Emile Dedonder, un ouvrier révolutionnaire
Le camarade Emile Dedonder est décédé inopinément à Farciennes, dans la région de Charleroi. Cet ouvrier mineur a été un prestigieux exemple vis-à-vis de sa classe, dans la défense de ses intérêts immédiats, et pour son émancipation totale.
Il commença par travailler dans l'industrie verrière. Il y régnait des conditions d'exploitation forcenée de la jeunesse qui s'étiolait. Ce premier contact avec la réalité de l'exploitation capitaliste lui permit de développer un instinct de classe très sûr, et grâce à sa force physique il pouvait résister aux effets de ce travail épuisant. Rapidement, toute la jeunesse éprouvée se cramponnait à lui, et il la défendait contre les violences et contre les amendes infligées dont ils étaient l'objet.
Plus tard, il devint houilleur. A l'exemple de son père, il s'inscrivit au syndicat et en devint un membre actif, agitateur surtout sur les lieux de travail. Sa conscience de classe toujours évoluant, il devint aussi Jeune Garde Socialiste, toujours présent aux réunions, toujours au premier plan pour accomplir les tâches de propagande, bagarrant en période électorale pour le respect de son travail d'affichage.
Dans ce contexte, les rexistes (fascistes) et les staliniens ont maintefois défoncé sa fenêtre et éclaboussé au goudron sa devanture de maison. Mais lorsqu'il était bien fixé sur l'identité des auteurs de ces méfaits, ils le payaient tôt ou tard au centuple.
Sa capacité de résistance physique, sa force de tempérament, ont donné bien du fil à retordre à tous les ennemis de la classe ouvrière. J'ose dire qu'il avait la trempe des éléments de la cohorte de fer des bolchéviks.
Voilà, succinctement relatée, la vie de notre camarade Emile Dedonder. Il avait du cran, du tempérament. Le cruel destin nous l'a ravi à l'âge de 65 ans. Lors de ses funérailles, son cercueil fut recouvert du drapeau de la IVe Internationale. Il était des nôtres. La devise de sa vie fût empruntée à un article de Trotsky : Rester fidèle à la cause prolétarienne, advienne que pourra ! J.H.
Jules Hénin a quatre-vingt ans
Récemment, un des plus vieux, sinon le plus vieux militant de notre Internationale, le camarade Jules Hénin de Charleroi a fêté son quatre-vingtième anniversaire, entouré de ses amis politiques. Le camarade Hénin est né en 1882, c'est-à-dire en plein milieu du réveil révolutionnaire du prolétariat belge, qui fut à cette époque le plus exploité d'Europe occidentale et dont le violent soulèvement de 1886 ouvrit une longue histoire d'essor politique. Très jeune, il rejoignit le parti socialiste, et y milita au sein de la Fédération de Charleroi qui se situa à cette époque à la gauche de ce parti, notamment en 1912 lorsqu'elle s'opposa à la conclusion d'un cartel électoral avec la bourgeoisie libérale et lorsqu'elle réclama l'organisation d'une grève générale pour le suffrage universel.
Jules Hénin qui travailla comme ouvrier mineur fut alors un ardent partisan du leader politique socialiste de sa région, Jules Destrée. En 1914, celui-ci devint cependant un des suppôts du réformisme social-patriote et échoua finalement à l'extrême-droite du mouvement ouvrier, comme Ministre du Roy. Jules Hénin se sépara alors de lui, et rejoignit le premier noyau communiste de Charleroi dès 1919, autour de Nelly Rinchon. Fondateur du PC, il participa en 1924 à la fameuse école de cadre de Bobigny qui occasionna une intervention de la police bourgeoise, ce qui conduisit à son expulsion de France.
