Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 12, n° 9-12

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 12, n° 9-12 · septembre-décembre 1954 · p. 75-80 · 3 806 mots

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Contre la terreur en Iran Contre la terreur qui sévit en Iran, instiguée par les impérialistes américains et anglais qui vojent avec plaisir couler le pétrole d'Abadan et le sang des combattants anti-impérialistes, le Comité Exécutif de la IVè Internationale a adressé le 3 novembre le télégramme suivant :

Premier Ministre Zahedi, Téhéran. Protestons énergiquement contre terreur frappant combattants anti-impérialistes. Demandons arrêt exécutions qui indignent opinion prolétarienne mondiale.

France

Premier échec

L'expérience Mendes-France se poursuit avantageusement pour la bourgeoisie française, uniquement en raison de la politique des directions ouvrières.

Août 53 avait effrayé le capitalisme français, Mendes-France lui-même. à l'époque député d'opposition, déclarait qu'on était en « 1788 ». Quelques mois plus tard survenait la défaite des troupes françaises au Vietnam. L'orage grondait en Tunisie et au Maroc. aurait fallu une action résolue de la classe ouvrière de France, action qu'elle était préte a engager, pour balayer un régime en décomposition.

Les socialistes divisés entre eux sur la CED étaient dépourvus de programme depuis plus d'un an, leur proposition d'un « front démocratique et social » étant oubliée par tous, y compris par eux. Quand aux staliniens, ils cherchalent les « alliés » bourgeois susceptibles d'empêcher le réarmement de 1' Allemagne de Bonn et de négocier avec l'URSS. Aussi les uns et les autres accueillirent Mendes-France avec satisTaction et lui voterent la confiance, les uns avec la perspective de se rapprocher du gouvernement, les autres de le capturer avec leurs votes au Parlement.

Mendes-France a donc pu dégager sans trop de difficultés la bourgeoisie française de quelques positions dangereuses, tout d'abord au Vietnam, puis dans une mesure moindre en Tunisie. Il fit alors une grande manœuvre en politique internationale : il laissa le Parlement français repousser la CED, puis en moins de deux mois reconstitua celleci sous un autre nom, avec quelques légers changements en faveur du capitalisme français (obtenus en exploitaat à Mendès - France aupres des autres membres de l'alliance atlantique le vote de l'Assemblée nationale). Maintenant, il s'apprête à faire voter ces accords par la même assemblée qui vota contre la CED .

La résistance au Parlement n'est plus tres grande, avant tout parce que cette opération a éberlué les masses et qu'elles sont momentanément très apathiques sur les grandes questions politiques. On leur avait dit d'avoir confiance en Mendès-France (car tel est le seul sens que peut avoir le vote de confiance des députés communistes et socialistes) et ce que les Pinay. Laniel, Bidault et C° n'ont pas osé - c'est-à-dire faire voter le réarmement de l'Allemagne par le Parlement - c'est Mendès-France, le premier gouvernement auquel le PC a accordé la confiance depuis 1947, qui le fera.

Ces quelques obstacles franchis, le gouvernement Mendès-France retrouve la plupart des difficultés qui sont insolubles pour le capitalisme français. Il veut « assainir » l'économie, qui souffre de son état arriéré. Mais il n'ose avancer trop fortement dans son plan de concentration des entreprises, par crainte de provoquer un chômage un peu massif

Enfin, la question nord-africaine prend plus que largement la place de la question du Vietnam. Le Néo-Destour avec lequel il négocie en Tunisie refuse de désavouer les partisans, il qualifie les « fellaghas » « nos résistants ». Au Maroc, il n'a pas encore pu mettre sur pied une formule susceptible de fournir une base acceptable de négociations à une partie des nationalistes marocains. Et maintenant, c'est en Algérie qu'a

Q U ATRİE ME I commencé aussi un combat de partisans.

