des méthodes de sélection et d'éducation de ses cadres. La préconférence non seulement rejette, mais encore condamne une telle attitude comme étant en contradiction radicale avec la politique organisationnelle du marxisme.

Sur la démocratie dans le parti

Les sections de l'Opposition de gauche, provenant de petits groupes propagandistes, sont en train de se transformer en organisations ouvrières. Cette transition met les tâches de la démocratie interne au premier rang. Des rapports organisationnels réguliers doivent finalement remplacer le type de régime dans lequel un petit nombre de camarades très proches les uns des autres et qui se comprennent, même au moyen d'indications informelles à l'extrême, prennent toutes les décisions de façon fortuite.

La base de la démocratie interne, c'est l'information régulière et complète, disponible pour tous les membres de l'organisation et traitant toutes les questions importantes de leur vie et de leur combat. La discipline ne peut être atteinte que par l'assimilation consciente de la politique de l'organisation par tous ses membres et par la confiance dans la direction. Une telle confiance ne peut s'acquérir que petit à petit, dans le cadre de la lutte commune et de l'influence réciproque. La discipline de fer qui est indispensable ne peut être imposée par le commandement pur et simple. L'organisation révolutionnaire ne peut pas se dispenser de sanctionner les éléments indisciplinés et réfractaires au cadre organisationnel ; mais de telles mesures disciplinaires ne doivent être appliquées qu'en tout dernier ressort et, de plus, à la seule condition d'un appui solide de la majorité de l'organisation.

Les objections fréquentes de type « pratique », fondées sur « la perte de temps » engendrée par l'application de méthodes démocratiques, relèvent de l'opportunisme à courte vue. L'éducation et la consolidation de l'organisation est une tâche extrêmement importante. Ni une minute ni un effort ne doivent être épargnés pour la remplir. En outre, la démocratie interne, comme seule garantie concevable contre les conflits sans principes et les scissions injustifiées, n'augmente pas, en dernière analyse, le coût global du développement, mais le réduit. Ce n'est qu'en adhérant constamment et loyalement aux méthodes de la démocratie, que les dirigeants peuvent, de leur propre autorité, prendre d'importantes initiatives dans des cas vraiment urgents sans provoquer désorganisation ou mécontentement.

La préconférence invite le secrétariat à observer l'application des principes de la démocratie interne sur le fond comme dans la forme, au sein de chaque section aussi bien que dans les relations réciproques entre le Secrétariat international et les sections, particulièrement et surtout dans la préparation de la conférence internationale.

L'Opposition de gauche en Italie (relations avec les bordiguistes)

La prétendue fraction de gauche des communistes italiens (groupe Prométéo ou bordiguistes) a ses propres traditions qui sont extrêmement différentes de celles des bolcheviks-léninistes. Les bordiguistes, nés dans le cadre de la lutte contre l'opportunisme du vieux Parti socialiste italien, à un certain stade, se placèrent sur le terrain de l'antiparlementarisme et de l'ultimatisme et persistèrent dans leur opposition au Komintern dès la période de ses quatre premiers congrès mondiaux. Leur abandon formel de l'antiparlementarisme, au lendemain du deuxième congrès mondial, ne changea rien d'essentiel à leur politique. Le refus de lutter pour des revendications démocratiques dans quelque condition que ce soit et pour toute politique de front unique en direction de la social-démocratie aujourd'hui, en 1933, après l'énorme expérience dans tous les pays du monde démontre suffisamment le caractère sectaire du groupe Prométéo. La fraction bordiguiste, malgré sa prétention de jouer le rôle d'un courant marxiste indépendant, s'est révélée incapable d'exercer quelque influence que ce soit sur le parti officiel italien. Au sein de ce dernier, s'est créé un nouveau regroupement marxiste, la Nouvelle Opposition italienne (NOI), qui se fonde entièrement sur les idées de l'Opposition de gauche. Tout aussi révélatrice du caractère sectaire du groupe Prométéo est son incapacité complète, en dépit de son existence de plus de dix ans, d'étendre son influence à d'autres pays. Les limitations nationales du bordiguisme, du point de vue du marxisme, constituent sa plus impitoyable et sa plus amère condamnation.

