Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 9, n° 8-10

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 9, n° 8-10 · août-octobre 1951 · p. 58-64 · 4 804 mots

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Indonésie

Répression

A la veille du 17 août 1951, sixième anniversaire de la proclamation de la République indonésienne, le régime de Sokarno a opéré un grand " nombre d'arrestations. Celles-ci ont été précédées par des « escarmouches » à Bogor et à Tandjong-Priok entre de mystérieux insurgés portant des brassards marqués marteau et de la faucille et des so dats de l'armée régulière indonésienne. Les nouvelles publiées par la presse indonésiennes indiquent clairement qu'il s'agit là d'une provocation organisée par le gouvernement pour justifier par avance les arrestations du début d'août. En même temps, le gouvernement prétendit avoir découvert de non moins mystérieux documents qui devaient prouver l'existence d'un complot pour le renversement du gouvernement établi et constitution d'une « république soviétique » (Java Post.)

Lal raison véritable des arrestations est à rechercher ailleurs que dans ces allégations sans fondement. Les arresta. tions et les perquisitions ont été dirigées en premier lieu contre le mouvement ouvrier. Des centaines de dirigeants du P.C. indonésien, du S.O.B.S.I. (syndicat unique dirigé par les staliniens, du Partai Murba, du Barisan Tani Indonesia (association paysanne dirigée par les staliniens) ont été arrêtés dans toute l'Indonésie. Même la sacro-sainte « inviolabilité parlementaire » ne fut pas respectée. Au cours de la session du Parlement du 15 août, seize membres furent arrêtés dont Pandu Sudojono et Maruto, du Partai Murba. On arrêta également cinq rédacteurs du journal chinois paraissant à Djakarta, Sin Pa ; l'ancien membre du Parlement néerlandais Roestam Effendi, qui avait rompu avec le P.C. sur la gauche; le dirigeant ouvrier bien connu Mohamed Joesoef qui avait été arrêté avec Tan Malakka sous la fausse accusation d'avoir voulu enlever le président du Conseil Soutan Sjarir ; le président du Partai Murba à Semarang, Jasin, et de nombreuses autres personnalités.

Ces arrestations doivent être considérées comme une tentative de la bour58 anti-ouvrière geoisie indonésienne montante pour décapiter la lutte des masses révolutionnaires contre l'exécution de l'accord de la Conférence de la Table Ronde (avec l'impérialisme néerlandais). Elies représentent egalement un premier pas vers la « protection des investissements exigée par les impérialistes américains et néerlandais. Significative à ce sujet est la déclaration de Tedjasukmana, secrétaire général du Haut Conseil économique d'Indonésie,

France,

Suisse, en

Grande-Bretagne et retour à Djakarta,

« L'opinion ment:

apres sa visite en en Allemagne, en aux Pays-Bas.

De il déclara notamgénérale à létranger, c'est que l'Indonésie recule rapidement dans le domaine économique au cours de ces derniers mois. Cette opinion, combinée à la notion des difficultés croissantes dans le domaine du travail et de la sécurité, constitue un obstacle sérieux. PARTOUT ON EXIGE DES GARANTIES AVANT DE DONNER DES CREDITS, ON EXIGE L'ASSURANCE QUE LES MARCHANDISES LIVREES ARRIVENT EFFECTIVEMENT SUR LES LIEUX DE LIVRAISON, etc. »

Il n'est donc pas étonnant que les nouvelles sur les arrestations en Indonésie aient été suivies très attentivement aux Etats-Unis. Le New-York Herald Tribune a écrit à ce sujet dans un éditorial: « Même des pays comme l'Indonésie et la Birmanie, qui refusent de choisir leur côté dans la guerre froide, sont impliqués à l'intérieur de leurs frontières dans une petite guerre avec le communisme. Les récentes arrestations massives de dirigeants communistes en Indonésie jettent une lumière nouvelle sur lattitude d'un gouvernement qui se comporta jusqu'à maintenant de façon très tolérante envers les intrigues communistes. »

Cette façon de s'exprimer est devenue typique pour les porte-paroles de l'impérialisme américain. Partout où les masses entrent en action contre leurs propres oppresseurs, l'impérialisme américain ne voit pas d'autre solution que

Q UATRIEME INT de lier ces luttes à sa propre « lutte pour la vie ».

