Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 20

Introduction

Quatrième Internationale, n° 20 · mai 1986 · p. 7-8 · 453 mots

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La récession de la moitié des années soixante-dix, la plus importante depuis celle des années trente, la stagnation prolongée de l'économie dans la décennie qui a suivi cette récession, les processus de restructuration et de rationalisation et, last but not least, la nouvelle vague d'innovations technologiques ont déterminé et déterminent des changements structurels profonds au niveau économique et social avec des répercussions sur le terrain syndical et politique. Des débats très vifs se sont développés à ce sujet dans presque tous les pays capitalistes industrialisés avec une large participation d'économistes, sociologues, syndicalistes et militants du mouvement ouvrier.

Ces débats ne pouvaient pas se dérouler sur un plan strictement « scientifique ». Le plus souvent, des motivations politiques et ideologiques se sont mêlees aux préoccupations analytiques. Plus concrétement, des analyses et des pronostics plus ou moins fondés ont été utilisés comme des armes contre le mouvement ouvrier, notamment ses secteurs d'avant-garde, et contre la théorie marxiste. Le but de l'opération était et reste clair: il s'agit de faciliter l'application de la politique d'austérité au sens le plus large et la suppression des conquêtes que la classe ouvrière et les autres couches exploitées avaient arrachees par leurs luttes dans la deuxième moitié des années soixante et dans la première moitié des années soixante-dix. Dans cette opération, des « théoriciens » et des politiciens bourgeois ont pu compter sur la collaboration, parfois enthousiaste, des dirigeants réformistes et néo-réformistes, désireux de démontrer que leur politique d'adaptation au système capitaliste et de capitulation est imposée par des conditions objectives ineluctables.

Dans ce numéro de notre revue nous abordons quelques-uns des problèmes débattus dont les implications pratiques n'ont pas besoin d'être illustrées. A côté d'un article d'Ernest Mandel sur la problématique d'ensemble, nous publions des articles sur l'Italie et sur la République fédérale allemande, deux pays où les discussions ont été particulièrement importantes. Nous n'en tirons aucune conclusion générale. Toutefois, il est significatif que des tendances fondamentalement similaires se précisent dans deux pays qui, tout en appartenant à la catégorie des pays les plus industrialisés, sont assez differents sous plusieurs angles, aussi bien sur le terrain socio-économique que sur le terrain politique. Nous pourrions ajouter que des tendances analogues se sont exprimées dans les autres pays d'Europe capitaliste.

Nous signalons, finalement, que la problématique des articles qui suivent a été abordée aussi dans un texte du groupe de travail économique de la LCR française, publié dans les numéros de janvier et février 1986 de Critique communiste, et dans deux articles parus dans Inprécor: celui de Jean-Claude Bernard « Crise et restructuration dans l'industrie automobile » (6 janvier 1986) et celui d'Ernest Mandel, « Les conséquences sociales de la crise économique en Europe capitaliste » (3 février 1986).

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