Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro de juillet-août

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, numéro de juillet-août · juillet-août 1947 · p. 62-67 · 3 538 mots

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Un manifeste programmatique des trotskystes égyptiens

Le Groupe Communiste Révolutionnaire d'Egypte (IV° Internationale) vient de publier, sous la signature des camarades Anwar Kamel et Loutfallah Soliman, son premier manifeste depuis la réorganisation du groupe. Notant la longueur des négociations anglo-égyptiennes et la décision gouvernementale de soumettre le problème de l'Egypte à I'O.N.U. (en accord avec tous les partis égyptiens y compris les stalimiens), le manifeste dénonce le gouvernement pour le jeu qu'il a mené avec les Anglais. Le gouvernement veut que les Anglais évacuent l'Egypte et le Soudan anglo-égyptien, mais en même temps il est effrayé de cette nouvelle force qui entre en scène : le prolétariat égyptien.

La plus grande partie de l'industrie égyptienne est artificielle, elle ne peut être maintenue qu'en accroissant le pouvoir d'achat des masses aux dépens des seigneuns féodaux et des capitalistes, ou en trouvant un marché étranger réservé à ses produits. La guerre ayant mis fin à la demande « inflationnaire » de produits égyptiens (la masse de soldats-clients alliés et le manque de concurrence), les capitalistes égyptiens tournèrent les yeux vers le marché du Soudan. Accroître le pouvoir d'achat des masses, réaliser la révolution bourgeoise-démocratique qui élargirait ses pos-

CHINE Les luttes

Des camarades chinois nous envoient les renseignements suivants sur l'évolution du mouvement ouvrier chinois :

La radicalisation brusque du prolétariat chinois au lendemain de la « vietoire » de Tchang Kai Chek s'est exprimée dans une vaste vague gréviste qui a bouleversé entièrement la physionomie politique du pays. Pour la première 62.

sibilités intérieures - ce sont là des tâches dont se détourne avec peur le bourgeois egyptien, ces deux taches menaçant d'un renforcement de leur ennemi : le prolétariat, qui a passé de 412.000 hommes en 1937 a 1.500.000 en 1946. Ils préfèrent de loin tenter leur chance par une exploitation impérialiste du Soudan en le liant à leur système fiscal et douanier.

Tous les arguments religieux, linguistiques et raciaux au sujet du Soudan sont ainsi du pur bluff pour couvrir une pénétration économique et politique. Les trotskystes égyptiens, tout en dénonçant l'oceupation impérialiste anglaise, dénoncent aussi la tentative de la bourgeoisie égyptienne envers le Soudan. Ils demandent : évacuation immédiate et inconditionnelle des troupes anglaises dEgypte et du Soudam, et le droit pour le peupie soudanais a la libre disposition politique et sociale.

Le manifeste du Groupe Communiste Révolutionnaire se termine par ces mots : " Nous devons lutter contre l'impérialisme anglais. Nous devons lutter contre l'impérialisme égyptien naissant. Nous devons lutter contre l'impérialisme où qu'il se trouve. Voilà pourquoi notre programme comporte la solidarité active avec tous les peuples qui luttent pour leur liberté. » ouvrières fois depuis la révolution chinoise de 1925-1928, le prolétariat chinois est apparu comme une force agissante sur la scène, force, qui réussit à arracher à la bourgeoisie des concessions importantes sur le terrain économique.

Cette montée du mouvement ouvrier atteint un premier point culminant avec la manifestation du 23 juin 1946, à la-

• U A

INTERNATIONALE quelle participèrent plus de 100.000 ouVrlet angal Cette manifestation aVa actère ouvertement politique et 00 stitualt une protestation contre tentatives gouvernementales de préparer guerre civile sur une vante

Apria Int culminant, les autori16a roaetion ires Kuo-Min-Tang commencèrent soumettre le mouvemont ouvrier qui venait seulement de connaitre une très brève période de * Iberté » relativo, à une persécution ол годів. soumiasion des syndicats chinois à la volonté politique de la bourgeolale étalt pour Tehang Kai Chek une condi on préalable pour pouvoir lancer aque de fond contre les armées dites communistes ».

