Les droits de l'écrivain
Le pavillon des cancéreux d'Alexandre
Salynsky : * Je parlerai du Pavillon des cancéreux. Je crois qu'il faut absolument le publier car c'est un ouvrage éloquent et fort. Il est vrai que les maladies sont décrites dans le langage pathologique et que le lecteur, même involontairement, sera saisi de la crainte du cancer, si répandue de nos jours. Cet aspect devrait être supprimé d'une certaine façon, tout comme son côté sinistre de roman-feuilleton. Il est également regrettable que presque toutes les vicissitudes des personnages soient liées, d'une façon ou d'une autre, aux camps de concentration... »
Kojevnikov : * ... Je décèle le même esprit de vengeance, contre tout ce qu'il a éprouvé, dans le Premier cercle et dans le Pavillon des cancéreux... Le Pavillon des cancéreux provoque des nausées par son naturalisme excessif, sa tendance à vouloir inculquer toutes les craintes possibles et imaginables, bien que son plan fondamental ne soit pas clinique, mais plutôt social, même si ce dernier n'est pas acceptable... vous voulez extorquer la publication d'un roman que vous n'avez pas revu. Ce chantage vous parait-il digne d'un écrivain ? Chez nous, tous les écrivains suivent volontiers les conseils des rédacteurs et ne leur forcent pas la main... »
Ozerov : * ... En ce qui concerne la publication du Pavillon des cancéreux, on peut arriver à un accord avec Novy Mir : on peut s'engager à corriger le manuscrit et à discuter des modifications. Ce sera un travail très sérieux à faire... Je connais des communistes qui ont été condamnés au bagne, mais cela n'eut aucune influence sur leur conception du monde..., les œuvres de
Soljenitsyne Soljenitsyne sont plus dangereuses pour nous que celles de Pasternak. Pasternak était un homme dégoûté de la vie alors que Soljenitsyne a un tempérament vif, batailleur, idéologiquement déterminé... »
Riourikov : * . Si Soljenitsyne doit se rétracter, il doit le faire aussi de sa prétendue qualité de "continuateur du réalisme russe..." »
Baroudjine : * ... Je suis un de ceux qui, dès le début, n'ont pas partagé l'admiration pour l'œuvre de Soljenitsyne... Le Premier cercle contient beaucoup de points faibles : Staline, Abakoumov et Poskrebychev sont représentés de façon naïve et primitive. Le Pavillon des cancéreux, qui a suivi, est une œuvre anti-humaniste..»
Abdomomounov : « ... Si nous publions le Pavillon des cancéreux, le tapage et les dommages qui s'ensuivront seront plus grands encore que ceux déjà provoqués par sa première lettre [à l'Union des écrivains]. Dans le roman, il y a Rousanov, il y a les grands martyrs des camps, mais où sont les autres ? Où se trouve la société soviétique ? Il n'est pas possible de forcer la note à ce point-là, on ne peut écrire un roman comme cela sans une échappée de lumière. Et puis, il y a beaucoup de longueurs, de répétitions, des scènes naturalistes; tout cela doit être supprimé. »
Abashidzé : « Je n'ai réussi à lire que cent cinquante pages du Pavillon des cancéreux... Nous tous, écrivains honnêtes et doués, nous avons toujours combattu les enjoliveurs, même lorsqu'il était mal vu de le faire. Mais Soljenitsyne court le danger de tomber dans l'excès opposé... »
Jashen : * ... L'auteur n'est pas tourmen- té par l'injustice mais empoisonné par la haine. Les gens sont indignés de ce qu'il y ait un écrivain pareil dans notre Union. Je propose de l'exclure de l'Union. Il n'a pas été le seul à souffrir, mais d'autres comprennent mieux la tragédie de notre époque... Dans le Pavillon des cancéreux on trouve certainement une plume de maitre. Mais pourquoi accuse-t-il du siège de Leningrad, en dehors de Hitler, " d'autres aussi" ? Je ne comprends pas de qui il peut s'agir : de Béria ? ou de nos magnifiques dirigeants actuels ? Il faudrait le dire clairement. (Toutefois, l'auteur appuie la courageuse résolution de Tvardowsky, de travailler sur ce roman avec l'auteur, après quoi il pourra être donné à lire à un groupe restreint de personnes.)
