Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 21

Notes de lecture

Quatrième Internationale, n° 21 · septembre 1986 · p. 103-112 · 3 121 mots

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Les mouvements nègres en France (1919-1939) de Philippe Dewitte (Editions l'Harmattan, Paris 1985)

C'est un ouvrage de synthèse fort intéressant que nous propose Philippe Dewitte sur l'histoire des premiers mouvements nègres afro-antillais dans la France de la III° République. Et ce n'est pas la moindre des qualités de ce livre que d'illustrer par là même ce que fut la réponse du mouvement ouvrier français face à l'apparition du mouvement politique d'émancipation des Noirs d'Afrique ou des Caraibes. L'histoire - cette histoire - commence avec la Première Guerre mondiale lorsqu'une partie des cent trente-quatre mille soldats africains présents sur les champs de bataille décide bon gré mal gré de rester en métropole. « A partir de 1919, les travailleurs africains et malgaches font partie intégrante du folklore de la paix retrouvée. » On sait que l'utilisation massive de la main-d'œuvre noire ne se fera que bien plus tard, au cours des années soixante et ce, paradoxalement après l'octroi des « indépendances africaines ». Mais la France impériale, chauvine, raciste conservera de tout temps la même arrogance et le même cynisme envers ces hommes. « Nous savons, disait Lamine Senghor, et nous constatons que, lorsqu'on a besoin de nous pour nous faire tuer ou pour nous faire travailler, nous sommes des

Français ; mais quand il s'agit de nous donner les droits, nous ne sommes plus des Français, nous sommes des Nègres. » Et Dewitte de noter : « La plupart du temps, les domestiques ne connaissent de la France qu'un escalier de service, témoin ce Bambara de dix-huit ans, payé cinquante francs par mois et amené dans ses bagages par un médecin revenant du Sénégal. L'infortuné est littéralement séquestré à l'office, mais il réussit tout de même à s'évader, couvert de son seul pagne car son patron lui a confisqué ses habits européens afin qu'il ne se sauve pas ! Errant ainsi vetu, il est ramassé par la police, place Gambetta à Paris. Sans vergogne, monsieur le Docteur va tranquillement réclamer "son Nègre" au commissariat du XX* arrondissement! »

C'est dans ce contexte que naissent, parmi les milieux très restreints des intellectuels antillais et africains, des mouvements nationalistes ou communistes composites et pragmatiques. « En 1919, la SFIO ne dénonce plus la colonisation en tant que telle, fait accompli sur lequel il n'est plus possible de revenir... A l'exception de quelques individualités "anticolonialistes", la majorité du parti socialiste s'est ralliée à l'idée d'une colonisation "humaine, juste et fraternelle". »

Le propre de cette colonisation c'est de faire croire qu'il existe une situation identique pour tous les peuples assujettis. Ainsi, l'une des premières organisations négres, la Ligue malgache, finit par se fédérer avec l'Association des patriotes annamites pour former en 1920 le Groupe socialiste des originaires des colonies. De même, après la scission de Tours dans la SFIO, naît l'Union intercoloniale, liée au jeune parti communiste.

Cette unité des colonisés n'est pas sans fondement, évidemment. Mais elle exprime aussi les besoins d'un milieu d'exilés, d'une « diaspora noire » dont le projet à long terme n'est pas éclairci. L'auteur précise d'ailleurs à la fin de son livre que le bilan d'échec de tous ces mouvements des années trente s'est traduit dans la diversité du fait colonial et des réalités concrètes sur le terrain. Mais le courant communiste de l'Union inter-coloniale à l'Union des travailleurs noirs conservera la même approche globalisante fondamentalement tournée vers les milieux ouvriers et intellectuels noirs de la métropole.