Pour s'assurer une base plus large, le chef du gouvernement a proposé a des députés socialistes d'entrer dans le gouvernement. Un congrès extraordinaire du PS s'est prononcé sur cette question, Il peut paraitre paradoxal que la base du PS soit plutôt en faveur de la participation gouvernementale tandis que les résistances se trouvent dans la direction, qui préférerait continuer le soutien actuel, dont elle peut se dégager à tout moment. Cela tient à ce que la base du PS à forte composition petite bourgeoise, attirée aujourd'hui par ce gouvernement, craint que sa chute ne ramène au pouvoir la vieille droite classique. La direction socialiste par contre craint que la politique économique et sociale future du gouvernement ne se heurte aux ouvriers, ce qui la mettrait en mauvaise posture pour les élections de 1956.

Le refus du P.S. a été le premier échec de Mendes-France.

La manœuvre du gouvernement auprès des socialistes fut favorisée au delà

La FGTB adopte un

La centrale syndicale à direction socialiste, la Fédération Générale du Tra-. vail de Belgique, vient d'adopter un programme économique à son congrès extraordinaire qui s'est tenu à la fin d'octobre. Ce programme ne manquera pas de modifier la situation politique du pays.

Tout en se maintenant strictement sur le terrain de l'économie capitaliste, dont il s'agirait, pour les auteurs de ce programme, d'accroitre la capacité de concurreace sur le marche mondial, le programme économique de la FGTB propose une série de réformes de structure i importantes: nationalisation des industries du charbon, du gaz et de l'électricité; création d'un Haut Commissariat au Plan; abolition de l'autonomie de la Banque nationle constitution d'un Commissariat au Crédit, c'est-à-dire d'une politique d'investissement contrôlée et guidée par le gouvernement. Bref, il s'agit d'une politique dirigiste dans le genre de celle des gouvernements travaillistes anglais entre 1945 et 1951, dont le but avoué est « d'agrandir le gâteau pour pouvoir agrandir la part qui revient aux travailleurs ».

Si certains groupes capitalistes, notamment dans les industries de transformation, ont intérêt à diminuer les prix des combustibles et de l'énergie, et ne sont pas tellement opposés à quelques-unes des suggestions de la FGTB,

NTERNATIONALE de toute expression par la politique ou plus exactement l'absence de politique du PC à l'heure actuelle. Celui-ci dit a ses membres : la pression populaire a obtenu un certain nombre de résultats ; continuons ; intensifions cette pression et il en sera des accords de Londres et de Paris comme de la CED. Ne perdez pas une heure, déclare Thorez. Mais les militants s'aperçoivent qu'ils travaillent à présent dans le vide. Aussi se posent-ils des questions, se demandant le pourquoi d'un tel état de choses et où en va. Il est probable que ce malaise se prolongeant, les déceptions s'ajoutant, nous ne manquerons pas de voir rebondir la cr'se jusque dans les sommets les plus élevés du PC. Après les affaires Marty, Tillon et Lecœur, y aura-t-il encore des boucs émissaires ou bien la crise prendra-t-elle des formes nouvelle, des formes manifestement plus politiques ? Nul ne peut le dire, mais cette politique envers Mendes-France aura de très grandes répercussions à une étape ultérieure. programme économique l'enchevêtrement des intérets capitalistes dans un pays dominé par quelques groupes de capital financier est tel que l'opposition de principe à toute mesure de nationalisation se manifeste violemment. Pour ne pas trop heurter cette opposition, les auteurs du programme ont d'ailleurs évité d'avance d'inscrire parmi leurs revendications la nationalisation des banques et des compagnies d'assurance, réduisant ainsi à l'extrême l'efficacité de toute politique « dirigiste » du credit. Cela n'a pas empêché la bourgeoisie d'ouvrir le feu sur ce programme et sur le dirigeant syndical qui en a pris la responsabilité, André Renard.

