Pourtant riche d'une longue histoire dans le mouvement nuvrier (James Guillaume et la Fédératio.: Jurassienne d- la lère Internatiocale, F. Platten e: la lutte contre la lère guerre impérialiste...), la Suisse a dû attendre ces dernières années pour qu'une presse révolutionnaire fasse de nouveau entendre sa voix, après la « grande coupure » introduite par le stalinisme (incarné en Suisse par le Parti Suisse du Travail). C'est en effet à la fin octobre 1969 que parait le Ter numéro de la « Brèche » organe mensuel (devenu depuis bi-mensuel) de la Ligue Marxiste Révolutionnaire organisation sympathisante de la /Vème Internationale. Dès ce moment, les camarades de la LMR précisaient ainsi, le rôle qu'ils assignaient à la presse révolutionnaire (Brêche N° 2)
« Dans ce contexte, la majeure partie des organisations révolutionnaires ont compris l'impor tance de la lutte à engager au niveau national (sans parler de la perspective de lutte internatio naliste qu'implique la question de la « main d'œuvre étrangère »), contre l'initiative Schwarzenbach. C'est donc en relation avec cette lutte concrète, dont ils vont s'attacher à déterminer et préciser les lignes de force politiques et les méthodes d'agitation que des camarades zurichois, tessinois, gene vois et vaudois vont tenter de mettre sur pied des structures minima d'action dépassant le cadre régional. C'est pourquoi la LMR a consacré une part importante de ses forces à la mise sur pied d'une presse, non seulement en lançant son journal la Brêche, mais en créant deux feuilles d'intervention : « Brèche-usines » et « UniBrèche ». De ce fait, la LMR se dote d'instruments nécessaires pour accomplir son travail propagandiste et d'agitation. En outre, après une discussion interne assez longue, la LMR s'est fixé trois axes primordiaux de travail politique : un secteur de travail vers les entreprises, dans le milieu étudiant et vers les jeunes (problèmes de la formation professionnelle, de l'enseignement, etc...) » Ainsi donc, avant de reproduire ici queiques extraits significatifs de la presse de nos camarades, il est important de préciser comment ceux-ci, dans le cadre spécifique du capitalisme helvétique, conçoivent la fonction de la presse révolutionnaire. Le militaris Tel est le mot d'ordre scandé par plus de 100 étudiants bernois, le 9 février, à l'aula de l'Université, à l'encontre du colonel commandant de corps Hirschy, venu faire une conférence de propagande pour l'armée. Hirschy, chef de l'instruction, grand responsable de l'embrigadement des milliers de jeunes ouvriers, apprentis et étudiants qui viennent de commencer ces jours leur école de recrue, a reçu un accueil à la hauteur de ses « fonctions ». Ne pouvant tenir sa conférence dans la salle initialement prévue (elle était occupée par les étudiants anti-militaristes), il dut
En fonction des axes d'intervention qu'elle s'est choisie, la LMR a ainsi développé une presse différenciée. La « Brèche » est aujourd'hui un bi-mensuel de 20 pages, tirant à 3000 exemplaires (et ce, pour une population d'un peu plus d'un million d'habitants) à destination des lecteurs de langue française (Suisse Romande). « La Brèche » accorde une place importante à l'analyse du développement, et des contradictions du capitalisme Suisse (à travers une série d'études sur l'impérialisme suisse à l'échelle mondiale, notamment), au problème de l'armée et des luttes anti-militaristes, à la question de l'école et de la crise du système de formation, et enfin, aux tâches de solidarité avec les révolutionnaires indochinois. Depuis la fin 72, les camarades de la LMR ont aussi entamé la parution d'un journal en langue allemande (« Bresche »), actuellement mensuel, mais bientôt bi-mensuel. « Bresche », tirant à 2000 exemplaires reprend des articles de l'édition française, mais aussi comprend des analyses propres sur la situation en Suisse alemanique. A la même époque, et en collaboration avec les camarades des GCR (Section Italienne de la IVème Internationale), un journal en direction de l'émmigration italienne (qui forme un pourcentage important de la classe ouvrière