L'Opposition de gauche, dans ce cas comme dans d'autres, a fait tous les efforts pour favoriser l'intégration des bordiguistes aux bolcheviks-léninistes. Les événements gigantesques qui ont eu lieu durant les dernières années en Chine, en Espagne et en Allemagne, ont été un test exhaustif des différences d'opinion sur la question des revendications démocratiques et sur la politique de front unique. Chaque coup critique frappé par l'Opposition de gauche contre les staliniens a rebondi également contre les bordiguistes. Les trois ans d'existence en commun, la critique des idées et le test des événements ne les ont pas rapprochés de nous. Il est temps de tirer les conclusions nécessaires. Dans le cadre d'un parti de masse, il serait possible de coexister avec les bordiguistes — sous condition d'une discipline ferme dans l'action. Mais, dans le cadre d'une fraction, il est absolument inadmissible, particulièrement après toute l'expérience que nous venons de vivre, de soutenir la fiction d'une unité avec un groupe étranger, idéologiquement rigide, et isolé de façon sectaire.

Les bordiguistes, quant à eux, n'ont jamais eu une attitude loyale envers notre organisation internationale. En obligeant tous leurs membres, sans tenir compte de leur opinion individuelle, à parler et à voter, dans les réunions et les conférences de l'Opposition de gauche internationale, de façon absolument conforme à l'esprit de la majorité de leur fraction, le groupe Prométéo a placé sa discipline nationale plus haut que la discipline internationale. Ce faisant, il violait non seulement les principes du centralisme démocratique, mais également ceux de l'internationalisme. En soi seul, ce fait prouve que les bordiguistes n'ont jamais réellement constitué une partie organique de l'Opposition de gauche. Si, en dépit de cela, ils se raccrochent encore à leur adhésion formelle à l'OGI, c'est pour masquer le caractère de secte purement nationale de leur groupe. Mais une politique de masque n'est pas la politique du marxisme.

Tout en reconnaissant pleinement l'honnêteté et le dévouement révolutionnaire de nombreux bordiguistes, l'Opposition de gauche croit venu le moment de déclarer publiquement : « le groupe Prométéo n'appartient pas à l'Opposition de gauche internationale. » La seule section des bolcheviks-léninistes pour l'Italie est la Nouvelle Opposition italienne.

L'Opposition de gauche en Autriche

En Autriche, l'Opposition de gauche du Parti communiste autrichien (KPÔ). — bolcheviks-léninistes — groupe né d'un regroupement initial d'éléments oppositionnels, se fonde sur les principes et méthodes de l'Opposition de gauche internationale et s'est engagée dans la mise sur pied d'une organisation de l'Opposition de gauche.

En fonction des tristes expériences passées, le Secrétariat international a décidé l'établissement d'une période probatoire de six mois avant son admission formelle et définitive comme section de l'Opposition de gauche internationale.

La préconférence approuve cette mesure du Secrétariat international, en tant que moyen de vérifier le regroupement qui s'est déjà effectué, et elle mandate le SI pour suivre de près le développement du groupe de l'Opposition de gauche du KPÖ bolcheviks-léninistes) et, avec l'aide de la section allemande, pour contribuer à sa transformation en véritable section de l'Opposition de gauche internationale.

Le groupe de Frey commença par rejoindre notre organisation internationale, puis la quitta, puis tenta de nouveau de l'intégrer, mais refusa de fournir l'information sur sa vie interne et prit donc l'initiative de rompre les négociations. Ce faisant, il a démontré que les tâches et objectifs de l'Opposition de gauche lui sont complètement étrangers et qu'il n'a besoin du drapeau international des bolcheviks-léninistes que pour couvrir sa stagnation désespérée. La préconférence déclare publiquement que l'OGI n'est responsable ni directement ni indirectement du groupe de Frey.

Sur la section espagnole de l'Opposition de gauche

La révolution espagnole a créé des conditions objectives extrêmement favorables à un développement rapide du communisme. Mais l'absence de cadres suffisamment formés a rendu très difficile, tant pour l'Opposition de gauche que pour le parti officiel, de tirer avantage d'une situation vraiment historique. Bien que, par le nombre de ses membres, notre section espagnole dépasse une série d'autres sections — ce qu'il faut attribuer entièrement à la montée révolutionnaire — sa cohésion idéologique et le caractère de sa direction offrent un tableau très peu satisfaisant.

Pour comprendre les raisons de cet état de choses, nous devons établir les erreurs les plus importantes commises par les cadres dirigeants de l'Opposition espagnole.