Len organ sations ouvrlères chinoises avalent été dirigées fusqu'à ce moment par les leaders réformistes de l'Associaton chinolse du travail. Après les événementa de juillet 1946, le gouvernement du Kuo-Min-Tang déclencha une vague de terreur contre ces dirigeants, les suspendant arbitrairement de leurs fonctions, les « kidnappant » ou même les emprisonnant. De cette façon, il réusait à placer le mouvement syndical sous le contrôle de ses propres hommes de main, et à neutraliser momentanément la pression ouvrière sur la bourgeoisie.

La passivité relative de la classe ouvrière qui suivait ces mesures fut utilisée d'abord par Tehang Kai Chek pour mobiliser dans la lutte contre les armées * communistes » toutes les ressources du pays déjà épuisé par la longue guerre contre le Japon. Ensuite, il prit une série de mesures tentant à rejeter tout le fardeau de la guerre civile sur la classe ouvrière. Durant la vague gréviste de 1945-1946, les ouvriers chinois

INDES Premier congrès des

Durant le mois de mai 1947, la section hindoue de la IV° Internationale, le Parti Bolchevik-Léniniste des Indes (B.L.P.I.) a tenu, à Bombay, son premier congrès statutaire, auquel assistèrent des délégués élus par toutes les réfiona du parti (Calcutta, Bombay, Madral. Cawnpore, Madurea Сеуlan): Constitué en pleine illégalité, en 1942, le Parti Bolchevik-Léniniste des Indes déjà réussi, grâce au travail acharné et patient de ses militants, à conquérir sa place dans le mouvement ouvrier dea Indes, à élaborer un programme nt une ligne Folitique qui le font apparaitre comme une véritable avant-garde révolutionnaire, à briser

Minolement des cercles de propagande

A pouiser des racines dans les masses avaient conquis un système d'échellemobile des salaires, les salaires étant déterminés chaque mois par l'index du coût de la vie. En janvier 1947, le gouvernement du Kuo-Min-Tang i brusquement suspendit cette mesure et bloqua les salaires au niveau des prix de janvier. Mais à la suite d'une aggravation constante de la situation économique, résultant de la guerre civile et de la corruption des cercles gouvernementaux, l'inflation s'accentua constamment en février, mars et surtout en avril 1947. Devant cette hausse vertigineuse des prix, les ouvriers étaient littéralement affamés en ne recevant que les salaires bloqués au niveau de janvier. Le mécontentement ouvrier s'accentua tellement que les bureaucrates syndicaux choisis par le Kuo-Min-Tang luimême perdirent dans la seconde moitié d'avril le contrôle sur les masses, et qu'un vaste mouvement de manifestations, pétitions et grèves se déclencha. sous le mot d'ordre : Débloquez les salaires ! Les dirigeants syndicaux euxmêmes furent forcés de reprendre ce slogan. La manifestation du 1r mai, à Shangai, voyait 50.000 ouvriers scander ce slogan. Après une résistance acharnée, le gouvernement fut forcé de capituler et accorda le déblocage des salaires, et leur adaptation à l'index mensuel du coût de la vie, sauf pour les corporations gagnant plus de trente dollars comme salaire de base.

Le mouvement estudiantin reçut une Impulsion puissante de cette nouvelle vague de luttes et de victoires ouvrières. Dans pratiquement toutes les grandes villes, il y eut des grèves de tous les étudiants d'université et de lycée, qui se déroulèrent sous le slogan : « Du riz, et la paix !» trotskystes hindous opprimées. Passant son épreuve du feu dans d'innombrables collisions avec la répression policière ; étant constamment amputé par l'arrestation de ses meilleurs dirigeants, le B.L.P.I. n'en a pas moins été capable de jouer déjà um rôle dirigeant dans des luttes de masses, à Ceylan, à Madras et à Madura.