Il est de notre devoir, ainsi que du devoir de tout le mouvement ouvrier international, de protester énergiquement contre ces arrestations, et d'exi-

Cey Crise parl

Dans la seconde moitié de juillet, ane crise parlementaire s'est développée à la suite de la démission du gouvernement du ministre de la Santé et de l'Administration locale, S.W.R.D. Bandaranaike. Celui-ci était également le président de la Chambre et un des principaux dirigeants du parti bourgeois dirigeant, IU.N.P. Il passa dans l'opposition avec 5 membres de son groupe et il exista pendant un certain temps le danger d'une crise gouvernementale,

Il est essentiel de comprendre deux choses en liaison avec cet événement. Premièrement, cette crise parlementaire reflétait le mécontentement croissant des masses à l'égard du gouvernement en raison de la montée du chômage, des loyers, du coût de la vie, etc. ; deuxièmement, par cette scission dans les rangs de l'U.N.P. se trouve assurée la défaite de ce parti aux élections générales qui doivent avoir lieu en 1952.

Bandaranaike a formé un parti du centre s'intitulant Sri Lanka Freedom Party, avec un programme très moyennement réformiste et libéral, et de composition et de clientèle principalement petite bourgeoise. Il n'obtiendra pas d'appui dans le proletariat et les paysans pauvres qui continueront comme par le passé à soutenir le Lanka Sama Samaja Party, section cinghalaise de la IV: Internationale. La formation d'un nouveau parti petit bourgeois ne modi-

Le Comité Central du S.W.P. qui s'est réuni à New-York du 1°r au 3 septembre, avait entre autre à son ordre du jour la campagne présidentielle 1952. Etant donné que, par suite de la politique des dirigeants syndicaux, il n'y

ERNATIONALE ger la libération immédiate de tous les militants ouvriers arrêtés. A ee sujet, le Parti Communiste Révolutionnaire, section néerlandaise de la IV• Internationale, a déjà fait entendre sa voix.

M. FERAREZ. lan ementaire fiera pas la décision du L.S.S.P. d'engager la lutte aux prochaines élections générales pour la majorité sur la base d'un programme anti-impérialiste et anticapitaliste.

La perspective mentionnée ci-dessus soulève la question d'un front unique entre le L.S.S.P. et le P.C. de Ceylan en relation avec la prochaine lutte électorale. Le L.S.S.P. a rejeté une proposition de front unique du P.C., car celleci proposait un accord sur une version modifiée du programme stalinien. Mais il a fait une contre-proposition pour un front unique sur la base d'un programme concret pour un gouvernement destiné à remplacer le gouvernement bourgeois actuel. Le L.S.S.P. a suggéré un programme gouvernemental en 14 points. Il pense qu'il y a possibilité de parvenir à un accord sur des mesures spécifiques, tandis qu'il n'est pas possible de le faire sur un programme commun de parti comme le proposent les staliniens.

Au Parlement, le L.S.S.P. a 14 sièges. Le P.C. n'en a que 3. Même avec une dissidence du L.S.S.P. (au moment de l'unification des trotskystes) qui a fait un soi-disant front unique avec le P.C., cela ne fait que 5 sièges. Mais un front unique entre le L.S.S.P. et le P.C. aurait pour conséquence de stimuler la confiance des masses dans leurs propres forces. aura pas de candidats du Labor et que les bonzes du C.I.O. et de l'A.F.L. appelleront une fois de plus les travailleurs à voter pour un des candidats bourgeois, le Comité Central du S.W.P. décida de présenter, comme en 1948, ses

Glats-Unis

Le S.W.P. se prépare pour la campagne présidentielle de 1952

Glats-Unis

Le S.W.P. se prépare pour la campagne présidentielle de 1952

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ONAL E propres candidats, le camarade Farrell

Dobbs pour la présidence, et la camarade Grace Carlson pour la vice-présidence.