En Catalogne, où le prolétariat offre un milieu naturel pour un développement rapide de l'influence bolchévique-léniniste, les camarades dirigeants ont perdu du temps d'une façon inexcusable. Au lieu d'avancer ouvertement sous leur drapeau, même comme un petit noyau, ils ont, pendant les mois les plus critiques de la révolution, joué à cache-cache avec les principes, pratiqué la diplomatie avec Maurin, se traînant à la remorque de ce nationaliste petit-bourgeois et phraseur provincial.

Les choses ne se sont pas mieux présentées dans les autres régions d'Espagne où l'Opposition de gauche, ignorant le parti officiel et remplaçant l'éducation marxiste des cadres par un sentimentalisme révolutionnaire, a longtemps négligé de tracer la nécessaire limite qui la sépare de l'Opposition de droite.

Non moins nuisible fut le fait que les camarades de la direction, cédant aux pires aspects de la tradition révolutionnaire espagnole, tournèrent le dos à l'expérience internationale et, tout en déclarant en paroles leur solidarité avec l'Opposition de gauche, appuyèrent directement ou indirectement tous les confusionnistes et tous les déserteurs (Landau, Rosmer, Mill, etc.).

Dans la question « fraction ou parti indépendant », la section espagnole s'est prononcée à sa dernière conférence d'une façon pour le moins ambiguë en se déclarant favorable à la présentation de listes indépendantes aux élections parlementaires et autres. Cette décision, contraire à la position de l'Opposition de gauche, n'ayant absolument pas été préparée au point de vue pratique, est restée une manifestation platonique mais pas moins négative pour cela.

S'éloignant des bolcheviks-léninistes, les dirigeants de l'Opposition espagnole ont été jusqu'à juger possible de changer le nom même de leur organisation. En choisissant de s'appeler désormais « Gauche communiste », titre à l'évidence faux du point de vue théorique, les camarades espagnols se sont placés d'eux-mêmes en contradiction avec l'Opposition de gauche internationale et se sont en même temps rapprochés par la dénomination du Leninbund, du groupe Rosmer, etc. Aucun révolutionnaire sérieux ne croira qu'un pas aussi important ait été franchi par hasard, sans raison politique. En même temps, aucun marxiste ne pourra approuver une politique qui ne déclare pas franchement ses objectifs et qui, sur des questions de principes, se réfugie dans des manœuvres et des ruses diplomatiques.

En demandant qu'à la prochaine conférence internationale soient convoqués tous les groupes qui se réclament de l'Opposition de gauche — aussi bien ceux qui se sont séparés de nous que ceux qui ont été exclus — la section espagnole démontre à quel point elle a été et reste éloignée du développement réel de l'Opposition de gauche internationale et combien peu elle en a assimilé la logique interne.

Tandis qu'ils accusaient les autres sections de pratiques organisationnelles erronées, sans tenter de justifier leurs accusations, les camarades espagnols ont révélé, au même moment, le caractère faux de leurs propres méthodes. La lutte des deux groupes ayant éclaté brusquement au Comité central a conduit la section espagnole au bord de la scission. À cette occasion, l'organisation s'est trouvée prise au dépourvu car aucun des deux groupes adverses n'a pu jusqu'à présent formuler les bases principielles de leur lutte acharnée.

Sur sa base idéologique actuelle, la section espagnole ne peut plus se développer. Prenant clairement conscience que la correction des fautes commises et la création en Espagne d'une organisation ferme sur les principes et organisée de façon révolutionnaire ne peut être que le fruit d'un travail long et systématique, la préconférence propose les mesures immédiates suivantes :

a. Tous les documents internationaux les plus importants sur les questions

litigieuses doivent être traduits en espagnol et portés à la connaissance de tous

les membres de la section. Il faut cesser de dissimuler les faits. Ce qui vient

d'être dit concerne avant tout l'affaire Mill, où les dirigeants de la section

espagnole non seulement ont soutenu un individu manifestement sans

principes contre l'Opposition internationale, mais même maintenant, pour

défendre leurs fautes passées, se permettent encore des insinuations

absolument inadmissibles à l'adresse de l'Opposition internationale.

