(Remarques sur la méthode historique de la clique)
Le destin tragique de l'Internationale communiste constitue depuis longtemps un des sujets préférés des historiens contemporains. Mais l'historiographie de cette Internationale connait elle-même un sort pa -radoxal. Alors qu'une certaine distance semble indispensable pour comprendre les périodes antérieures de l'histoire humaine, la compréhension åe l'histoire du Komintern apparait quasiment impossible à un profane A partir de 1923, l'action réelle de l'I.C. se sépare de plus en plus des documents dans lequels elle est supposée s'élaborer, et seul un partici. pant actif peut se retrouver dans le véritable langage seoret des textes et résolutions qui couvrent le long chemin de la dégenérescence de 1923 à 1943. Les historiens futurs qui se fieront aux seuls testes pour écri re l'histoire de l'I.C. engendreront inévitablement des oeuvres aussi tragi-comiques que celle du nommé Historicus qui publia il y a six mois une longue étude commandée par le State Departmanttpour prouver "textes en mair! , que Staline n'a jamais cessé d'être le partisan le plus acharné de la révolution mondiale...
Malheureusement, si des participants à la vie de l'I.C. sont seuls capables d'en reconstruire l'histoire réelle, ils partent pour cette ceu. vre avec un handicap des plus lourds : leur propre position partisane dans les luttes de fraction qui déchirèrent le Komintern, et qui donne: à la plupart de leurs ouvrages un caractère inévitablement apologétique. Dans ce sens, on peut dire que la méthode d'historiographie constitue un miroir fidèle de la méthode de pensée et d'action politique, et que les différentes fractions de l'I.C. écrivent l'histoire exactement de lp façon même dont ils l'avaient d'abord faite...
C'est de ces deux considérations qu'il faut partir pour juger à sn juste valeur l'histoire du Parci Communiste Allemand, de Ruth Fischer, (") dont le premier volume vient d'être publié aux Etats-Unis. Durant de longues années membre du Comité Central du PC allemand et du Comité Exécu -tif de l'I.C., Ruth Fischer possède une vaste expérience personnelle de son sujet, et reproduit de multiples épisodes peu ou point connus de 11 opinion publique internationale. Son livre apporte donc du matériel historique d'une valeur considérnhle. Mais ces qualités n'ont que peu oommun avec les exigonces d'une interrrétation marxiste de l'histoire. Elles se montent tout au plus aux qualités traditionnelles d'un e chronique, et le livre de Ruth Fischer n'est même pas une bonne chron..que, Diune part il fourmille de nombreuses erreurs de fait, dont nous (+) Ruth Fischer : "'STALIN AND GERMAN COMMUNISM", Harvard University Press, Cambridge Mass, USA, 1948.
- 38 - avona donné, quelques exemples dana le N° 3 de la revue de notre section allemande DIE INTERNATIONALE. D'autre part, 1'auteur déforme constamment les véritables rapporte entre les événementa et les personnages historiques acharne sur Rosa Luxembourg et Tous degourir qualques haines personnelles. La façon brutale dont elle s' nier en véritable "âme damée" du commaniame allemand, serait tout simplesurtout sur karl Radek, transformant ce derment grotesque si elle ne risquait pas de déforser la vision historique des nouvelles générations qui malheureusement ignorent tout de la véritable marche des événements d'11 y a 20 ans.