Le Comité Central du S.W.P. était unanime à penser que la campagne de

1952 aurait un écho beaucoup plus grand que la précédente, et avant tout en raison des transformations qui commencent à se produire au sein des masses américaines depuis le début de la guerre de

Corée, des premières conséquences des plans de réarmement, de la décomposi-

3ª Conférence na

Pendant la première quinzaine d'août s'est tenue la 3e Conférence nationale du Grupe Cuarta Internacional (reconnu par le 3º Congrès mondial comme section argentine de la IV* Internationale).

A l'ordre du jour était inscrite la discussion des thèses et projets de résolutions présentés par le S.I. de l'Internationale pour la discussion préparatoire au 3º Congrès mondial sur « La situation internationale et les tâches de la IV° Internationale », « Le caractère de classe des pays européens du glacis soviétique » et « La révolution yougoslave et la IV° Internationale ».

L'ordre du jour comportait en outre la discussion sur « les développements en Amérique latine et la solution du problème argentin ».

La Conférence approuva après diseussion tous les textes élaborés par le S.I.

Sur les questions concernant l'Amérique latine, la Conférence décida d'engager le G.C.I. dans une activité lui permettant de gagner les masses et de les orienter contre les préparatifs de guerre de l'impérialisme. En ce qui concerne l'Argentine, elle fixa comme tâche essentielle au G.C.I. de constituer un courant de classe révolutionnaire dans les rangs ouvriers influencés par le peronisme, afin d'œuvrer à la construction dans un proche avenir du parti révolutionnaire.

La 3ª Conférence du G.C.I., à laquelle participaient les délégués fraternels de plusieurs pays d'Amérique latine, réaffirma son optimisme révolutionnaire sur les perspectives de la IV• Internationale et montra la maturité politique que le G.C.I. a acquise depuis la précédente Conférence nationale.

Elle a en outre décidé de continuer 09 tion de plus en plus manifeste des vieux partis bourgeois.

Le C.C. a pris toute une série de dispositions pour être prêt à temps pour pouvoir mener campagne dans le plus d'Etats possible, organisation de comités locaux, préparation d'une littérature appropriee, de discours et d'interventions à la à la radio et à la télévision, organisation de tournées, et bien entendu préparation financière pour la conduite de cette campagne. tionale du G. C.I. une campagne d'agitation pour la líbération des leaders anti-impérialistes porto-ricains Pedro Albizu et Oscar Collade, campagne qui se trouve inscrite dans la lutte pour l'indépendance et l'autodétermination de Porto-Rico.

Elle a, d'autre part, chargé le nouveau C.C. d'inviter toutes les organisations syndicales et tous les partis ouvriers d'Argentine à exiger de la Junta gouvernementale de Bolivie l'amnistie totale pour le dirigeant et député trotskyste Guillermo Lora qui est toujours traqué par la réaction.

La Conférence adressa un salut aux cheminots argentins pour leur magnifique grève, au Parti ouvrier indépendant allemand qui lutte courageusement pour construire une nouvelle direction révolutionnaire en Allemagne, et au Lanka Sama Samaja Party de Ceylan qui a su gagner le premier rang parmi les partis ouvriers cinghalais.

Elle adressa aussi un salut au 3º Congrès mondial, au Secrétariat international et à toutes les sections de la IV° Internationale et rendit un émouvant hommage à la mémoire de Léon Trotsky à l'occasion du llº anniversaire de son assassinat.

A la fin des travaux de la Conférence, les délégués, debout, ont chanté l'Internationale à l'intention des héroiques mases a la mnes, et chinois impea masses chinoises qui, les Isme, ainsi qu'au prolétariat espagnol dont les luttes annoncent la nouvelle revolution espagnole, et aux trotskystes russes qui, dans les camps de concentration de l'U.R.S.S., n'ont pas relâché leur combat contre la bureaucratie du Kremlin et pour le retour de la démocratie ouvrière en U.R.S.S.