or, la Belgique est actuellemeat gouvernée par une coalition socialiste-libérale. Le programme de la FGTB à peine publié, les milieux capitalistes du parti libéral n'ont pas manqué de contacter l'opposition sociale-chrétienne pour envisager l'éventualité d'un gouvernement bourgeois libéral-catholique. D'où grand émoi dans la direction réformiste, pour laquelle la participation gouvernementale est devenue en quelque sorte un but en soi. Cette direction juge l'adoption du programme de la FGTB hautement inopportune et refuse d'engager une campagne pour le défendre. Cela n'ira pas sans quelques remous parmi les cadres du parti qui sont en même temps des cadres syndicaux. Cela n'ira surtout pas sans une résistance crois-

Belgique

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U ATRIE ME I sante de la base ouvrière du PSB qui verra de plus en plus dans le programme économique de la FGTB un moyen pour imposer les changements radicaux auxquels elle aspire.

C'est pourquoi, à la longue, le PSB ne pourra simplement ignorer le programme de la FGTB. Malgré toutes les limites et les insuffisances de ce programme, il représente aujourd'hui une plate-forme de départ dans la lutte pour l'étape à venir dans le développement du mouvement ouvrier belge: la lutte pour une majorite socialiste, pour un gouvernement ouvrier homogene. Renard et ses amis de tendance à la tête de la FGTB désirent arriver à un tel gouvernement en s'associant à l'aile syndicale démocrate-chrétienne du parti catholique. Outre qu'elle soit utopique, une telle perspective a le grand inconvénient de maintenir le mouvement ouvrier dans le domaine de la politique bourgeoise dans de nombreux secteurs (politique étrangère, politique d'arme-

La Fédération Nationale des Jeunes Gardes Socialistes a récemment tenu son Congrès. Cette organisation ne possède plus pour le moment les effectifs et l'influence qu'elle avait autour de l'année 1935, mais elle a conservé l'esprit révolutionnaire et d'avant-garde qu'elle avait à l'époque. A son congrès, elle s'est prononcée contre tout réarmement allemand. pour l'admission de la Chine populaire à l'ONU et pour un soutien inconditionnel des mouvements d'émancipation des peuples coloniaux. Cette politique était étayée par des arguments socialistes internationalistes.

Dans notre précédent numéro, nous avions annoncé les succès électoraux du Lanka Samasama Party (section ceylalanaise de la IVe Internationale), mais nous ne disposions pas encore d'une vue plus complète de ceux-ci.

Les élections ont eut lieu dans huit consells urbains et trois conseils municipaux, y compris celui de la capitale Colombo.

Antérieurement, le LSSP avait 14 sièges dans ces assemblées, le PC 9. Le ISSP présenta des candidats pour 49 Sièges, le PC 33. Ces élections ont donné au LSSP 27 élus, soit un gain de 13 sieges ; et le PC obtient 15 sièges soit un gain de 6.

A la suite de ces élections, trois conseils urbains se trouvent entre les mains soit du LSSP, soit d'une majorité d'élus ouvriers.

Le déplacement à gauche est parti-

NTERNATIONALE ment, politique scolaire, politique coloniale, etc.), ou même de l'y enfoncer davantage. C'est pourquoi les marxistes révolutionnaires belges, qui doivent appuyer de façon critique toute campagne pour la mise en application du programme de la FGTB - dont il s'agit par ailleurs de dévoiler les insuffisances - opposeront à cette perspective celle de la conquête de la majorité parlementaire par le parti socialiste, grâce à une mobilisation des masses en faveur des réformes de structure et à la conquête des ouvriers chrétiens à travers une telle mobilisation. Ils doivent expliquer que la conquête du pouvoir par le mouvement ouvrier, s'appuyant sur une telle mobilisation des masses d'une part et sur une majorité parlementaire de l'autre, est absolument du domaine du possible dans un avenir rapproché. à condition que toute activite des organisations de masse soit réorientée vers ce grand objectif.