suisse) est publié. || s'agit de « Bandiera Rossa » qui reproduit des articles traduits de la « Brèche », des articles spécifiques sur la situation des travailleurs immigrés (notamment une campagne ime hors de se déplacer à l'aula. Mais ni le recteur Nef, ni le doyen Fricker, ne purent faire taire les mégaphones des étudiants, appelés par plusieurs tracts les jours précédents. Le recteur dut se résoudre à écrire au tableau noir que la conférence était renvoyée. Dans un tract (« BrescheUni-Gruppe », Berne) que nous avons distribué, nous expliquions un des fondements de l'actuelle offensive des colonels dans l'Université. « La crise de la société capitaliste qui s'accentue depuis les années 60 se développe avant tout dans les institutions de socialisation classiques que pour les droits politiques), et des articles sur la situation italienne. Enfin un journal pour l'émigration espagnole est en cours de réalisation. En dehors de ces journaux « centraux ». les camarades de la LMR ont très rapidement mis en place une presse sectorielle : - Brèche-usine et Bresche im Betrieb est un journal en direction des entreprises de la métallurgie (principale branche industrielle en Suisse) - " La Taupe » éditée par les cercles « La Taupe » (Genève), « Spartacus » (Lausanne) et « Lutte apprentis » (Lausanne et Yverdon) est le journal des secteurs jeunes, lycéens et apprentis, il parait toutes les 6 semaines, et est principalement axé sur les luttes anti-impérialistes, antimilitaires et contre la répression sexuelle. - Enfin les documents « UniBrèche » publiés par les étudiants dans le cadre de la bataille idéologique qu'ils mènent pour imposer le marxisme à l'Université en Suisse, en effet, l'Université est un bastion de la réaction d'extrême-droite, du fait de la nondémocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur. Outre ces publications régulières, les militants de la LMR ont aussi édité un grand nombre de brochures : en français (l'antimilitarisme dans le mouvement ouvrier suisse, sur la Sécurité Sociale et l'attitude des organisations réformistes, sur la question du Parti...), en allemand, en Italien, en Espagnol... Voici maintenant quelques extraits significatifs des derniers numéros de « La Brèche ». = l'Uni ! sont : l'école, l'université, la famille, les organisations paramilitaires, etc. Ainsi, il apparaît clairement pourquoi la bourgeoisie s'efforce de rebâtir à l'intérieur même de l'Université l'idéologie de la défense nationale. L'Université risque de ne plus pouvoir remplir son rôle, et tout particulièrement son rôle que consiste à reproduire et à maintenir vivante l'idéologie bourgeoise. Il faut remarquer que les colonels et les députés du Grand Conseil ne cessent pas de « démasquer » la « mauvaise attitude de certains maitres du gymnase » ! ».
SUISSE 40 heures : une bataille centrale « La durée maximale légale normale de la semaine de travail est de : - 46 heures pour les travailleurs des entreprises industrielles, ainsi que pour le personnel technique et le personnel de vente des grandes entreprises du commerce de détail ; - 50 heures pour les autres travailleurs ».
Inspection cantonale du travail, août 72, art. 9 La participation de la LMR au Comité Nationale pour les 40 heures est l'occasion de poser deux questions : tout d'abord celle de l'utilisation du droit d'initiative, ensuite celle de la façon dont il faut concevoir la campagne et la lutte pour les 40 heures. Les révolutionnaires, dans la tradition léniniste, ne se sont jamais refusé d'utiliser les élections ou un droit lié aux derniers restes de la démocratie bourgeoise, tel le droit d'initiative bourgeois, pour mener sur une vaste échelle un travail d'explication et de propagande. Mais ce travail doit s'effectuer dans la perspective de préparer la mobilisation des travailleurs en dehors des voies parlementaires. Il faut de plus souligner que les révolutionnaires ont à défendre l'utilisation la plus facile possible d'un droit démocratique tel que le droit 56 d'initiative. Face à l'essai des Associations patronales suisses de porter à 170 000 le nombre de signatures