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Allemagne

Crise dans

L'évolution capitularde de extérieure yougoslave n'a 1 d'avoir ses effets désastreux teurs limites du mouvement ternational influencé par le imposer sa « ligne générale milieux, ses émissaires ont nir avec une brutalité, un la politique bas manqué sur les secouvrier inP.C.Y. Pour

» dans ces du intervecynisme et des méthodes bureaucratiques, qui ressemblent en tout point aux méthodes utilisées dans l'Internationale Communiste pendant la dernière étape de sa dégénerescence. Déjà en Italie, les titistes liquidèrent purement et simplement le journal et l'organisation Politica Nuova, au lendemain même d'une conférennationale de ce mouvement qui avait rejeté les propositions titistes d'unification avec l'organisation sociale-patriote de Cucchi-Magnani-Silone. En Alemagne, Ils viennent de saborder la tentative pleine d'espoir de reconstruction d'un parti de classe, en s'engageant dans le Parti Ouvrier Indépendant (U.A.P.) sur la voie de la scission d'avec les marxistes révolutionnaires.

Dès avant le congrès de fondation de 1951) des TU.A.P. (Pâques 1951), il était apparu que le regroupement des forces communistes et socialistes indépendantes, dont ce nouveau parti était issu, cachait à peine une profonde fissure idéologique. D'une part se rangeaient tous les marxistes révolutionnaires, d'origines bien diverses (trotskystes, anciens membres des différents groupes d'opposition, anciens cadres du P.C., etc.) qui désiraient construire un parti révolutionnaire se basant sur toute la tradition du communisme allemand et international, et qui demandaient à cette fin l'élaboration d'un programme principiel de classe. De l'autre se regroupaient tous les éléments opportunistes ou déçus qui n'accordaient aux principes, au programme et à la théorie qu'une importance secondaire, et espéraient créer « un large mouvement populaire » en construisant avant tout un appareil bureaucratique puissant et grassement payé. Cette dernière conception, héritée par les titistes de la période stalinienne du « Front populaire » dont ils conservent la mélancolique nostalgie, n'est pas seulement contraire aux intérêts ouvriers ; elle est également absurde dans un pays comme Allemagne où la social-démocratie, avec des méthodes analogues et un « programme » semblable, forte de sa vieille tradition et de ses cadres solidement enracinés dans le mouvement ouvrier, barre par sa puissance même la route à tout nouveau parti qui ne serait que sa reproduction en miniature.

rU. A. P.

Comme les discussions programmatiques qui avalent précédé le congrès de fondation avaient abouti à une impasse risquaient d'empêcher la fondation même du parti; comme les marxistes révolutionnaires étaient d'autre part convaincus que l'expérience vivante démontrerait rapidement à tous les éléments sains de l'U.A.P. combien les combien les conceptions « titistes » étaient inoperantes et inefficaces, un compromis fut conclu entre les deux ailes de l'organisation au congrès de fondation même. On adopta seulement une plateforme qui, outre une déclaration générale de principes, ne contenait qu'un programme de revendications immédiates let transitoires. On décida qu'une large discussion programmatique sur tous les problèmes litigieux - perspectives et caractère du nouveau parti; perspectives internationales; question de lU.R.S.s. et du stalinisme; guerre de Corée; question yougoslave, etc. - serait organisée immédiatement après ce congrès, et que le parti trancherait démocratiquement différends après que cette discussion ait pu se dérouler librement.

