Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 15, n° 1-3

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 15, n° 1-3 · mars 1957 · p. 93-100 · 6 402 mots

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La conférence annuelle du L.S.S.P. (section ceylanaise de la IV• Internationale) a eu lieu les 2 et 3 février en présence d'environ un millier de délégués, nombre jamais atteint dans le passé.

La conférence a montré l'unité complète de vues qui règne actuellement sur toutes les questions politiques importantes. Elle s'est occupée plus particulièrement des moyens et des voies pour améliorer le fonctionnement du Parti et accentuer son intégration dans le mouvement des masses.

La principale résolution politique adoptée fait tout d'abord la critique du gouvernement actuel qui s'est adonné à une politique d'un communalisme réactionnaire et outrancier, tout en négligeant de

Le journal du L.S.S.P. en langue anglaise « Samasamajist » publie dans son numéro du 7 février le communiqué suivant du Parti:

« Le premier ministre de la Chine, Chou En Lai, lors de sa conversation avec

Du 25 au 30 décembre 1956 s'est tenue la réunion plénière du Bureau latinoaméricain de la IV• Internationale. Elle a été placée sous la présidence d'honneur du Secrétariat International auquel fut envoyé un salut ainsi qu'à toutes les sections de l'Internationale, à la camarade Natalia Trotsky et aux camarades argentins emprisonnés à cause de leur participation remarquable dans les luttes récentes du prolétariat argentin.

L'ordre du jour de la réunion comportait les questions suivantes: 1. évolution de la situation internationale et crise ultime du stalinisme; 2. évolution de la situation latino-américaine: 3. crise du stalinisme en Amérique latine; 4. bilan d'activité et tâches de notre mouvement latino-américain ; 5. rapport sur le développement de l'Internationale et sur le 5º Congrès Mondial; 6. rapport sur l'actifaire appliquer les mesures économiques radicales qui étaient inscrites dans le programme électoral du M.E.P. (le parti au pouvoir).

La résolution souligne le danger de voir une partie des masses désillusionnee par la politique impuissante du gouvernement actuel se retourner en faveur de l'U.N.P.

La tâche du L.S.S.P. consiste à travailler de manière qu'il apparaisse de plus en plus comme la seule alternative progressive au M.E.P.

Dans un autre passage, la résolution critique l'attitude récente du P.C. ceylanais sur la question linguistique, l'accusant d'avoir en fait capitulé devant les pressions chauvines de la majorité cinghalaise et abandonné la lutte pratique pour les droits de la minorité Tamil. le camarade N. M. Perera, l'a invité à se mettre à la tête d'une délégation du parti pour visiter la Chine. Le Comité Central du L.S.S.P. a instruit le camarade Perera d'accepter l'invitation et de remercier le premier ministre chinois.» vité du Secrétariat du Bureau latinoaméricain.

- Le rapport sur la situation internationale fut basé sur les analyses et conclusions établies par le 18° Plénum du Comité Exécutif International.

— Le rapport sur la crise ultime du stalinisme également.

Aussi bien le rapport que la discussion qui s'est ensuivie ont clairement montré les grandes perspectives pour la IV• Internationale devant le déclin définitif du stalinisme et l'apparition dans tous les P.C. de tendances aspirant au renouveau du communisme révolutionnaire. Il s'est avéré que la IV• Internationale est le mouvement ouvrier qui a su le premier prendre une position correcte à l'égard des révolutions politiques polonaise et hongroise : le seul mouvement qui a su apprécier la nature hautement progres-

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CHOU EN-LAI INVITE UNE DELEGATION DU L. S. S. P. EN CHINE

Amérique latine

REUNION DU BUREAU LATINO-AMERICAIN DE LA IVe INTERNATIONALE

CHOU EN-LAI INVITE UNE DELEGATION DU L. S. S. P. EN CHINE

Amérique latine

REUNION DU BUREAU LATINO-AMERICAIN DE LA IVe INTERNATIONALE

Q VATRIE ME I N sive de ces révolutions par rapport à la question de la construction du socialisme, le seul qui a su indiquer pour la crise du stalinisme une issue révolutionnaire et empêcher la dispersion des forces de l'avant-garde révolutionnaire.

Le rapport a souligné qu'un retour au stalinisme est désormais impossible en dépit des mesures répressives et criminelles que la bureaucratie soviétique a prises en Hongrie, car les conditions objectives et subjectives qui avaient rendu possible le stalinisme n'existent plus.

- Le rapport sur l'évolution de la situation en Amérique latine fit état de l'instabilité aussi bien économique que politique et sociale que connaissent les pays latino-américains, dont la bourgeoisie et l'oligarchie, tout comme l'impérialisme, s'avèrent incapables de se rendre maitres de la situation malgré les plans Klein-Sacks, Prebisch et Eder, au moyen desquels elles tachent de trouver une issue. En même temps. l impérialisme vankee continue ses préparatifs de guerre et parvient dans cette entreprise à trouver la complicité des gouvernements latino-américains, comme le montre la cession de nouvelles bases militaires — telle celle de Fernando de Noronha au Brésil — la vente d'avions à réaction, les manœuvres navales en commun avec le Brésil, l'Uruguay. l'Argentine, le Chili, le Pérou. L'impérialisme yankee est en train d'élaborer pour l'Amérique latine un « plan Eisenhower » comme en témoigne la dernière réunion d'un rebrésentant direct d'Eisenhower avec des délégués gouvernementaux latino-américains.

Le rapport a en outre souligné que les masses latino-américaines conservent et développent leur combattivité en dépit des durs coups répressifs portés contre elles (comme en Argentine). Les grèves récentes en Argentine, au Chili et en Bolivie, l'opposition agissante des masses boliviennes au plan économique Eder, montrent le courage des masses dans leur lutte contre la réaction et l'impérialisme. La décomposition politique de la bourgeoisie latino-américaine s'accentue, ainsi que la faillite des directions ouvrières et bourgeoises ou petites bourgeoises nationales, tandis que se développe la politisation des masses et qu'apparaissent des tendances ou des éléments jetant les bases pour une nouvelle direction révolutionnaire. La IV• Internationale joue dans cette situation un rôle des plus important car elle fusionne avec ces nouvelles forces qu'elle influence et ouvre ainsi des possibilités certaines pour devenir la direction effective des masses. Ces possibilités se voient encore accrue du fait de la crise du stalinisme d'une part, et de l'absence en Amérique latine de directions ouvrières reconnues par les masses d'autre part.

Le rapport sur la crise du stalinisme en Amérique latine a souligné les répercussions énormes du processus de déstalinisation et des révolutions politiques polonaise et hongroise dans les P.C. latinoaméricains. Il a souligné la crise explosive que connait le P.C. brésilien avec

TER NATIONALE l'apparition de tendances publiquement organisées - comme celles de Salustio et d'Agildo Baratta — qui ont engagé la lutte contre la direction de Prestes, exigent la liberté de tendances et de cussion au sein du P.C., et combattent le stalinisme qu'elles présentent comme expression de la dégénérescence bureaucratique de l'U.R.S.S. et des P.C. A côté de ces tendances il y a encore un groupe de militants exclus du P.C., comme Crispim, en 1952. Ce groupe a publié une lettre ouverte signée de Pinho en défense de L. Trotsky et demandant pour les trotskystes le droit de militer comme tendance dans le P.C. La réintégration de Crispim, aujourd'hui dirigeant de la IV• Internationale, dans le P.C. brésilien est d'ailleurs demandée par un grand nombre de militants du P.C. Le rôle du camarade Crispim en tant qu'animateur de toutes les tendances d'opposition sera d'une importance énorme pour le développement de ces tendances vers le communisme révolutionnaire.

Dans tous les P.C. de l'Amérique latine, on lit et on discute les publications de la IV• Internationale. Cela prouve le développement de l'influence des idées trotskystes dans les rangs des P.C., ce qui témoigne de l'ampleur de la crise de ces partis.

Le Bureau latino-américain a conclu que notre mouvement doit préter une tres prande attention aux P.C., même aux plus petits, de l'Amérique latine.

Les rapports sur le développement de l'Internationale et les activités des sections latino-américaines ont enregistré les progrès très importants de notre mouvement. La IV• Internationale est le seul mouvement révolutionnaire qui s'est préparé consciemment et patiemment pour capitaliser les conditions actuelles favorables à la construction d'une direction révolutionnaire du prolétariat et des masses.

Les débats du Bureau latino-américain ont témoigné des progrès réalisés en particulier par notre mouvement latino-américain. En Argentine, notre mouvement a été à la direction des dernières grèves et s'est fusionné avec la nouvelle avant-garde révolutionnaire qui se forge dans ces luttes. En Bolivie, notre parti — le P.O.R. — lutte toujours pour faire avancer la révolution, pour que la C.O.B prenne le pouvoir; il aide à la maturation d'une large tendance qui, au sein de la C.O.B., cherche à rompre avec le M.N.R. afin de donner à la révolution bolivienne une issue prolétarienne contre l'alternative réactionnaire représentée par le gouvernement Siles. Au Brésil, notre mouvement avec le camarade Crispim à sa tête, fusionne avec les tendances d'opposition qui surgissent au sein du P.C. et les impulsent pour la reconstruction du mouvement communiste brésilien sur des bases révolutionnaires. Partout, la IV• Internationale accroit son influence et se prépare à présider au processus de construction d'une nouvelle direction révolutionnaire de masse en Amérique latine.

La réunion du Bureau latino-américain a terminé ses travaux en envoyant un salut aux peuples coloniaux et semi-coloniaux, avant-garde de la lutte révolutionnaire mondiale des masses; aux masses polonaises et hongroises qui, avec leur révolution politique, ont porté la révolution mondiale à des niveaux plus hauts; aux masses latino-américaines et tout spécialement argentines et boliviennes, pour leur grand héroïsme et leur grande combativité.

Le Bureau a décidé d'assurer la parution régulière de la «Revista Marxista latino-americana », dont la diffusion augmente constamment grâce à l'intérêt que cette revue soulève. Il a décidé également d'impulser l'édition des œuvres de Trotsky et des publications de l'Internationale.

