LES élections du 18 août ont abouti à la constitution d'une Assemblée fédérale de l'Allemagne. occidentale. Un président, un conseil des ministres un chancelier, un parlement composé de deux Chambres, voilà toute en place. L'affaire devait produire son pendant en Allemagne orientale. On n'y a pas tenu d'élections, ma's le Conseil du Peuple, désigné une machine étatique les « organisations de masses » sous contrôle stalinien, le 11 ostobre, y proclama d'autant plus fidèlement la République Démocratique d'Allemagne, qui se donna immédiatement président, gouvernement et constitution conformément à des plans préparés longtemps à l'avance.
Les deux gouvernements qui s'opposent aujourd'hul en Allemagne ont, formellement, des ambitions différentes. Celui du Dr Adenauer qui siège ne prétend être que le gouvernement de. l'Allemagne occidentale ; celui d'Otto
Use proclame franchement gouvernement de toute
Crotewohl qui siège à Berlin, l'Allemagne. Cette proclamation n'en est pas moins purement fictive car sa juridiction s'arrête à la ligne de démarcation entre les zones d'occupation américaine, britannique et française et la zone d'occupation russe. moment, Le gouvernement occidental ayant créé de son côté un ministère de l'Allemagne orientale, confié à Jacob Kaiser, l'ancien chef des démocrates-chrétiens chasse autorités d'occupation russes, le parallèle entre les deux Etats devient par les complet Chacun d'eux représente un des deux blocs qui divisent l'Allemagne et l'Europe, et affirme, à côté de sa fonction réelle, l'ambition de vouloir réunifier le pays sous l'enseigne de ses maîtres.
Les deux gouvernements se disent l'un et l'autre « démocratiques ». Mais tous deux acceptent, tacitement à l'Ouest, et avec un enthousiasme de commande l'Est, les pires infractions aux principes élémentaires de la démocratie, reconnaît le statut DROIT DES PEUPLES A DISPOSER D'EUX-MEMES. La République de d'occupation, perpétuant la souveraineté é rangère en Alle- Bonn magne ; elle reconnaît le détachement de la Sarre habitée exclusivement par des
Allemands ; elle accepte en fait les démantèlemenis, les réparations, de la culpabilité collective du peuple allemand proclamé à Potsdam. La République le principe de Wilhelm Pieck à Berlin reconnaît l'annexion par l'U. R. S. S. de la Prusse orientale et par la Pologne des provinces allemandes situées au delà de la ligne de l'Oder et de la Neisse. Elle reconnaît les démantèlements et le principe des réparations appliqué sous sa forme la plus brutale en zone orientale. Son gouvernement n'a pas eu honte de réaffirmer publiquement le mensonge de la culpabili.é collective des peuples. Les deux gouvernements protestent avec bruit contre les pudique sur ces mêmes infractions quand elles mesures anti-démocratiques prises dans le sont perpétrées dans leur propre ennemi, mais jettent un voile
Les deux gouvernements s'acousent mutuellement de favoriser la renaissance du nazisme ; la vérité est qu'ils le font tous deux. La victoire des partis d'extrêmedroite aux élections occidentales du 18 août indique nettement les résultats plutôt douleux de la « dénazification » impérialiste. Quant aux dirigeants éléments nazis et militaristes afin de répéter la manœuvre du pacte russo-allemand « démocratique allemande de l'Est s'adressent ouvertement de la Répude 19 dite sure de leur « la seule conjoncture internationale qui ait été favorable à l'Allezone, la Berliner Zeitung am Abend. gramme de Staline à Pieck est l'ébauche de cette manœuvre qui connaîtra des suites dans les mois prochains.
Le prétexte de « déraciner les tendances militaro-fascistes » était la seule base pseudo-morale que les vainqueurs de la seconde guerre mondiale trouver pour leur cynique politique de pillage, d'oppression, d'asservissement du peuple allemand qui a été la première victime de la barbarie de morcellement nazi. La vanité de ce prétexte éclate aujourd'hui aux yeux de tous qui en oppriment un autre ont eux-mêmes été incapables de conquérir une véri- Les peuples table liberté. La « question allemande » née à Potsdam a élé une source continuelle de conflits internationaux, Elle a exacerbé toutes les haines chauvines et attisé de nouveau la flamme du nazisme qui, en 1945, avait été sur le point de s'éteindre. Les travailleurs de tous les pays ne peuvent accorder la moindre confiance à la politique allemande de « leur » gouvernement, politique d'exploitation et d'asservissement qui, en définitive, est payée par les prolétaires de tous les pays. Ils ne peuvent accorder de confiance aux deux gouvernements qui, Allemagne, ne sont que deux groupes de marionnettes entre les mains des puisoccupantes. Ils doivent exiger l'évacuation immédiate de l'Allemagne toutes les troupes d'occupation et formations armées intégrées à celles-ci ; c'est par leur propre volonté et avec leurs propres moyens que les masses allemandes doivent pouvoir réunifier leur pays. Ils doivent tendre une main fraternelle au mouvement ouvrier allemand qui se relève lentement. Ils ont les mêmes intérêts que lui. Un seul gouvernement sera vraiment le leur : CELUI D'UNE ALLEMAGNE SOCIALISTE DANS LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE.