L'intérêt essentiel du 19ª Congrès du P.C russe réside incontestablement dans les données qu'il a fournies sur la situation en U.R.S.S. Ces données se dégagent directement ou indirectement des différents rapports qui furent présentés au congrès, ainsi que de certaines interventions, Les chiffres fournis par les dirigeants soviétiques ainsi que les faits tels qu'il. les relatent, doivent naturellement être jugés c interprétés d'une manière critique.
On peut faire dire en général à la statistique c tout ce qu'on veut » et les directions do tous les régimes bureaucratiques sont passées maitres en cet art. D'autre part, il ne faut pas oublier, on co qui concerne les faits auxquels se réfèrent les dirigeants soviétiques dans leurs rapports relatits à la gestion bureau: crafique de l'économie, au régime du parti. à l'Etot et la vie soviétique en général, qua ceux qui parlent sont les représentants les plus hauts placés de la bureaucratie soviétique et qu'ils jouent au sein de celle-ci un rôle bonapartiste.
L'image de la société soviétique, de ses problèmes, de ses réactions donnée par ces représentants se trouve inévitablement incomplète. déformée, embellie. Mais malgré tout leur art de dissimulation et de déformation de l'état véridique de la société soviétique, leurs documents, leurs rapports, leurs interventions au 19° congrès fournissent un matériel de premier ordre pour en dégager plusieurs aspects importants de la situation actuelle réelle en • U.R.S.S.
Depuis très longtemps, un tel matériel n'avait été fourni sur ce sujet. Comme nous allons la voir, les appréciations essentielles que notre mouvement porte sur l'U.R.S.S. se trouvent ung fois encore confirmées.
Les rapports de production que seule la Révolution d'Octobre a rendu possibles (étatisation de tous les moyens de production et économie planifiée) déterminent toujours en U.R.S.S., malgré l'obstacle de sa gestion bu
L'ACQUIS ET LE DYNAMISME A) L'industrie.
La guerre a retardé « le développement de notre industrie, a déclaré Malenkov dans son rapport, de huit à neuf ans, c'est-à-dire de deux plans quinquennaux environ... Dans ses grandes lignes la réorganisation d'après-guerro de la production industrielle a été parachevée dans le courant de l'année 1946 ». 10 reaucratique, un impressionnant progrès des forces productives. Ce progrès contraste de plus en plus avec la stagnation et le déclin des forces productives dans le monde capitaliste pris comme un tout. Ainsi se trouve confirméo dans les faits la suprématie écrasante de ces nouvelles formes de production sur le capitalisme.
D'autre part, la présence nocive de la gestion bureaucratique de l'appareil économique et administratif de l'U.R.S.S. perce par tous les pores de son corps. Sur le terrain économique, les fléaux bureaucratiques s'appellent gaspillages, vols et dilapidations de la pro• priété étatique, marché parallèle, stérilisation de l'élan productif et des capacités producfives des ma et culturel, le lent régime moeurs et de ses. Sur le plan politique, social s fléaux bureaucratiques s'appelpolicier, embourgeoisement des la mentalité, formalisme, académisme et conformisme dans les arts.
Mais, d'autre part, sur la base des progrès économiques et culturels incontestables, de nouvelles générations s'élèvent en U.R.S.S., qui n'ont pas connu les défaites de la génération d'Octobre, qui pensent, qui cherchent, qui critiquent et qui luttent devant le principal obstacle au libre développement du pays: lo bureaucratie. Celle-ci est consciente du danger. Elle s'efforce de le conjurer, à la fois par des concessions et par une accentuation du contrôle sur les masses.
Mais le processus révolutionnaire historique a maintenant comme arène active le mondo entier. Les nouvelles forces révolutionnaires qui se forment et s'éveillent en, U.R.S.S. même ne seront plus seules pour longtemps. Elles s'acheminent vers leur jonction avec les forces de la Révelution internationale en marche, of terrasseront inévitablement la bureaucratie.