La discussion au congrès tourna essentiellement autour des derniers événements hindous, le partage du pays en deux dominions indépendants. Hindoustan et Pakistan, et le retrait annoncé des troupes britanniques. principale résolution politique du congrès — que nous publierons dans le prochain numéro de Quatrième Internationale - caractérise les décisions britanniques comme un recul d'une do-

-mination directe à une domination indirecte de l'impérialisme sur les Indes.

Ce recul constitue une manœuvre pour maintenir l'essentiel des intérêts impérialistes par une alliance renforcée avec la bourgeoisie coloniale et les propriéd'affaiblissement organique de l'Empire taires fonciers, dans des conditions dans le monde entier.

S'arrêtant au partage des Indes. la résolution la définit comme une expression fondamentale de l'incapacité de la toute la nation face à l'impérialisme bourgeoisie indigène de représenter oppresseur. Cette incapacité reflète à la fois l'etat industriel arriere du pays, et l'impossibilité pour une bourgeo sie coloniale de réaliser, à l'époque de l'imperialisme pourrissant, même le premier objectif de la révolution bourgeoise : l'établissement de l'unité nationale.

Le B.L.P.I condamne le partage des Indes comme une mesure entlèrement réactionnaire. Reconnaissant le droit de chaque minorité nationale de disposer d'elle jusque et y compris la séparation, le B.L.P.I. ne reconnait' nullement au parti du Congrès et à la Ligue musulmane le droit de parler au nom des masses opprimées. Celles-ci ne peuvent faire connaitre leur volonté libre qu'au moment où la domination impérialiste sera complètement renversée.

- Le B.L.P.I. dénonce le caractère caricatural et factice des « assemblées constituantes » maintenant en fonction ou qui fonctionneront bientôt. Il oppose • à ces assemblées, composées exclusivement des représentants des classes possédantes, le slogan de la lutte des masames pour une assemblée constituante •révolutionnaire, élue au suffrage universel et secret par toute la population des Indes.

Enfin, la résolution politique principale du congrès du B.L.P.I. fait le bilan des gouvernements du parti du

BOLIVIE Le P. O. R. dénonce la

Le Parti Owrier Révolutionnaire, section bolivienne, de la IV• Internationale eubit actuellement une forte répression de la part du gouvernement réactionnaire de la Paz.

Ayant acquis la confiance de larges couches du prolétariat et des paysans et particultèrement des mineurs qui constituent la force principale du mouvement ouvrier bolivien, le P.O.R. a réussi aux dernières élections à faire élire quatre députés, et un sénateur. Le succès, ainsi que le soutien constant que les mineurs accordent à lors ganisation trotzkyste, encore récemment confirmé lors du congrès national des mineurs à Colquiri ont décidé le 64

Congrès qui sont apparus en de nombreuses provinces. Face à ces gouvernements qui se démasquèrent comme des défenseurs exclusifs des intérêts de la bourgeoisie et des instruments de la répression impérialiste, le B.L.P.I. organisera la lutte de classe des masses exploitées pour la défense de leurs propres intérêts.

Outre cette importante résolution Dolitique, le congrès a pris une série de mesures organisationnelles tendant à permettre sa transformation en une direction efficace des masses laborieuses. Alors que les discussions politiques les plus saines montrèrent le caractère démocratique du parti et du congrès, les délégués furent unanimes à confirmer la structure du centralisme démocratique et à condamner ceux qui rompirent la discipline et scissionnèrent le parti à Ceylan .