nécessaires à la présentation d'une initiative, nous devons mener une campagne contre cette tentative de limiter encore plus les derniers reliquats de la démocratie directe ! Cela non pas parce que nous voudrions créer une quelconque illusion sur la nature de cette démocratie bourgeoise, mais parce que l'existence des droits démocratiques les plus larges ne peut que faciliter la lutte de la classe ouvrière. Lénine souligna de multiples fois cet aspect de la lutte des révolutionnaires : « La socialdémocratie (les marxistes révolutionnaires de l'époque) ne se détourne pas de la lutte pour la liberté politique sous prétexte que c'est une liberté politique bourgeoise. La social-démocratie considère la consécration du régime bourgeois du point de vue historique... Elle n'a jamais eu, elle n'aura jamais peur de dire qu'elle consacre la démocratie bourgeoise de la république démocratique, en comparaison du régime bourgeois de l'autocratie féodale.Mais elle ne consacre la république bourgeoise que comme la dernière forme de la domination de classe, comme le terrain le plus favorable à la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie » (Oeuvres, vol. 8, p. 301). Nous ne refusons donc pas d'utiliser la démocratie directe, et même de la défendre face aux attaques portées par la bourgeoisie. Mais il faut d'une part montrer que cette démocratie bourgeoise est, aujourd'hui, faite de lois d'exception, d'interdictions concernant la liberté de presse, d'organisation et de manifestation, de polices armées au service du capital, etc...; d'autre part, il est nécessaire d'insister sur la véritable nature de classe de cette démocratie : le système de domination bourgeoise dans lequel règne la propriété capitaliste des moyens de production essentiels et où l'appareil d'Etat fonctionne dans le sens strict des intérêts du capital.
Rompre la « paix du travail » Dés lors, la campagne pour l'initiative des 40 heures doit être menée non pas dans le sens de propager une quelconque illusion sur les possibilités d'acquisition d'avantages décisifs par le biais d'une initiative mais dans le sens de proposer la mobilisation des travailleurs. Seules les expériences et la pratique peuvent convaincre de larges couches de travailleurs des limites des libertés bourgeoises qui n'autorisent que des luttes restreintes et du fait qu'aucune amélioration de leur situation ne peut être obtenue dans le cadre de ce système. Il faut souligner ici qu'une initiative - à la différence des élections par exemple - permet de mettre en avant un objectif politique d'ensemble qui délimite les oppositions de classe et la politique des organisations collaborationnistes (syndicats, Parti Socialiste). Si l'obtention ef fective des 40 heures ne peut être acquise qu'au travers d'une mobilisation des travailleurs, il est cependant évident que la détermination sur le plan légal du nombre d'heures de travail permet d'uniformiser les conditions de travail des divers secteurs et donne une base pour des luttes à des secteurs moins bien organisés, etc... Enfin, la mise en avant d'un objectif d'ensemble va à l'encontre de toute la politique contractuelle des bureaucrates syndicaux, qui s'adaptent aux possibilités patronales, branche par branche, entreprise par entreprise. Ainsi, ce n'est pas en adoptant la même méthode pointilliste, c'est-à-dire une campagne propagandiste au niveau d'une dizaine d'entreprises — au nom de la « mobilisation des masses » - que l'on réunit plus efficacement les conditions d'une rupture de la « paix du travail ». C'est d'ailleurs en subordonnant la campagne pour les 40 heures à une intense propagande sur le thème de la « paix du travail », que nous montrerons le véritable enjeu de la diminution du temps de travail. En effet, le collaborationisme des bureaucrates syndicaux a donné une impulsion supplémentaire à l'intensification du travail (augmentation des cadences, des normes...). C'est en défendant des primes de productivité, en liant le salaire au rendement, en se battant pour des systémes de primes, en voulant joindre les intérêts des travailleurs à ceux de