Le Bureau a enfin décidé d'adresser un Manifeste aux masses latino-américaines et des lettres ouvertes aux membres des P.C. de l'Amérique latine, au Congrès des mineurs boliviens convoqué pour le mois d'avril prochain, et au congrès national de la Centrale Ouvrière Bolivienne qui se tiendra en mai.

Le 1er janvier 1957.

Moyen-Orient

GOUVERNEMENTS ET MOUVEMENTS DE MASSE

Un correspondant nous écrit:

On peut maintenant mieux juger des effets de l'agression contre l'Egypte... La Jordanie est sur le point de se débarrasser entièrement de toute influence britannique. Avec la Syrie, l'Egypte et l'Arabie Séoudite, elle forme maintenant un bloc arabe neutre que sollicitent à la fois 1'U.R.S.S. et les U.S.A. Ces derniers qui visent à combler le « vide » laissé par l'Angleterre sont en mesure de fournir aux classes dirigeantes l'aide économique et un soutien contre une pénétration soviétique. Le gouvernement irakien et ce lui du Liban y sont favorables, les classes dirigeantes de ces pays étant acquises à la co laboration avec l'impérialisme alors que celles de Syrie et d'Egypte sont divisées 1a-dessus. La bourgeoisie nationale de Syrie tient au neutralisme et veut jouer sur le conflit U.R.S.S.-U.S.A., tout comme Nasser, pour fortifier ses positions. Le procès de Damas indique que la fraction favorable à l'Irak a été mise hors de combat et cela surtout grâce à la pression des Partis socialiste (réformiste, petit bourgeois, paysan) et communiste alliés à la bourgeoisie anti-impérialiste. Ces deux partis exercent en Syrie et en Jordanie une grande influence sur les masses. Le prestige de l'U.R.S.S. y est élevé, la radio évite de relater toute nouvelle désagréable a l'U.R.S.S. (exemple Hongrie)... Cependant, on ne peut dire qu'il s'agit d'un véritable mouvement prolétarien de masses, car la coalition actuelle n'a en vue que de collaborer avec l'U.R.S.S. sur le plan étatique: il n'est nullement question d'un mouvement socialiste révolutionnaire, mais de Front National; les éléments bourgeois qui en font partie se retourneraient du côté des U.S.A. si leurs positions de classe étaient mises en danger...

D'un autre correspondant, nous recerecevons les informations suivantes:

Les dictatures militaires (de Syrie) des dernières années n'avaient aucune trace de progressivité par rapport aux dirigeants précédents, à la différence du régime Nasser en Egypte. Ce n'étaient alors que des rivalités de généraux et de colonels représentant des couches féodo-capitalistes soudoyées par les rivalités entre impérialistes. La fin de la dictature fut provoquée en février 1953 par un véritable soulèvement populaire dans lequel les ouvriers de Damas et ceux d'Alep. ou s'exerce une influence communiste, Jouerent un rôle important. Autrement dit. tandis qu'en Egypte le vieux régime fut renversé par une révolte militaire sans participation directe des masses, en Syrie les masses accomplirent cette tache. Ces différences exercent encore leurs effets dans le caractère différent des deux pays.

La Syrie a une tradition de partis de masse et de mouvement syndical, tandis qu'en Egypte le parlementarisme avait bea paule et les un caractère beaucoup plus fictif et les syndicats avaient une activité beaucoup plus limitée. Aujourd'hui, malgré le caractère progressif du régime Nasser, le mouvement ouvrier est presque inexistant et la création de partis extrêmement difficlie.

En Syrie deux partis exercent une influence décisive sur les masses: le « Parti de la Renaissance socialiste arabe » et le Parti communiste.

Le premier provient de la fusion du Parti de la Renaissance arabe (dirigé par Michel Aflak) et du Parti socialiste arabe (dirigé par Akram Chauranis et Salah el-Bittar).

Michel Aflak était dans les années 1930 un dirigeant du P.C. syrien, qui en fut exclu pour avoir fait l'éloge du livre de Gide, « Retour de TU.R.S.S.». Il fonda • ensuite son parti avec quelques intellectuels de gauche, formulant un programme combinant un socialisme romantique et un nationalisme arabe, en vue de donner lieu à une « renaissance » de la grande période de la culture arabe. Cette organisation cherchait des liens avec les masses, mais n'en possédait pas.

Par contre le parti de Akram Chauranis était ne dans la plus importante ville industrielle de Syrie, Alep. Ici aussi on ne peut parler d'un programme socialiste et le chauvinisme arabe y joue un grand rôle ; mais ce qui est positif est qu'il fut le premier qui exprima clairement les deux points les plus importants de la

Q UATRIE ME lutte de libération nationale et sociale des Arabes : unité des pays arabes du ProcheOrient et réforme agraire. Il développa ce programme à un moment où le dirigeant du P.C. syrien, Chaled Bakdasch, dans une période où en France les représentants du P.C.F. se trouvaient dans un gouvernement de Gaulle, soumettait à des représentants de toutes les classes syriennes, y compris les propriétaires fonciers, un programme d'unité nationale syrienne (! et d'armistice entre les classes, demandant aux seigneurs féodaux d'avoir « pitié » des fellahs.