Le congrès a imposé au parti la tâche spéciale d'expliquer patiemment à tous les militants et dirigeants ouvriers honnêtes qui se trouvent encore dans les rangs du Parti Socialiste du Congrès et du Parti Socialiste Révolutionnaire le caractère conciliateur et capitulard de leur direction face à l'impérialisme et à la bourgeoisie indigène, et de leur montrer ainsi la nécessité de construire un parti entièrement indépendant de l'ennemi de classe, un parti pouvant diriger de façon révolutionnaire les masses alliées de la ville et de la campagne.

Le premier congrès du B.L.P.i. a confirmé l'impression excellente que nous laisse a lecture du journal bi-mensuel sorti par lé parti depuis plusieurs mois: Thei New Spark. A l'étape actuelle, le B.L.P.I. a réussi à s'affermir idéologiquement et à s'enraciner plus profondément dans les masses ouvrières. Ce sont là les gages les plus sûrs de son suecês futur. terreur gouvernementale gouvernement réactionnaire à intensifier les mesures de répression contre le P.O.R.

Plusieurs de ses militants ont été arrêtés et emprisonnés, tandis que le gouvernement interdisait son organe central Licha Obrera.

Le Comité central du P.O.R. a publié le 24 juin 1947, le communiqué suivant, dénonçant cette action terroriste du gouvernement qui jouit de Vappui des staliniens.

Le Parti Ouvrier Révolutionnaire dénonce devant les travailleurs les excès suivants commis par le gouvernement dit d' « Union nationale » :

1° Les violences exercées contre les

QUAT RI EM E dirigeants e paysans qui sont outragés et fouettes par. 10e. policiers dans les campagnespuis déportés dans dea.régloba inhorpitallères s

21 1iea conditions d'esclava-

Mnla les Indigènes, emptrées l'application du • Plan de 1 cotonisation/ agitateurs, » qui forme violente et forcée de tranatert manait de familles paysancamps concentration : a main. armée et la desErgotion: maison du dirigeant ‹ Po-

Capellino. les. sévices autorités policières d'Oru persécution tenace engagée COntre dirigeants du P.OR. parmi Jeaquels, Ariguel Alandia Pentoja qui

Congrès des Mineurs de Colquiri contribun trés brillamment à détruire

BELGIQUE

Les

Les mois de juin et de juillet orit été marqués en Belgique, par le mouvement gréviste le plus important que le pays ait connu : non seulement depuis la * libération ». mais depuis 1936.

La vague greviste débuta au début de Juin avec un mouvement de grève des tramwaymen échelonné sur plusieurs Jours, à Anvers, Bruxelles, Ostende et dans le Hainaut. Un arrêt de travail dans la métallurgie, à Charleroi, se prolongea durant plus d'une semaine, entrainant successivement les métallos du centre et les postiers de Bruxelles, pour atteindre un point culminant le 18 juin avec une grève générale totale de 24 heures à Liège. Les métallos de la région industrielle du sud de Bruxelles, les mineurs du Borinage, des ouvriers de nombreuses entreprises à Nivelles et dans la Basse-Sambre, ainsi que les réparateurs de - navires participerent. aux creves durant la troisième semaine de juin. Dans la semaine suivante, les mines de charbon furent entièrement paralysées par une grève de leurs machiniates. Puis, ce furent de nombreux mouvements qui éclatèrent dans les Flandres : métallos de Gand et d'Ostonde, typographes de Bruges, ouvriers de diverses centrales électriques. Alors qu'il y a encore menace de grève générale des services publics, le 18 juillet, les dockers d'Anvers arrêtèrent le travail (ce qui constitue leur quatrième krêve depuls un an) et commencent un mouvement qui est loin d'être fini.

Les objectifs de la plupart des grèves etalent economiques : primes de vie chère, rovalorisation des salaires, diminution des prix, payement par le patronat den cotieations fort élevées de la

ERNATIONAL Ec « lœuvre » démagogique du ministre du PI.T. (parti petit bourgeois à tendance socialiste), Mendisabal.