l'entreprise, que les bureaucrates syndicaux ont facilité la surexploitation des travailleurs. La campagne pour les quarante heures est donc en prise directe avec la lutte contre l'organisation capitaliste du travail, et contre la politique de « paix du travail », qui se résume clairement ici à une politique de « paix pour les patrons ». De ce fait, un des axes de la campagne pour les quarante heures doit être le travail à l'intérieur des organisations syndicales afin de regrouper des travailleurs autour de cette revendication centrale et de battre en brèche la stratégie de « paix du travail ». Ceci doit se doubler d'une agitation et d'un soutien à des luttes partielles pour la réduction du temps de travail qui pourraient surgir dans la période à venir. Les comités locaux pour les 40 heures doivent se développer dans cette perspective. Cette double activité est absolument nécessaire pour créer les conditions d'une lutte unitaire des travailleurs suisses et immigrés. C'est aussi en mettant en relief le fait que les travailleurs immigrés se voient refusés les droits démocratiques acquis par la classe ouvrière au dix neuvièàe siècle que l'on peut, d'une part, dévoiler le vrai visage de la « démocratie bourgeoise », et d'autre part, mettre en avant les revendications de liberté d'activité syndicale et politique des travailleurs immigrés. C'est dans ce cadre d'ensemble que la LMR conduira la campagne pour les quarante heures, tout en cherchant à développer le front le plus large, sur la base de la plate-forme du Comité National d'Action, pour donner à cette revendication la plus lar-
SUISSE
8A8Л Empêcher le colonel Hirschy de prendre la parole à l'Université de Berne n'est pas seulement un acte de protestation contre la présence constante de l'armée dans cet établissement (près d'une dizaine d'officiers ont ou vont parler à l'Université de Berne). C'est une intervention qui permet de dénoncer l'absence complète de droits politiques que le même Hirschy - sans doute scandalisé par cet acte « anti-démocratique » - impose à l'ensemble des recrues actuellement sous l'uniforme. Il ne faut pas oublier qu'Hirschy est directement impliqué dans l'affaire de l'arrestation des recrues genevoises et lausannoises, l'automne passé, puisqu'il a la responsabilité directe du commandement des écoles de recrues ! En outre, ce personnage certainement très attaché à la « liberté de parole », vient d'édicter une ordonnance, valable pour toutes les casernes, qui dit que :
Nous a Le 28 octobre, 17 camarades passaient devant le tribunal de Lausanne, inculpés de violation de domicile, de dommages à la propriété, de vol sans dessein d'enrichissement, de publicité illicite ! La raison de ces inculpations : avoir organisé une manifestation de soutien à la lutte du peuple vietnamien, et pour cela, avoir investi la cathédrale. Le conseil d'Etat du canton de
« 2.1. Le soldat garde ses droits politiques garantis par la constitution, même au service militaire (p. ex. droit de vote et d'égibilité, liberté d'opinion et d'expression, de réunion et d'appartenance à un groupe, d'initiative et de pétition). 2.2. Mais le service militaire exige une certaine retenue lors de l'exercice de ces droits. (...) 3.1. Pendant le temps de service, mais aussi sur le terrain où se déroule la vie commune de la troupe, il ne peut y avoir de propagande politique et en particulier les activités suivantes : (suit une liste ou pratiquement toutes les formes d'expression politique sont prohibées...)». (ordre d'Hirschy « corcernant l'activité politique au service militaire »). Cette intervention contre le militarisme bourgeois à l'Université mérite d'être poursuivie dans l'ensemble du pays. A cet égard, soulignons l'importance de l'unité d'action, qui a rassemblé le 9 février des « groupes » politiques qui ont des bases programmatiques différentes, qui n'interprétent certainement pas de la même manière le sens de la lutte anti-militariste, mais qui ont su déterminer la nécessité d'une riposte unie face à l'offensive idéologique des colonels, et, également, face au silence éloquent des sociauxdémocrates !