En octobre 1955, le secrétaire du Parti, Salah el-Bittar, a mis en avant le programme suivant: démocratisation de la vie politique, liquidation du régime féodal et capitaliste. réforme agraire, compromis entre le travail et le capital, organi-

Le Congrès du P.C. américain qui a eu lieu en février est un événement à plusieurs points de vue important. Il marque la rupture d'un Parti communiste avec la règle de l'obédience stricte au Kremlin et la conception du parti « monolithique ».

Depuis le 20 Congrès. le P.C. américain est entré dans une grave crise. La divulgation du rapport Khrouchtchev et ensuite les événements de Pologne et de Hongrie ont provoqué les plus vives réactions dans ses rangs, y compris à l'échelon de sa direction. Son isolement parmi les masses, consécutif à ses erreurs de politique et au climat macartyste aux Etats-Unis a joué, entre autres conditions, pour approfondir la crise idéologique déclenchée par tous ces événements.

Bientôt trois tendances se sont formées au sein du P.C. américain, qui ont pu s'exprimer avec une liberté presque entière, y compris dans la presse extérieure du parti: la tendance orthodoxe stalinienne sous la conduite de W. Foster, ancien secrétaire et actuel président du parti; la tendance «libérale » dirigée par John Gates et Steve Nelson, rédacteurs du journal central du parti « Daily Worker »; la tendance « centriste » intermediaire, dirigée par le secrétaire général actuel du parti, Eugène Dennis.

C'est une sorte de compromis intervenu au Congrès entre cette tendance et la tendance «libérale» qui a remporté la victoire au congrès, contre la tendance Foster puissamment appuyée jusqu'à la dernière minute par le Kremlin et par toutes les directions staliniennes des autres Partis communistes, de Ulbricht à Thorez et Duclos.

La tendance Gates avait pris position déja avant le Congrès contre la stricte dépendance du Parti envers Moscou et pour sa démocratisation intérieure. Elle a même avancé l'idée de changer la politique et la structure organisationnelle du Parti afin de permettre son unification 96

TER NATIONALE sation progressive de la Fédération des Etats arabes, neutralité entre l'Est et I Ouest, socialsme arabe et non marxiste.

Il y a de l'opportunisme, de la confusion et du chauvinisme; mais ce parti est un facteur important dans les masses syriennes (ouvriers, petits bourgeois et fellahs). Il ne faut avoir aucune illusion sur ce parti et surtout sur sa direction opportuniste. Mais, tandis que le groupe d'officiers bonapartistes de Nasser peut se retourner à tout moment vers l'impérialisme, n'ayant aucune base de masse organisée et maintenant en prison tous les dirigeants ouvriers, y compris les staliniens, le parti de Chauranis ne pourra pas le faire aussi aisément en raison des masses qui se trouvent derrière lui. En 1947 il avait deux élus au Parlement, en 1955 il en a eu 16. avec d'autres tendances socialistes des Etats-Unis, en le transformant en une « Association d'éducation politique ». John Gates écrivait à ce propos en novembre 1956 dans Political Affairs:

« La progression des ouvriers américains vers le socialisme est impossible sans une avant-garde consciente et organisée. En toute sincérité nous devons avouer que nous ne sommes pas cela aujourd'hui. De meme nous ne sommes également pas le canal exclusil par lequel une telle direction se fera jour, mais je pense que nous sommes une partie importante. essentielle, de ce processus et que nous pouvons apporter une contribution particulière et décisive si nous faisons face à la crise actuelle et si nous opérons les changements nécessaires pour la surmonter.»

Dans le même organe, au même moment, Steve Nelson écrivait pour sa part :

« Ce point de vue refuse d'admettre qu'il y avait eu de graves fautes en politique et qu'il pouvait y avoir quelque chose d'erroné dans nos conceptions organisationnelles. Ceux qui ont ce point de vue tendent à minimiser la discussion actuelle dans le mouvement communiste mondial et la traitent comme un phénomène superficiel. Ils tirent apparemment la conclusion qu'aucun problème fondamental ne doit être reconsidéré à nouveau. Tout dans le passé est accepté comme si on avait répondu à tout à tout jamais. »

En réalité cette tendance cherche confusément la formation d'un parti ouvrier dans legegue sateller en tate. plus large que l'actuel Parti communiste. que tendance marxiste.

Le Congrès du P.C. américain a rejeté la position d'une « association d'éducation politique », mais en même temps il a décidé de continuer la discussion sur cette question. Sur ce point la tendance Foster a obtenu une certaine satisfaction.