P. Dewitte met le doigt sur un point essentiel quand il dit que « la théorisation de la question nègre continue de se heurter aux apories du marxisme-léninisme sur la question coloniale. Où trouver une avant-garde prolétarienne dans des pays où la classe ouvrière est quasiment inexistante? Comment soulever les masses nègres d'Afrique en clouant au pilori la bourgeoisie coloniale qui est le plus souvent à la tête des premiers mouvements d'émancipation ?»

P. Dewitte a parfaitement raison de souligner ce paradoxe et cette contradiction. Paracoxe de vouloir organiser les colonisés de métropole au nom de la révolution mondiale mais avec si peu de choses à leur dire sur leurs propres pays. Contradiction qui existe à vouloir lutter contre les thèses assimilationnistes en ne donnant pas aux intéressés eux-mêmes l'autonomie d'organisation et l'espace politique pour une élaboration propre sur leur pays respectif.

Le mouvement nègre lié au PCF demeure en effet sous la pression permanente des virages politiques du parti et de l'Internationale communiste. Le comité professionnel international des ouvriers négres, intégré au Profintern, a son siége

« NOTES DE LECTURE » 105 à Hambourg et comprend dans son comité treize membres représentant les ouvriers noirs des USA, de Guadeloupe, de Martinique, de Cuba, d'Afrique du Sud, de Haïti, d'Afrique occidentale et équatoriale française, des colonies portugaises et belges et du Libéria! On comprend que la rhétorique sur le « prolétariat noir » ait pu faire office de ligne de conduite à de tels organismes qui devaient avoir bien du mal à définir une politique nègre à l'échelle du globe.

Et pourtant il faut souligner que des personnages comme le Sénégalais Lamine Senghor et le Malien Kouyaté ont été des pionniers révolutionnaires dévoués et militants, malgré les difficultés politiques de l'époque et les tournants brusques du PC.

Le passage de la ligne « classe contre classe » à celle des fronts populaires redéfinit ispso facto la politique sur la question coloniale et sur le travail des militants noirs. Du sectarisme, il faut passer à des compromis au nom de la lutte antifasciste. « L'Union avec le peuple de France », l'urgence du combat antifasciste repoussent l'indépendance à des jours meilleurs et rejettent les nationalistes dans le camp des alliés objectifs du fascisme. C'est ce que rappelle Maurice Thorez en décembre à Arles, au IX° Congrès du PCF, en paraphrasant abusivement Lénine : « Le droit au divorce ne signifie pas l'obligation de divorcer. »

Faut-il s'en étonner, P. Dewitte nous donne donc en même temps une page d'histoire du mouvement ouvrier français. Nous connaissions plusieurs ouvrages qui partaient de ce contexte pour étudier l'histoire du communisme indochinois ou celle du nationalisme algérien. Il nous est permis maintenant d'y replacer une histoire bien moins connue, celle du mouvement noir, et ainsi de mieux saisir ce que furent ces confrontations passionnées entre des gens comme René Marrant, Padmore, Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire et bien d'autres. Un livre nécessaire.

Claude Gabriel

Quatrième

PROLÉTAIRES DE

TOUS

LES

PAYS,

UNISSEZ-VOUS I

Internationale

XIIe

CONGRES MONDIAL de la

INTERNATIONALE janvier 1985

Numéro spécial 17/18 septembre 1985

Echec et réussite

You Victor Serge et Régis Debray

Préfacier des Carnets de Victor Serge ' , Régis Debray questionne : « Qu'est-ce qu'un grand homme en définitive ? » et se répond : « Une cooptation. Un excentrique dédouané par un centre, un inorganisé enrôlé par l'institution qui l'instituera en retour "grand homme", un hérétique chevauché par une orthodoxie. » Il remarque qu'il faut un « pays pour adopter vraiment [un] président ou [un] général pour l'adouber, [un] ministère pour le mettre au programme, [une] intelligentsia pour le totémiser ». D'où cette conclusion : « Notre apatride né [il s'agit de Victor Serge] n'a pas trouvé son de Gaulle. » Quelle malchance, en effet ! « Trotsky n'a pas joué le jeu, lui non plus. » Sic : Trotsky assimilé à un de Gaulle, ayant raté le devoir de « jouer » à se doter d'un Virgile-Malraux qui lui lèche les bottes et à qui on gratte le crâne.