Kerbabaev : « J'ai lu le Pavillon des cancéreux avec un grand dégoût. Tous les personnages sont d'anciens détenus, tout est sombre, il n'y a pas un seul mot chaleureux. On est pris de l'envie de vomir en le lisant... Je le jugerai courageux lorsqu'il aura aussi désavoué le Pavillon des cancéreux et je l'embrasserai alors comme un frère. »
Novichenko : * .. Dans le roman, seuls les gens éprouvés par le malheur se dressent pour juger la société, et cela même est injurieux... Même si ce roman est correctement corrigé, il ne deviendra jamais un roman du réalisme socialiste, ce sera toutefois un événement littéraire, c'est une œuvre de talent...»
Makov : *. Nulle part [en Sibérie] on ne fait du bruit autour de Soljenitsyne. Dans cet endroit seulement on m'a remis un billet. Pardonnez-moi, mais il disait à peu près ceci : * Quand Soljenitsyne cesserat-il de dénigrer la littérature soviétique ?... »
Ces paroles, que nous ne pouvions citer moins longuement pour en conserver toute la lâcheté, la mesquinerie et l'imbécilité bu-. reaucratiques, ont été prononcées le 22 septembre 1967, par les illustres membres du secrétariat de l'Union des écrivains d'U.R.S.S, examinant, en présence de l'intéressé, les plaintes de Soljenitsyne contre le vol de ses manuscrits, leur diffusion policière, le refus de leur publication légale et contre la censure en général.
Le dossier composé de ce document, des lettres de Soljenitsyne et de son interview par un écrivain slovaque, Pavel Lichko, parait sous le titre Des Droits de l'écrivain (1). Ce petit livre est l'indispensable complé-
ONALE 61 ment des œuvres qui nous sont déjà parvenues, et permet de mieux cerner la personnalité d'un homme d'une dignité et d'un courage admirables dont il est visible qu'il a tiré une haute leçon essentielle de son épreuve des camps : « Plutôt y retourner que renoncer d'attaquer à la racine le mal qui les a fait naître. >
Les Droits de l'écrivain ont un autre mérite, plus inattendu, c'est de nous fournir la preuve que Soljenitsyne n'a pas exagéré, dans le Pavillon des cancéreux (2) la peinture de la société post-stalinienne. les bureaucrates de plume, tartuffes inquisiteurs, qui réussissent à transformer la victime en coupable, refusent de s'élever contre des calomnies qu'ils reconnaissent pour telles (et dont ils sont probablemen les auteurs) tant que le calomnié ne se plie pas à leurs exigences humiliantes ; ces do mestiques sans talent qui s'indignent que le talent reconnu (y compris par la plupar d'entre eux) n'accepte pas de se soumettre à leurs corrections de pions et de flics, c'est un spectacle qui manifeste, très partiellement, mais de façon parfaitement nette, un régime qui n'a pas qualitativement changé depuis la mort de Staline; ce que vérifient, à l'autre extrémité, dans l'échelle des faits signifiants, l'invasion et l'occupation de la Tchécoslovaquie.
Le refus obstiné mis à la publication de ce roman en U.R.S.S. ne se comprend pas autrement. Aucun des griefs explicites des bureaucrates de lettres ne tient, comme nous allons le voir, et ils sont même puremen et simplement des contre-vérités.
Un des reproches les plus curieux qui ait été fait au Pavillon des cancéreux et contradictoires avec celui d'un roman naturaliste clinique nauséeux - c'est celui d'être un ouvrage symbolique. Le cancer serait le stalinisme. Soljenitsyne s'en défend, et invoque le réalisme de sa manière de traiter le sujet. Plus nous lisons cet homme, moins nous trouvons de raison de mettre sa parole en doute. Il reste que la terreur du cancer et celle du stalinisme sont ici parallèles et se répondent comme des motifs musicaux Le symbolisme n'est pas dans un choix artificiel de l'écrivain, il est l'un de ceux que la vie fournit d'elle-même et que l'artiste n'a plus qu'à orchestrer.