Bientôt il apparut que les prédictions des marxistes révolutionnaires quant à l'absurdité des conceptions « titistes » sur la construction de l'U.A.P. se vérifiaient à la lettre. La nouvelle organisation stagnait des sa fondation. Pis encore : attirant certains éléments arriérés et complètement apolitiques, elle perdit des cadres de valeur qui provenaient du mouvement communiste et étaient sérieusement enracinés dans le mouvement syndical. Elle ne réussit pas a gagner les nombreux membres des conseils d'entreprise qui se trouvent en dehors du P.S. et du P.C. et qui constituent le noyau naturel d'un nouveau parti de classe. Pour ce faire, il aurait tallu présenter une ligne politique et des perspectives claires. Au lieu de cela, Freie Tribüne, organe de lU.A.P., devint plus terne d'une semaine à l'autre, abandonnant même l'agitation pour les revendications immédiates et transitoires adoptées au congrès de fondation, et se perdant dans une phraséologie filandreuse sur un e socialisme » abstrait et dans des prêches « contre les deux blocs ».

Il n'y avait qu'un moyen pour rendre le parti conscient de ce danger et renverser la vapeur avant qu'il ne soit trop tard : entamer immediatement, et a l'échelle la plus large, la discussion democratique solennellement promise au congrès de fondation. Dans de nombreuses sections locales, ces discussions furent déclenchées spontanément par les

Q U A T R E M E membres. Rien de plus facile pour la direction que de les généraliser et de les diriger en prenant clairement position prenant sur les problèmes débattus. Mais les bureaucrates qui dirigent J'U.A.P. se sont effrayés à l'idée de cete discussion. En dignes héritiers du stalinisme, ils la concoivent comme « désagrégatrice », train de démoraliser toute l'organisation! alors que leur propre cours était en

La stagnation de l'organisation, contre laquelle la base commençait à réagir, ils l'imputaient à ce « climat de discussion »! Les émissaires yougoslaves ne manquaient point d'attiser le feu et d'exiger bruyamment la rupture avec les « diviseurs trotskystes ». Subitement, le secretariat de l'UA.P. fut convoqué le 25 aout. Sur la base d'un rapport calomniateur du plus pur style stannien, et s'appuyant sur la « demande » d'une direction provinciale élue dans un vote truqué, la majorité titiste proposa l'exclusion du camarade Georg Jungclass, ancien secrétaire de l'organisation trotskyste et représentant de l'aile marxisterévolutionnaire à la direction du parti. Cette exclusion du secrétariat étant acquise par 5 voix contre 2 et 2 abstentions, un deuxième marxiste-révolutionnaire membre du secrétariat, le camarade Heinrich Bixl, quitta de son propre gré cet organisme devenu en réalité une direction de fraction. Ce qui restait du secrétariat votait alors une résolution de « rupture avec le trotskysme », déclarant les idées de la IV* Internationale sur la défense de l'U.R.S.S. « incompatibles avec la plateforme de l'U.A.P. » (qui ne se prononce ni sur la nature ni sur la défense de I'U.R.S.S., problèmes jamais débattus dans PU.A.P. •) Cette résolution fut publiée dans Freie Tribine et — fait révélateur sur les in-

Vers l'unité d'a

Sous prétexte d'avoir une majorité stable, la bourgeoisie avait avance les elections au l7 juin apres avoir vote une loi électorale destinée à réduire la représentation communiste et à renforcer par « l'apparentement » celle des partis de la majorité de la « troisième force » (socialistes, M.R.P., radicaux).

Les élections ont donné un Parlement qui, en raison de cette loi truquée, est même du point de vue de la démocratie bourgeoise très à droite par rapport au pays. La présence d'un fort groupe gaulliste menaçant de prendre la clientèle du M.R.P. a dominé la vie du nouveau Parlement dès la première séance de celui-ci. Le premier débat qui fut soulevé, celui de l'aide aux écoles dites « libres » — c'est-à-dire, en fait, catholiques 62

E RNATIONAL tentions de ses auteurs! — remise à toute la presse bourgeoise.