Voyons de quelle manière l'étude critique des données fournies par le 19° Congrès du P.C. de I'U.R.S.S. éclaire tous ces points. DE L'ECONOMIE SOVIETIQUE
Après quoi la production industrielle s'est accrue rapidement à un rythme annuel moyen d'environ 20 % pour atteindre en 195l le double du niveau de 1940 (dernière année de paix) et le triple environ de celui de 1946 (1)
(1) 1l faut en outre souligner la régularité de l'accroissement de la production en U.B. 5.5. qui contraste avec le caractère spasmo-
Q VATRIEME IN T
Pendant cette même période, la production capitaliste la plus dynamique, celle des EtatsUnis, ne se développa que de 30 % par rapport à 1946 pour atteindre en 195l le double de celle de 1939, dernière année de paix (2)
On peut naturellement mettre en cause l'exactitude rigoureuse de l'ampleur de co taux d'accroissement annuel de la productior industrielle de l'U.R.S.S. En mai dernier, s'est tenu à New-York un congrés sur la croissance de l'économie soviétique organisé par le Social Science Research Council. Le rythme ne serait pas. selon les spécialistes réunis dans. ce congrès, tellement élevé, mais de 6,5 à 7% selon les uns, de 12 % selon les autres. Même si l'on admettait ce dernier chiffre moyen, le dynamisme de l'économie soviétique ne laisserait pas d'être impressionnant par son contraste avec l'essoufflement de l'économie capitaliste en général (3).
Le nouveau plan quinquennal de 1951-1955 prévoit un rythme d'accroissement annuel moyen de la production globale de l'industrie d'environ 12 %. « Un tel objectif d'accroissement signifie qu'en 1955 le volume de la production industrielle TRIPLERA par rapport à 1940 . (Malenkov).
En chiffres concrets, I'U.R.S.S. produit actuellement en ce qui concerne les moyens de production 25 millions de tonnes de fonte, 35 millions de tonnes d'acier, 27 millions de tonnes de laminés, 300 millions de tonnes de charbon, 47 millions de tonnes de pétrole, 117 milliards de kw-h. d'énergie électrique. Le volume global de la production des moyens de production est égal au double de 1940 et, dans certaines branches. le dépasse.
Par contre, le volume global de la production de l'industrie des objets de consommation n'était en 195l supérieur que de 43 % seulement à celui de 1940. En 1952, il dépassera de 60 % environ le niveau de 1940.
* En 1952 il sera produit: plus de 5 mil.* liards de mètres de cotonnades, soit environ 30 % de plus qu'en 1940 ; près de 190 millions de mètres de lainage, soit environ 60 % de plus qu'en 1940 ; 218 millions de mètres de soieries, soit 2,8 fois autant qu'en 1940; 250 millions de paires de chaussures de cuir, soit environ 20 % de plus qu'en 1940: 125 millions de paires de chaussures en caoutchouc, soit 80 % de plus qu'en 1940; plus de 3.300.000 tonnes de sucre, soit une augmentation de plus de 50 % par rapport à 1940 : dique de l'évolution de la production dans les pays capitalistes. Toutes les citations et les chiffres ont été pris dans le numéro special des Cahiers du Communisme: Le XIX* Congrès du P.C. de l'Union soviétique.
(2) En France ce rythme n'était que de 2 % environ.
(3) Ce dynamisme est actuellement caractéristique de toutes les « démocraties populaires › et de la Chine. Le taux annuel d'accroissement de la production est, dans ces pays, de loin supérieur à celui des pays capitalistes les plus dynamiques.
ERNATIONALE plus de 380.000 tonnes de beurre provenant de l'industrie (sans compter d'importantes quantités de beurre de production domestique), soit une augmentation de plus de 70 % par rapport au niveau de la production industrielle d'avant-guerre. » (Malenkov).
Ces chiffres permettent des comparaisons et des conclusions instructives.
Tout d'abord en ce qui concerne la producfion des moyens de production. Elle représente pour 210 millions d'habitants de I'U.R.S.S. environ 40 % de la production correspondante des Etats-Unis en 195l, peuplés de 155 millions d'habitants (4).
