Il y a un an que Tito détient le pouvoir en Yougoslavie, malgrè l'excommunication et la pression accrue du Komin -form et du Kremlin. Aujourd'hui la rupture entre son régime d'une part et l'URSS et les autres "démocraties populaires" d'autre part est à peu près complète, aussi bien sur le terrain politique qu'économique.
La presse stalinienne, l'organe du Kominform en tese, multipie les diatribes contre la "elique des trotskystes yougoslaves", les gratifiant de toutes les epithètes qui abondent dans le vocabulaire stalinien : traîtres, espions, assasisths pgents de l'impérialiame, eto-
La presse de Tito riposte en dénonçant l'attitude de plus en plus "anti-socialisto" de l'URSS, o cot-à-dire du Kremlin qui orchestre la campagne "des calomnies" et des "mensonges" des partis staliniens. Mais les dirigeants yougoslaves se sont bien gardés jusqu'à présent d'analyser plus profondement les racines de cette attitude "anti-socialiste" de 1 'URSS et de soumettze le staliniome à une critique capable de mieux armer, avant tout leurs propres partisans en Yougoslavie ainsi que les larges masses de ce pays. Cette attitude timorée envers le Kremlin et le stalinisme s'explique en réalité par le fait que les dirigeants yougoslaves sont attachés par plus d'un fil à l'idéologie menchevique et bureaucratique stalistalinienne, au "socialisme dans un seul pays"', au Parti "monolithique". et à la révolution dirigée d'en haut et"protegée" par une toute-puissante police secrète "populaire".
Sur le plan économique, le Kremlin et le Kominform ont acoentué le blocus économique de la Yougoslavie à tel point que bientôt 11 n'y aura plue de commerce notable entro ce pays et la zône soumise à l'influence soviétique. Cette situation exige de la part de la Yougoslavie un ef -fort important de reorientation de son économie et de ses plans, qui ne doivent plus compter que sur les relations économiques avec l'ouest.
La presse stalinienne fait grand cas du fait que la Yougoslavie commerce avec l'ouest et s'adresse aux banques américaines pour emprunter les capitaux nécessaires au financement de son économie, Mais quelle "démocratie populaire" n'en a pas fait autant jusqu'à présent (pour ne pas citer avant tout l'URSS elle-môme) et pourquoi les représentants polonais et tchécoslovaques à la Conférence Economique de Genève se plaignent-ils du "sabotage" américain envers l'économie de leurs paya, accusant les Etats-Unis de leur refuser les marchandises et les capitor nécessaires?
Ralcos1 a trouvé 11 est vrai, un autre argument pour démontrez gue - 9 -
"Tito est vendu à l'impérialisme!,le fait que la Yougoslavie livre aux Etats-
, oto.. ("). Ces pro-
"stratégiques"
, chrome, manganese
Unis des produits duits sont parni les exportations essentielles de toujours de la Yougoslavie; d'autre part ce reproche devrait s'adresser à 1'URSS même dont les exportations de chrome et de manganèse, en quantitésinfiniment plus importantes que que celles livréespar la Yougoslavie en direotion des Etats-Unis, n'ont cessé qu'en avril 1949 (déclaration du Département d'Etat américain) en guise de représailles au blocus économique des Etats-Unis envers 1'URSS et les pays sous contrôle soviétique.
Que 1'impérialisme sabote actuellement ces pays et favorise par c'est un fait explicable par ses calouls en vue de contre la Yougoslavie, pouvoir incorporer peu à peu la Yougoslavie dans son orbite économique et politique.
Les dirigeants yougoslaves, qui n'ont pas le choix, peuvent profiter de cet aspect de l'antagonisme URSS--Etats-Unis, sans pour cela être dos
"traitres".
Mais en acoentuant les traits bonapartistes de leur régime politique, en craignent de faire confiance aux masses yougoslaves démocratiquement organisées en classe dominante, et de s'adresser aux prolétaires du monde entier pour dénoncer le stalinisme et les appeler à la révolution mondiale, les dirigeants yougoslaves préparent à la longue l'infiltration des foroes impérialistes dans le pays et insensiblement son glissement dans le lit de la réaction.
(+)
Rekost , dans "Pour une Paix durable, pour une Démocratie populadro", du
1-6-1949