Dès le début de l'activité de l'Opposition de Gauche, Jules Hénin rejoignit ses rangs et il contribua à lui apporter en 1927-28 la majorité absolue dans la Fédération de Charleroi du PC. Aux côtés de Léon Lesoil, il fut exclu du PC et construisit alors le mouvement trotskyste dans sa région. En 1932, il joua un grand rôle dans la grève des mineurs qui fut dirigée par les trotskystes à Charleroi. Il fut arrêté, battu par la police, puis condamné à deux mois de prison. A peine sorti de prison, il fut élu conseiller communal de Gilly (près de Charleroi) sur une liste trotskyste, puis réélu en 1938.
En 1935, il eut la joie de rencontrer, à
Anvers, le camarade Léon Trotsky se rendant de France vers la Norvège.
Dès l'éclatement de la deuxième guerre mondiale, Jules Hénin, qui était déjà cette époque un des camarade les plus âgés parmi les trotskystes belges, décida de poursuivre son activité révolutionnaire, s'il le fallait dans la clandestinite, " a ainsi milité sans relâche pendant toute la période d'occupation nazie, et contribué à l'édition et à la diffusion de l'organe clandestinues trots tes tant danse organe. destin des trotskystes. La Voie de Lénine, sation de la résistance des mineurs de Charleroi contre l'oppression et l'exploitation de l'impérialisme allemand, sur une ligne internationale de classe. Fin de l'empire et tourna
Succédant au régime parlementaire de la IV° République, qui n'avait pas pu répondre au besoin du grand capital de se dégager de la guerre d'Algérie, le régime gaulliste est parvenu, à travers une série de manœuvres, à désorienter les forces réactionnaires acharnées à maintenir « l'Algérie française » et à passer des accords avec la direction de la Révolution algérienne. Les conditions dans lesquelles ce « dégagement » est survenu n'assurent pas la stabilité du régime gaulliste, mais il n'en reste pas moins qu'un tournant s'opère dans la situation francaise. Au cours des dernières années, tous les problèmes de la société française étaient contraints de passer par le cadre de la guerre d'Algérie, qui les déformait. Désormais, de nouvelles préoccupations se feront jour, qui ne seront plus dominées par cette concentration de forces sur le problème algérien. La concentration de l'économie française
Dans le Marché commun européen, le capitalisme français occupe une place moyenne. Le Marché commun européen se constitue depuis plusieurs années sans donner lieu à trop de tensions intérieures du fait que cela s'est produit dans une période de bonne conjoncture économique, dont tous les capitalismes ont profité. Des que la conjoncture ne sera plus aussi bonne,
Au lendemain de la guerre, le camarade
Jules Henin a poursuivi son activité sans relâche au sein de l'organisation trotskyste belge ; il fit partie de longues années de son Comité Central. Il fut aussi
IV: Internationale Internationale. élu, par les Congrès Mondiaux de la
IVe Internationale, membre de la Commis.
sion de Contrôle Internationale.
Depuis quelques années, Jules Hénin, devenu invalide, a dû se retirer d'une participation active à la vie politique. Mais il continue à suivre avec intérêt et passion la lutte et les progrès de l'Internatonale pas de das le minne, le natioloppements de la révolution nale, les victoires éclatantes du prolétalat cubain, les progres de la déstalinisation en URSS. La IV Internationale lui envoie ses salutations affectueuses et lui souhaite de vivre encore de longues années, en bonne santé, et d'assister à de nouvelles victoires de sa cause, celles des exploités et des opprimés de son pays et tous les pays du monde. on verra s'exacerber une concurrence intérieure qui se manifeste d'ailleurs déjà.
Aussi, pour défendre et améliorer positions, le capitalisme français est-il acses tuellement engagé dans la poursuite de la concentration à un rythme plus accéléré. Nous avons, dès l'arrivée au pouvoir de de Gaulle, souligné qu'il avait derrière lui une aile petite, mais très dynamique et très puissante, du grand capital, qui ne voulait plus être embarrassée par la machine parlementaire à une période où avait été achevé le renouvellement de l'industrie lourde, d'un certain nombre d'industries essentielles, et où il fallait assainir l'économie dans les domaines si complexes des industries de transformation, de la distribution et de l'agriculture.
Ce programme est ouvertement affiché et s'opère sans aucun fard par un gouvernement actuellement présidé par un représentant de la banque Rothschild.