Le P.O.R. appuie de manière conséquente le mouvement syndical et de libération des payeans qui. luttent pour la terre, et proteste contre la suppres-. sion des garanties syndicales à la campagne.

Au nom de la classe ouvrière le P.O.R. exige une explication du gouvernement « démocratique » (?) au sujet de tous ces excès commis pour la : défense de la féodalité bourgeóise. Le gouvernement de la Rosca et des « piristes » s'engage-t-il dans la vole du bonapartisme ?

La Paz, le 24 juin 1947. Le Comité central du Parti ouvrier révolutionnalre. P.O.R. grèves

Sécurité sociale ». Plusieurs autres objectifs cependant furent formulés par des grévistes : ainsi, ceux de Liége extgèrent des réformes de structure ; ceux d'Anvers protestent contre la politique des loyers suivie par le gouvernement.

d'une façon générale, les mouvements grévistes ont nettement exprimé la volonté des travailleurs de rompre avec l'ensemble de la politique économique du gouvernement.

Bien que la plupart des grèves aient éclaté spontanément, les ouvriers lais sèrent presque partout la direction de leur lutte à la même bureaucratie syndicale qui était pourtant de toutes ses forces opposée au déclenchement des grèves. La seule exception importante est celle des dockers, chez qui un appel de la direction du syndicat de remettre en question le déclenchement de la grève par un referendum, ne fut suivi que par une vingtaine de dockers sur huit mille.

La bourgeoisie, comme la bureaucratie syndicale, est fortement) impressionnée par l'excellent esprit militant que les travailleurs belges ont montré. Quelques exemples de cet esprit furent :

— la façon absolument totale dont fut suivi le signal de la grève générale à Liége, y compris par les cheminots, les instituteurs, les employés municipaux, ete.

- le meeting de grève dans le Centre, à la Maison du peuple de Jolimon, où, devant 3.000 grévistes, les principaux orateurs délégués d'usine prononcèrent des discours dans la ligne du P.C.I

La radicalisation du prolétariat belge est le plus clairement indiquée par le fait que le même André Renard, dirl-

INT

N geant syndical liégeois, qui fut, il y a un an, accusé par le premier ministre, Van Acker, d'être « trotskyste › à la suite du déclenchement de la grève dans la métallurgie liégeoise, accuse maintenant à son tour les « trotskystes > d'avoir provoqué le dernier mouvement gréviste, notamment dans le Centre et à Charleroi. Ce n'est pas lui qui a évolué à droite, ce sont les travailleurs qui se sont tellement déplacés vers la gauche que le « gauchiste » Renard de 1946 est devenu « droitier › en 1947. •Bien que handicapé par la faiblesse numérique, le Parti communiste internationaliste, section belge de la IV Internationale, est activement intervenu dans

FRANCE La vague

La grandiose vague de grèves qui préluda en France, au mois d'avril, avec la lutte des 30.000 ouvriers des usines Renault, semblait, en fin mai, marquer un temps d'arrêt.

étaient encore tres nombreux dans petites entreprises mais, dans les grandes usines, la C.G.T. parvenait à détourner la volonté de lutte dans la voie de la grève perlée où les travailleurs ne trouguère que la démoralisation et vaient l'échec.

Mais, le lundi 2 juin, éclata spontanement à Villeneuve-saint-Georges grève des cheminots qui, de jour en jour, s'étendit plus rapidement et à la fin de la semaine s'était généralisée sur toute la France. Depuis la grande grève de

1920 brisée par le gouvernement Mille rand, les cheminots ne s'étaient pas en gagés dans un combat d'une telle am pleur, même en 1950.

