Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro de décembre

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, numéro de décembre · décembre 1946 · p. 54-56 · 2 016 mots

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Le P.C.I. aux élections générales du 10 Novembre

G'obalement, en juin 1946, le Parti Communiste Interantionaliste francaje obteneit 45.000 voix dans onze circonscriptions. Le 10 novembre, il en obtient 60.000 dans seize circoncriptions. Le pourcentage des voix a légèrement baisse, et ce recul contraste avec les progrès numériques faits par le Parti dans les derniers six mois. Cette baisse avait été prévue dès le lendemain des élections du 2 juin et au troisième Congrès du P.G.L.; car, en l'absence de très grandes luttes qui puissent élever la conscience de larges couches ouvrières, la progression du P.C.I. devait se heurter à de vivaces illusions parlementaires et ses gains numériques ne pouvaient trouver un reflet aul scrutin. On avait voté pour ce parti le 2 juin; mais le 10 novembre savait, compte tenu des chiffres précédents, qu'il n'avait pas de chance. En outre il s'agissait d'une chambre élue pour cing ans et non pour six mois: voter le P.C.l., ce devait être pour beaucoup « perdre des voix ›. Dans ces conditions, les résultats obtenus, sauf dans deux ou trois circonscriptions, notamment dans la Gironde où les voix du P.C.I. avaient en juin 1946 fait perdre un siège au Parti Communiste, sont dans l'ensemble satisfaisants et caractérisés par une stabilité de nos voix.

Ce fait est tout a falt sensible dans les circonsriptions ouvrières, comme dans la banlieue parisienne, où les voix du P.CI. se retrouvent avec une constance absolument remarquable, quelques unités près. Si lon observe en outre que, dans la grande banlieue parisienne, en Seine-et-Oise où le PCI. se présentait pour la première fois il recueille 13.890 voix sur 350.000 votants, cela veut dire qu'il existe dans la classe ouvrière une minorité d'avant-garde fermement attachée au programme révolutionnaire insensible, non seulement aux calomnies staliniennes, mais aussi à l'argument parlementaire de la division des voix ouvrières. Et incontestablement cetté minorité révolutionnaire peut jouer un rôle très important dans les prochaines batailles de la classe ouvrière.

CANADA Fondation du Parti Ouvrier Révolutionnaire Le Parti Ouvrier Révolutionnaire du Canada (Revolutionary Workers Canada) a été fondé au cours d'un Congrès de deux jours à Toronto le mois dernier. Cela représente une réalisation importante pour les travailleurs canadiens et pour l'ensemble du mouvement trotskyste.

Le Congrès, d'après Labor Challenge (organe de nos camarades) de mi-octobre réunissait des délégués venant des villes les plus importantes du pays. La majorité des délégués étaient des militants syndicaux, rassemblés sur la base du programme socialiste-révolutionnaire défendu par Labor Challenge depuis son premier numéro de juin 1945.

Parmi les délégués présents, quatre venaient des « Amis du Labor Challenge » de Vancouver sous la direction de B.W. Bullock, Lloyd Whalen et Td. Bradley qui ont rompu récemment avec l'organisation traitre de la « Canadian Commonwealth rederation s.

Le premier point à l'ordre du jour était un rapport sur la situation internationale, qui souligna le pourrissement du capitalisme à l'échelle mondiale ainsi que le rôle et les tâches qui s'imposalent au parti mondial de la révolution socialiste. Après une large discussion démocratique, demander à la IV• Internationale la reconnaissance du parti comme section canadienne délégués émirent à l'unanimité un vote pour de l'internationale.

Ross Dowson, délégué de Toronto rapporta sur l'activité du mouvement trotskyste au Canada depuis sa dernière conférence en automne 1944. « Labor Challenge a été notre premier organisateur » déclara-t-ll « et a plus que doublé son efficacité depuis sa parution bI-mensuelle à partir de janvier 1946 ». Dowson sétendit sur l'établissement de rayons solides dans les principaux centres industriels et sur l'accroissement de l'influence trotskyste dans les organisations ouvrières.