Trotsky avait parlé de syphilis du mouvement ouvrier; le stalinisme est une maladie sociale qui rappelle bien ces grands fléaux. Le cancer de Soljenitsyne est un de
QUATR ces hasards (c'est-à-dire une de ces incalculables nécessités) qui, même malheureux, servent un artiste, autant et mieux que les chances, et l'aident à trouver le droit fil de son génie.
Cela dit, il est exact que le Pavillon des cancéreux est un roman réaliste, au plein sens du terme, et dans la tradition la plus classique. Si on le compare au Premier cercle, il est clair que ce dernier a une dimension épique et tragique que n'a pas le plus récent. Cela ne tient pas à l'auteur dont la maitrise d'écrivain a, au contraire, augmenté, mais au changement des temps : de Staline aux Malenkov, Khrouchtchev, Brejnev, c'est le passage de la tragédie au drame; les tensions sont devenues moins simples ; la forme littéraire du roman reprend toute son efficacité. Dans le Premier cercle, il n'y a que deux protagonistes : le stalinisme et la déportation; dans le Pavillon, la société reprend sa complexité.
Lieu et temps n'ont pas même valeur dans un roman social réaliste : le lieu doit valoir pour tous ceux de la même société ; le moment, au contraire, doit être celui où se manifestent les conflits. Le Pavillon répond à ces exigences puisqu'il se situe, en • lieu », dans un • quelque part en U.R S.S. », significatif en cela même qu'il aurait pu être choisi en piquant, les yeux fermés, sur une carte, et, en • temps *, à la veille du XXe Congrès, alors que la «libéralisation» khrouchtchevienne s'annonce à peine. Déjà visible à Moscou, elle va commencer à être ressentie dans la grande ville sud-orientale où l'action se déroule. Lieu et moment, fournis à l'auteur par sa biographie, n'auraient pu être plus judicieusement choisis comme points d'observation.
A cet égard, quand l'illustre Abdomomounov s'écrie : « Où se trouve la société soviétique ? », il est aisé de lui répondre : partout. Il suffit d'ouvrir le roman au hasard : voici, dans la rue, les chauffeurs ouzbeks qui mangent des brochettes de chachlik ; voici un vieux docteur, dans sa villa anachronique, qui survit à la Russie du passé. Et l'action se déroulant dans un hôpital, nous y trouvons aussi toute la société, car où la société se découvre-t-elle mieux dans sa vérité qu'à l'intérieur d'un hôpitál ? Contrairement à ce qu'affirme l'illustre Kerbabaev, tous les personnages du Pavillon ne sont pas d'anciens détenus. Sans parler pour l'instant du bureaucrate, pourvoyeur des camps, il y a des échantillons
IEME INTERNATIONALE humains de toutes sortes dans les salles où Soljenitsyne nous fait vivre, et, entre autres, d'attachantes figures, peintes sans ombre, qui devraient plaire aux censeurs de l'auteur, si la haine ne les aveuglait pas, tel Diomka, pauvre adolescent, ivre de savoir et qui lie, vierge, une idylle au bord du tombeau avec la délurée ouvrière Assia, dont l'idéal social est incarné par ces athlètes professionnels qui vont dans les grands hôtels d'Occident. Il y a même un membre du Parti sympathique, le géologue Vadim, pur et désintéressé, sauf de la gloire d'apporter, avant de mourir, une découverte à sa patrie - il est vrai qu'il est, par ailleurs, parfaitement inculte politiquement. Il y en a cent autres, et enfin, les infirmières, les médecins... Si, comme l'illustre Abashidzé, nous n'avions lu que cent cinquante pages du roman, nous risquerions de penser que ce personnel médical est même outrageusement idéalisé. Mais plus loin, il est question aussi de médecins bureaucrates et d'incapables, dont le travail doit être fait par leurs collègues consciencieux..., et surmenés. La vérité est que Soljenitsyne s'est attardé aux meilleurs, et que, dans le respect et l'amitié qu'il leur manifeste et nous fait partager, il y a l'expression d'une gratitude et un remerciement aux modèles qui l'ont soigné. A ce propos, et puisque notre auteur est accusé de flatter l'anticommunisme occidental en dénigrant I'U.R.S.S., comment apprécier cette part de son œuvre qui est un hymne aux médecins soviétiques accomplissant, dans des conditions inimaginables pour un pays tel que la France, une tâche que font à coup sûr fort peu de médecins en Occident ? Comment l'apprécier, surtout en rapport avec l'effet d'un certain procès d' « assassins en blouses blanches > ? Si certains l'ont oublié, Soljenitsyne, lui, n'oublie pas, qui nous montre une conséquence bien simple de ce procès : la doctoresse Gangart — de lointaine origine allemande en plus - tremblant de peur devant un malade, simple chauffeur au M.V.D., mais qui se croit empoisonné par deux comprimés de somnifère et menace de la dénoncer, c'est-à-dire de la perdre.