Instruite par les leçons de la recente expérience chez Renault, la direction stalinienne de la Fédération syndicale ne s'opposa pas au mouvement, mais sans donner l'ordre de grève, sans dé savouer l'action entreprise; mais sans en prendre la responsabilité, elle entreprit en hâte les négociations avec le gouver nement et parvint, quoique avec difficulté, à faire accepter la reprise du travail avec des avantages minimes, d'avance minés par la perspective de hausse des tarifs des transports par rail, Il était urgent pour les staliniens comme pour le gouvernement, qui tenta un instant de jouer la fermeté, de mettre fin a la grève des cheminots qui contenait la menace de la grève générale dont la nécessité était ressentie de toute la classe ouvrière.

La grève des cheminots était à peino

TERNATIONALE la lutte. Il apparut ainsi, au moins dans une région, comme direction ouvrière et put récolter les premiers fruits de son inlassable propagande pour la grève générale, propagande qui a influencé de façon importante l'avant-garde ouvrière du pays. Son Comité central, réuni les 28 et 29 juin — un an après que le P.C.I. ait lancé le premier appel pour une nouvelle offensive ouvrière - constata les résultats positifs atteints par la péné tration patiente des mots d'ordre trotskystes dans l'avant-garde et décida d'axer la propagande du parti plus particulièrement autour du mot d'ordre des comités, dans lesquels doit se constituer une nouvelle direction ouvrière : comités de lutte, comités de grève. gréviste terminée que les employés de banque entraient en lutte et firent grève pendant une semaine. Là encore, les bureaucrates syndicaux gardèrent la main sur la direction du mouvement et le Comité central de grève, qui ne fut pas élu par les employés, ne fut pas davantage contrôlé par la base. Le mouvement fus également liquidé bureaucratiquement par un compromis, ni victoire, ni défaite, ainsi que la grève des Grande Magasins qui éclata en même temps.

Aux mesures financières proposées alors par Robert Schuman, ministre des Finances, « pour faire face aux augmentations de salaires › et consistant principalement en une hausse nouvelle des prix de produits de consommation courante, les métallurgistes parisiens répondirent par une grandiose manifestation devant la Chambre des députés qui donna lieu à quelques bagarres. Fauts de direction, cet élan retomba qui aurait pu encore être un point de départ pour la grève générale.

Le 23 juin les ouvriers des usines CItroën qui depuis des semaines trainaient une grève perlée, sans autre résultat qu'une démoralisation grandissante, lassés, passèrent à la grève totale.

Le 25, répondant au « plan Schuman › les mineurs débrayèrent à leur tour.

Cette fois, craignant un débordement comme celui de la grève des cheminota et voulant mettre le mouvement à pro fit pour obtenir le retour au gouvernement des ministres du P.C.F., les staliniens lancèrent le mot d'ordre de grève générale des mineurs. Là encore, ces conflits se terminèrent par des compromis, où grâce aux staliniens, le patronat pouvait n'abandonner que peu de choses.

Partout, les ouvriers restent insatis-

A TRIEME IN faite et seule la période de vacances a amené une Interruption des luttes des secteure-olef du prolétariat français.

Toutefols, à peine une grève générale des fonctionnaires était-elle enrayée, après quelques « débrayages › spontanés et Isolés des postiers, qu'un large mouve-

La direction du Parti socialiste francain vient d'exclure le Bureau national des Jeunesses socialistes en l'accusant • d'indiscipline › et d'orientation protrotakyste. Le Burónu national, qui jouit de la confiance de la grande majorité des Jeuneases socialistes, a lancé un appel con-

SOCIETE NATIONALE

DES ENTREPRISES DE PRESSE

TERNATIONALE ment éclatait en Eure-et-Loir parmi les ouvriers agricoles, et gagnait rapidement le Loiret et la Seine-et-Marne.

L'entrée en lutte de ces couches surexploitées des campagnes est significative de la situation en France. damnant la politique bureaucratique et réformiste de la direction du P.S. et déclarant qu'il n'accepte pas la dissolution prononcee par cette direction.

Il projette de tenir prochainement un Congrès national des Jeunesses socialistes qui décidera de l'orientation politique future de ce mouvement.

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