Les même déformations se retrouvent dans l'hiatoire du parti bolchevik russe que Ruth Fisoher trace à côté de celle du PO allemand, Elle n'hévement de mécontentement de dirigeants de partisans locaux, dirigé site pas à jeter dans le même sao la dénommée "opposition militaire" (mouVorochilov et soutenu par Staline, contre la centralisation de l'Armée Rouoale" de 1921, et à proolamer oes trois mouvements hétérogènes, de signifige) aveo "l'opposition ouvrière" de Chliapnikov et "l'opposition syndication politique et sociale opposée l'une à l'autre, les véritables repré -sentanta de "l'esprit cécentralisateur (1) de la Révolution d'Octalre"(pâge 149), Elle n'hésite pas non plus à combiner la légende stalinienne a' une "hostilité de Trotsky à la NEP" aveo les innombrables aocusations ultra-gauohes au sujet des "orimes" de Trotsky face à la révolte de Kronstadt. Elle en arrive même à des falsifiostione hiatoriques aussi éclatantes que de declar r que Trotsky "désirait (en 1923) un PC allemand modéré(s10) qui sont au courant de la lutte énergique, sans répit, que Trotaky et ses présentées par Radek qui soutenait la fraction de Brandler". Tous ceux et que "ses opinions (au sujet d'octobre 1923 en Allemagne) étaient 2eamia politiques menèrent pour un Ootobre allemand, peuvent se rendre compte de la calomnie que ces citations zenferment, Elles démontrent, que Ruth Fischer continue à appliquer dans sa méthode historique les mêmes méthodes sinistres introduites par l'école de linoviev dana l'Internationale Communiste et qui ont fini par pourrir cette Internationale dans son noyau central même,
D'est là en effet que se trouve la contradiotion fondamentale 1'ouvrage de Ruth Fischer, acharné de la "démocratie" et de la "décentralisation" la plus larges l'auteur qui se représente comme un pertisan qui ne manque pas de découvrir des "déformations bureaucratiques" dans le PC allemand dès 1920 | qui déclare 1 Etat soviétique dégenéré dès la NEP,cette même Ruth Fischer a dirigé pendant des années la fraotion allemande et internationale ainoviétiste et a introduit, pour la premiere 101s, dans Le PO allemand les méthodes fatales du monolithisme, de "l'unanimité" dans les votes, de la préparation "psychologique" des discussione, des congrès sous les huées orchestrées eto.. On pourrait admettre, & la rigueur, que préparés d'avanoe, de la suppression des discoura d'adversaires de fraction Ruth Fischer ait entre temps changé d'avis et qu'elle communique oe changement à ses lectours, Qu'on se détzompe. Dans les six centa pages serrées de son 11vre, il n'y a pas une ligne d'autocritique ou même d'examen eritique du r8le qu'elle a joué dans les événements qu'elle déorit! Pia encore • Ruth Fischer ne mentionne nullement les terribles erreurs politiques de toute sa politique durant le tournant déodait de 1'I.C. et du PC ellemand.E1le ne mentionne pas la conception stupide selon laquelle "la montée révolu -tionnaire continuait" après la défaite d'octobre 1923 , elle ne mentionne paa sa participation furieuse & la campagne internationale "gontre le trotskyane" , elle ne mentionne pas sa propre capitulation devant le stalinisme, a la suite de oelle de Zinovier en 1927. On admettra qu'étant donné pare11 paasé et pareil silenoe par trop pudique, Ruth Fischer vat mal placée pour
- 39 - s'adjuger le mantesu de censeur des moeurs politiques et de juge en loyelisa me démocratique prolétarien dans lequel elle se drape tout le long de son livre.
Cette duplioité n'est nullement étonnante si l'on connait la méthode d'historiographie et de pratique politique de Ruth Fischer. L'interpré -tation marxiste de l'histoire, surtout d'époques révolutionnaires, s'occupe essentiellement du développement de l'état d'esprit des masses, et du développement des partis politiques et de leurs programmes, - c'est-à-dire do la lutte de olasse et du facteur subjectif de l'histoire. Ruth Fischer ne traite l'attitude des masses qu'en passant, sans jamais approfondir rien du tout, et ne répond, pour cette raison, à aucune des questions ouvertos quant aux possibilités révolutionnaires successives que l'Allemagne connut au cours des années 1919-1923. Quant aux idées et aux problèmes programmatiques, elle lea traite aveo un franc mépris, trouvant "ennuyeuses" "soholastiques" toutes ces disoussions qu'elle n'a jamais comprises. Rien d'étonnant alors à ce que son livre soit rempli essentiellement d'intrigues, de scandales dans l'appareil, de manoeuvres derrière les coulisses, de mystèráeuses conspirations et de commérages de conoterge, sans consacrer un paragraphe au sooialiame dans un seul pays! De même que la politique de la fraotion Ruth Fisoher, passant de l'ultra-g ichisme le plus violent au soutien du Front Populatre en 1936, est typiquement une politique de clique principes, de même son historiographie s'occupe essentiellement de la "lutmanta da l'histoiro. La "lutte pour le pouvoi, tant que facteurs détormito pour le pouvoir" et du "jeu d'intrigues" en tant que facteurs détermidans le parti bolchevik aurait , d'après elle, déterminé la lutte de fraotions dans l'Internationale Communiste ; la signification sociale et l'expression idéologique de cette lutto ne sont , à son avis, que du "onmouflage", Voilà la méthode historique de la olique sous sa forme achevée...