Sur le plan des industries de transformation, cela se fait au moyen de très nombreux accords, ententes. Les « directives» du nouveau « plan quinquennal» opèrent dans le même sens, et il est très probable qu'une politique du crédit sera destinée à favoriser cette concentration, qui est beaucoup plus difficile à effectuer que dans le cas de l'industrie lourde.
Sur le plan de la distribution, nous assistons à diverses tentatives, parfois opposées les unes aux autres, mais qui ont cependant
FRANCE
FRANCE nt de la situation politique le même but : réduire le petit commerce au profit d'un système très concentré de distribution. Depuis quelque temps, des capitaux importants sont investis à cet effet. Tandis que, pour les industries de transformation, il est procédé avec des ménagements pour éviter autant que possible des fermetures d'entreprises et créer le minimum de chômage, dans la distribution, la politique suivie ne tiendra guère compte des situations acquises, n'hésitera pas à provoquer des faillites et la fermeture de petits commerces.
Dans le domaine de l'agriculture, le gouvernement soumet un projet de loi (que le Parlement actuel ne pourra approuver qu'avec très peu de modifications) et qui vise à créer une agriculture pour le marché européen, c'est-à-dire une agriculture capitaliste, concentrée, d'où seront éliminés les parcelles trop petites des paysans vivant de leur « petit lopin de terre», suivant une vieille tradition. Le gouvernement entend diminuer la population rurale et augmenter la main-d'œuvre dans les villes.
Ainsi la société française est engagée dans des transformations considérables, comme elle n'en avait pas connu depuis plus d'un siècle. La concentration largement étendue à des secteurs qui, jusqu'alors, n'en étaient que faiblement et lentement affectés, et l'intégration dans la nouvelle unité économico-politique que sera l'Europe, importants qui, sur le plan économique, constituent les deux éléments les plus détermineront de profondes transformations de la société française.
Les classes et le régime gaulliste
Les couches traditionnelles de la grande et moyenne bourgeoisie ont accepté le régime gaulliste, le subissent par nécessité, mais manifestent de très grandes réserves à son égard ; depuis la conclusion des accords d'Evian, ces réserves se sont renforcées.
Dans la petite bourgeoisie accompagnant la venue du régime gaulliste, on a vu d'une part la dépolitisation accentuée de la plus grande partie, d'autre part une polarisation de minorités vers le fascisme et vers la gauche. Mais, en raison de lévolution de la situation (concentration, perte de l'Empire, carence des directions ouvrières) se développent les éléments pour la formation d'un courant ultra-réactionnaire, fascisant, rassemblant les victimes de la concentration capitaliste, les pieds-noirs réfugiés en France. des officiers et sous-officiers ayant quitté l'armée, etc... Aux anciens poujadistes, qui ont fourni bien des éléments activistes au cours des dernières années, viendront s'ajouter des couches plus jeunes susceptibles de donner des troupes de choe.
Le développement du mouvement fascisant est lié à l'évolution de la conjoncture économique et à la ranimation du mouvement ouvrier. Aussi longtemps que la situation sociale ne se tendra pas au point de soulever la crise du régime gaulliste, le pouvoir s'efforcera de se servir de ce mouvement ultraréactionnaire dans son jeu bonapartiste entre la droite et la gauche. Par contre, en cas de danger pour l'ordre social, le grand capital regardera du côté de ce courant pour se défendre. De toute façon, l'apparition de ce mouvement est en train d'introduire dans la vie politique française un élément nouveau par rapport à ce qu'elle a été depuis la fin de la deuxième guerre mondiale: nous assisterons notamment à une utilisation plus fréquente, plus systématique de la violence.
Le 13 mai 1958 fut une défaite de la classe ouvrière qui affecta profondément le rapport des forces entre classes, achevant la détérioration qui s'était produite au cours des années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale.