En dépit de cette malchance, que l'on se rassure, l'échec de Serge est une « réussite la plus difficile à réussir, même ».

Rassurons-nous même doublement : cette réussite de l'échec ne menace pas Debray, bien que Mitterrand - de Gaulle un peu pâlot et d'ailleurs même pas colonel - n'ait pas eu le loisir de I'« adouber », ni le ministre Chevènement le temps de mettre ses œuvres au programme du BEPC, et encore moins l'intelligentsia de le totémiser. Mais il ne perd rien pour attendre. Même sans alternance, il est bien parti pour la réussite sans échec. Il n'est que de jeter un coup d'œil sur la courbe de sa trajectoire jusqu'à l'heure présente.

Rien de meilleur pour finir dans la gloire académique et ministérielle qu'un démarrage sur l'extrême gauche de la ligne de départ. De ce point de vue, Debray est exemplaire : surgissement voyant, très voyant, scandaleux, foudroyant ; rien de moins que théoricien radical de la révolution par la lutte armée, la guérilla. Foin de l'archaïsme et de l'utopie de la révolution des masses par les masses. Il faut conduire celles-ci d'une main de fer, sous une discipline militariste (on sent qu'il vient de l'école de Sartre du Diable et le bon dieu). Révolution dans la révolution traite de haut le trotskyste Hugo Blanco qui échoue en armant du désir de s'armer les paysans de la vallée de la Convencion, au Pérou (et peu importe que les guérillas castristes du même pays échouent de même et sans laisser, elles, de traces dans la conscience des masses paysannes. Debray n'aura pas le loisir de revenir là-dessus).

Debray a assimilé la leçon de Malraux. Celui-ci avait écrit après s'être allé frotter à la révolution chinoise. Debray a écrit avant le frottage. La théorie a précédé son équipée en Bolivie. Il va visiter la guérilla du « Che » en néophyte gaffeur, dont l'irruption intempestive commence par exaspérer Guevara. Au retour, il a la maladresse de se faire prendre et « confirme » à la soldatesque la présence de leur ennemi numéro un parmi les guérilleros qu'ils traquent. Un quelconque révolutionnaire y aurait laissé sa peau. Mais Debray a la chance d'être fils de quelqu'un. Les autorités de la V° République se mobilisent pour le rejeton qui jette sa gourme. Il pourra se payer le luxe d'un beau procès et d'un peu de prison. Comme mademoiselle de La Molle le remarquait de la condamnation à mort, c'est une décoration supérieure à grand cordon. Debray rentre en France héros d'extrême gauche. 1968 tombera à pic pour fourbir son auréole. Encore quelques livres, quelques coups de lance dans des moulins a vent et le voila autorité es-révolutions, docteur-défenseur du tiers monde. La voie royale pour la belle carriere est tracee.

1981 le fait conseiller de l'Elysée. Il inquiète Reagan qui le voit pire qu'un communiste. Encore une décoration ! Les Nicaraguayens croiront même à sa promesse de les armer. Ils ne savent pas qu'il est devenu adulte, sérieux, anti-utopiste :

« Le Che... un beau livre d'images, n'est-ce pas mes amis ? Non, vous ne vous souvenez pas. Ou si, un peu, enfin par la force des choses. » Victor Serge aurait-il apprécié cette façon élégante de tourner la page sur un tel cadavre ? Debray en rit encore. Il se moque de ses pareils, format en-dessous, « occupés à reussir platement, au premier degré] : journalistes, écrivains, publicitaires, philosophes, députés, médecins, avocats, tous peu ou prou médiateurs, médiatiques, médiocrates, bref, vent en poupe ».