A signaler que les staliniens belges qui, avant le Congrès, avaient attaqué les

J.G.S. ont, ensuite, voulu exploiter au profit de la diplomatie du Kremlin les votes du Congrès. Mais - pour cela -ils doivent dissimuler une bonne partie des positions de la J.G.S. qui rejetaient précisément la politique de Moscou. Ea outre, en Belgique, la crise du PC se poursuit au point d'en être arrivée à un véritable effondrement de celui-ci et leur leur manœuvre à l'égard des jeunes militants socialistes ne peut avoir la moindre portée. culièrement marqué dans les régions où, l'an dernier, les masses participèrent en grand nombre au hartal du 12 août 1953 (grève des ouvriers, combinée avec un boycott de l'activité sociale par les autres couches laborieuses de la population).

A la suite des élections de Colombo, le conseil municipal a élu maire de cette ville le ville le camarade N. M. Perera, du LSSP, dans des conditions précaires -à une voix de majorité, et avec l'appui des élus staliniens qui s'efforcent depuis lors de le paralyser. D'autre part, le gouvernement est ouvertement opposé à cette municipalité. Aussi, N.M. Perera s'est-il adressé à la population de Colombo pour lui demander un soutien actif en vue de la réalisation d'un programme municipal en faveur des masses (logements, transports..) qui se heurte à l'opposition et au veto gouvernemental.

Le Congrès des Jeunes Gardes Socialistes

Ceylan

Notre camarade N. M. Pérera, élu maire de Colombo

Le Congrès des Jeunes Gardes Socialistes

Ceylan

Notre camarade N. M. Pérera, élu maire de Colombo

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États-Unis

La grève « Square D » à Détroit

D'une façon générale ‚la chasse aux sorcières qui sévit aux Etats-Unis ne s'est pas attaquée aux grandes organisations syndicales de l'AFL et du CIO. Mais les directions de celles-ci ont pratiqué cette chasse dans leurs propres rangs. C'est ainsi que le CIO avait expulsé de ses rangs la Fédération des ouvriers électriciens UE dans laquelle l'influence stalinienne était sensible.

Le patronat américain crut possible d'exploiter cette situation contre les ouvriers. Une firme de Detroit, la « Square D Company » de Detroit, discutant d'un contrat avec une section syndicale de cette Fédération, provoqua la grève le 15 juin en exigeant une clause de renoncement à la grève. Le mouvement étant déclenché. la compagnie, sous le prétexte de lutter contre le communisme, eut recours à tous les moyens pour briser la grève, depuis les campagnes de presse jusqu'à l'emploi des flics avec la complicité du maire de la ville.

Vers la mi-septembre la grève se touvait dans une situation difficile. Mais un évènement important modifia l'état de choses. Un accord fut conclu entre les dirigeants de la grève (de l'UE) avec une série de militants très responsables des sections syndicales du CIO de Detroit qui constituent une opposition militante à la direction Reuther dans cette centrale. Le principal de ces militants était Carl Stellato, président de la section syndicale Ford, le « local 600 », qui est la plus forte section syndicale dans le monde. Dans cet accord, probablement quelques militants de la UE marqués comme communistes ont été

Un comité composé de représentants des directions du CIO et de l'AFL va examiner le problème de l'unification de ces deux plus importantes organisations syndicales du pays, groupant à elles seules près de 15 millions de travailleurs.

Il est probable qu'une des raisons profondes qui obligent ces directions extrêmement bureaucratiques à chercher un accord, dans une période où le mouvement ouvrier dans le pays ne se signale pas par une activité intense, est que la concentration capitaliste et la montée réactionnaire ont affaibli les positions de ces bonzes en face du patronat et du gouvernement, et qu'ils voudraient présenter si possible un front commun.

Mais, parce que ce n'est pas le produit d'une poussée ouvrière, ces pourparlers peuvent rencontrer des obstacles dans le fait que les dirigeants sont avant 28 mis de côté et un éventuel retour au CIO envisagé, mais l'essentiel est que la direction de la grève fut reprise par les principales sections syndicales du CIO à Detroit.

Aux piquets de grève participèrent des lors des travailleurs des principales usines de Detroit. Des incidents se produisirent avec la police.