Cependant, la limite de cette défaite fut tracée par deux ordres de faits: sur le plan économique, la conjoneture de plein emploi ; sur le plan politique, la résistance de la Révolution algérienne et l'incapacité du régime gaulliste à trouver rapidement un compromis avec elle.
Sur le plan économique, après une sérieuse diminution du niveau de vie des travailleurs (mesures Pinay en fin 1958), les travailleurs ont assez rapidement présenté des revendications et ont profité du plein emploi pour rattraper le terrain perdu. Les ouvriers qualifiés ont, en général, obtenu plus facilement des augmentations de salaires. Ce sont les catégories de travailleurs à statut qui se sont trouvées les plus défavorisées et qui, par suite, se sont livrées à des manifestations et mouvements généraux. по на соб La fin de la guerre d'Algérie va poser le problème des revendications économiques de la classe ouvrière sur un plan nouveau, même si la conjoncture se maintient. La diminution du temps de service militaire va amener une importante quantité de jeunes sur le marché du travail. Cette tendance sera renforcée par divers facteurs : l'arrivée sur ce marché des couches provenant des années de haute natalité, les couches rejetées par la concentration hors du commerce ou de la paysannerie. Compte tenu enfin, non comme un moindre facteur, de l'augmentation de la productivité du travail, des augmentations de salaires seront plus difficiles à obtenir, et la plus importante revendication dans la période qui vient est celle concernant la semaine de travail. Des maintenant, elle est soulevée de plusieurs façons: réduction de la semaine légale, augmentation des vacances. L'importance de cette revendication, c'est qu'à la différence des demandes d'augmentations de salaires qui aboutissaient à accroître les différenciations au sein de la classe ouvrière, la revendication relative à la semaine légale de travail tend à unir la classe ouvriere comme classe et à la dresser contre le patronat et son Etat, c'est-à-dire que cette revendication favorise la politisation de la classe ouvrière.
Sur le plan politique, la reprise à laquelle on assiste actuellement n'est encore que très faible et très limitée.
La manifestation la plus nette d'une reprise est la participation de jeunes (adhésions, manifestations), et on a vu à ce propos, dans la jeunesse universitaire, les premières tendances à ne pas rester dans le cadre de la légalité et à affronter non seulement les fascistes, mais aussi l'appareil d'Etat dans la rue. Mais ce ne furent encore que des manifestations d'avant-garde, importantes comme symptômes et comme stimulants, mais dont on ne saurait tirer des conclusions précises quant au rythme de la marche de la classe ouvrière dans son ensemble.
Les perspectives du régime gaulliste
Le régime gaulliste est affaibli, mais nul. lement menacé du fait que les partis bourgeois traditionnels s'écartent de lui. Le régime n'a pas pu se consolider et se stabiliser du fait qu'il n'a pu arrêter la guerre d'Algérie qu'au travers d'une défaite du capitalisme français.
D'ores et déjà, on voit s'esquisser la polarisation entre laquelle le bonapartisme s'efforce de louvoyer. Le rythme de l'évolution dépendra de l'interaction de plusieurs facteurs, d'ordre international et national :
- En premier feu iouera la conionctur conomique internationale. Aussi longtemp qu'elle se maintiendra à un certain niveau et que le capitalisme français verra se maintenir sa propre conjoncture à un niveau élevé, la possibilité d'absorber dans la production aussi bien les nouvelles générations qu'une importante partie des pieds-noirs agira dans un sens de prolongation du régime. Par contre, toute détérioration un peu sérieuse de la conjoneture économique en France agira comme un accélérateur puissant de la polarisation sociale et de la crise du régime gaulliste.
- Le développement de la Révolution algérienne et l'évolution des événements en Espagne agiront très probablement dans le sens d'une stimulation du mouvement des masses. - La crise internationale du stalinisme, au cas où elle prendrait de nouvelles formes spectaculaires, aurait cette fois-ci probablement des conséquences sérieuses sur le P.C.E., dans le sens d'une rupture du monolithisme qui sévit encore.
- Les poussées revendicatives, tout en se situant dans le cadre du régime, tendent en s'amplifiant, à le miner et réduisent sa capacité de manœuvre.
