Une délégation du Parti communiste britannique se rendit en U.R.S.S.
durant le mois d'octobre 1956. Elle était composée de W. Alezander.
J.R. Campbell, président, Ida Hackett, J. Law, le professeur Hyman Levy.
W. Moore, A.L. Morton, W. Warman. Elle avait été constituée surtout pour répondre auz inquiétudes des membres du Parti à la suite des révélations rapport Khrouchtchev. Parmi les sujets sur lesquels porta son investigation se trouvait la question du sort des Juifs en U.R.S.S
Le professeur II. Lery qui, par son action dans les milieux juifs d'Angleterre, y avait attiré de nombreuses sympathies pour la cause de TU.R.S.S.
et du communisme était particulièrement sollicité de se renseigner sur ee point. Le rapport de la commission a été publié dans l'hebdomadaire du
P.C. britannique « World News ». La partie relatire à la question juive en
U.R.S.S. le fut dans le numéro du 12 janvier 1957.
La commission est arrivée à la conclusion suicante:
« 1. Avant la mort de Staline et certainement depuis la fin de la guerre, une politique délibérée fut poursuivie par un élément puissant dans la vie soviétique afin d'exacerber les sentiments entre les nationalités, et notamment contre certaines petites nationalités, et que ceci se développa sous une forme extrême qui conduisit à l'extermination physique de quelques-uns des meilleurs cerveaux de la vie soviétique. »
La commission conclut aussi que, depuis la mort de Staline, des efforts ont été faits pour remédier à cet état de choses et pour en empêcher le
Nous publions ci-dessous un extrait du rapport contenant les faits oue la commission a pu relever
Le premier morceau d'information concrète vint d'une visite à la Bibliothèque nationale Lénine. C'est une institution énorme et très moderne, venant du point de vue dimension seulement après la Librairie du Congrès des Etats-Unis. Comme on le sait, l'accès aux 70 ce car tuppor contenant les Jars que sur le sort des Juifs en U.R.S.S.:
livres est complètement mécanisé et il était possible en quelques minutes de consulter l'un quelconque des nombreux millions de livres qui sont rangés sur des rayons d'une longueur de 250 kilomètres. II y existe une section en yiddish ef une section en hébreu
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INTERNATIONALE contenant respectivement 15.000 et 70.000 pièces. Des livres et des journaux arrivent régulièrement et systématiquement d'Israël et sont entièrement accessibles à l'inspection et à l'étude de chacun. On y trouve des copies de pratiquement chaque journal ef livre en yiddish produit en Union soviétique. Au moment où le camarade Lévy discutait en yiddish de ces livres evec le directeur juif du département, arriva une copie du nouveau livre de prières en hébreu.
Il s'avéra qu'il n'y avait rien en yiddish postérieur à 1948, époque à laquelle la publication de journaux et de périodiques en yiddish dut donc avoir cessé.
L'Encyclopédie soviétique qui, dans son édition de 1932, accordait environ 160 colonnes aux Juifs, ramena cela dans son édition de 1952 à 4 colonnes. Les biographies de nombre de Juifs éminents avaient été enlevées, Marx n'éfait plus mentionné comme Juif.
Si les changements de contenu de l'Encyclopédie avaient pu être le résultat de la décision individuelle de l'éditeur lui-même, inferprétant ce qu'il pouvait concevoir comme étant le sentiment officiel, la cessation de la publication de livres et journaux en yiddish ne pouvait pas ne pas être autre chose qu'une politique officielle. Par exemple, « Heimland », journal yiddish, se trouvait en librairie jusqu'au volume de 1948 et pas plus tard. Les œuvres de Halkin ef Vergelis, poètes yiddish encore vivants, y étaient jusqu'à 1948. Cette année apparait comme étant une date significative.
Par conséquent, la première tâche était de rencontrer quelques écrivains juifs et d'examiner quelle était leur réaction à cela. Des demandes officielles à cette fin furent faites, mais nous fûmes informés que ce n'était pas possible parce qu'ils étaient tous en vacances, fandis que Helkin qui était chez lui étaif trop malade pour recevoir quelqu'un. Ce dernier fait du moins fut vérifié et trouvé exact.
Puis vint la découverte faite dans des conversations privées par le camarade Lévy avec des Juifs que les années 1948-1952 étaient connues entre eux comme « les années noires », la période pendant laquelle beaucoup de Juifs furent renvoyés de leurs postes, des poètes et écrivains juifs furent arrêtés et accusés de trahison et exécutés. Le Yiddish disparut de la rue et des marchés, la population juive se serra, devint tendue et nerveuse, et de jeunes Juifs qui, autrement, se seraient fondus dans l'ensemble de la population et auraient oublié qu'ils étaient des Juifs, séveillèrent à un nouveau sens d'unité dans la détresse. Cette situation, on nous l'assura, fut partagée par d'autres minorités nafionales que les Juifs; mais il faut aire que cette peur n'émanait pas d'un quelconque sentiment général d'antagonisme de la part de la population russe, elle provenait de sources officielles ou quasi-officielles, en fait de la police politique. Beaucoup de couches de la classe ouvrière soviétique frouvèrent des moyens pour montrer de la sympathie ef un soufien aux Juifs persécutés.
Des conversations avec les parents de travailleurs culturels qui furent liquidés semblent suggérer que la procédure était invariable. Ceux qui furent arrêtés et accusés en secret étaient des travailleurs culturels ou politiques éminents. Peu après l'arrestation, les parenis directs de l'homme arrêté étaient déportés en quelque lieu éloigné et mis à travailler, souvent à de bas salaires. Finalement, le mari était fusillé, parfois après avoir été torturé, pour tenter de le forcer à avouer ou à on incriminer d'autres. De cette façon presque tout le Comité antifasciste juif fut liquidé et cette procédure fut effectuée par la police politique sous l'autorité directe de Béria, avec l'accord de Staline lui-même qui, semble-t-il, avait fini par se convaincre de la sincérité de Béria à démasquer l'ennemi de classe. Comment cela se produisit-il, nous le verrons bientôt. Ce n'est qu'après les révélations du 20 Congrès que des mesures furent prises pour ramener les familles des hommes cissassinés, pour les réinstaller dans leurs foyers, et les indemniser d'une cerfaine façon pour les souffrances qu'elles avaient subies.
Il n'est pas nécessaire de s'étendre pour apporter des preuves de ces crimes. Ils sont connus, reconnus et admis comme des faits en Union soviétique aujourd'hui et on ne fait rien pour les dénier. Depuis le 20 Congrès, de nombreux faits témoignent d'un changement. d'aititude et par conséquent sont une preuve indirecte de la terreur qui la précéda. Par exemple en premier lieu, des travailleurs culturels juifs dirigeants qui furent exécutés ont été publiquement et officiellement « réhabilités », et comme nous l'avons expliqué, leurs familles ont été indemnisées. Des travailleurs culturels soviétiques dirigeants, par exemple le poète Simonov, secrétaire de l'Union des écrivains soviétiques, exprima personnellement le sentiment de honte ressenti par lui et ses collègues, les écrivains soviétiques, pour le terrible sort qui échut à leurs collègues juifs, et ils ont demandé que ces sentiments soient rendus connus d'autres.