b. Les deux groupes en lutte dans le Comité central doivent renoncer à l'idée d'une

scission sans principe et prendre les dispositions nécessaires pour que la

discussion des problèmes litigieux soit menée dans les instances normales avec

la participation de tous les membres de l'organisation sans exception.

c. La discussion interne doit se poursuivre dans un bulletin dont le comité de

rédaction doit garantir l'impartialité complète à l'égard des deux groupes en

conflit.

d. Toutes les questions de principes de l'Opposition de gauche internationale

doivent être mises à l'ordre du jour, et les sympathies, les antipathies et les

insinuations personnelles ne doivent pas être substituées à la nécessité de

prendre des positions politiques claires.

e. Une discussion générale doit préparer la voie d'une nouvelle conférence

nationale.

La préconférence mandate le Secrétariat international pour suivre le développement de la section espagnole avec une attention toute particulière, pour l'aider à appliquer les mesures exposées ci-dessus ainsi que d'autres mesures souhaitables pleinement conformes aux tâches et aux méthodes de l'Opposition de gauche.

P.S. : Le délégué de la direction de la section espagnole (groupe Nin) déclare qu'il

accepte les principes généraux de base adoptés par la préconférence, avec des

réserves sur les passages traitant de l'application de ces principes

fondamentaux ; sur les méthodes employées par l'Opposition de gauche

internationale, sur l'attitude envers les groupes Rosmer, Treint , etc. ; sur le

changement de nom de son organisation, sur l'estimation de la ligne et des

méthodes de l'Opposition de gauche espagnole et sur les mesures

organisationnelles adoptées par la préconférence sur la question espagnole.

Cette prise de position traite des divergences essentielles entre l'Opposition de gauche espagnole et l'Opposition de gauche internationale. Ces divergences ont un caractère principiel réel et de portée considérable, et leur développement logique peut conduire les camarades de la direction sur la voie d'une rupture de fait avec l'Opposition de gauche internationale.

La préconférence déclare que cette méthode d'accepter des principes de façon abstraite, avec des réserves sur leur application pratique, représente, dans les questions politiques sérieuses, le type de diplomatie le plus dangereux, une méthode dont la continuation ne peut conduire qu'à la négation des principes eux-mêmes.

La préconférence avertit les camarades espagnols du danger véritable que l'attitude de la direction actuelle représente, et exprime le vœu que la discussion menée dans l'esprit et la tradition de l'internationalisme révolutionnaire permettra de renforcer et consolider les liens théoriques et organisationnels entre l'Opposition espagnole et l'OGI.

Le groupe Lacroix a, jusqu'à une époque très récente, partagé pleinement la responsabilité des positions prises par la direction espagnole à l'égard de l'Opposition de gauche internationale. À présent, le délégué de cette tendance, invité à participer à cette conférence afin de clarifier la situation interne de la section espagnole, déclare que cette attitude était fausse de A à Z, et que sa tendance se place sans aucune réserve dans le cadre de toutes les positions adoptées par la préconférence dans ses thèses et résolutions (y compris la résolution sur l'Espagne). La préconférence prend note de cette prise de position ; mais elle estime que sa véritable valeur ne peut être appréciée que par une discussion en profondeur et par une activité réelle sur une période donnée.

La présence de deux camarades espagnols à la préconférence a rendu possible une clarification préliminaire permettant d'éclairer les divergences politique réelles existant au sein de la section espagnole, mais qui, en revanche, ne permet pas aujourd'hui d'exprimer une opinion définitive sur ces divergences. Cela nous confirme dans la nécessité d'engager, sans délai, la mise en œuvre des mesures pratiques évoquées dans les points a) à e).

Sur la crise de la section allemande

1. La préconférence déclare qu'en dépit de conditions exceptionnellement

favorables et de positions initiales correctes, la section allemande n'a pas utilisé

toutes les possibilités qui lui étaient offertes. La crise liée à la capitulation de Well

et Cie a montré que les cadres de l'Opposition de gauche allemande doivent être

sérieusement renouvelés. Tandis que l'écrasante majorité des membres de base

de l'organisation, ayant reçu la première information sérieuse sur la crise, prenait

immédiatement l'attitude correcte à l'égard de Well et de sa clique, exprimée par

le mot : « dehors », la direction et le comité de rédaction, en revanche, faisaient

montre de vacillation impardonnables et perdaient du temps, ne fournissant

même pas l'information voulue ni à leurs propres organisations locales ni aux

sections étrangères. Avec de telles méthodes au niveau de la direction, une

organisation révolutionnaire ne peut vaincre. Les bolcheviks-léninistes sont

sauvagement persécutés non seulement par toutes les forces de la vieille société,

y compris la social-démocratie, mais également par la bureaucratie stalinienne.

