du
Secrétariat International de la IV° Internationale sur les évènements d'Allemagne orientale . et la situation générale actuelle dans les «démocraties populaires » européennes et en U. R. S.$.
Sur la base d'informations et de rapports précis qui nous sont parvenus non seulement de sources diverses quelconques mais de nos propres militants agissant à Berlin et dans la zone orientale allemande, et sur la base des considérations programmatiques et de la ligne politique qui caractérisent notre mouvement international fondé par Léon Troisky, nous sommes en mesure de donner la seule analyse objective des récents événements en Allemagne orientale et d'en dégager les conclusions et les perspectives qui intéressent le mouvement ouvrier internationel tout entier.
La presse et les porte-parole directs ou indirects procapitalistes, pro-impérialistes ont jusqu'à présent voulu exploiter les événements comme une soi-disant révolté des masses travailleuses allemandes contre « le régime communiste », contre l'U.R.S.S., afin de relancer plus vigoureusement leur propagande pour la guerre contre-révolutionnaire qu'ils préparent. Derrière ce: événements, ils ont voulu masquer leurs propres iHicultés, leurs propres crimes et leurs plans de guerre contre-révolutiannaire, réaétionnaire, qui n'ont rien à voir avec une réelle défense des intérêts matériels, culturels et politiques des masses travailleuses du monde entier. Les cris d'indignation des directions social-démocrates ne sonnent pas moins faux. Rangées presque inconditionnellement aux côtés des capitalistes dans toutes leurs sales entreprises de guerres colonieles ou de guerre antisoviétique sous direction américaine, en pratique défenseurs du statu quo capitaliste et diviseurs des actions ouvrières, elles n'ont pas de leçon à donner à leurs émules en bureaucratisme, les directions staliniennes.
D'autre part, la presse et les porte-parole du Kremlin, des gouvernements satellites des « démocraties populaires » européennes et des Partis communistes dans le monde, houleversés, pris à l'improviste et saisis de peur par le gigantesque soulèvement des masses ouvrières en Allemagne orientale, se sont enfoncés dans une série d'affirmations contradictoires, embarrassées et mensongères, qui illustrent bien leur caractère bureaucratique.
Seul notre mouvement, la IV° Internationale, sous le drapeau de laquelle des milliers d'hommes ont lutté en U.R.S.S. et sur tous les continents pour éviter la
QU A F°RT)E M E INTE RNA Fr ON À LE dégénérescence bureaucratique stalinienne de l'URSS. =: dy mouvement ouvrier influencé par la Ille Internationale, peut comprendre & Ssmficsfion profonde des événements en cours et dire la vérité crue, tonte Æ we 2ux travailleurs.
Ouvriers et paysans pauvres du monde entier,
En Allemagne orientale — à 8%, L Ecipzig, Halle, Rostock, Wismar, Merseburg — vient de s'ébaucher là Révolikion politique des masses travailleuses d'un pays économiquement et culturellement développé, l'Allemagne, contre le régime bureaucratique et policier, instauré au nom du socialisme sous les auspices de la bureaucratie soviétique, par ses émules indigènes.
Ce début de révolution politique des ouvriers allemands, les plus avancés, ainsi que de leurs frères tchèques, de tout l'univers contrôlé par la bureaucratie soviétique, n'a rien à voir avec une prétendue sympathie de ces ouvriers avec le régime capitaliste de Bonn ou des pays capitalistes « démocratiques » de l'Ouest ou de l'impérialisme américain, leur patron suprême. C'est un mouvement révolutionnaire authentique, très conscient de sa voie et de ses moyens
‘action.
Il s'est dressé résolument contre le capitalisme et, en même temps, contre l'expropriation politique de la classe ouvrière, contre un régime bureaucratique et policier qui prive les travailleurs du comtréle et de la gestion directe par eux-mêmes de l'Etat anticapitaliste.
Sa signification historique est immess= et immensément progressive.
F Fe réactionneires de Bonn, Londres, Paris * Washington n'ont rien à espérer un tel mouvement.
