Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 12, n° 9-12

Du nouveau entre le Kremlin et Belgrade

Quatrième Internationale, vol. 12, n° 9-12 · septembre-décembre 1954 · p. 10-11 · 938 mots

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La nouvelle politique du Kremlin envers la Yougoslavie se confirme maintenant pleinement. Elle s'insère dans le cadre du changement plus successeurs de Staline dans plusieurs domaines. Il est incontestable que le Kremlin général opéré cherche actuellement à contrebalancer la pression que l'impérialisme exerce sur la Yougoslavie, à empêcher une intégration plus poussée de ce tème atlantique et à rouvrir la porte à un éventuel retour de la Yougoslavie dans pays dans son camp.

Etant donné que Tito faire a favorisé par la situation internationale actuelle, moins que jamais disposé amende honorable en vue d'une telle rentree, le Kremlin lui fait savoir que telle n'est pas son intention. Il s'agit plutôt de réhabiliter Tito et d'admettre la Yougoslavie sur un pied d'égalité. Mais une telle politique, avons-nous déjà écrit, ne pourrait pas s'arrêter au seul cas de la Yougoles autres « démocraties populaires », dans un sens supprimant leur statut actuel slavie. Elle devrait comporter une revision de toute la politique stalinienne envers de satellites.

Sans exagérer l'importance pratique réelle de mesures telles que la suppression de la lutte de fractions dans les partis hongrois et romain qui a une autre allure annoncée des Sociétes mixtes dans plusieurs pays du glacis soviétique, ni celle et un autre sens que dans le temps de Staline, on peut certainement interpréter ces signes comme étant annonciateurs d'un climat nouveau dans

Mais revenons aux faits concernant le cas de la Yougoslavie : ces pays. Après le rétablissement, sur l'initiative du Kremlin, de rapports diplomatiques avec PURES et certaines « démocraties populaires ». au rétablissement de relations économiques et culturelles. Différents nous assistons actuellement viennent d'être signés avec l'Allemagne Orientale. slovaquie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie et l'URRS. la Hongrie, la Tchéco-

La publication du journal antitiste, par des éléments yougoslaves pro-Cominform réfugiés à Sofia a cessé ainsi que le brouillage des émissions radiophoniques yougoslaves par P'URRS.

L'accord survenu sur Trieste entre l'Italie et la Yougoslavie fut subitement approuvé par le Kremlin sans trop s'embarrasser des directions des PC italien et français qui, tenues dans l'ignorance de la volte-face du Kremlin, n'avaient pas manqué, quelques jours seulement auparavant, à le dénoncer. En effet, Vichinsky, Sécurité des Nations Unies déclarant que «l'Union Soviétique prend bonne note de instructions du Kremlin adressait le 14 octobre une lettre au Conseil de l'accord » considéré « comme acceptable par les deux pays les plus intéressés, la Yougoslavie et l'Italie » et qui « contribuera à une diminution de la tension dans cette région de l'Europe ».

Puis le 20 octobre, 10e anniversaire de l'entrée de l'Armée Rouge à Belgrade, une cérémonie significative Belgrade, a eu lieu à l'occasion de l'inauguration d'un cimetière où reposent enréunissant représentants yougeslaves semble combattants vougoslaves et soviétiques tombés pour la libération de Belgrade.

Pour la première fois depuis la rupture, la nouvelle parut dans l'organe officiel du Cominform « Pour une Paix Durable » (22/10/54) qui écrit :

«Des dizaines de milliers de travailleurs de Belgrade étaient présents. Y ont également assisté : M. Pijade, président du Parlement yougoslave, A. vice-président de l'Assemblée Exécutive fédérale, etc... Rankovitch, du Comité Central de la Ligue des Communistes de Yougoslavie, du Des gerbes ont été déposées Conseil central des Syndicats de Yougoslavie,

En même jour, la Pravda à Moscou publiait un ceci : " Nous avons agi en étroite collaboration avec l'Armée article dans lequel était écrit ration de nos alliés yougoslaves. Nous avons aidé leur pays qui avait contribué de Nationale de Libéfaçon importante à la lutte des peuples d'Europe pour savions de quel courage et de quelle résolution leur émancipation. Nous fait preuve en combattant pendant plusieurs années. dans des conditions difficiles. les partisans yougoslaves avaient derrière les lignes allemandes et italiennes. Les soldats et partisans yougoslaves côtés. Il est arrivé fréquemment que leur intervention décide de l'issue de la bataille». ont pris une part très active à la lutte et nous les avons trouvés partout à nos le même article. réhabilitation de Tito personnellement que dirigeant de l'Armée de Libération Yougoslave est explicite. Retournant ces Parlement, le 25 octobre que la politique du Kremlin a effectivement changé, qu'elle amabilités du Kremlin, Tito vient à son tour de déclarer. dans un discours ne constitue pas un piège, qu'elle contribue à la diminution de la tension interternationale, et en tant que telle, elle doit être prise en considération par l'Ouest. a déclare uelqu'un est compétent pour juger ceci, c'est incontestablement nous »,

Déjà « Politica » avait apporté comme preuve du « changement » de la politique du Kremlin son effort « d'élever considérablement le niveau de vie des masses sovietiques ». TO

UATRIEMEINTERNATIONALE Enfin, pour le 37è anniversaire d'Octobre, Sabourov pour le gouvernement soviétique a insisté sur l'amélioration des rapports URSS-Yougoslavie, « certains obstacles » ayant été écartés ; et Tito a envoyé des félicitations à Vorochilov.

Les marxistes-révolutionnaires ne peuvent que se réjouir de ces développements qui permettraient à la Yougoslavie de se dégager de l'alliance impérialiste et de réintégrer sur un pied d'égalité le camp Etats ouvriers et de la Révolution.

Mais ces opérations qui se placent sur le niveau des manœuvres aussi brusques et bureaucratiques entre gouvernements que dans la phase qui a marqué la rupture,

Yougoslaves traitaient P'URSS de « capitalisme d'Etat impérialiste », ces manœuvres quand le Kremlin accusait les Yougoslaves de « fascisme inversement les si elles ne s'accompagnent pas d'une clarification idéologique, ne peuvent que desservir la cause d'un renouveau rapide et nécessaire du Car elles apparaissent comme une prime à l'opportunisme, qui « paie ». mouvement révolutionnaire.

La tâche de la clarification idéologique incombe particulièrement aux communistes yougoslaves.

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