L'Opposition de gauche peut ouvrir une voie aux masses au seul prix de l'énergie

la plus considérable et à la seule condition de se consacrer absolument à ses idées

et d'être prête en permanence à défendre son drapeau jusqu'au bout. Tolérer dans

la direction ceux qui sont vacillants, passifs, fatigués ou candidats à la capitulation

est un crime. Dans la direction, il est nécessaire d'assurer la prédominance des

travailleurs révolutionnaires qui sont étroitement liés aux masses et

complètement pénétrés de la conscience de la grande mission dont l'histoire a

chargé l'Opposition de gauche. C'est sous cet angle que doit se tenir la prochaine

conférence de l'Opposition de gauche allemande.

2. La prise du pouvoir par Hitler donne une grande responsabilité à l'Opposition de

gauche. Même si Hitler a déjà pris en main tous les leviers de la machine politique,

militaire et policière, même si, chaque jour, il consolide ses positions et brise la

capacité de résistance du prolétariat, il est faux et criminel de croire que le

fascisme est d'ores et déjà mis sur pied à l'étape actuelle.

Pour que le fascisme soit constitué, il doit préalablement détruire les

organisations prolétariennes. L'établissement du fascisme ne peut se réaliser

qu'après avoir écrasé le prolétariat, par une guerre civile victorieuse ou grâce à un

abandon général de la bataille par le prolétariat, trahi par la social-démocratie ou

sacrifié par l'opportunisme croissant de la direction centriste actuelle de

l'Internationale communiste face au fascisme en lutte. Une telle trahison des

intérêts du prolétariat par la fraction dirigeante du Komintern serait le résultat de

la politique du « socialisme dans un seul pays » déjà en vigueur lors des précé-

dentes capitulations devant le Conseil général [des Trade Unions] et le Kouo-min-

tang.

L'établissement du fascisme impliquerait inévitablement une guerre contre

l'Union soviétique, et la lutte contre ce danger doit demeurer au premier plan de

toute l'activité de l'Opposition de gauche, non seulement en Allemagne, mais à

l'échelle internationale. La paralysie du prolétariat dans cette période critique

trouve ses racines, avant tout, dans l'abandon d'une véritable politique de front

unique prolétarien et spécialement dans la politique scissionniste de l'Opposition

syndicale révolutionnaire (RGO).

La politique de l'Opposition syndicale révolutionnaire est d'autant plus criminelle

qu'elle empêche les travailleurs de faire usage de l'arme de la grève, en particulier

de la grève générale, et que les travailleurs sont moins armés que lors des années

historiques 1923, 1919, 1918. Les dernières expériences de proclamations de

grève générale ont prouvé que c'est la social-démocratie qui possède l'influence

dominante sur les travailleurs encore employés dans la production, tandis que

l'influence du PC allemand repose en général essentiellement sur la masse des

chômeurs. Les oppositionnels qui adoptent l'erreur de la politique de la RGO

favorisent, qu'ils le veuillent ou non, l'emprise de Hitler sur les masses et la mise

en pratique de la trahison de la fraction stalinienne.

Le cas de capitulation le plus récent, celui de Well et Cie, a montré la faiblesse de

toute l'Opposition de gauche allemande et de sa direction et est le résultat d'une

rupture insuffisamment tranchée entre l'Opposition de gauche et la fraction

stalinienne. À l'étape actuelle du développement de l'Opposition de gauche

allemande, la préconférence estime nécessaire de mettre sur pied une direction

plus étoffée, constituée essentiellement d'éléments prolétariens — des

oppositionnels éprouvés et lucides — liés aux entreprises et aux organisations

syndicales.

Pour éviter la répétition de cas tels que la capitulation de Well, la section

allemande doit, sans faute, cesser de laisser la responsabilité de la direction à un

petit nombre de membres. C'est dans le travail collectif et tenace que l'on doit

trouver la possibilité de surmonter tout signe de faiblesse de tel ou tel élément

responsable, de telle sorte que le développement de l'activité ne soit pas entravé

par des oscillations ou inaptitudes individuelles.