Le décalage absolu, et surtout le décalage par tête d'habitant entre les deux pays reste encore très grand.
Les chiffres concernant la production des objets de consommation sont encore plus éloquents. Par rapport au niveau matériel et culturel atteint par les masses soviétiques en 1940, les progrès sonf naturellement, y compris sur ce domaine, importants. - La production de cotonnades par tête d'habitant a augmenté de 20 % par rapport à 1940 : celle des lainages de plus de 60 % : celle du papier de plus de 70 % ; celle de l'énergie électrique a plus que doublé - celle du ciment aussi. Mais par rapport au niveau des pays capitalistes développés, le décalage reste très grand, y compris sur le terrain des objets de consommation.
Par exemple, en 1952 il y a encore 24 m. de cotonnades environ par tête d'habitant en U.R.S.S., contre 60 m. environ aux Etats-Unis et 38,40 en Angleterre en 1950 : 1.2 paire de souliers de cuir par an contre 3 1/3 paires aux Etats-Unis, 3 paires en Grande-Brefagne, et 2 1/2 paires en France.
Les progrès de l'industrie soviétique ne se limitent pas à l'accroissement constant de son volume. İls s'étendent sur le terrain technique du perfectionnement des machines, de l'accroissement de leur nombre et de leurs modèles, du nombre et des modèles des machines-outils en particulier. Il s'ensuit une production accrue qui contribue au rythme élevé d'accroissement constant de la production (5).
« Le parc de machines-outils, a affirmé Malenkov, a été multiplié par 2,2 (par rapport à 1940) grâce à l'appoint de nouvelles machines-oufils dont le rendement est plus élevé. L'industrie soviétique des constructions méca-
(1)
U.E.S.S. ETATS-UNIS 1952 1951 (En millions de tonnes) Fonte .... 25 64 Acier 35 95,5 Charbon 300 528 Petrole 47 307.5
(En milliards de kw/h.) Energ. élect. 117 482,3
(5) Selon Malenkov, « de 1940 à 1951 la productivite du travail dans l'industrie a augmenté de 50 %. Pendant cette période, 70 % de l'accroissement de la production industrielle a éte obtenu grace a l'élévation de la productivite du travail ».
QUATRIEME niques, rien quau cours des trois dernières années, a créé près de 1.600 modèles nouveaux de machines et de mécanismes ».
En comptant à 700.000 environ le parc des machines-outils dont disposait TU.R.S.S. en 1940, nous arrivons au chiffre de 1.540,000 machines-outils en 1952 contre 1.772.000 en 1950 aux Etats-Unis, et 880,000 seulement en Grande-Bretagne, la deuxième puissance industrielle du monde capitaliste (6)! B) L'agriculture et l'élevage.
Dans la période d'après-guerre e le parti s'est attaché, a déclaré Malenkov, tout particulièrement à renforcer les kolkhozes sur le plan de l'organisation et sur le plan économique à les aider dans le relèvement et le développement de l'économie collective et à augmenter sur cette base le bion-étro matériel de la paysannerie kolkhozienne > (7).
A lheure actuelle 4. on compte 97.000 kolkhozes agrandis contre 245.000 petits kolkhozes au fer janvier 1950 %.
Le niveau d'avant-guerre de la production agricole a été rattrapé et dépassé. Les superficies ensemencées de toutes les cultures agricoles ont. en 1952, dépassé de 5.300.000 hec tares le niveau d'avant-guerre. « Dans l'année en cours, la récolte globale de céréales se chiffrait à 8 milliards de pouds et celle du blé a augmenté de 48 % par rapport à 1940 = Le problème des céréales est « définitivement et sans retour » résolu.
Le niveau d'avant-guerre de la production du cofon, de la betterave" à sucre, de pommes de terre, du fourrage, a été dépassé. Par contre, la production du lin et des cultures maraîchères n' a pas encore atteint le niveau d'avant-guerre.