Ce qui en découle en tant qu'interprétation "démoniaque" de l'histoire (le mauvais génie Staline est la onune de tout ) égale le plus sensationnel des romans polioiers. Limitons-nous à un exemple : Ruth Fisoher prétend que la directivo de l'I.C. de "déolencher la lutte" en Allemagne en septembre 23 aurait été déterminée par la nouvelle parvenue à Moscou, pourparlers diplomatiques engagés entre l'Allemagne et la France. La signification sociale de cette méthode historique, qui elle-même ignore le sens social des mouvements politiques, est pourtant claire. Elle n'est rien d' autre qu'une nouvelle calomnie, partioulièrement perfide, du bolohevisme dont le stalinisme est, une fois de plus, déclaré le légitime héritier. La thèse de Ruth Fischer se résume dans sa théorie du "parti étatique"
, source de tout mal. Le "parti étatique" au pouvoir en Russie dès 1920 auratt criflé dès ce moment l'I.C. aux intérêts de sa "politique de puissanoe" et aurait ainsi provoqué la formation d'un "parti étatique" en Allemagne ... Que Staline ait favorisé la priso du pouvoir par Hitler par sa politique du "sodial-fascisme", voloi ce que les trotskystes n'ont cessé de prouver depuis 1930, c'est-à-dire à une époque où Ruth Fischer se trainait encore sur le ventre devant les bottes du Chef Génial. Mais déoriro l'histoiro comme 81 Le fasciame n'était pas un produit de la décomposition de la démocratio bourgeoise et de la ordao d'agonie du capitalisme, et le représenter au contraire comme "réaction imitative" du communisme ("la fureur des nazis ... réfléta (en 19311) le danger réel (i) d'une russification de l'Allemagno", éc: it-elle) oela signifie rendre ouvertement service à la bourgeoisie intertionale. Et l'on ne peut pas juger autrement le livre de Ruth Fischer que comme un maillon dans la chaine mondiale de la lutte contre le communisme que l'impérialisme a déclenchée. stalinisme--
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Le livre d'histoire de Ruth Fischer est ainsi une image fidèle de toutas les tares dont souffrit la fraction "gauchiste" du PO allemand 1919 à 1929 , st do même que les idées et préjugés de Ruth Fischer l'empêchent aujourd'hui du construire ne fût-ce que le fil exaot des événements d'un passé qu'elle a pourtant si daddanent vácu, de même ses fausses conceptions l'ont empêchéo, dans le prasé, de jouer un rôle quelconque dans le travail de redressement que l'Opposition de Gauche internationale entama dès 1923 dans le mourement communiste. Ruth Fischer déclare que le "communisme de gauche est mort" depuis la capitulation de Zinoviev devant Sta1ine. Cela peut s'appliquer à la rigueur à se propre fraction qui sombra sans gloire dans son jeu d'intrigues sans principes. Pour le mouvement trotskyste international, l'année 1927 est plutôt une date de naissance qu'une date d'enterrement. Sa foroe ne se trouva précisément pas dans des "positions de pouvoir" mais dans ses idées et son programme. C'est pourquoi, avec la "perte du pouvoir"', les cliques ont disparu et un mouvement comme le mouvement trouslyste a pu prendre seulement & partir de cette date son véricable cuvol. Le livre de Ruth Fischer aura au moins servi à cette fin : démontrer de nouresu en pratique, aux jeunes généra. -tions, le manque totel de perspectives de toute politique révolutionnaire qui ne se base pas sur ces deux fondemente : la fidélité inébranlable aux principes et la linieon intime avec les luttes et les destins de sa propro classe.
E. Germain
UNE INFAMIE
L'Internationale des capitulnds devant lo stalinisme édite depuis plusieurs mois une revio épafase, "Les Cahiors Internationaur", qui ne semble jamais à coni de fonds. les 5111 lacus, Nenni, Fierlinger, Cierankiewioz et Isabelle Blun, compagnons de route "socialistes" plus que notoires, ont réoemment reçu des zeniorts du côté russe. Parmi principaux rédacteura de cotte revue se trouve en effet le nommé Vassili
Soukhomline, vieux menchevik, adversaire acharné de la révolution d'Octobre et ci-devant membre du Comité Exécutif de 1' Internetionale Ouvriàze Socialiste.