La même méthode doit être appliquée pour la publication du journal. Au sein du

comité de rédaction comme au sein de la direction, on doit faire en sorte que les

éléments prolétariens puissent être prépondérants. Le journal devra aussi subir

des changements. Par-dessus tout, l'esprit de conciliation dans la critique du

stalinisme doit être liquidé. Notre politique inconciliable doit correspondre au

tragique de la situation et à la gravité de la responsabilité de la fraction stalinienne.

Il ne faut pas confondre le stalinisme avec le parti (communiste). Dans son

orientation, le journal ne doit pas seulement refléter notre activité par rapport au

parti et sa fraction dirigeante, mais également par rapport à toute la vie de la classe

ouvrière, aux événements dans les usines, aux luttes partielles et aux combats de

rue. Cela ne peut se faire que si chaque membre de l'organisation collabore

régulièrement et suffisamment. Le contenu du journal doit être contrôlé par les

groupes provinciaux qui doivent créer des commissions « presse » pour collaborer

au journal comme pour le diffuser. Tous les membres doivent prendre activement

part à toutes ces questions, aussi bien qu'à toute l'activité des groupes. Une

infraction à cette règle ne doit pas être tolérée.

Dans sa politique générale, l'Opposition de gauche allemande doit cesser de

déterminer et d'accomplir des tâches purement internes. Son activité doit être

orientée non seulement vers les membres du parti, mais aussi vers les travailleurs

en général.

L'Opposition de gauche doit représenter l'objectif général du prolétariat aux yeux

du parti et de la classe ouvrière dans son ensemble et doit s'efforcer de conquérir

la direction idéologique des intérêts historiques du prolétariat. Dans la mesure du

possible, l'action doit être menée dans ce sens, sans qu'elle paraisse pour autant

constituer une lutte contre le parti en tant que parti.

3. La préconférence propose à l'Opposition de gauche allemande de tenir sa

conférence nationale aussitôt que possible et de concentrer sa discussion sur des

résolutions traitant des points suivants :

a. L'état actuel de la situation en Allemagne, situation du prolétariat et du PC

allemand.

b. Rapports entre l'Opposition de gauche et le PC et tâches.

c. Tactique de front unique.

d. Tactique syndicale.

e. Tâches organisationnelles de l'Opposition de gauche allemande (rapports

avec les groupes de province, mise sur pied d'une direction composée de

travailleurs liés au mouvement prolétarien).

Cette résolution devrait être soumise aux groupes dans les dix jours, et la conférence devrait se tenir deux semaines plus tard afin de rendre possible une discussion réelle au sein des groupes.

4. La situation allemande devient l'axe général de l'intervention de l'Opposition de

gauche internationale, et c'est la tâche de chacun de ses membres de contribuer au

combat de l'Opposition de gauche allemande. En conséquence l'Opposition de

gauche a décidé une collecte de fonds à laquelle tous les membres de l'OGI doivent

participer, quelle que soit leur section d'origine, à raison d'une journée de salaire

chacun ; le montant de la collecte sera envoyé avant le 15 mars au Secrétariat

international qui le reversera à la section allemande. Chaque section doit engager

une campagne de soutien de l'Opposition de gauche.

Sur la situation de la section américaine

1. La préconférence, ayant entendu le rapport du délégué américain et celui du

Secrétariat international, déclare que la Ligue américaine a fait de substantiels

progrès au cours de la toute dernière période (nombre de membres croissant,

création de nouvelles branches locales à Pittsburgh, etc., activité politique

reliée au congrès d'Amsterdam, à la question allemande, au mouvement des

chômeurs, aux mineurs de l'Illinois).

2. Elle approuve les décisions de la direction de la Ligue américaine pour

améliorer l'organisation des forces, pour la mise en place d'un travail, collectif

et responsable, pour une participation plus énergique et plus étroite au

mouvement des masses travailleuses. La préconférence estime que ces mesures

constituent les meilleurs moyens de sélectionner et éduquer les cadres.