D'autre part lagriculture soviétique est devenue qualitativement autre, elle diffère profondément de l'ancienne agriculture peu productive, extensive.
LES OBJECTIFS DU CINQUIEME
Sur la base de cet acquis de l'économie soviétique en 1952, quels sant les objoctifs visés par le cinquième plan quinquennal dans les différents domaines que nous venons d'examiner ?
Industrie. — La production des moyens do production doit augmenter d'environ 80 % et
(6) Il faut cependant faire des réserves sur la manière dont setablit en U.H.S.s. 1a statistique s des machines, machines-ontils et mécanismes ≥.
(7) Le souci de Malenkov pour le bien-etre des paysans ne l'empeche pas s'élever avec vigueur contre ees partisans doa avec vigueur contre ces partisans des « agrovilles » qui « ont oublié les taches principales. les tâches de production des kolkhozes et ont mis au premier plan des laches qui étaient snbordonnées aux, premières, les tâches de consommation intérieure, et d'aménagement de la vie dans les kolkhozes ». 12
« Si en 1952 la superficie occupée par la totalité des cultures agricoles a été multipliée par 1.4 par rapport à 1913, la superficie consacrée aux cultures industrielles, aux cultures maraichères et aux cucurbitacées a été multipliée par 2,4 et la superficie consacrée aux cultures fourragères par plus de 11. »
La mécanisation de l'agriculture s'est accrue considérablement. « La puissance globale du parc de tracteurs a augmenté par rapport au niveau d'avant-guerre de 59 % et celle du parc des moissonneuses-batteuses de 51.%. »
En ce qui concerne l'élevage, le gros bétail à cornes a dépassé en 1948 le niveau de 1940, ainsi que les moutons en 1950 et les porcs en 1952.
La production globale et la production marchande de la viande, du lait, du beurre, des ceufs, de la laine et du cuir ont aussi dépassé. dans l'ensemble de l'U.R.S.S., le niveau d'avantguerre. C) Commerce, transports, P.T.T.
Durant les années d'après-guerre le chiffre d'affaires du commerce d'Etat et coopératif a été multiplié par 2,9 dépassant sensiblement La niveau d'avant-guerre. Ceci est le résultat de l'accroissement de la production indusfrelle et agricole.
En ce qui concerne les transports, point faible de l'économie soviétique, aucun indice n'est donné du développement du réseau ferroviaire. Nous apprenons, par contre, qu'en 1951 il y avait 23.000 kilomètres de voies navigables intérieures en exploitation de plus qu'en 1940.
La seule indication sur les transports automobiles est celles concernant « le réseau de routes automobiles à tablier perfectionné 3,1 fois » supérieur à celui de 1940.
Mêmes indications vagues en, ce qui concerne le réseau téléphonique et télégraphique. « Le réseau de réception radiophonique est à peu près doublé par rapport à 1940 ». PLAN QUINQUENNAL 1951-1955 la production d'environ 65 des objets de consommation
L'ensemble de la production industrielle de 1950- Doubler d'Etat: dans 1950-
Dans la prod tion, un accent ductien de turt turbines à vap machines outils 1260 S6) ofje trolière 1350 vapaur (270 envire ndustrie uction particu ines hy ur (23 pour + environ par rapport à les investissements par rapport a 1946de moyens de producjer est mis sur la prodrauliques (780 %) et 0 %). sur les grandes la coupe de métaux
Dans la production des objets de consommation, l'accent est mis sur le ciment (220 %).
la viando (92 %) et les conserves (210 %).
Agriculture, Elevage. - Augmenter la récolte globale : de 40 à 50 % pour les céréales, appareiis pour l'industrie péenfin sur les chaudières à
U'ATRIEME INT de 55 a 65 % pour le coton brut, de 40 à 50 % pour les fibres de lin, de 65 à 70 % pour la betterave à sucre, de 40 à 45 % pour les pommes de terre.