Il ne se dirige pas vers lornièse de cscitals=e historiquement abandonné de façon irrévocable, maïs vers ue ps 4e L véritable démocratie prolétarienne et socialiste. Il est l'annomcistess d'un = nouvelle, poststalinienne, antistelinienne, celle où les forces révolsficons®= =@5> aussi bien dans le monde capitaliste qu'en U.R.S.S. même et dans = « demccssäi populaires », feront une claire apparition à la surface, et walocscsë D 2% dx L2 montée révolu-Hionnaire mondiale qui change constamesst & passes des £se-<: entre le capitalisme et les masses en faveur de celleses 28 Æ vases =oe les directions bureaucratiques et les masses égslemest = us
Pour comprendre ce qui s'est passé © == pass + Alec orientale, ainsi qu'en Tchécoslovaquie, dans les € à 4 0 URSS. même, il faut tenir compte des donnés: sisi -
Dans tous ces pays, la bureaucratie sonia a © de vivant de Staline un régime bureaucratique ef pohcier, coma nm Gtéréts ot besoins des larges masses. Leur mécontentement 45e = croissant, stimulé par la montée révolutionnaire mondiele. L: mort de le 2 précipité la crise en U.R.S.S. et dans les « démocraties populaires = S= ours, plus conscients que lui-même de cette extrême tension qui y 1m = = engagés dans la voie de réformes, de concessions, afin de faire Es Æ in àt de mieux asseoir leur régime, sur une base plus populaire. C=+ ==> pour cette. raison, pour mieux régler leur situation intérieure qu'ils =2 == #2 =b:blement lancés dans une politique de concessions formelles à Mmpée= © 4 dini-nuer aussi la tension avec lui et si possible de gagner de ===
Mais leurs concessions me viennent pes assez vite 25 © = + = de manière directe et franche. Les masses impatientes, exaspés==s ess = faction. :
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Dans les pays où leur niveau culturel est le plus élevé et où les conditions générales étaient les plus favorables, la révolution politique des masses ouvrières contre le régime bureaucratique et policier d'inspiration et d'allure stalinienne a déjà commencé, comme EN TCHÉCOSLOVAQUIE ET SURTOUT EN ALLEMAGNE ORIENTALE.
Dans ces deux pays, les actions de masse qui ont eu lieu en mai et en juin, après la mort de Staline, sont l'aboutissement d'un long processus de prise de conscience, de réorganisation et même de regroupement organisationnel à la base, des éléments les plus avancés de la classe ouvrière.
Il est maintenant établi que, depuis 1949, dans ces deux pays il y a eu l'affirmation d'une résistance ouvrière organisée contre les méthodes bureaucratiques d'intensification du travail dans les usines, et de contréle policier sur les ouvriers. Ceux-ci en sont arrivés à s'opposer à ces mesures, à former des groupes de résistance dans les usines et dans les syndicats, à rallier à leur cause les organismes inférieurs dirigés par la bureaucratie elle-même, par exemple des comités ou des sections d'entreprise. Toute la législation et les méthodes de travail promulguées par les directions bureaucratiques (conventions collectives défavorables aux ouvriers, élévation arbitraire des normes) sans compensation sur le plan des salaires, des logements, de la nourriture, des conditions de travail, ont rencontré une résistance farouche et de plus en plus organisée de la part des ouvriers.
Si cette résistance a pu éclater d'une manière plus ample et plus impressionnante en Allemagne orientale, ceci s'explique par les considérations suivantes :
a] la classe ouvrière de ce pays est traditionnellement parmi les plus développées et les mieux organisées dans tout le glacis ; b) elle est la plus éloignée de l'U.R.S.S. et la plus proche de l'ouest ; c) elle fut le: plus maltraitée au début par les armées d'occupation soviétiques parce qu'appartenant à une nation « ennemie » vaincue ; d) des conditions spéciales ont précipité les événements dans cette zone :
— il y sévissait dernièrement une crise économique aiguë, la nourriture n'était ni abondante ni bon marché, les objets de consommation courante manquaient et étaient chers, le rythme de reconstruction des logements ouvriers n'était pas en accord avec les besoins ;
— les concessions faites le 10 juin en Allemagne orientale s'adressaient aux classes moyennes et négligeaient complètement les ouvriers, qui devaient par contre « élever les normes du travail » ;
— les mesures de détente prises par le Kremlin et les autorités soviétiques depuis la mort de Staline faisaient miroïter dans tout le « glacis » un relâchement du régime bureaucratique et policier :
— la reconnaissance par la direction du S.E.D. d'un cours antérieur « erroné », jointe à la considération précédente, agissait dans un sens d'encouragement des masses, catalysant leur énergie et précipitant leur action.