La fraction titiste de TU.A.P. avait compté sur un bref et paisible « nettoyage » du parti. A sa grande surprise, •elle dut apprendre que l'avant-garde révolutionnaire allemande, forte de expériences avec les appareils bureauses cratiques du P.S. et du P.C., ne se laisse plus prendre aux méprisables manœuvres de fonctionnaires, voulant exécuter dans le mouvement ouvrier les ordres de puissances étrangères, fussent-elles d'Etats ouvriers. Sur la table de travail du secrétariat de l'U.A.P., à Dusseldorf, commencèrent à arriver les résolutions de protestation votées par les plus importantes sections du parti: Berlin, Hambourg, Cologne, Francfort, Regensburg, Bremerhaven, etc. Se rassemblant les 22 et 23 septembre à Cologne, les représentants des sections et tendances marxistes révolutionnaires dans U.A.P., votèrent à l'unanimité une résolution denonçant le caractere mensonger, fractionnel et bureaucratique des décisions du secrétariat du 28 août, le violation flagrante de la plateforme et fait que ces décisions représentent une des statuts du parti et exigeant leur retrait immédiat, le rétablissement de la liberté de discussion dans le parti, l'organisation immédiate de la discussion programmatique et la convocation immédiate d'un congrès extraordinaire pour décider de toutes les questions litisionniste de la fraction titiste de l'U.A. gieuses. Le cours manifestement seisP. n'empêchera pas les importantes forces marxistes révolutionnaires dans ce parti de continuer, malgré tout, leurs efforts pour construire le noyau de la nouvelle direction du prolétariat allemand !

M. BLANCHARD. ction ouvrière — en opposition avec la vieille tradition laique de la III République et en ligne avec la politique de Pétain en la matière, a provoqué une rupture virtuelle de la « troisième force ». Le gouvernement a obtenu le vote des lois antilaiques avec les voix du R.P.F., des indépendants, du M.R.P. et des radicaux (ceux-ci en partie seulement, certains de leurs leaders reprochant à la droite d'avoir commis une lourde erreur). Dans l'opposition se retrouvèrent socialistes et communistes.

De gros efforts vont être tentés dans les cercles parlementaires pour réparer la vaisselle brisée. Mais de grosses difficultés sont à surmonter, Les socialistes qu'en obtenant l'abrogation des nouvelne peuvent revenir au gouvernement

Fizance

INT

Fizance les lois, car la laïcité n'est pas seulement pour eux une « question de principe »; l'immixtion de l'Eglise dans l'enseignement est une première attaque contre la clientèle présente des socialistes (fonctionnaires petits et moyens, parmi lesquels les enseignants occupent une place importante).

La majorité de « troisième force » est virtuellement rompue, mais le nouveau Parlement, de par sa composition, ne peut de lui-même dégager une nouvelle majorité. Ceci veut dire qu'à travers la recherche de diverses combinaisons -si chères au parlementarisme en France — une situation est créée qui ne pourra être dénouée sur la gauche ou sur la droite que par des interventions extra-parlementaires.

Et cela d'autant plus que la situation, notamment la montée du coût de la vie, provoque de forts mécontentements dans les masses. Tous les travailleurs exigent des augmentations de salaires. Le gouvernement et le patronat, pour parer à de grandes luttes, ont accordé des augmentations insuffisantes et ont à cette occasion ouvert la hiérarchie de façon à divser si possible les travailleurs.

Toutes les organisations syndicales réclament le même minimum vital et l'échelle mobile. Dans cette situa_ tion, la C.G.T. dirigée par les staliniens

Le nouveau dang

La nouvelle vague d'épuration dans le

P.C. slovaque n'a que peu de rapports avec la vague précédente dirigée contre

Clementis et Novomesky. Elle a été provoquée par la publication, par l'Académie des Sciences slovaques, d'un article du Di O. Kapp, « Socialisme et Bureaucratie ». Cet article défendait le point de vue que lossification de l'appareil bureaucratique, avec ses intérêts particuliers, représentait un danger important sur la route vers l'édification du socialisme.