Pas gentil de se moquer des derniers de la classe, de la part de celui qui rafle tous les prix. L'ex-foudre de guerre révolutionnaire ne tombe pas dans la

« NOTES DE LECTURE » 109 médiocratie, lui. Fichtre non ! A l'heure de la distribution des postes, où l'on case les copains avant la débâcle du pouvoir PS, Debray décroche la belle timbale, à faire pâlir les nouveaux philosophes : secrétaire général du Conseil du Pacifique Sud. « Il sera là, écrit Libération du 14 février dernier, un élément du dispositif présidentiel d'après le 16 mars. »

« La cassure des temps », comme il écrit dans la préface des Carnets, a rendu encombrants et désuets tous ces mots qui corsaient nos lectures d'antan (mouvement ouvrier, trahison historique, déviation stalinienne, parti d'avant-garde, analyse juste, etc.). Ces poncifs qui ont « séché sur pied » sont vite jetés par-dessus bord par notre héros. Il a trouvé maintenant des mots beaucoup plus solides, reluisants, modernes : « droit international; représentants librement élus de la Polynésie se situant dans le cadre de la République ; siècle de l'espace ; droit de la France à être membre de la famille Pacifique ; présence nucléaire française... » Dans le Pacifique, « nous sommes chez nous », proclame-t-il.

Pourquoi Chirac chasserait-il Debray de son poste ? Qui pourrait mieux que lui recommander des peines sévères contre tout Kanak soupçonné de détenir, lire ou diffuser Révolution dans la révolution ? Quoi qu'il en soit, on voit très bien à l'horizon le président-général Hernu-cléaire adouber Debray « conscience de la France ».

Dans les Carnets de Victor Serge figure une lettre à Malraux qui manifeste que l'écrivain révolutionnaire ignorait le retournement de veste social-patriote du dilettante de la révolution?. Le fils de Serge, le peintre révolutionnaire Vlady, a commis une erreur du même genre en demandant à Régis Debray de préfacer le livre de son père.

Répétition de la tragédie en farce : Debray n'a rien à son actif du niveau de la Condition humaine, et, dans son dernier rôle, Malraux gardait une certaine allure, évitant le cynisme.

Il est très ordinaire de voir de grands vaincus célébrés par ceux qui les auraient insultés vivants. Il n'en reste pas moins qu'hommage du vice à la vertu, l'éloge, par l'arriviste, d'autant plus vulgaire que sa pirouette est ample, de l'homme qui mourut avec des semelles percées? est une insulte qui nous blesse. Heureusement, le temps ne tardera pas à la laver: on oubliera Debray, Victor Serge sera toujours lu davantage.

Michel Lequenne 1. La réédition des Carnets paraît à Actes-Sud. La première édition était parue chez Juliard en 1952.

2. Il n'était d'ailleurs pas le seul à se tromper. Lorsqu'au lendemain de la Libération, la légalisation de notre journal la Vérité nous fut refusée sous la pression des staliniens (alors que ce journal avait été le premier journal « résistant ») sous le prétexte que notre organisation n'appartenait pas au Comité national de la Résistance, quelques-uns de nos dirigeants s'adressèrent à Malraux, qui ne nous répondit même pas.

3. Dans une de ses géniales fresques de la bibliothèque Miguel Lerdo de Tejada, Vlady a peint les souliers troués de son père, tels qu'ils le fascinèrent quand il eut à le reconnaître, après sa mort, en pleine rue.

La pensée vivante de sandino

Lettres, textes et correspondances

Présentation de Jean ZIEGLER

Introduction de Sergio RAMIREZ

LA BRECHE

Disponible aux Editions La Brèche

9, rue de Tunis 75011 Paris

La France du Front populaire de JACQUES KERGOAT (Editions La Découverte, Paris, 1986)

Le livre que Jacques Kergoat vient de publier enrichit incontestablement la littérature déjà abondante sur le Front populaire. Il s'agit en réalité d'une contribution très importante, systématique et claire dans ses lignes générales, qui se base sur des sources très nombreuses. Ces sources sont mentionnées dans une ample bibliographie qui est publiée à la fin du volume et divisée en trois sections, celle des livres, celle des articles et celle des travaux universitaires.