10.1.73 Correspondant « Bresche-Uni-Gruppe » Berne. * La Brêche N° 63 » : vaincrons vec vous ! Vaud, « propriétaire » de la cathédrale, avait déposé plainte. Il est légitime de se demander quelles sont les raisons qui poussèrent le Conseil d'Etat à nous faire un procès. La déclaration de Delessert du Ministère Public et le jugement de M. Gilléron donnent des indications tout à fait édifiantes sur les raisons profondes qui guidèrent le Conseil d'Etat en la matière (s'il est possible que ce dernier ait des raisons profondes !). Le ministère public durant sa « plaidoirie » présenta la LMR selon les schémas proposés dans le « petit livre rouge de la défense nationale ». Subversion, clandestinité, cellules pénétrant partout, dans les écoles, les entreprises, etc... sigles mystérieux, fanatisme discipliné, tout s'y trouvait. Deles sert se prenait pour Mac Carthy. On croyait rêver. C'est à partir de cette plaidoirie que le brillant représentant du Ministère public - dans ce style aisé qui caractérise les députés du gros de Vaud -réclama une peine de deux mois d'arrêt assortie d'un long sursis et 500 frs d'amende. Ainsi, les objectifs du Conseil d'Etat apparurent en pleine lumière. Tout d'abord, exercer un chantage systématique sur les militants au moyen de telles peines et d'un long sursis, afin d'entraver au maximum leur activité politique. Ensuite, créer un climat de répression qui tende à isoler les organisations d'extrêmegauche (tout en « respectant la liberté d'expression » !). Enfin, réduire cette action de soutien à un simple délit de droit commun et frapper à la caisse (meilleur moyen pour que la « liberté d'expression » se situe dans les limites respectables !). Voilà où voulaient en venir Bonnard et le Conseil d'Etat. Dans son jugement - sous des airs patelins - le juge et socialdémocrate Gilleron adopta les thèses fondamentales et la volonté du Conseil d'Etat du canton de Vaud, quand bien même il n'octroya pas les peines demandées par le Ministère public. En effet ne déclara-t-il pas dans son jugement: « Cette perfection (dans l'exécution de l'opération) est certes inquiétante si l'on préte aux accusés des idées subversives qui ne résultent d'ailleurs pas de l'instruction de la cause, tout au moins au plan des objectifs immédiats 2 Ainsi malgré la formulation, les arguments du Ministère public qui tendent à justifier des peines avec de longs sursis sont repris, et sont accumulés les premiers éléments nécessaires pour justifier dans le futur - si nécessaire - des mesures d'interdiction pour « mise en danger de l'ordre établi » ! Le jugement est d'ailleurs explicite... a ils sont tous parfaitement conscients qu'une peine privative de liberté assortie d'un sursis est de nature à les empêcher de participer à des manifestations non autorisées ou d'en organiser. Tel est effectivement le but que le juge doit rechercher ». Voilà comment un social• democrate applique les volontés démocrate applique les volontés du Conseil d'Etat, en « oubliant » que les socialistes ont du lutter au XI Xème siècle durant des années pour avoir le droit d'exercer « librement » une activité politique, en « oubliant » que les dirigeants du Parti Socialiste étaient mis en prison parce qu'ils avaient participé à la grève de 1918 | Pour l'essentiel étaient atteints les buts que visait le Conseil d'Etat. Pour « taper à la caisse », le juge se donna aussi de la peine - tout en paraissant modéré par rapport à ce que réclamait le Ministère public. Le montant des amendes s'élève à 7 200 Francs. Plus que jamais, afin que nous puissions continuer notre lutte, développer le mouvement de soutien à la lutte du peuple vietnamien, nous avons besoin de l'appui de tous nos lecteurs. Il reste à souligner que durant tout l'après-midi du 28, le Tribunal: de simple police fut transformé en quelques sorte en « Tribunal Russel ». Le chirurgien Jean-Michel Krivine montra avec précision le type de guerre que l'impérialisme américain développa au Vietnam (bombardements d'objectits civils, armes anti-personnelles, etc.... En outre, il souligna l'importance du soutien à la lutte du peuple vietnamien. Le géographe Yves Lacoste montra avec précision comment l'aviation américaine développait une véritable stratégie de bombardement des digues, avec la menaces effroyable de ravager des régions entières, d'assassiner des millions de paysans vietnamiens. Enfin, le conseil national socialiste, Jean Ziegler, insista non seulement sur la nécessité du soutien à la lutte des peuples d'indochine, mais affirma son accord total avec l'action entreprise. Maitre Lob, dans sa plaidoirie, fit une analogie historique qui situait fort bien la signification des accusations portées par le Conseil d'Etat contre les 17 militants. M. Lob affirma : « si en 1942, 17 jeunes gens avaient occupé la cathédrale pour dénoncer les crimes commis par les nazis dans les camps de concentration d'Auschwitz, Bergen-Belsen, le Conseil d'Etat aurait certainement engagé de même une action pénale contre ces « subversifs»... Après ce procès, nous ne pouvons que réaffirmer notre volonté de continuer plus que jamais - au moment où le peuple vietnamien est tragiquement isolé - notre travail de propagande, le développement de mouvements de soutien, en comprenant la signification profonde d'une des dernières déclarations d'un représentant du GRP à Paris,: • Nous vaincrons avec vous ! » « Nous vaincrons avec vous ! »