Mais le Congrès a d'autre part décidé que le P.C. américain « interpréterait»

Etats-Unis

LE CONGRES DU PARTI COMMUNISTE

Etats-Unis

LE CONGRES DU PARTI COMMUNISTE

Q UATRIEME I N désormais et « appliquerait » « les principes marxistes-léninistes selon les conditions américaines ». En soumettant cette résolution au vote. le théoricien du Parti, Max Weiss, l'a motivée en critiquant l'attitude passée du Parti qui « admettait facilement » que la politique et les décisions du P.C. de l'U.R.S.S. étaient « ipso facto valables » pour tous les Partis communistes.

La résolution générale adoptée au Congrès fait surtout la critique des « erreurs sectaires de gauche » du Parti sous la direction de Foster, qu'elle accuse en outre d'avoir failli de développer la démocratie intérieure dans le Parti. Pour le reste la résolution reprend les thèmes de la « voie pacifique, constitutionnelle, au socialisme dans les Etats-Unis».

Les représentants des trois tendances sont tous réélus dans la nouvelle direcnon, mais le rapport reel des torces entre les trois tendances ne deviendra clair que lorsque cette direction sera complétée par des représentants élus dans différentes conférences régionales.

A la place de l'ancien Bureau Politique restremt, Il y aura desormais une direction nationale collective de 60 membres, différenciée en tendances.

Le Congrès a décidé d'autre part de transférer son siège à Chicago « où existent de vastes concentrations d'ouvriers industriels noirs jouant un role important dans des syndicats-Cleis» et pour etre plus près des régions agricoles du sud qu'il s'agit maintenant « de démocratiser ».

Indépendamment de l'orientation politique générale, opportuniste, droitière, le fait dominant de ce Congrès c'est, comme nous l'avons noté, d'avoir en réalité pris ses distances par rapport au Kremlin et de sanctionner une vie de tendances au sein du Parti.

On peut présumer que, dans une phase ulterieure. Eugène Dennis pourrait s'allier à nouveau à Foster et tâcher de ramener le Parti dans une stricte obédience au Kremlin. Il se peut même que ce soit là le vrai rôle que le Kremlin lui a assigné à l'étape actuelle. Mais d'autre part l'opération n'est pas facile devant une majorité de la base désormais récalcitrante à un retour aux procédés staliniens.

Le Parti Communiste Internationaliste (Section française de la IV• Internationale) a tenu son 12 Congrès à la fin de l'année de 1956. A l'ordre du jour du Congres se trouvaient les points suivants: rapport sur la situation internationale; rapport sur la situation française; la situation du mouvement communiste en France; rapport d'organisation.

Le discours d'ouverture du camarade Privas et les rapports sur la situation

Le P.C., malgré ses pertes énormes d'effectifs - il ne compte plus que 25.000 membres selon sa direction: 8.500 selon le F.B.I. - reste quand même de loin la plus large organisation de gauche aux Etats-Unis. D'où l'intérét passionné que suscite dans les milieux de gauche américains sa fermentation idéologique actuelle.

En effet, du Socialist Workers Party aux shachtmaniens en passant par le groupe de « l'American Socialist », pour ne parler que des tendances de gauche d'origine trotskyste, tous ne font que s'occuper actuellement que du P.C. américain ! Ils le redécouvrent en quelque sorte. Ironie de l'Histoire !

Chacun a naturellement sa propre maniere d'approche. « Le regroupement» est au centre des préoccupations des uns et des autres. C'est là naturellement une tendance saine. pourvu que la question soit posée correctement. Or, dans le « regroupement ». il faut distinguer trois perspectives qui, sans se confondre, sont naturellement interaction a) une campagne plus qu'actuelle pour un regroupement dans un Labour Party basé sur les syndicats; b) un regroupement plus restreint de toutes les tendances socialistes au sein d'une formation socialiste démocratique; c) un regroupement encore plus restreint de tous les éléments marxistes révolutionnaires sur un programme à définir et à discuter.

Une véritable tendance marxiste révolutionnaire, non sectaire, devrait actuellement faire campagne pour ces trois directions de « regroupement » possible et nécessaire dans les nouvelles conditions qui s'esquissent actuellement aux EtatsUnis.

En effet, la fermentation dans les milieux de gauche se place dans le cadre plus général d'un changement de la conjoncture économique, caractérisé par l'inflation et le plafonnement du boom, et par la ranimation du mouvement des Noirs contre les lois de ségrégation ; c'està-dire un cadre objectivement favorable pour une issue progressive de la fermentation idéologique actuelle. Nous reviendrons sur les taches et perspectives du mouvement révolutionnaire aux EtatsUnis. internationale et française des camarades Duret et Frank ont été publiés en brochure. Le Congres a adopté un Manifeste qui a paru dans « La Vérité des Travailleurs ».

Le Congrès a été salué par le camarade Pablo au nom de l'Internationale, par des représentants de plusieurs sections de notre mouvement. D'autres avaient envoyé des messages de salutations.

Le 12 Congrès du P.C.I. a été carac-

France

LE XII° CONGRES DU P. C. I.

France

LE XII° CONGRES DU P. C. I.

E

Q térisé tout d'abord par une représentation nombreuse, attestant les progres numériques de l'organisation - qui a doublé ses effectifs au cours de l'année écoulée.