C'est l'ambiance créée par l'ensemble de ces considérations qui explique les événements d'Allemagne orientale. Ils ont éclaté en tant que mouvement purement ouvrier contre le régime politique bureaucratique et policier, dans le cadre strictement anticapitaliste du régime social. À Berlin, l'immixtion d'éléments douteux, troubles, franchement provocateurs ou réactionnaires à la jonction des manifestations de l'est et de l'ouest a, à certains moments, perverti le caractère prolétarien antibureaucratique et anticapitaliste du mouvement des masses. La propagande de la presse et des politiciens bourgeois et de leurs agents réactionnaires a tenté ensuite de noyer l'essentiel dans l'épisodique et le secondaire. Mais ce sont les revendications clairement exprimées par les ouvriers aussi bien
Q UATRIEME EN TARN ASTON A TEE comme motifs de leurs grèves, de leurs manifestations de rue, que dans leurs meetings, qui expriment et illustrent LE VRAI CARACTERE DE CLASSE DE LEURS MOUVEMENTS : CONTRE LA LEGISLATION ET LES METHODES BUREAUCRATIQUES DE TRAVAIL, POUR L'AMELIORATION DE LEURS CONDITIONS MATERIELLES DE VIE, POUR LA DEMOCRATISATION DU PARTIi ET DES SYNDICATS, LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES, C'EST-A-DIRE DES OUVRIERS AYANT PRIS LA DEFENSE DES INTERETS DES TRAVAILLEURS. DANS CERTAINS ENDROITS, CERTAINS Y AJOUTAIENT DES ELECTIONS SECRETES, GENERALES ET LIBRES DANS TOUTE L'ALLEMAGNE POUR ASSURER UNE VICTOIRE OUVRIERE À CES ELEC-TIONS.
Si les capitalistes n'ont rien à espérer d'un tel mouvement et se sentiront en réalité, réflexion faite, énormément inquiets de cette prodigieuse montée des véritables forces révolutionnaires sur tous les plans, les dirigeants soviétiques et ceux des différentes « démocraties populaires » et des Partis communistes ne pourront plus falsifier ou ignorer la signification profonde de ces événements. Ils sont obligés de persévérer dans la voie de concessions encore plus amples et plus réelles pour ne pas risquer de s'aliéner à jamais le soutien des masses et de provoquer des explosions encore plus fortes.
Ils ne pourront plus désormais s'arrêter à mi-chemin.
Ils s'efforceront de doser les concessions pour éviter des explosions plus graves dans l'immédiat et faire si possible une transition « à froid » de la situa-ion actuelle à une situation plus supportable pour les masses. Mais celles-ci ne doivent avoir confiance qu'en elles-mêmes.
Seule leur action organisée et éclairée par un programme politique clair et précis peut venir à bout du régime bureaucratique sans nuire aux conquêtes sociales anticapitalistes ni faire le jeu de la réaction capitaliste préparant la guerre confre-révolutionnaire.
Voici le programme de la révolution politique qui est actuellement à l'ordre du jour aussi bien en U.R.S.S. que dans les « démocraties populaires » :
pop — véritables organes du pouvoir populaire, élus démocratiquement par les masses travailleuses, exerçant un contrôle effectif sur l'État, à tous les échelons, y compris le gouvernement ; — démocratisation réelle des Partis communistes : — légalisation de tous les partis ouvriers :
— aufonomie complète des syndicats par rapport à l'Etat, y compris l'Etat ouvrier ;
— élaboration du plan économique par les ouvriers, pour les ouvriers.
C'est le programme que la IV* Internationale a toujours défendu et que les masses instruites par leur propre expérience reprennent spontanément aujourd'hui. Qu'elles persévèrent sur cette voie, et loin d'affaiblir le régime anticapitaliste de l'U,R.S.S. et des « démocraties populaires », elles le consolideront et le fortifieront. C'est ainsi seulement qu'elles le rendront invulnéreble aux attaques des capitalistes et de leurs agents.
A BAS LE CAPITALISME ET LA GUERRE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE QU'IL PREPARE !
VIVE LA DEMOCRATIE PROLETARIENNE !
VIVE LA RENAISSANCE SOCIALISTE DE L'U.R.S.S., DES « DEMOCRATIES POPULAIRES » ET DU MOUVEMENT OUVRIER INTERNATIONAL.
25 juin 1953.
Le Secrétariat International de la IV* Internationale