Dans le N° 3 des "Cahiers Internationaux" nous lisons un artiole de sa main sur la "dégenerescence du nenchévisme". L'auteur connait a fond son sujet et nous n'aurions aucun motif de nous immisoer dans cotte querelle de famille, si Souchomlino n'avait glissé dans ses 18 pagos do prose acidulée queigues petites perfidies à l'adresse de sos adversairos de toujours, les vieux lesders bolchéviks qui conduirent lo prolétariat russe à la conquête du pouvoir avant d'être massacrés par Staline dana d'infâmes mascarades do "procès". Nous lisons en effet à la p. 65.
cette revue la note suivante sous sa signature :
" B. Nicolaieraici affirme que lo programme du mouvement Vlassor était essentiellement celui de "l'opposition de moite", n'est 2 aide de Poulharine et de Rykov. Cola montze (i) ) sur quels élimais s'appuyait cette opposition..." Cet argument, ropris & un autre endroit du même artlole, ost complé- 41 - tá par une mention sur Toukhatohevsky "fusillé comme traître"'.
Nous voilà donc renseignés quant aux actuelles affinités politiques (ne dirions-nous pas plutôt polioières?) dudit Soukhomline! Il n'y a rien d'étonnant à oe que son témoignage contre la vieille garde bolchévique s'appuie sur une déolaration de son camarade de parti Boris Nicolaievski, par ailleurs caraotérisé dans le même artiole comme menteur, truqueur de textes, traite aveugle, fou, dément et espion américain. Soukhomline poursuit viotorieusement sa carrière de calomniateur du bolchévisme, commencée dès le lendemain de la Révolution d'Ootobre. Ce n'est pas la suite dans les idées qui lui fait défaut ; et si ses calomnies, jadis publiées par le presse réformiste, trouvent aujourd'hui l'hospitalité des publications orypto-staliniennes, cele témoigne seulement du déplacement du centre de gravité contre-révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier, constaté deputa longtemps...
De même on ne peut âtre surpris par la naïveté de l'auteur, dont 11 apologie des orimes judiciaires du Kremlin se trouve juxtaposée à la dénonciation du mouvement Vlassov. Ce ne fut pas le général Vlassov pourtant qui a été fusillé en 1937 pour trahison, à ce que nous sachons; oe no fut pas non plus Toukhatohevsky qui organisa une légion hitlerienne, pas plus en 1937 qu'en 1942. Son crime, ce fut d'avoir organisé l'Armée Rouge durant ses années céles et de ne pas s'être plié assez servilement aux ordres "d'épuration" du Guépeou qui désorganisèrent la défense du pays et causèrent les désastres militaires de 1941. Pour ce "orime" il fut fusillé aux acclamations frénétiques des différents Vlassov qui, après avoir été les plus fidèles exéouteurs de la ligne stalinienne et s'être sauvés de "l'épuration" qui raffla des millions d'innocents, pour la simple raison qu'ils se trouvaient eux-mêmes aux premiers rangs des "épurateurs", organisèrent la trahison durant la guerre. Le menchevik Soukhomline pesant l'état des services révolutionnaires de Boukharine et de Rykov, cela vaut bien un général Vlassov condamnant Toukhatchevsky pour trahison...
Non, tout cela ne peut pas nous étonner. La véritable infamie est ailleurs. Il y a maintenant deux ans que Gilles Martinet et Charles tolheim s'efforcèrent de formuler "théoriquement" leur propre oapitulation devant le stalinisme dans une série d'articles qu'ils publièrent ensemble dans feue "La Revue Internationale". Gardant à ce moment encore une dia -tance "idéologique" du Kremlin, afin de ne pes sauter par-dessus les étapes successives de la capitulation et de camoufler leurs nouveaux engagements derrière l'apparence d'un raisonnement "objeotif", ils se distancèrent des immondes oampagnes de calomnie staliniennes, cette véritable gengrène du mouvement ouvrier, en éorivant :
" La fait que la plupart des attaques dont 11 (le trotskyste) est l'objet déforment grossièrement sa pensée et relèvent du domainede la plus pure oalomnie, le confirmo dans l'impression que lui seul connait et dit la véritó". (G Martines.t,-"Revue Internationale" N° 17, p. 28) e t e nooret
"... la tâche qui incombe aux communistes des pays capitalistes présente deux aspeots inséparables : il leur faut faire avec 1'URSS un front commun contre l'impé -rialisme et il leur faut, en même temps, disposer d'une entière liberté de critique et d'autoritique pour - 42 - établir lour propre ligne politique. On ne saurait renoncer à cette liberté de critique... sans allez à l'encontre non seulement des intérite de la classe ouvrière internationele, mais suasi à l'encontro des véritables intérêta du peuple soviétique". ( G.Martiner t et Ch.Bettelheim -la "Revue Internationale" N° 20, P•42) Deux années à peine se sont écoulées depuis l'impression de ces lignes, et Martinet et Bettelheim ont non seulement complètement abandonné leur droit de critique, mais ils tolèrent et favorisent par leur propre oollaboration, c'est-à-dire par leur consentement tacite, la diffusion d'attaques "qui relèvent du plus pur domaine de la calomnie". Qui a dit A doit dire B, et dira C demain, et malheur à ceux qui ont perdu la mémoire au point d'ignorer la terrible logique de l'alphabet stalinien que les oapitularda doivent apprendre à épeler étape par étape! Ce n'est pas seulement le droit de critique qu'on perd une fois qulon a mis le doigt dans l'engrenage bizonuoratique et dans la politique "réaliste" ; on se condamne non seulement & tolérer mais encore & exécuter toutes les besognes immondes pour lesquellea le Kremlin choisit avec une prédilection toute particulière ses adver -saires d'hier, afin de mesure= l'exeot, degré de leur "autoeritique",: o'oeta-dire de leur servilité et de leur dégradation.