Le Congrès a été caractérisé également par de très fructueuses discussions qui ont montré qu'en plus des gains numériques, le Parti enregistrait aussi une croissance qualitative, en particulier le développement politique de plusieurs de ses jeunes militants.

Bien entendu, l'essentiel des travaux du Congrès a porté sur la crise du stalinisme et avant tout sur ses manifestations dans le mouvement ouvrier français, avec la perspective de la jonction politique de notre mouvement avec les

L'ELECTION DU J°r

Le P.C.I. a présenté la candidature du camarade P. Frank à l'élection législative partielle du premier secteur de Paris, le 13 janvier.

Par cette campagne, le P.C.I. a pu expédier 2 circulaires à plus de 550.000 exemplaires chaque et exprimer ses positions sur 2 affiches collées sur environ 250 panneaux.

A cette élection, dont nous tirons la leçon globale dans une autre note, la situation était rendue confuse pour les électeurs dégoûtés des grands partis ouvriers, du fait de candidatures multiples : celle de C. Bourdet, de la « Nouvelle Gauche »; celle de P. Hervé, de la « Nation Socialiste », et celle du candidat de notre section.

C. Bourdet bénéficiait — dans une circonscription sociale hétéroclite — d'une

Le bilan politique du gouvernement Guy Mollet au bout d'un an d'exercice du pouvoir a été fourni notamment dans l'élection législative partielle du premier secteur de Paris, le 13 janvier 1957, par comparaison aux résultats des élections générales du 2 janvier 1956. Dans l'un et l'autre cas. c'est la question algérienne qui était de et le monde Mais les partie rie au centre des préoccupations ayant eu la conduite que l'on sait - l'un poursuivant l'entreprise colonialiste sous le nom de «pacification », l'autre trainant à la remorque du parti socialiste, sous prétexte de créer les conditions de réalisation du front unique - on a vu ce qui s'est toujours passé dans de telles circonstances: la petite bourgeoisie qui avait voté a gauche en 1956 pour ceux qui promettaient de faire la paix s'est retournée à droite en 1957 pour ceux dont on avait en fait suivi le programme.

C'est la droite classique (les « indépendants » à la Pinay) qui a été le bénéficiaire de la politique des Mollet, Lacoste, Pineau. Le grand vaincu a été MendèsFrance qui était contre le gouvernement, tout en ayant des ministres radicaux au gouvernement. Les socialistes se sont maintenus; ils n'ont pas mordu sur les communistes, en dépit des pertes impor98 courants, les militants qui, dans le P.C.F., cherchent un « retour à Lénine ».

Depuis la fin de la 2º guerre mondiale, la section française a connu de dures épreuves, des tendances opportunistes et sectaires ayant rompu avec elle. Une fois de plus, l'attachement au trotskysme, a l'Internationale, lui a permis de surmonter ces épreuves ; mais cette fois-ci, par une orientation décisivement orientée vers le mouvement communiste à la veille du déclenchement de la crise du stalinisme, elle s'est trouvée préparée à exploiter une situation prometteuse comme elle ne le fut jamais, dans les conditions les meilleures. Le 12 Congrès a montré que la récolte s'annonçait bonne. SECTEUR DE PARIS audience auprès des couches petites bourgeoises progressistes, de gauche, qui avaient voté un an auparavant soit P.C.F. soit « Front Républicain ». Pierre Hervé, dans les jours qui précédèrent le scrutin, fut appuyé par la propagande officielle (à direction socialiste) comme le candidat qui devait recueillir les voix des opposants communistes. Par contre, la consigne du silence a été donnée sur la candidature de notre section française.

Dans ces conditions, le chiffre des voix recueillies par nous (1.770) est l'expression d'une détermination politique plus précise que ce ne fût le cas au cours d'élections précédentes.

Il faut ajouter que, parmi les bulletins nuls, il y en avait pas mal provenant d'électeurs communistes qui avaient fait une annotation sur un bulletin du candidat P.C.F. tantes du candidat du P.C.F. En pourcentage, celui-ci perd environ 20 % de ses voix par rapport à 1956, c'est la plus grosse perte enregistrée depuis la fin de la guerre; mais le plus grand nombre des électeurs communistes se sont réfugiés dans l'abstention.

La droite classique a d'ailleurs pu compléter son succès du premier tour de scrutin, en infligeant au second tour à la candidature fasciste de Poujade un échec très sérieux.

Aussi, après cette élection-test, on vit la bourgeoisie montrer une fois de plus que la politique ne se nourrit pas de gratitude et que, malgré les grands services que lui avaient rendus les Mollet et Lacoste, elle songeait à reprendre elle-même le gouvernail et à • établir un gouvernement de centre-droit.

Cette solution se trouve parlementairement à l'ordre du jour. Une partie du groupe poujadiste va probablement reJoindre les indépendants. Chez les radicaux ou Mendès-France cèdera la direction ou une nouvelle scission emportera la majorité du groupe parlementaire auprès d'éléments comme Edgar Faure qui œuvrent dans la même direction centredroit.