Quand les militants les plus combatifs du CIO prirent la responsabilité de la grève. la direction du CIO commença par adopter une position mi-figue mi-raisin, condamnant à la fois l'emploi de la police pour briser la grève et la UE comme ayant une direction communiste. Mais elle ne put rester dans l'équivoque et fut nnalement entrainée par son aile militante.

La grève de « Square D » devenait officiellement la cause de tout le mouvement syndical de Detroit et acquérait même une valeur symbolique pour tout le mouvement syndical américain. Le patronat se vit contraint de reprendre les négociations. Le maire, la police, les juges commençèrent à avoir moins de prétentions.

C'est un exemple qui témoigne de la force du mouvement syndical américain. en contraste avec son retard politique considérable et qui lui a permis de surmonter la manœuvre pour diviser ses rangs sous prétexte de lutte contre le communisme. C'est pourquoi la création d'un Labor Party sur la base des syndicats constituerait un énorme pas en avant, le jour où cette solidarité syndicale se serait élevée au niveau des intérêts politiques généraux de la classe.

entre CIO et AFL tout préoccupés de leurs propres positions, et que des rivalités de cette sorte peuvent jouer auprès d'eux bien plus que des divergences de programmes ou de méthodes.

L'unité syndicale du CIO et de l'AFL aurait avant tout le grand avantage de supprimer un élément de division intérieure dans la classe ouvrière, surtout au moment ou des couches importantes de celle-ci voudront pousser leurs syndicats à une prise de position plus générale, sous la forme de la constitutioa d'un Labor Party basé sur les syndicats. L'existence de deux centrales syndicales compliquerait inévitablement un tel processus. C'est pourquoi il serait souhaitable que les deux centrales fusionnent, malgré le caractère purement bureaucratique des pourparlers en cours.

Pourparlers de fusion

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Japon

Ardent Congrès des syndicats

Au cours du mois de juillet 1954 s'est tenu le Congrès des syndicats japonais au cours duquel s'est manifestée la combativité du prolétariat nippon. A ce Congrès participaient 259 délégués représentant 36 syndicats organisant quatre millions travailleurs.

Le rapport présenté par la direction nationale dénonce les effets sur les conditions de vie et de travail qu'ont eus d'abord la guerre de Corée puis la politique de réarmement et de remilitarisation incitée par l'impérialisme américain :

« La politique de réarmement du Japon ne peut que diminuer le standard de vie national et conduire à un renouveau du militarisme aux dépens de la paix, de la liberté et de l'indépendance de la nation japonaise. »

Le coût de la vie s'est élevé officiellement de 7 %, le chômage a atteint un point culminant depuis la fin de la guerre. Le gouvernement a pris des lois déniant le droit de grève aux fonctionnaires.

« L'intensification du travail qui a été imposée aux ouvriers et l'insuffisance des dispositions de sécurité et d'hygiène dans les ateliers sont responsables de l'augmentation des accidents et des maladies du travail. Le nombre exact des accidents professionnels ne peut être determiné, mais il est impossible de dissimuler l'augmentation du nombre des décès résultant d'accidents professionnels De 3.300 en 1951, il est passé à 4.100 en 1953 ».

Des conditions despotiques et semiféodales subsistent. Les retards dans le paiement des salaires sont fréquents.

« Les retards et l'absence de paiement des salaires ne sont pas rares, particulièrement dans les entreprises moyennes et petites ».

Même une enquête du ministère du travail a dû reconnaitre que cette _année Il y a eu le double de salaires non payés par rapport à l'année précédente !

Par décision du Congrès, à partir d'octobre, une campagne s'engage pour une « prime de fin d'année ». Puis « tous syndicats industriels lanceront simultanément des luttes dans le pays de janvier à mars pour revendiquer comme objectif principal des augmentations de salaires ».

Des réunions de masse seront organisées jusqu'à ce que « chaque ouvrier soit débarrasse de l'idée qu'aucune augmentation de salaires n'est possible parce que les temps sont mauvais et soit convaincu qu'une augmentation de salaire peut être obtenue par une grève générale nationale qui brisera le mur de la déflation ».