En 1927, l'infortuné Zinovier faimit les premiers pas sur In voie d'une capitulation qui devais le conduire finalement aux "aveux spontanés" et à la fin tragique à laquelle ceux-ci aboutirent. Du moins avait-il derrière lui un passé glorieux qu'aucun de ses actes ne pouvait plus faire ou blier au prolétariat mondial. Ces messiours qui, vingt ans après lui, prornent & leur tour le chemin de Canossa, resteront couverts de la honto des infamies que leurs nouveaux maîtres les forceront à commettre, sans pouvoir invoquer d'autres excuses que leur banquezoute idéologique la plus complote.
H. Vallin
UN EXCELLENT ROMAN REVOLUTIONNAIRE
Dans "L'Affaire "oulacy", (t) sa dernière oeuvre et en mêmo temps Le plus mûr de tous ses romans, Viotor SERGE traite le même sujet que "le Zéro et l'Infini" de Koestler, mais il le traite aveo une compré -hension sociale et psychologique supérieure et avec un art humain qui laissent loin derrière lui les constructions schématiques et purement cerébrales de l'auteur du "Tori ot le Commissaire". Sa connaissance profonde de toutes les couches de la soolété soviétique, permet & Serge do reconstruire la trame d'un procès de Mosoou (+) Editions du Seuil, Paris.
- 43 - avorté, et d'y démêler les mouvements idéologiques et psychologiques fort contradictoires dont 11 est l'aboutissement. Serge montre côte à côte le bureaucrate arriviste, le vieux révolutionnaire ayant perdu la foi dans la révolution, le petit fonctionnaire de province impuissant dans les fils de la police toute-puissante, le chef du Guepéou pris à son propre jeu, le dirigeant stalinien qui se permet des critiques à la "ligne" et qui sauve sa vie grâce à un caprice du Chef, le jeune ouvrier qui tue un fonction -naire détesté dans un moment de révolte mais qui se distingue par son exnante deleste dans ue momon dodostraordinaire vitalité et sa confiance classes jeunes qui montent. Tous ces de 1'URSS des noms historiques et ils dans l'avenir, propres & toutes les types portent dans l'histoire réello retracent le destin véritable de la a alorain montré révolution russe. Aussi faut-il savoir grè a Victor Serge d'avoir montré tous Les aspeots de la vie soviétique et d'avoir, seul parmi tous les romanciers qui traitont de la question des procès de Moscou, dressé une image magnifique d'un de ceux qui n'avouèrent point mais qui, comme les milliers de bolchéviks-léninistes, préféraient mourir en silence pour lutter jus -BUA qu'à leur dernier souffle contre la dictature bureaucratique.
C'est un livre à lire -et il se lit passionémentpar tous oeux qui veulent sentir et comprendre humainement la société soviétique d'aujourd'hui. Aussi ne craignos-nous pas de dire qu'il est le plus "trotskysto", o'est-à-dire le plus communiste de toutes les dernieres oeuvres du grand éorivain. Son invraisemblable dernière lettre à Malraux, dans laquelle 11 semble approuver le RPF, n'en reste que plus illogique, en contradiction totale avec l'oeuvre de toute sa vie que ce roman vient dignement couronner • H. V.