Augmenter la production des fourrages : de 80 là 90 % pour le foin, tripler ou quadrupler la production des tubercules et des rhizocarpées, et doubler celles des plantes à ensiler.
Augmenter de 18 à 20% le gros bétail à cornes, de 60 à 62 % les moutons, de 45 à 50 % les pores, de 10 à 12 % les chevaux. Multiplier par 3 ou 3,5 le nombre des volailles,
La répartition géographique de l'industrie • changé depuis 1940 par l'industrialisation accrue du bassin du Volga et des régions de l'Oural, de la Sibérie, de l'Extrème-Orient, do Kazakhie, et des républiques de l'Asie centrale {8)-
Le volume global de la production industrielle, dans ces régions a triplé par rapport à 1940. Le nouveau plan quinquennal maintient et accentue cette tendance, qu'il étend à la Transcaucasie et aux pays baltes.
Les points faibles de l'économie soviétique prise dans son ensemble restent les transports et le bâtiment (9), ce dernier occasionnant toujours une crise de logement grave.
Par contre, dans le domaine de l'alimentofion et de l'habillement, la crise d'avantguerre est en train de disparaître par les progrès réalisés dans la production de céréales, de viande, de matières grasses, de coton, de laine, de cuir.
Cependant, même en escomptant une réali-
La bureaucratie s'efforce d'estomper sa pro-
ERNATIONALE par 2 ou 2,5 la production de la laine, par 6 ou 7 la production des œufs. i Commerce, transports, P.T.T. — Augmenter d'environ 70 % le commerce de détail de l'Etat et coopératif.
Construire de nouvelles lignes de chemin de fer dans une proportion deux fois et demi plus grande qu'en 1946-1950.
Par rapport à 1946-1950 construire et reconstruire environ 50 % de plus de routes carrossables munies de revêtements solides.
Doubler la longueur des câbles téléphoniques et télégraphiques interurbains. sation complète en 1955 des buts fixés par le cinquième plan quinquennal, la production industrielle totale de l'U.R.S.S. ne sera qu'environ 70% de la production actuelle des Etats-Unis.
Par tête d'habitant, le décalage est encore plus grand aussi bien dans le domaine des moyens de production que dans celui des abjets de consommation.
On voit que nous sommes encore loin non seulement de « l'abondance matérielle » mais tout simplement d'un niveau comparable à celui des pays capitalistes les plus développés. Que, par conséquent, non seulement FU.R.S.S. ne sera pas, même en 1955, à la veille de * passer du socialisme au communisme » mais même loin d'avoir atteint une économie vraiment socialiste, cette dernière supposant un niveau général considérablement plus élevé que celui du pays capitaliste le plus élevé. telle qu'elle ne permet jamais Telle quelle ne permet lamais de reconstituer la véritable répartition du revenu national parmi les différentes catégories sociales de la société soviétique, et la véritable part de bienétre accordée aux ouvriers, aux paysans, et à la bureaucratie elle-même. la bureaucratie elle-même.
Ainsi l'équivalent social exact du progrès économique de l'U.R.S.S. était et reste l'élément le plus difficile à déterminer (10).
marrate ne reuss cependant pas Mais la bureaucratie ne réussit cependant pas dans ses rapports à effacer complètement les méfaits de sa gestion de l'économie et de
(10) Durant la période allant de 1940 a 1951 le revenu national de PU.R.S.S. s'est acery de 83 %. « Les 3/4 sout mis à la disposition des travailleurs le reste pour élargir la production et satisraire les autres besoins de l'Etat et de la sociétés
Mais le terme travailleur, dans le vocabulaire de Malenkov, englobe, bureaucrates, cation n'est donnée quant à la part relative ouvriers et paysans à la fois. Anenne indide chacune de ces catégories.
fique en général.
(8) C'est Beria qui, settorce de mettre ei ment comparé de ces pays capitalistes parm (France, Italle, Belgi pays comme les Inde ele. n a démontré qu loppement industriel dans son relier régions li les Diu
* agricole dresse périola vie soviétout d'abord intervention developpevec celui de développes de de ces regions dans plusieurs branches dépassait très considérablement le rythme correspondant dans les pays capitalistes et dépendants.