Conscient des difficultés qui l'attendent, de Gaulle envisage des mesures destinées à renforcer l'appareil d'Etat et les dispositions répressives.
Des poussées réactionnaires dans un sens, de grandes poussées revendicatives d'autre par, le recours à la violence tant de la part des groupements fascisants que de la part de l'appareil d'Etat, contribueront à accélerer lusure du régime et à préparer des épreuves de force.
Plus que partout ailleurs, c'est en France que se fait sentir dans toute son acuité la crise de la direction du mouvement ouvrier : le potentiel dans les masses ouvriè. res se mesure au fait que la majorité est restée communiste depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, mais un tel potentiel ne s'est pas transformé en énergie, en action, uniquement à cause de la direction Thorez.
Les couches jeunes n'ont plus, à l'égard de cette direction, les mêmes sentiments que les générations plus anciennes, et auprès de celles-ci, l'autorité de la direction du P.C.F. a considérablement diminué. Cependant, c'est tonjours par le P.C.F. que passe la majorité du mouvement ouvrier francais : les actions extérieures, si importantes soient-elles, ne peuvent changer directement la situation politique en France, mais contribuer à faire mûrir la crise dans le P.C.F. La dernière session du C.C. a entendu un discours alarmiste de Thorez. Alors que, dans le passé, il eut affaire à des anciens F.T.P., à des intellectuels, à des militants petits bourgeois du Mouvement de la Paix, cette fois-ci, il s'inquiète du côté de la C.G.T.; pour la première fois, il fait allusion à une crise dans les rapports avec les masses.
Le tournant de la situation objective en France affecte le P.C.F. du fait que sa direction est incapable de faire une sincère autocritique et de fixer une ligne claire pour l'avenir. Dans la combinaison d'un travail auprès de couches jeunes désireuses d'agir indépendamment des vieilles formations et d'une activité renforcée parmi les militants communistes, les marxistes révolutionnaires pourront porter la crise du P.C.F. à une étape supérieure, où le monolithisme que la direction Thorez maintient encore sera détruit et où se mènera un débat pour la démocratie dans le mouvement ouvrier et pour l'élaboration d'une politique révolutionnaire.
AUSTRALIE
Conférence de la section
Une Conférence a été tenue les 22 et 23 avril par la section australienne de la IV• Internationale, qui a discuté des rapports sur la situation politique, l'économie australienne, la crise du stalinisme, la révolution coloniale et les tâches de l'organisation. Nous reproduisons ci-après des extraits de la résolution sur la question coloniale:
« Nous devons lutter vigoureusement contre toutes les formes d'implication de l'Australie dans l'alliance militaire impérialiste, nous devons combattre toute tentative d'envoyer des troupes australiennes hors d'Australie pour se trouver mêlées à des guerres contre-révolutionnaires de l'impérialisme en Asie. Nous devons Jutter pour étendre le principe adopté à la Conférence du Labour Party « Pas de troupes pour la Malaisie », au Vietnam, au Laos et à toute l'Asie.
Nous devons dénoncer tous les aspects du rôle du capitalisme australien comme puissance coloniale, notamment en Nouvelle-Guinée et dans une mesure moindre aux Fidji. Dans tout le Sud Pacifique, la révolution est en marche. Des mouvements d'indépendance à tendance radicale prennent forme, notamment aux Fidji et dans les dépendances françaises de Tahiti et de Nouvelle-Calédonie. En raison de la pénétration du capital australien dans ces colonies et de leur situation géographique relativement à l'Australie, l'Australie se trouvera de plus en plus impliquée dans leur « défense » capitaliste. Nous devons adopter résolument le principe d'auto-détermination pour ces territoires et lutter pour que le mouvement ouvrier australien accorde le maximum de solidarité et d'aide aux mouvements d'indépendance et ouvriers naissant dans ces régions.