En attendant, Guy Mollet cherche à ga-

APRES UN AN DE GOUVERNEMENT GUY MOLLET

APRES UN AN DE GOUVERNEMENT GUY MOLLET

UATRIE MEI IN gner du temps et à consolider sa position. Il file à Washington pour obtenir un appui d'Eisenhower — lequel doit certainement exiger une contre-partie pour le service rendu à l'O.N.U. sur la question de l'Algérie, cette contre-partie étant une solution a brève échéance dans cette question qui nuit au succès de la « doctrine Eisenhower » auprès des pays arabes.

La situation économique s'annonce très difficile. Le ministre des Finances, Ramadier, a déclaré s'opposer à toute augmentation des prix et des salaires. Mais sur ce point, il a beau manier « l'indice des 213 articles », celui qui détermine si la loi sur l'échelle mobile doit être appliquée, afin qu'il ne dépasse pas le niveau à partir duquel l'échelle mobile des salaires entrerait en vigueur, les prix ont monté et les travailleurs commencent à poser leurs revendications.

C'est le secteur des fonctionnaires et des services publics qui, le premier, commencé à manifester par des arrêts de travail, des grèves, des démonstrations de rue... Bien que le mécontentement ne soit pas moins grand dans le secteur privé, la situation est moins favorable à un déclenchement des luttes, car la crise du mouvement communiste pèse plus lourdement sur les cadres ouvriers dans ces industries.

Le gouvernement Guy Mollet s'affaire sur la question de l'Europe, mais la question la plus décisive pour l'impérialisme français, c'est celle de l'Algérie. Malgré une « pacification » d'une brutalité sans pareille, malgré des exécutions capitales à la chaine, malgré un succès manœuvrier à l'O.N.U., il y a une nécessité absolue pour l'impérialisme français de trouver une solution à bref délai. Mais. comme nous l'avons déjà dit à diverses reprises, cela ne s'avère pas aisé. On ne veut pas reconnaitre lindépendance, on ne veut pas reconnaitre comme « interlocuteurs valables » les dirigeants du F.L.N. que l'on a, au moyen d'un guet-apens, emprisonnés à Paris. On veut seulement trouver des formules qui ne touchent pas au statu quo, et surtout pas aux Européens enragés qui, à Alger, cherchent à monter des complots contre la moindre tentative de trouver une solution.

Guy Mollet a parfaitement bien servi la bourgeoisie et il se trouve maintenant dans une situation délicate: la droite classique veut le renvoyer; mais pour résister il lui faudrait se tourner à gauche

- ce qu'il ne veut pas faire. Son seul «argument » auprès de la droite, c'est que le chasser, c'est risquer de porter le P.S. dans l'opposition et c'est donc annuler tous les services qu'il a pu leur rendre en un an; il vaudrait donc mieux conserver à la tête du gouvernement.

Les jeux parlementaires se développent aussi longtemps que l'apathie sévira dans le mouvement ouvrier.

La politique Guy Mollet, dans le P.S.. a consisté à créer une clientèle intéressée à l'exercice du gouvernement. Aussi

TERNATIONALE minorité qui voit, à plus longue échéance. le danger de la politique réactionnaire du gouvernement Mollet est-elle très isolée. La direction a fait exclure un vieil opposant de toujours, Weitz; elle a pris des sanctions moindres, notamment contre le député André Philip qui, après des déclarations vigoureuses contre la politique et le régime institué par Guy Mollet dans le P.S., a volé à son secours lorsque la droite a menacé le gouvernement.

La direction du P.C.F., on le sait, est la plus stalinienne de toutes les directions des P.C. dans le monde. Son chef, Thorez. n'a pas bougé au moment du rapport Khrouchtchev; lors des événements Pologne et de Hongrie, cette direction fut la seule, avec la direction albanaise. à surenchérir sur les hommes du Kremlin.

Mais le malaise est grand dans le P.C.F. L'opposition englobe en fait tous les intellectuels. Les cadres ouvriers sont inquiets. Les élections dans les entreprises ont fourni un peu partout des pertes de voix, surtout des abstentions.

D'où une série de manœuvres de la direction pour reprendre le contact avec le parti, sans changer quoi que ce soit à ses méthodes et à sa politique.

Elle n'a rien fait pour soutenir la grève des masses algériennes. Mais trois semaines plus tard, elle engage une « semaine d'action contre la guerre d'Algérie». Il s'agit avant tout, sous prétexte d'une série de réunions publiques, d'envoyer les dirigeants pour ranimer les organismes de base du parti qui s'étiolent.

Au dernier C.C., elle a pris une attitude plus conciliante envers les Polonais et les Yougoslaves.

Mais la manœuvre la plus importante est le rétablissement de Tillon dans tous ses droits dans le Parti. Tillon, renvoyé à la base en même temps que Marty était exclu, s'est montré prêt à tout accepter : il ne constitue aucun danger pour la direction. Mais celle-ci a pris cette mesure pour fournir à ceux qui peuvent s'y laisser prendre une sorte de témoignage de « libéralisme ».