Les protagonistes principaux du Pavillon ne sont cependant, il est vrai, ni des • personnages moyens » ni les « hommes en blanc soviétiques, mais deux produits extrêmes de cette société, ses deux pôles politiques : le bureaucrate Roussanov et le déporté Kostoglotov. Nous dirons peu de chose de ce dernier, projection de l'auteur, en plus hirsute et plus fruste, échappant, contre tout espoir, à la déportation et au cancer, et qui fait le lent apprentissage d'un retour à la vie, méfiant et maladroit, mais enriohi d'une force que nous commençons seulement à comprendre.
Non moins instructif est Roussanov, apparatchik, homme de fiches et de soupçon. On serait tenté d'abord de croire à un portrait chargé, jusqu'au retour sur lui-même auquel l'oblige la rentrée sur son horizon d'un déporté, ancien ami et qu'il a dénoncé : < Tous l'ont fait, sauf Gouzoun, mais il a été arrêté lui-même. » On ne pouvait pas, sous Staline, devenir un haut cadre, à partir d'un petit poste syndical d'entreprise, sans avoir marché, à chaque étape, sur son contingent de traitres faufilés dans le Parti, et d'ennemis du peuple, saboteurs de la production. Si l'on n'était Roussanov, on était Chouloubine, se contentant de lever la main en silence, s'humiliant en rétractations pour chaque erreur, la veille vérité, et s'enfonçant à reculons dans les tâches de moins en moins responsables.
L'immonde Roussanov, et son non moins ignoble femelle, sûrs du bon droit de leurs privilèges, et de la supériorité de leurs fonctions parasitaires, pleins d'inquiétude à l'idée que les camps peuvent s'ouvrir et lâcher la mer des spectres vivants oubliés, effarés de sentir ainsi le sol trembler sous leurs pieds, et presque autant de l'imprudence d'avoir prénommé leur fils Laurent, comme Béria, ou de voir ce fils capable de se mésallier en épousant une ouvrière, tache qui entraverait sa promotion diplomatique, ce sont des spécimens de la force réactionnaire que seule une nouvelle révolution pourra détruire en U.R.S.S.
Plus que Kostoglotov, c'est Roussanov qui fait délirer les illustres de l'Union des écrivains, Roussanov, leur semblable, leur frère. Leurs mots pourraient être dans sa bouche et vice versa : on le vérifiera en comparant leurs propos cités plus haut à ceux de leur collègue du roman.