En Nouvelle-Guinée, le « Congo » australien, les signes d'un développement impétueux du mouvement indigène d'indépendance naissant se multiplient depuis des années. Les premiers stades de ce processus de conscience politique indigè Majorité de gauche au
L'aile gauche dirigée par B.T. Ranadive a réussi à obtenir la majorité dans le Secrétariat du PC qui est l'organe central élaborant la politique, et la droite « officielle » a été mise en minorité à la de la IVe Internationale ne sont, bien entendu, les mouvements calomniés par les impérialistes sous le nom de « cargo cults », qui ont été généralisés dans le Sud Pacifique depuis de nombreuses années, et qui, dans de nombreux cas, se developpent en tormations politiques nationalistes embryonnaires. (Ce processus a été étudié par l'anthropologue marxiste britannique Peter Worsley dans sa fine analyse des « cargo cults » intitulée « La trompette sonnera »).
La prochaine étape qui se développe déJà dans plusieurs régions sera dans la nature politiquement avancée d'opérations telles que les coopératives indigènes d'esprit indépendant (pour les avoir aidées, Brian Cooper a été poursuivi) et le récent mouvement spectaculaire de résistance aux impôts Buka, dont le leader était si raffiné que la presse bourgeoise australienne, prise de panique, le qualifia de « Castro indigène ».
Le gouvernement australien s'est montré averti de ces développements et tente de les décapiter au moyen d'une campa gne doublement dirigée, d'une part, de répression brutale contre tous les diri geants authentiquement nationalistes, tels que ceux des îles Buka et de leurs sympathisants, comme Brian Cooper, d'autre part, de tentative de création parmi les in dimpes disme classe, d'une « élite » liée indigènes d'une classe, d'une « élite » liée
Nous devons accorder une grande attention à la lutte qui se développe en Nouvelle-Guinée, la lutte de, libération coloniale dans laquelle le mouvement ouvrier australien est le plus impliqué. Nous devons exiger le droit pour les syn- Nas devoir cens leider a na tole son de véritables syndicats en Nouvelle-Guinée en opposition au plan gouvernemental de formation de syndicats apprivoisés. Nous devons faire campagne contre tout incident de répression gouvernementale contre les authentiques mouvements et di_ rigeants indigènes. Nous devons avancer maintenant le mot d'ordre et une campagne pour une véritable auto-détermination de la Nouvelle-Guinée australienne. » réunion du Conseil National de 110 membres, tenu à Delhi en avril 1962. Sur les 9 membres du Secrétariat, la gauche a 5 membres, et le secrétaire général est le « centre gauche » E.M.S. Namboodiripad,
INDE
Secrétariat du Parti Communiste
INDE
Secrétariat du Parti Communiste de Kste qui avait es toutie par le occupe du Kerala, . qui les soutient. Il occupe tre droit » Ajoy Ghosh jusqu'à sa mort au début de l'année. L'aile gauche comprend P. Sundraya d'Andhra, Harikishan
Singh Surjeet du Punjab, Jyoti Basu et
Bhupesh Gupta du Bengale occidental.
L'aile droite a obtenu un avantage dans le vote d'un important amendement aux statuts et par l'élection de son candidat S.A. Dange comme premier président du parti.
Il est douteux que les droitiers puissent maintenir les « gauche » dans une ligne modérée de soutien du gouvernement bourgeois de Nehru. Déjà une sérieuse lutte fractionnelle a été engagée des deux côtés pour le contrôle des organismes provinciaux, L'aile droite a déjà commencé une campagne calomnieuse contre le PC chinois en vue de discréditer la gauche.
La droite dans le Secrétariat comprend M. N. Govindan Nair,. du Kerala, Z.A. Ahmer d'Uttar Pradesh du Bihar, et Dange. L'exécutif Central a Yogendra Sharma été porté de 25 à 30 membres, et la droite prétend y avoir une faible minorité.
En vue d'instituer une trève temporaire, on a éliminé de cet Exécutif et du Secrétariat le théoricien de la gauche B. T. Ranadive, et le théoricien de la droite P.C. Joshi.
