Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 11-12 (n° 62-63)

Vincennes sera-t-elle finalement la cause majeure de la liquidation de Maspero et de la fermeture de plusieurs librairies révolutionnaires ?

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 11-12 (n° 62-63) · novembre-décembre 1973 · p. 71-71 · 767 mots

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En effet, c'est à Vincennes qu'est écoulée la majeure partie des livres volés chez Maspéro (« La joie de lire ») et dans plusieurs librairies d'extrême-gauche telles que la Commune, Paralléle, Git-le-Cœur, Norman-Béthunes, etc.

Ces petites librairies sont sur le point de fermer et l'on sait que de très graves difficultés financières menacent l'existence des éditions Maspéro.

Si ces librairies et éditions révolutionnaires disparaissent (ce qui serait une belle victoire pour le pouvoir et les fascistes), ce ne sera pas seulement en raison des procès intentés par Marcellin et des amendes infligées, mais aussi et surtout à cause des vols.

Ces vols ont pris, depuis plusieurs mois, une ampleur démesurée : leur montant s'est élevé à plus de 50 millions d'AF l'an passé chez Maspéro et pour 1973 ils seront au total encore plus lourds. C'est dire qu'en une seule année, le montant des vols est triple ou quadruple du montant total des amendes infligées depuis 10 ans à Maspero.

Il ne s'agit plus seulement des petits « piqueurs » qui prennent sans payer le livre qu'ils ont besoin de lire, mais d'un véritable rackett bien organisé :

Un petit nombre de caids, qui n'agissent pas directement, contrôlent des revendeurs et font agir ceux qui volent les livres, en leur fournissant des listes de commande. Les livres sont de moins en moins dérobés subrepticement : des groupes organisés occupent une partie des librairies, remplissant des sacs et des valises et ils n'hésitent pas à molester les membres du personnel qui cherchent à s'interposer. Dans les dernières semaines, plusieurs jeunes femmes employées chez Maspéro ont été menacées en sortant de leur travail, quelques unes ont été attaquées car elles avaient repéré certains voleurs. Récemment, un militant travaillant à la librairie Maspéro a été trainé dehors par l'un de ces groupes et roué de coups, on lui a cassé le poignet. Les formes que prend ce rackett sont encore plus violentes dans les petites librairies où les descentes des voleurs alternent avec celles des fascistes.

Ces librairies révolutionnaires refusent de se placer sous la « protection » de la police. Dans ces conditions pénibles qui s'aggravent de semaines en semaines (et qui vont empirer dans la période des ventes de fin d'année), LES TRAVAILLEURS DE CES LIBRAIRIES DEMANDENT NOTRE SOUTIEN.

La fable du « capitaliste-Maspéroqui-fait-du-fric-en-vendant-deslivres révolutionnaires » a été habilement lancée et propagée par ceux qui veulent étouffer un des rares éditeurs révolutionnaires et provoquer la fermeture des librairies d'avant-garde. Comme l'actuel arsenal de la légalité bourgeoise ne suffit pas à atteindre ce but, les petits piqueurs qui ne se posent pas trop de questions et surtout le rackett systématique sont les moyens utilisés par le fascisme et le pouvoir.

POUR EMPECHER LE RACKETT

DONT PROFITENT LE FASCISME

ET LE POUVOIR

Des mesures doivent étre prises dans ces librairies, mais ceci est surtout l'affaire de leur personnel. Pour ce qui est de Vincennes et d'ailleurs aussi de quelques autres facs, les travailleurs de ces librairies quelles que soient leur appartenance politique demandent que nous nous efforcions de freiner la revente des livres volés.

Certes, il est probable que tous les livres mis en vente à Vincennes ne sont pas des livres volés chez Maspéro et dans d'autres librairies révolutionnaires. Il est même possible, ne serait-ce que pour fournir un alibi, qu'une petite proportion de ces livres résulte de transactions normales. Il est probable que tous ceux qui vendent des livres à Vincennes ne sont

MASPERO REVOLUTIONNAIRES ? pas en rapport direct avec les organisateurs du rackett. Par ailleurs, il est normal que l'on achéte à Vincennes les livres dont on a besoin, surtout lorsqu'ils sont offerts avec d'importantes réductions et si l'on ne se pose pas trop de questions quant à l'origine de ces bouquins.

MAIS CES PRATIQUES FONT LE JEU DES FASCISTES ET DU POUVOIR QUI POURRONT LIQUIDER MASPERO ET LES LIBRAIRIES REVOLUTIONNAIRES SOUS COUVERT DE FAILLITTE.

IL IMPORTE DONC DE REFUSER CES PRATIQUES ET DE CESSER D'ETRE LES COMPLICES INCONSCIENTS DES FASCISTES ET DU POUVOIR. IL NE FAUT PLUS ACHETER LES LIVRES VOLES.

COMMENT REPERER LES LIVRES VOLES ?

- La marque la plus évidente, pour les livres volés chez Maspéro est la présence à la dernière page d'un seul tampon JL (« Joie de lire »), les livres qui sont normalement passés par la caisse portent deux tampons JL.

- Les livres dont les dernières pages ont été arrachées ou ceux dont la dernière page est coupée en biais pour faire disparaftre le tampon, sont indiscutablement des livres qui ont été volés.

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