3. Dans ces conditions, elle juge absolument indispensable que la Ligue

américaine fournisse aussi rapidement que possible, l'information nécessaire

sur le conflit qui la traverse afin que les sections puissent s'exprimer. Étant

donné que les deux parties en présence ont affirmé, jusqu'ici, que les

divergences qui les séparent, quant à la ligne de la Ligue dans la lutte de classes,

ne sont pas considérables et que cette lutte interne est nuisible au

développement de l'organisation, la préconférence a décidé que :

a. Le SI appelle les deux parties à préparer un document sur leurs divergences

pour le Bulletin international.

b. La direction de la Ligue américaine doit préparer sa prochaine conférence

au cours de laquelle la situation internationale doit être débattue, après

une discussion à laquelle tous les membres de l'organisation et les sections

de l'OGI devront prendre part.

L'Opposition de gauche dans les Balkans

La désintégration du régime capitaliste dans les Balkans a pris un rythme sur accéléré. De grands chocs sociaux se préparent. Une époque de grandes luttes révolutionnaires s'ouvre. Dans un proche avenir, les problèmes brûlants de la stratégie de la révolution prolétarienne émergeront, dans les Balkans, dans toute leur acuité et leur étendue.

La préconférence appelle les sections aussi bien que le Secrétariat international à suivre avec la plus grande attention les événements des Balkans et la vie des sections qui existent dans cette région, et à faire tous les efforts pour établir et consolider les contacts avec ceux des pays dans lesquels il n'existe pas de section.

La préconférence estime particulièrement nécessaire d'apporter la plus grande attention, au sein de l'OGI et de ses publications, à l'activité de notre section grecque (archéo-marxiste). Cette organisation, par ses forces, son niveau idéologique, sa consolidation révolutionnaire, représente la plus avancée de nos sections européennes.

Après l'expérience de la participation, durant plus de deux années, de l'Opposition de gauche grecque (bolcheviks-léninistes/archéo-marxistes) dans la vie de notre organisation internationale, la préconférence déclare :

1. L'Opposition de gauche grecque (bolcheviks-léninistes/archéo-marxistes)

représente, seule, les idées de l'OGI en Grèce.

2. L'OGI ne porte aucune responsabilité, directe ou indirecte, pour les autres

groupes (Spartakos, fractionnistes, Opposition de gauche léniniste, etc.) qui

acceptent verbalement l'OGI.

3. La préconférence appelle tous les travailleurs honnêtes à condamner la lutte

sans principes, contraire à l'esprit révolutionnaire et servant parfois les intérêts

de la fraction stalinienne et d'autres fois l'ennemi de classe, que les groupes

mentionnés ont menée contre notre section grecque.

4. La préconférence appelle tous les membres honnêtes de ces groupes à briser

avec l'ennemi de classe, à appuyer la politique de front unique pour laquelle

combat l'Opposition de gauche grecque et à soutenir cette dernière dans ses

luttes idéologiques et ses actions quotidiennes.

L'Opposition de gauche en Tchécoslovaquie

Les multiples efforts de l'Opposition de gauche internationale pour obtenir l'unification permanente des divers groupes tchécoslovaques déclarant accepter l'OGI n'ont pas donné les résultats recherchés. L'organisation, créée par la conférence d'unification de Pâques 1932, s'est révélée incapable d'exercer une activité adéquate et systématique. Non seulement on a vu des groupes continuer à se scinder et à se consolider insuffisamment ; mais encore l'OGI est-elle placée devant le fait accompli d'une nouvelle scission. De ce seul fait, l'existence d'une authentique section de l'OGI en Tchécoslovaquie est devenue illusoire. Ce serait une faute inexcusable de tolérer une fiction. Nous devons dire ce qui est : dans les conditions actuelles l'Opposition de gauche internationale estime impossible de faire une sélection définitive parmi les éléments oppositionnels existant en Tchécoslovaquie. Par conséquent, la préconférence considère qu'il est indispensable de déclarer groupes sympathisants tous les groupes qui se réclament de l'OGI en Tchécoslovaquie. La préconférence mandate le SI pour suivre, dans les six mois à venir, l'activité des groupes tchécoslovaques, leur évolution et leur regroupement possible, afin de proposer, en temps voulu, un choix définitif.

Il va de soi que les différents groupes devront faire tous les efforts pour parvenir à un accord loyal en ce qui concerne leurs activités publiques (publications, meetings, etc.) de façon à éviter tout ce qui pourrait discréditer l'OGI aux yeux des travailleurs tchécoslovaques.