Le livre sort justement au moment où nous sommes dans la dernière phase de la préparation de ce numéro de Quatrième Internationale et nous ne pouvons pas l'analyser en détail. En gros, il contient trois parties. La première partie analyse la situation de la France et de son mouvement ouvrier au début des années trente, en insistant particulièrement sur l'année cruciale de 1934. La deuxième partie décrit, dans quatre chapitres exhaustifs, le succès électoral du Front populaire, les grèves de juin, l'apogée du mouvement avec la continuation des grèves avec occupation d'usines, même après la signature des accords Matignon, et l'attitude du gouvernement Blum face à la guerre civile espagnole avec toutes ses implications internationales. La troisième partie est consacrée « aux premières lézardes » du Front populaire (pour reprendre le titre d'un chapitre), à son déclin et à sa fin et se termine par la description du « paysage de la défaite » (c'est encore le titre d'un chapitre). Finalement, le livre contient un chapitre sur le mouvement culturel autour de 1936 en donnant des informations généralement assez peu connues sur ce sujet.

Jacques Kergoat fait des mises au point sur des problèmes qui se sont posés à l'époque et qui ont été repris par les historiens ou dans les débats politiques. Par exemple, il explique aussi synthétiquement que clairement les raisons pour lesquelles l'unification du mouvement ouvrier dans une seule organisation, dont on avait pourtant beaucoup parlé, ne s'est pas réalisée et, en fait, n'était même pas sérieusement envisageable. Deuxième exemple: à propos des raisons qui ont amené le PCF à ne pas participer au gouvernement Blum, Kergoat rejette la thèse avancée par Annie Kriegel et donne sa propre explication, à notre sens plus correcte. Finalement il revient à plusieurs reprises sur l'analyse de la nature et l'évolution du Parti socialiste, en critiquant, entre autres, la caractérisation de ce parti comme centriste, avancée à un moment donné par Trotsky.

Mais les chapitres les plus intéressants sont ceux qui analysent les origines de la montée ouvrière, sa dynamique et sa nature. Kergoat rejette à juste titre les interprétations d'autres historiens ou hommes politiques (grèves fondamentalement revendicatives, mouvement d'affirmation de la « dignité ouvrière », « dimension festive » des luttes, etc.) et relance sans ambiguïté l'interprétation des grèves et des occupations d'usine comme la manifestation principale de la crise politique et sociale qui secouait la société française dans son ensemble. Du point de vue de la méthode, le passage qui suit nous paraît fondamental : « C'est dans le cours du processus même que se forge - ou non - une volonté de type révolutionnaire. En ce sens, la véritable question que posent les grèves de juin 1936 n'est pas : " S'agissait-il de grèves révolutionnaires ?", ", mais "le mouvement de grèves de juin 1936 ouvrait-il une situation révolutionnaire ? "».

Une telle approche aide à répondre à la question qui a été posée à nouveau dans des débats récents: juin 1936 a-t-il été une victoire ou une défaite pour le mouvement ouvrier? Or, dans le chapitre « Repères pour un bilan », Kergoat synthétise les acquis de 1936, de même qu'il rappelle les promesses non tenues. Les acquis - sur le plan des conquêtes partielles, aussi bien que sur le plan de la maturation de la conscience ouvrière - sont majeurs. Toujours est-il qu'une crise révolutionnaire était ouverte et si le mouvement ouvrier avait adopté une autre politique, le cours des événements aurait pu être tout à fait différent de ce qu'il a été. Le déclin rapide et la défaite à court terme n'étaient pas inscrits inéluctablement dans l'histoire.

Une telle problématique se posera à nouveau, tôt ou tard, dans le mouvement ouvrier. Pour cette raison aussi, le livre de Jacques Kergoat mérite d'être lu et étudié.

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