(9) Malenkov a reconnu « qu'on constate encore partout chez nous un manque algu d'habitations s.
Le nombre de maisons et logements construits reste faible, surtout si l'on tient compte des destructions étendues causées par la batiment (qui n'a augmenté que de 36 % par guerre, ainsi que la produetivite dans le rapport à 1940).
QUELQUES REMARQUES GENERALES
LES TARES DE LA GESTION BUREAUCRATIQUE
DE L'ECONOMIE SOVIETIQUE
QUELQUES REMARQUES GENERALES
LES TARES DE LA GESTION BUREAUCRATIQUE
DE L'ECONOMIE SOVIETIQUE pre image dans le tableau qu'elle diquement de l'économie et de
Sa technique des chiffres est que, Hollande)
le Pakistan, Iran.
e le rythme du déve-
UA TRIEME • IN T l'Etat. Dans le cas par exemple d'un véritable contrôle démocratique de l'économie par les masses, les ouvriers et les techniciens des GASPILLAGES, VØLS ET DILAPIDATION
En 1951, a déclaré Malenkov, < les pertes et les frais improductifs dans les entreprises dépendant des ministères de l'U.R.S.S. se sont chiffrés à 4.900 millions de roubles, dont 3 milliards de roubles perdus par suite de malfaçons » ! (11).
D'autre part. en 1951 c les faux frais dans le bâtiment, en sus de la norme, ont dépassé 1 milliard de roubles, et au lieu du bénéfice de 2.900 millions de roubles prévu par le plan » on a enregistré « une perte de 2.500 millions de roubles ».
Dans l'agriculture, « les machines agricoles susent trop vite et les réparations demandent des frais excessifs ». < L'incurie subsiste dans beaucoup de stations de machines et de tracteurs, de kolkhozes et sovkhozes ».
Les récoltes sont souvent & incomplètement rentrées » ou e rentrées avec grandes pertes ». La conservation des biens des kolkhozes est organisée de façon « défactueuse », l'entro-
ERNATIONALE usines, les paysans et les techniciens des kolkhozes, des tares d'une telle ampleur seraient inimaginables. IS DANS LA PROPRIETE COLLECTIVE T'industrie, l'exécution du plan est souvent entravée et faussée par un volume de production globale qui ne répond ni aux articles demandés par, l'Etat, ni à la qualité demandée pour ces articles.
Afin de remplir leur quota, de nombreuses entreprises remplacent la production de certains articles par d'autres, ou livrent « en grande quantité des articles de qualité inférieure ». La « dissimulation » et « le maquillage des résultats du travail » caractérisent « certains dirigeants ». D'autres, font des demandes « exagérées » qui ne correspondent pas à la production réelle de leurs entreprises figurant dans le plan. Ces « demandes exagérées » nourrissent de toute évidence le « marché parallèle ».
Dans l'agriculture, Malenkov reconnait « qu'il y a encore des cas de dilapidation des biens des kolkhozes, et autres infractions oux statuts de l'artel agricole. Certains travailleurs des organismes du parti, des soviets dar coviets et des organismes agricoles détournent les biens des kolkhozes, n'hésitent pas à violer grossièrement les lois soviétiques, s'engagent dans la voie de l'arbitraire et des illégalités à l'égard des kolkhozes ».
• Bon nombre de dirigeants » oubtient en ambra dn. diriceants oubtient en général « que les entreprises dont on leur a confié la charge et la gestion appartiennent à l'Etat et s'efforcent de les transformer en leur fief. =
Bon nombre de dirigeants manquent e d'honnêteté et de sincérité envers l'Etat et le parti >, ont une discipline propre, distincte do colle « des humbles », et présentent en général une série de caractéristiques fort éloignées de e l'homme soviétique nouveau ». « l'homme socialiste ».