L'organe du Comité Central du P.C.,

Tvorba, répondit par une attaque furieuse non seulement contre l'auteur de l'article en question, mais contre toute l'Académie. Les opinions du Dr Kapp seraient « des conceptions purement trotskystes ». La bureaucratie en tant que caste n'existerait que dans les Etats féodo-bourgeois, en tant qu'alliance de la caste militaire avec la caste des fonctionnaires d'Etat. S'appuyant sur un article de Lénine, Tvorba « démontre » que la lutte de Lénine contre le bureaucratisme était exclusivement dirigée contre les restes de la bureaucratie tsariste.

En U.R.S.S. et dans les pays de « démocratie populaire », l'appareil d'Etat bourgeois aurait été complètement détruit, et il n'existerait que le danger de « méthodes bureaucratiques grossières » de thodes bureaucratiques grosseres :

ERNATIONALE qui veulent l'utiliser à leur avantage, a fait des propositions de front unique aux autres centrales syndicales. La C.E.I.C. (syndicats chrétiens) a accepté d'entrer en pourparlers. La C.G.T.-F.O. (réformistes) se refuse à tout contact avec la C.G.T., mais se montre prête à discuter avec la C.F.T.C.

Les propositions de la C.G.T. ont eu un grand retentissement dans toute la classe ouvrière. La C.G.T. poursuit systématiquement une campagne pour l'unité d'action ; celle-ci se realise a bien des échelons (syndicats, unions departementales, federations) et les réformistes auront bien des difficultés à résister longtemps à un profond courant unitaire qui existe dans les masses travailleuses de France.

D'autre part, on peut penser que les staliniens ne pourront rester sur le plan syndical et que la question du front unique se posera sur le plan des partis. Le P.C.I. qui soutient à fond les propositions de la C.G.T. — c'est une politique syndicale qu'il préconisait depuis des années — mène campagne pour que les grands partis ouvriers fassent le front unique sur un programme de défense des intérêts des masses travailleuses, de lutte contre la guerre et pour un gouvernement ouvrier et paysan de front unique de ces partis. er "trotskyste" la part des individus qui constituent le nouvel appareil d'Etat.

L'Académie des Sciences slovaques rétorqua en ouvrant une discussion sur la base de l'article de Kapp, discussion dont l'existence même provoqua la fureur de

Tvorba. Récemment, l'Académie publia dans le volume II de sa revue économique un article de Fr. Papanek, « Remarques au sujet de l'article de Kapp ».

Ce travail fut également attaqué violemment par Tuorba comme « semi-trotskyste », puisque, sous le couvert d'une polémique contre Kapp, lauteur y defendait en fait des idées analogues a celles de son adversaire. C'est alors que la nouvelle vague de répression dans le

P.C. slovaque se déclencha dans toute son ampleur.

La discussion sur le problème de la bureaucratie acquiert une signification particulière en Tchécoslovaquie, par le fait que l'appareil d'Etat fut particulièrement gonflé dans ce pays entre 1945 et 1948, quand toutes les positions-clés de l'administration et de l'économie furent occupées conjointement par les représentants de chacun des quatre grands partis. Aucun de ces partis n'osa s'attaquer à ce système avant février 1948, afin de ne pas perdre sa base parmi les fonctionnaires. Mais cette situation devint intenable de par l'énorme poids

Tchécoslovaquie

Tchécoslovaquie

VATRIEME mort qu'elle fit peser sur

Après la stabirisation de la du P.C. et la réintroduction

INT l'économie.

domination du principe

AUX CONDITIONS ACTUELLES, QUE LE MAINTIEN DE CE SYS-

TEME AURAIT DES CONSEQUEN-

CES MALSAINES ET FACILITERAIT LES TENDANCES SCHISMATIQUES (sic!) DANS LES ORGANISMES DIRIGEANTS DU PARTL. »

Quant à la portée des nouvelles mesures économiques, le Rude Pravo du 9 septembre précise qu'il s'agit de la généralisation et du renforcement du système de la responsabilité individuelle et du principe du « chef unique » à tous les echelons de la vie économique. « A la tête de toute unité de production doit se trouver un chef qui porte toute la responsabilité, en tout ce qui concerne sa compétence ; un chef qui jouit de droits illimités et est soumis directement au fonctionnaire supérieur. » Ce credo de la bureaucratie est d'ailleurs accompagné dans le même article d'une description significative de l'énorme poids mort que représente ce même appareil bureaucratique pour l'économie :

Nous savons tous par notre propre expérience combien notre appareil économique est encore lourd et difficile à mouvoir, et ce sont surtout les ouvriers, les contremaitres et les bons techniciens de nos entreprises qui répètent toujours ce refrain.