Sur la réorganisation des instances dirigeantes de l'Opposition de gauche

1. Après une période de délimitation et de sélection, 1'OGI est entrée dans une

nouvelle phase, caractérisée par la formation avancée de ses cadres, la

croissance de ses forces organisées et le renforcement de sa cohésion

internationale. L'instance dirigeante de l'OGI a reflété, et continuera

nécessairement à refléter, dans une grande mesure, l'état général — les

faiblesses comme les progrès — de nos sections et groupes. La douloureuse

naissance de 1'OGI en tant qu'organisation internationale, a trouvé, à travers

toutes les faiblesses et erreurs, son expression dans le progrès de notre

instance de direction internationale.

2. La préconférence estime que l'état actuel du développement de l'OGI exige un

développement de l'instance de direction internationale, susceptible de

permettre son évolution en centre politique réel, capable de diriger l'OGI dans

son ensemble.

3. La préconférence décide la mise en place des structures suivantes qui, à son

avis, correspondent au stade actuel et au degré de consolidation de l'OGI :

a. Constitution d'un Plénum composé, à raison d'un délégué chacune, par les

sections russe, grecque, allemande, belge et française ; le Plénum se réunira

au moins tous les trois mois pour examiner et résoudre les problèmes les

plus importants posés à l'OGI.

b. La désignation des délégués au Plénum sera assumée directement par les

sections mentionnées.

c. En cas de divergences sérieuses (exclusions, scissions, acceptations ou

refus d'intégration), la minorité a le droit d'exiger une décision définitive

par referendum des sections nationales.

d. L'instance qui assure la continuité politique et l'exécution pratique du

travail de la direction internationale est le Secrétariat international.

Composé non de délégués des sections, mais de camarades capables de

remplir cette fonction, il est désigné par le Plénum, est responsable devant

ce dernier, et peut être révoqué par celui-ci (pour la première fois, c'est la

préconférence elle-même qui a désigné le SI). Le SI doit être un centre

effectif pour la liaison, l'information, le contrôle et l'animation politique. En

fonction du développement croissant du SI, les relations entre sections

devraient passer de plus en plus par le SI et non par une correspondance

individuelle.

e. La préconférence décide que le SI siégera à Paris.

f. Les liaisons internationales ne peuvent être assurées de façon adéquate

qu'au moyen de la publication régulière du Bulletin international, qui

devrait être un organe de discussion internationale et pas seulement un

bulletin d'information et d'échange d'expériences.

En vue d'assurer la vie financière indépendante du bulletin, il sera envoyé

aux sections, payable directement à la réception.

g. Afin d'assurer la vie financière indépendante du SI, une cotisation

internationale ad hoc des organisations nationales est nécessaire.

P.S. : La préconférence mandate le SI, pour diriger et suivre attentivement la

structuration des sections dans le sens des formes organisationnelles décrites

dans les thèses des quatre premiers congrès de l'Internationale communiste,

ainsi que l'adaptation des sections aux principes fondamentaux d'une

organisation communiste (contrôle du travail, travail collectif et responsable,

etc.).

Sur la conférence internationale de l'Opposition de gauche

Afin d'organiser sérieusement la première conférence internationale de l'OGI, la préconférence a décidé de préparer des thèses sur les problèmes politiques suivants :

I. Thèses sur la situation allemande (par la section allemande).

2. Thèses sur la situation espagnole (chacun des deux groupes écrivant ses

propres thèses).

3. Projet de plate-forme sur l'URSS (par la section russe).

4. Thèses sur la situation internationale (par la Ligue française).

5. Thèses sur les pays des Balkans (conjointement par les sections grecque et

bulgare).

6. Thèses sur la dictature du prolétariat, la démocratie et le fascisme (par la

Nouvelle Opposition italienne).

La Ligue d'Amérique préparera éventuellement une thèse sur l'impérialisme américain. Tous les projets de thèses doivent être prêts pour être publiés le 15 avril 1933.

Une période de discussion de trois mois aura lieu et la conférence internationale sera alors convoquée pour le mois de juillet.

Les sections sont appelées à faire une collecte spéciale commençant dès maintenant pour assurer leur représentation à la conférence internationale.

(Traduit de Documents of the Fourth International.)

N° Spécial - Résolutions de la Conférence pour la IV° Internationale (Juillet 1936) 3.

Documents internationaux (1933 -1935)

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 1, p. 62–84 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

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