Quelle est l'importance de cette division intérieure ? Les divergences n'ont pas pu être aplanies à la session du Conseil National qui a duré 10 jours. A ce conseil on vota des résolutions sur l'Algérie, la montée des prix, etc... On lança aussi un appel pour un « front démocratique » de toutes les forces progressistes, y compris les « membres démocrates du Congrès » et pour la lutte contre la « réaction communaliste et de droite ». Mais on évita de prendre une décision sur les principales causes du conflit. Il n'y eut pas de rapport sur les élections générales qui venaient de se tenir, où le P.C. avait subi une débacle. On évita aussi de se prononcer sur les décisions du 22º Congrès du PCUS. Le nouveau Secrétariat a été autorisé à préparer des projets sur ces questions, en vue de la discussion à la prochaine session du Conseil National en août. C'était esquiver les problèmes. Un débat aurait mis en évidence les divergences sur la stratégie et la tactique à suivre dans la période qui vient. La gauche a demandé que soit redéfinie l'attitude du Parti envers le gouvernement du Congrès dirigé par Nehru. Il y a aussi dans le PC une controverse pour savoir si la Révolution indienne est encore démocratique ou socialiste. La droite affirme sa foi dans la voie parlementaire au socialisme (qui est exprimée dans la thèse d'Amritsar) tandis que la gauche souligne la nécessité de mener une lutte intransigeante contre l'Etat bourgeois.
La polémique sino-soviétique a touché la base et la direction du PC indien. Le
Parti ayant été construit pendant l'ère de
Staline, la direction se trouve fortement divisée sur le processus de déstalinisation engagé en URSS. La presse parti a publié divers rapports sur le 22°
Congrès, entre autres ceux de Togliatti, de Gomulka et de Thorez. L'hebdomadaire
New Age a publié le texte intégral du discours de Castro contre Escalante.
y a beaucoup de confusion dans le parti, y compris parmi les dirigeants, sur cette question. L'aile droite soutient inditionnellement Khrouchtchev, tandis que la gauche est critique quant à ses méthodes de lutte contre ses adversaires politiques en U.R.S.S.
Le P.C. est aussi divisé sur le conflit de frontières sino-indien, en fonction des divergences des deux ailes sur la nature du régime de Nehru. La droite manifeste une dégénérescence chauvine dans son soutien de New Delhi et dans sa condamnation de l'action chinoise comme une « agression ». La droite veut soutenir Nehru sous prétexte que sa politique neutraliste sert la stratégie du Kremlin contre l'impérialisme. La gauche soutient que Nehru exploite le conflit des frontières dans le but de combattre le communisme à l'intérieur. Pour la droite, le gouvernement de Nehru est un « régime de bourgeoisie progressive » luttant contre le féodalisme et les restes de l'impérialisme ». En conséquence de cette théorie du « moindre mal » elle soutient les membres du Congrès « progressistes » (Menon, Malaviya, Nanda, etc) contre les membres du Congrès « réactionnaires » (Morarji Desai, S.K. Patil) et le Congrès « progressiste » contre les formations réactionnaires Swatantra Party, Jan Sangh, etc., L'aile droite s'en tient à la voie parlementaire au socialisme et maintient l'illusion qu'aussi longtemps qu'il y a une « démocratie parlementaire » en Inde, la classe ouvrière peut prendre le pouvoir par des moyens constitutionnels. D'où ces alliances électorales avec divers partis dans les provinces.
Pour la gauche, Nehru est un gouvernement « bourgeois », fondamentalement allié de ce fait à l'impérialisme mondial. Bien que la gauche souffre de quelques traits sectaires, elle a une approche fondamentalement saine de lutte de classe. Elle repousse la voie parlementaire et combat la droite comme semant des « illu sions » sur la personnalité de Nehru comme le seul « sauveur de la démocratie -» en Inde.
Ces divergences ont été fortement accusées dans les discussions qui ont eu lieu dans diverses provinces sur le résultat des élections. La gauche a accusé la droite de « liquider » le parti par ses alliances électorales opportunistes avec divers groupes d'opposition.