On reconnait sans grande peine, tout au long de ces * critiques > (12). le portrait du bureaucrate, arrogant envers ses subordonnés obséquieux of menteur envers ses supérieurs. gaspilleur, voleur, dilapidant effrontément le bien public.
la révolution socialisto que le capitalisme dom
(19)
Dont gous ne qu'une partie.
sirticle dans un seul pays, alors tine dans la plupart des mentionnons dans cet désorganisation la confusion causées par l'administration burenneratique de l'économie sont abondamment lustrees aussi bien dans le rapport de Maleukos que dans les interventions des deleRues pression bureaucratique pour fondement conduit d'autre part a renforcer a In fols la résistance des ouvriers et la & malhonneteté * des dirigeants envers l'Etat et le parti par la tactique des faux bilans qu'ils sont oiliges de présenter afin d'éviter les sunetions, tien du bétail est e mauvais 2:
Dans les transports, les pertos improductives sont penses grandes », les faux frais de conservation et d'écoulement agricoles « sont trop élevés ainsi et les déégalement tockage, de des produits que les frais généraux des organismes commerciaux ».
Enfin & les frais administratifs sont encore très élevés ». Les « abus dans les dépensos de ressources matérielles, financières et de main-d'ceuvre, conclut Malenkov, qui subsis. tent dans toutes les branches de l'économie nationale, sont la preuve que de nombreux dirigeants ont oublié le régime d'économies, ne songent pas à utiliser d'une façon raisonnable et économe les fonds d'Etat... ef que les organisations du parti ne remarquent pas ces insuffisances et ne corrigent pas de tels dirigeants ».
En somme, beaucoup de bureaucrates gaspilleurs et pas de contrôle de la base, le seul contrôle sur eux étant celui « des ministères », c'est-à-dire de la bureaucratie elle-même.
C'est encore Malenkov qui signale que, dans
« Les ennemis et les vulgarisateurs du marxisme, a affirmé avec force Malenkov. avec avaient préconisé une théorie extrêmement néfaste pour notre cause, celle de l'affaiblissement et du dépérissement de l'Etat soviésement et du deperissement de car sone tique dans les conditions de l'entourage capide l'entourage capitaliste. »
Le parti « a battu et rejeté cette théorie pourrie » et est arrivé à la conclusion contraire : « dans les conditions de triomphe de
(11) Le rouble correspond a 87 francs. C'est un chiltre officiel pousse. chiffre officiel poussé. 14
L'ETAT, LE PARTI, LA CULTURE
L'ETAT, LE PARTI, LA CULTURE
VATRIEME I N autres pays le pays de la révolution victorieuse doit, loin d'affaiblir son Etat, le renforcer au maximum 2.
Parmi « les ennemis et les vulgarisateurs du marxisme » sur la théorie de l'Etat, il y a Marx et Lénine. Quant à l'encerclement capitaliste, Malenkov emploie maintenant le terme « entourage ». parle ailleurs du fait que TU.R.S.S. n'est plus seule dans le monde: aussi bien lui que Staline et les autres orateurs soulignent la rupture de fait de l'encerclement depuis la dernière guerre, mais il ne tire aucune conclusion adéquate en ce qui concerne l'Etat.
Si la e base économique de (notre) Etat a grandi et s'est consolidée». si « la collaboration amicale entre les ouvriers, les paysans et les infellectuels qui composent la société socialiste soviétique s'est encore resserrée », et si l'encerclement impérialiste s'est atténué, il Faudrait que l'Etat dépérisse au moins un pou au lieu de se c renforcer au maximum ».
Malenkov glorifie l'appareil spécifique de
TERNATIONAL nir le pasage qui confirme l'existence et l'activité d'une opposition politique consciente en U.R.S.S., recrutant des éléments des nouvelles générations, animée par des éléments ayant appartenu dans le passé à l'Opposition de gauche, aux groupes de Zinovier et de Boukharine.