En fait, la direction parait préoccupée - et cette mesure envers Tillon a également cet objectif - de dissocier les opposants, d'apaiser ceux qui ont le moins compris la situation, pour frapper ulterieurement ceux qui se montrent les plus fermes, et notamment ceux qui font circuler des organes clandestins d'opposition dans le Parti.

Mais la direction Thorez a ses objectifs, et la situation a sa propre logique qui va à l'encontre de tout ce qui est attaché au stalinisme.

L'année 1956 a vu en France la situation se détériorer - en dépit de possibilités grandioses comme celle qui fut fournie par les manifestations de rappelés. Mais l'apathie et le désarroi ne peuvent constituer un état de longue durée. Que ce soient des événements intérieurs ou extérieurs, il suffira de peu de choses pour faire surgir au grand jour les tendances profondes qui s'étaient révélées en août 1953, en 1955 à Nantes et SaintNazaire et le 2 janvier 1956.

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ELIE ZYLSTRA

Le 13 février est mort à Amsterdam. à l'age de 64 ans, le camarade Elie Zylstra, docker. Ouvrier révolutionnaire depuis sa jeunesse, il avait rompu avec le P.C. en 1946, à cause de la trahison criminelle de la grande grève nationale des doekers par le parti stalinien qui espérait, en récompense recevoir quelques sièges ministériels.

Elie Zylstra entra alors dans le R.C.P.. section hollandaise de la IV• Internationale, et resta fidèle à celle-ci jusqu'à ces derniers jours. Il fut membre du C.C. et sut toujours inspirer ses camarades par son honnêteté, sa solidité, sa camaraderie et surtout par son optimisme révolutionnaire. Sa liaison avec la classe était parfaite. Elie étant le porte-parole, le conseil-

Un nouvel organe théorique de l'Internationale vient de paraître: « DE INTERNATIONALE », édité par des camarades hollandais. s

Nous saluons cette publication, dont la ler aimé, le vrai dirigeant des ouvriers avec lesquels il travaillait dans les docks

Le 16 février, sa famille, un grand nombre de dockers, une camarade représentant le Secrétariat International et nos camarades hollandais l'ont accompagne à sa dernière demeure. Sa tombe était pleine de fleurs, parmi lesquelles une couronne rouge de l'Internationale avec l'inscription: « Nos dernières salutions fraternelles ».

Chez Elie Zylstra, il y avait une unite complète entre ses paroles et ses actes. Il restera un exemple de pureté et d'ardeur révolutionnaire dont la mémoire saura inspirer nos camarades pour toute leur vie.

S.S présentation soignée, le nombre de pages, et l'ensemble du travail, témoignent du très gros effort fourni par nos camarades.

Adresse de la Revue: SAL SANTEN. 3 Henriette Ronner Plein, AMSTERDAM

Grande-Bretagne

LA CRISE DU PARTI COMMUNISTE

Une bataille importante se livre actuellement en Angleterre dans les rangs du P.C. de ce pays, centrée sur la préparation de son prochain Congrès en avril.

Le P.C. britannique est déjà démantelé en plusieurs groupes oppositionnels qui discutent ouvertement leurs divergences. tiennent des meetings, publient des bulletins, des tracts, et font circuler des documents.

La principale ligne de démarcation à l'intérieur du parti passe entre le clan de la direction qui tient au « centralisme democratique », et le courant qui aspire à une démocratisation réelle du parti et à son indépendance par rapport au KremIl Aussi bien la discussion préparatoire au congrès que le congrès lui-même auront à s'occuper de la « démocratie inténeure du parti».

Une commission a préparé un rapport sur cette question, qui est déjà adopté par la direction comme document de base pour la discussion dans le parti. Cependant une minorité de la commission composée de Christopher Hill, Malcoln Mac Ewen et Peter Cadogan a présenté un contre-rapport, soumis aussi à la discussion en tant que document « d'information ». Mais c'est le contre-rapport de la minorité de la commission qui va devenir le drapeau de toute l'opposition à la direction actuelle du parti. 100

Sous une pression irrésistible pour une véritable démocratisation du parti, la direction fut obligée de faire plusieurs concessions qui feront rêver les membres des partis tel le P.C.F.: publication des critiques dans la presse; débats contradictoires dans les cellules; présentation du point de vue de la minorité devant tout le parti; discussion préparatoire au congrès suffisante: élections au vote secret, etc.

Cependant, la vraie bataille entre elle et le courant qui lui est opposé actuellement dans le parti se mènera autour du droit aux tendances dans le Parti. Ce mot d'ordre contient plus qu'une demande de démocratie réelle : il exprime le désir profond qui anime les membres du parti de pouvoir discuter pendant toute une période afin de donner une réponse aux importants problèmes que leur pose la déstalinisation.

La lutte pour la démocratie devient ainsi la lutte pour la rééducation politique et la définition d'une nouvelle orientation dans tous les domaines.

Le P.C. britannique a déjà perdu un très grand nombre de membres. Il est à prévoir que, dans le cas où son congrès d'avril n'arrivera pas à trouver une solution à l'exemple du récent congrès du P.C. américain, son déclin ne fera que se précipiter.

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