Une telle mise à nu pourrait être empreinte d'un « esprit de vengeance = (Kojevnikov) et « sans échappée de lumière » (Abdomomounov). Il existe de tels romans et ils peuvent être grands. Mais si le Pavillon est une œuvre « anti-humaniste » (Baroudjine) quelle œuvre sera humaniste ? Dans le lieu de souffrance vers la mort qu'est le pavillon des cancéreux, Soljenitsyne nous montre une haute concentration de volonté de vivre, et s'il ne tente pas de nous
ONALE 63 duper sur la cruauté d'un mal qui ignore la justice, du moins tente-t-il de montrer qu'il faut avoir bien vécu pour avoir chance de bien mourir. Parmi les lits d'hôpital reprend une discussion que nous connaissions par le Premier cercle : Quel est le sens de la vie ? « Qu'est-ce qui fait vivre les hommes ? C'est Tolstoï qui fournit la réponse toujours valable : l'amour. Et, bien entendu, pas seulement la « cellule de base › mais tout l'amour, et l'amour mutuel des hommes pour les hommes.
Pour les illustres bureaucrates de l'Union, c'est là du « socialisme éthique =. L'on devine le ton méprisant avec lequel ils doivent prononcer ces mots, eux pour qui le marxisme n'est plus qu'un économisme porté par une philosophie mécaniste. S'ils considèrent que le livre de Soljenitsyne n'est pas « chaleureux > (Kerbabaev) c'est qu'ils n'en retiennent que la condamnation implicite de Roussanov. Le vrai est pourtant que le signe du livre est optimisme et espoir liés. Ne va-t-il pas jusqu'à suggérer que, même contre le cancer, la santé morale peut être un élément de guérison. Kostoglotov n'est pas seulement sauvé de la mort proche, il sort de l'hôpital réconcilié avec le monde, ayant même pardonné à Chouloubine sa longue capitulation, et à travers lui, à tous ceux qui n'ont commis d'autre crime que de capituler.
L'optimisme va plus loin encore, vers l'avenir. C'est au nom du marxisme et du léninisme que Soljenitsyne combat les falsifications des principes socialistes. Et quand le jeune géologue, membre du Parti, sous l'accusation d'avoir le crâne bourré, rétorque * Nous ne sommes pas des robots | -Qui "vous" ? fait préciser Kostoglotov, prêt à pousser plus loin son attaque - Nous ! Notre génération ! >
Voilà en quoi Soljenitsyne est • pire que Pasternak • (Ozerov) et manifeste son tempérament et son énergie : il met son espoir de retour à Lénine au crédit des forces qui montent.
Mais ce que lui reprochent les tartuffes n'est pas cela, c'est son succès en Occident. Ses droits d'auteur, non touchés, renforceraient le capitalisme. Il doit répondre à des accusations de cette force l A lire les textes rassemblés dans les Droits de l'écrivain, on voit que Soljenitsyne lui-même connait mal les pays impérialistes, ce qu'y est l'édition, la critique littéraire, et les publics. Il ne sait pas que ce sont d'abord
Q UATR des communistes qui le lisent, et le public d'extrême-gauche qui reconnait en lui la continuité des grands de la génération de 17, les Babel et les Pilniak que les Nojevnikov et les Ozerov n'auraient pas hésité non plus à faire re-writer par de poussiéreux • rédacteurs › anonymes. Le trafic policier des œuvres de Soljenitsyne a pu être entrepris par le K. G. B. pour fournir des pièces à son éventuel procès, mais, en fin de compte, leur publication en Occident dresse une ultime protection contre la répression engagée. Le monde sait désormais que Soljenitsyne est le plus grand romancier russe vivant, et qu'il s'agit d'un écrivain révolutionnaire. Même la brutalité et le cynisme bureaucratiques peuvent broncher devant ce risque d'opprobre supplémentaire : frapper, après Daniel et Siniavski, le grand
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EME INTERNATIONALE écrivain déporté qui honore le plus son pays. Qui répondrait que ce sont ses œuvres et non cette répression révoltante qui servent les Nixon-Johnson et renforcent la domination branlante de la bourgeoisie ?
Michel Lequenne ERRATUM
Dans notre précédent article sur le Premier Cercle, p. 56, 2e colonne, il fallait dire : * .. ce qui signe chaque civilisation, à savoir le lieu de la souffrance des hommes » et non le « lien ».
(1) Les Droits de l'écrivain, aux éditions du Seuil.
(2) Le Pavillon des cancereux, ed. H. Julliard.