Sur les expériences atomiques, le Congrès déclara :

« Le peuple japonais qui a été utilisé comme cobaye pour les expériences de bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki et qui est aujourd'hui la victime des « cendres de mort » a le droit et le devoir d'en appeler une fois de plus au monde entier, sur les peurs intenses qui le hantent et son sincère désir de paix.

« Nous dénoncerons les horreurs des « cendres de Bikini » au monde. Nous demanderons aux gouvernements de secourir les victimes des « cendres de Bikini », du froid et des inondations avec l'argent consacré au réarmement et à la construction de bombes atomiques. »

S'opposant aux préparatifs de guerre contre l'URSS et la Chine, les syndicats japonais n'en conservent pas moins un esprit critique :

« Il est vrai que l'Uaion soviétiqquqe est sur la voie de construction du socialisme, mais un certain nombre d'incidents dont nous avons été informés nous font difficilement croire que la démocratie est parfaite dans ce pays à présent, et nous ne pouvons ignorer le cri puissant pour l'amélioration de la vie des ouvriers dans les divers pays qui se trouvent dans la sphère d'influence soviétique ».

Enfin, le Congrès comprenant la nécessité de la solidarité internationale des travailleurs, exprimait:

« Le mouvement ouvrier au Japon doit s'identifier fermement avec le mouvement ouvrier mondial. Il faut une lutte pour des augmentations de salaires et le plein emploi dans un plan économique de paix, contre l'économie de guerre.

« Ne craignant rien et étant à la tête des masses qui peinent, nous nous e1gageons par conséquent à nous dévouer corps et ame au développement de la grande action unie des travailleurs pour renverser le gouvernement militariste et assurer une vie meilleure, la démocratie, la paix et l'indépendance ».

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Pérou

Condamnation de camarades

Le 19 juillet, le « Conseil de guerre permanent de la police » a condamné Felix Zevallos, ancien dirigeant des ouvriers du textile, à 5 ans de prison Léoncio Bueno, également dirigeant du textile, Socrates Garcia, secrétaire à la propagande du syndicat Peru-Lana, •à 4 ans de prison ; Arturo Alburquerque, secrétaire général du syndicat Industrias Reunidas, et Washington Huracha, secrétaire culturel de l'Union Sindical Obrera de Arequipa (USOA), et Marcial Aguirre, jeune ouvrier aréquipénois, à 2 ans de prison.

Le journal Revolucion Permanente juin-juillet 1945) organe de la section péruvienne de la IVe Internationale, qui relate cette nouvelle, ajoute :

« Le « délit » pour lequel ils ont été condamnés, c'est d'avoir agi comme prolétariat et d'avoir milité dans notre des dirigeants syndicaux loyaux aul

Part Ouvrier Révolutionnaire, (section péruvienne de la IVè Internationale).

Ils avaient été arrêtés fin 1952 et début 1953 lors de la répression contre le mouvement ouvrier déclenchée cette époque. Ils sont donc en prison depuis plus d'un an et demi, et ils y subissent les sévices et les conditions de vie règnant dans les camps de concentration d'Odria.

Nous, trotskystes, saluons fièrement nos camarades sur lesquels s'acharne la vengeance de la bourgeoisie -- déguisée en « justice » - et leur promettons de continuer sans défaillance la lutte pour la révolution ouvrière et paysanne. L'exemple de vaillance consciente et sereine de nos camarades sera pour nous un stimulant et une leçon.

Encore une fois. unissons-nous pour libérer les révolutionnaires emprisonnés ! Apristes, staliniens, socialistes, trotskystes, nous tous devons serrer les rangs dans un Front unique pour arracher une AMNISTIE GENERALE ! Faisons approuver par les syndicats du pays tout entier des motions demandant cette amnistie. Profitons de chaque assemblée ouvrière pour rendre hommage à nos prisonniers et exiger leur amnistie. Ils se sont sacrifiés pour nous. Ne les oublions pas !

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