« C'est dans les secteurs du travail idéologique qui échappent pour une raison quelconque à la vigilance des organisations du parti, a déclaré Malenkov, là où la direction et l'influence du parti faiblissent, qu'agissent des hommes hostiles, différents éléments issus des vestiges des groupes antiléninistes mis en déroute par le parti: ils cherchent à mettre la main sur ces secteurs, à les utiliser pour faire passer leur ligne, faire renaître et propager différents « points de vue » et « conceptions » non marxistes. »
Parlant de la culture, Malenkov se plainf de « la platitude, l'absence de contenu idéologique, la fausseté » qui caractérisent beaucoup d'œuvres littéraires et artistiques en U.R.S.S. Le cinéma, la peinture, souvent le roman. ne correspondent pas toujours « au niveau idéologique et culturel de l'homme soviétique. » qui s'est incomparablement élevé ».
Malenkov incrimine les écrivains et les artistes, et feint ignorer les causes réelles du formalisme, de l'académisme, du byzantinisme qui caractérisent en général la production littéraire et artistique de l'U.R.S.S., le régime polifique, policier et bureaucratique enlevant aux écrivains et aux artistes la possibilité d'une libre création.
Malenkov n'est pas content des œuvres qui dépeignent une vie soviétique, une société « sans contradictions » plate comme une carte-postale en couleurs, sans humour et sans satire. Il s'écrie : « Il nous faut des Gogol et des Chtchedrine soviétiques qui par le feu de leur satire brûleraient tout ce qu'il y a dans la vie de négatif, de pourri, de mort, tout ce qui freine le mouvement en avant».
Mais c'est la bureaucratie que dans ce cas il faudrait brüler, éliminer. C'est elle qui freine « le mouvement en avant » et qui terrorise les Gogol.
L'art et la culture « officiels » des régimes bureaucrafiques et policiers furent toujours formalistes, académiques et byzantins. La satire des Gogol, art non officiel, qui s'est , épanouie dans la semi-illégalité contre le régime régnant, a préparé à sa manière la chute de celui-ci. Il ne fait pas de doute qu'une des formes par laquelle passera la lutte des nouvelles générations en U.R.S.S. contre la bureaucratie sera celle de l'art, de la littérature et de la science. Malenkov aura ses Gogol, ses Goya et Daumier, et ses Galilée. Ils commencent déjà à percer.
10-12-1952.
ccercition (coercition liatérieur) qu'est l'Eta sage, eu communisme
Guêpéou plus un. p.
puissa nt que
1acriante suffirait à elle seule à démentir
• collaboration amicale des paysans et des intellectuels qui l'image d'une ouvriers, des composent la société soviétique » et dans laquelle la bureaucratie est inexistante.
Dans les rapports sur le parti aussi bien de la part de Malenkov que de Khrouchtchev, l'accent est mis à la fois sur la nécessité de faire revivre e l'autocritique et la critique venant de la base » que sur la « discipline » et la e loyauté » envers l'Etat et le parti.
Le sommet bonapartiste de la bureaucratie s'efforce à la fois de freiner les excès de bureaucratisme qui éloignent les masses du parti ou les font tomber dans l'indifférence. de se revaloriser en tant que direction devant elles, et de reprendre le parti mieux en main.
La corruption étendue qui existe dans les milieux bureaucratiques, lui apparaît dangereuse, aussi bien quant à la bonne marche de l'économie et de l'appareil administratif, que comme attitude compromettante pour l'ensemble de la bureaucratie envers les masses.
Les longues firades sur ces questions dans les deux rapports ne sont pas de simples exercices rhétoriques, elles correspondent à une réalité objective menaçante contre laquelle réagit, à sa manière, le sommet bonapartiste de la bureaucratie. De cette partie du rapport de Malenkoy il faut particulièrement rete-
(13) Malenkov parle en ellet spéciliquement e des organistes de sécurité et de renseignemenls » qui doivent se rentorcer touJours a par tous les movens » exercée avant tout à et prépare le « pasde I'U.R.S.S. flanqué mais ! (13). Cette contradictior