La rupture de Natalie Trotsky avec la IVe Internationale est un événement pénible dans son histoire, qui provoquera le regret des révolutionnaires dans le monde entier. Mais cette rupture ne pourra rien changer à leur détermination de continuer la lutte pour les idées du dirigeant martyr de la Révolution d'Octobre, lutte maintenant abandonnée par Natalie. Ils comprendront que son acte, en dépit des meilleures intentions, est objectivement une capitulation sous la pression de l'impérialisme mondial; mais celle-ci ne met pas plus en cause le programme de la IVe Internationale, tracé dans ses lignes essentielles par Léon Trotsky, que ne le fit la capitulation devant le stalinisme de ses collaborateurs les plus proches Rakowsky, Radek, Préobragensky et autres au cours de son existence. La réaction organisée a souvent, par sa puissance, dominé et écrasé la résistance de tel ou tel individu. Mais elle n'a jamais été capable et, nous en sommes certains, elle ne sera jamais capabe d'écraser les grandes verités du marxisme élaborées par les leaders géniaux de la révolution prolétarienne Marx, Engels, Lénine et Trotsky, et les mouvements qu'ils ont crees.
Il n'est guère besoin à présent de nous livrer a une longue polemique sur •ia déciaration de Natalie Trotsky. Les taits, faits, l'histoire et la logique de l'ana-
ERNATIONALE talie Trotsky n'a apporté aucun élément nouveau pour prouver qu'une telle transformation avait eu lieu.
Au contraire, sa déclaration ne donne pas d'analyse sérieuse du stalinisme ou de la situation en Union Soviétique. Elle constitue une de ces réactions émotionnelles à la brutalité du régime stalinien, réactions devenues si famiières dans les années passées et qui n'étaient pas inconnues du temps de Trotsky. Une pas inconnues du temps de trotsky. Une fois de plus nous avons la tentative ancienne d'identifier les opposants révolutionnaires les plus conséquents du Kremlin avec le stalinisme en ngison de Kremlin avec le stalinisme en raison de leur défense de l'Union soviétique. Il est pénible que cette faite par la veuve souvent l'objet de et pour les mêmes accusation nous soit de celui qui fut si la même accusation raisons. L'assassinat de Trotsky a montré que Staline était moins que quiconque convaincu qu'il y avait dans le défensisme de Trotsky le moindre indice ou signe d'une capitulation devant le régime autocratique en U.R.S.S.
Nous comprenons fort bien les raisons personnelies justifiées de l'amertume de Natalie, et nous savons les souffrances immenses qu'elle a subies de la part des assassins du Kremlin. Mais nous devons aussi répéter avec Trotsky que l'amertume ne peut remplacer une politique. Particulièrement en temps de guerre ou de l'approche de la guerre, lorsque les pressions de la société organisée atteignent leur intensite la plus grande, un revolutionnaire qui perd la tete, cestà-dire ses critères de classe, est perdu. Pour Trotsky dans la dernière guerre, tout comme pour nous aujourd'hui, l'ennemi princpal du socialisme et du progrès et l'impérialisme mondial. C'est seulement dans la mesure où ceci est compris et devient la base de notre stratégie de classe — et pas autrement — que peuvent être combattus et vaincus le stalinisme et toutes les autres tendances étrangères dans le mouvement ouvrier.
L'âpre répudiation de la IV• Internationale par Natalie provoquera précisément le contraire de ce qu'elle recherchait. C'est un cadeau précieux qu'elle fournit à la fois au stalinisme et à l'impérialisme. staline pourra plus commodement répandre ses mensonges et ses calomnies contre le trotskysme aux ouvriers et paysans de Corée, de Chine, d'Europe orientale et d'U.R.S.S. même que Natalie a décidé d'abandonner à l'impérialisme en raison de l'inf uence ou de la domination du stalini me dans ces pays. D'autre part, les laquais de l'impérialisme, les sociaux-démocrates et les rénegats de tout acabit chercheront à trouver dans sa déclaration une justification de leurs crimes et de leurs trahisons envers le prolétariat.
Mais ni les uns ni les autres ne réussiront en fin de compte. La puissance de la vérité résistera à ces déformations et à ces attaques. Et surtout la détermination des cadres révolutionnaires de la IVe Internationale de prendre part aux luttes des masses contre e capitalisme et l'impérialisme, en dépit du ca- lyse de classe sont clairs.
et sang des cadres ouvriers tifient le trotskysme dans
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Ils sont chair en qui s'idenchaque pays.
hasard. C'est
Trotsky lui-même qui insista que la stratégie de la défense inconditionnelle de tegie de la deiense inconditionnelle de devait este la que e de tourneer moe soviétique contre l'impérialisme vement qu'il dirigea afin de pouvoir supnlanter et renverser le stalinisme dans planter et renverser le stalinisme dans l'avant-garde révolutionnaire du prolétariat. Ce ne fut pas pour lui une question académique. Du début de son exil en 1929 jusqu'a sa mort, 11 années plus tard, jamais il ne fit la moindre concession à ceux qui demandaient de rénoncer à cette tâche stratégique de la lutte de classe internationale. Au contraire, Trotsky rompit sans hésitation ave les personnes es plus « distinguées » et même avec des collaborateurs personnels - de Souvarine à Shachtman — qui glissèrent sur cette question décisive. Cette question fut précisément la raison de la plupart des scissions dans les rangs du mouvement trotskyste mondial, (scissions qui s'avérèrent en outre entièrement justifiées par les reniements ultérieurs de la plupart de ceux qui commencèrent avec une position défaitiste envers l'Union soviétique.
Il est pénible d'entendre Natalie Trotsky répéter les arguments même que Trotsky avait si longtemps combattus et qu'il réfuta et dénonça dans tous ses ecrits, notamment dans tous ceux de sa dernière bataille contre loppostion petite-bourgeoise Shachtman-Burnham dans le Socialist Workers Party quelques mois avant d'être assassiné. Trotsky connaissait parfaitement bien la bestialité et la barbarie du régime stalinien. Il en avait vécu l'horrible dégénérescence et conclu à la nécessité d'une révolution politique pour renverser le régime bureaucratique et rétablir la démocratie ouvrière. Mais ce fut lui, l'auteur du célèbre parallèle entre le totalitarisme des régimes de Staline et d'Hitler, qui rejeta sans aucune équivoque toute suggestion selon laquelle l'Union Soviétique devait en raison de son régime être abandonnée à la merci de l'impérialisme. Il ne cessa de répéter que le marxime dans son essence consistait à saisir la différence existante entre la base sociale de la société créée par la Révolution d'Octobre et la caste parasitaire qui avait usurpé le pouvoir dans le premier Etat ouvrier. Tout à fait clairvoyant quant au processus de dégénérescence qui se déroulait, Trotsky répéta à maintes reprises que la nature de classe de l'Etat était déterminée par ses formes de propriété et que l'élimination de la nationalisation et de l'économie planifiée seule modifierait sa nature de classe. Na-
Q U T I M E ractère de leurs directions temporaires, conduira à la justification finale de notre chef martyr sur tous ses détracteurs d'aujourd'hui.
Il n'est pas commode de se séparer de Natalie qui, après tant d'années de combat, est devenue la victime de pressions plus fortes qu'elle. Les révolutionnaires, les continuateurs de Léon Trotsky n'ont pas le choix. Nous ne pouvons que répéter la célèbre maxime qu'il aimait à citer : « Ni rire ni pleurer, mais comprendre ». Juin 1951.