Nous savons combien est long le chemin allant des organismes dirigeant l'industrie minière jusqu'aux simples charbonnages; avec quelle lourdeur notre appareil économique réagit aux directives du Parti et de l'Etat; combien toute notre direction économique a à souffrir du bureaucratisme... »

de la rentabilité individuelle des entreprises,_les staliniens se virent obligés de déclencher une grande campagne pour transférer des fonctionnaires dans les « secteurs de travail productif ». Ceci provoqua au sein même de l'appareil administratif de furieuses luttes de clique, surtout parce que les anciens fonetionnaires sont incorporés dans l'industrie en tant qu'ouvriers

Dans le quotidien tehèque Rude Pravo tembre dernier, sont non qualiflés.

central du P. C.

des

7, et 9 sepprécisées de façon intéressantes les raisons et la portée des remous dans l'appareil. La lutte de clique entre Gottwald et Slansky, qui s'est terminée par l'élimination de ce dernier du poste de secrétaire général du P. C., est expliquée de la façon suivante dans l'éditorial du Rude Pravo du 8 septembre, signé du ministre de l'Information Кореску :

« Les questions de cadre et d'organisation ont été traitées jusqu'à maintenant d'une façon irresponsablement erronée... Le Comité Central a tiré toutes les conclusions nécessaires de ces expériences, qui signifient un tournant complet de la politique de cadre et d'organisation du

Parti... LE COMITE CENTRAL EST

ARRIVE A LA CONCLUSION QUE

L'ORGANISME EXISTANT JUS-

QU'A MAINTENANT ET TOUTE

L'ACTIVITE DU SECRETARIAT DU

C.C. NE CORRESPONDENT PLUS

U.R. La direction du P.C.

Un bon connaisseur de la situation en Dsthonie, Alexandre Kaelas, vient de publier dans la presse allemande une étude intéressante sur le sort de la direction du P.C. esthonien. Au cours des derniers mois eurent lieu les élections au Soviet Suprême de la R.S.S. d'Esthonie, ainsi que le 6° Congrès du P.C. esthonien. Les organes de direction du Soviet et du P.C. ne comptent plus qu'un seul des anciens dirigeants du P.C. : Arnold Veimer, qui a cependant perdu son poste de président du Conseil. Tous les autres dirigeants communistes ont disparu sans laisser de traces. Voici une liste des plus importants d'entre eux : A. Murro, ancien commissaire du peuple à l'Intérieur (1940-41) [condamné à 10 années de prison dans la république bourgeoise d'Esthonie]. Boris Kumm, ancien commissaire du peuple à la Sécurité (1940-41) [condamné à 10 années de prison après le putsch de Reval en 1924].

Henryk Allik, ancien commissaire du peuple à l'Economie nationale (1940-41) [condamné à 10 années de prison après le putsch de Reval en 1924].

Arnold Kress, vice-président du Conseil des commissaires du peuple (1940-41).

Oscar Seper, président de la commission du plan d'Etat (1940).

Maxim Unt, commissaire du peuple au Travail (1940), ancien secrétaire des syndicats.

Dr Victor Hion, commissaire du peuple à la Santé publique (1940).

Lembit Lüüs, commissaire du peuple à la Sécurité sociale (1940).

Nikolai Karotamm, premier président du P.C. d'Esthonie (1942-1950).

Eduard Päll, premier président du Præsidium du Soviet Suprême d'Esthonie (1946-50).

Les quatre derniers furent dénoncés en 1950 comme des « nationalistes bourgeois » et déportés. Du sort des autres, rien n'est connu.

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