Après une large discussion au cours de laquelle des délégués d'autres régions rapportèrent sur leur progression, le rapport organisationnel fut adopté. Le Congrès adopta le nom de « Revolutionary Workers Party of Canada ». à la nouvelle organisation qu'il créa et des statuts basés sur le centralisme démocratiques furent adoptés point par point. Le Congrès décida que le R.W.P. participerait aux élections sous son propre drapenu partout où cela serait possible pour faire connaître son programme aux larges 1500 dollars pour stabiliser Labor Challenge et accroitre son influence et établir des masses. Un autre pas important pour la période à venir fut la décision d'un fonds de permanences dans plusieurs villes ainsi que pour étendre le travall d'éducation qui est considéré comme l'une des activités essentielles.

Un Comité Central de neuf membres et un suppléant fut élu pour diriger le Part! Jusqu'en prochaln Congrès. Ross Dowson fut élu secrétare national. Le Comité Central a été chargé de préparer un manifeste du parti qui sera publié sous forme de brochure en francais et en anglais.

Le RWP s'oppose au « Labor Progressive Party » stalinien et à la « Canadian Commonwealth Federatlon » réformiste. Les politiques de ces deux organisations traitres sont peu différentes. Elles ont toutes les deux soutenu la guerre impérialiste et ont agi comme des agents recruteurs de la classe dominante. Toutes les deux soutiennent les * Nations Unles 2 devant les travailleurs canadiens comme le seul parti révolutionnaire du pays, s'ap- * la nouvelle cuisine de brigands ». Ainsi, le RWP se trouve placé puyant fermement sur les principes marxistes.

GRÈCE

Amplification de la guerre civile

Le retour du roi n'a apporté aucun apaisement à la situation intérieure de la Grèce. Au contraire, Il donna le signal d'une amplification de la guerre civile par l'entrée en action de nouveaux groupes de partisans et d'une recrudescence de l'activité du prolétariat dans les villes. Le nouveau « maquis », qui a regroupé plusieurs milliers d'anciens membres de TELAS et de l'EAM, est particulièrement actif dans toute la partle nord du pays.

Le gouvernement réactionnaire de Tsaldaris qui, à plusieurs reprises, a annonce la liquidation « delinitive » des partisans par la mise en ligne des 2º et 3° corps d'armée, s'eforce de camoufler son écheo en prétextant la résistance populaire comme le fait de l'immixion étrangère, yougoslave et russe, Il espère d'autre part, grâce à cette campagne orchestrée d'un commun accord avee Bevin et Byrnes, provoquer un renfort des troupes britanniques stationnées en Grèce et l'envol éventuel de troupes américaines également caines egalement.

Dans les villes, leurs salaires en derniers mois a fait une série de puissa le mot d'ordre d'un

L'unique riposte fonctionnaires et ouvriers, forcés par l'avilissement continuel de lison de la bausse incessante du coût de la vie, qui dans les un nouvean bond de 40 %, ont déclenché, au début de novembre, nies greves, dans lesquelles ls ont mis en avant, entre autre, salaire minimum vital et de l'échelle mobile des salaires. du gouvernement aux revendications populaires a été un renforcement de la terreur. Dans la première quinzaine de novembre seulement, 22 nouvelles condamnations à mort ont été prononcées par les cours martiales. Les prisons sont pleines d'ouvriers et de paysans arrétés, destinés à être envoyés dans les fles désertiques de la Mer Egée, où séjournent déja plus de 1.000 déportés. Les camps de concentration, jadis utilisés par Metaxas et les nazis, ont été rouverts pour enfermer ceux qul ne peuvent pas trouver de place dans les prisons archi-pleines.

L'organisation fasciste Khi et les bandes réactionnaires armées qui terrorisent la campagne, ont assassiné en deux semaines 35 paysans et ouvriers.

Que la solidarité du prolétariat mondial se manifeste énergiquement envers les les masses grecques en lutte pour leur survivance! Que les organisations ouvrières étalutte pour leur bllssent un front unique pour exiger le départ des troupes de l'impérialisme britannique et pour former des comités d'aide aux partisans et au prolétariat grecs!

IN* INTERNATIONALE

CEYLAN Une grève générale dirigée par les trotskystes

Une grève générale a eu lieu en octobre à Ceylan par solidarité avec les travailleurs luttant pour leurs salaires et le droit syndical.

D'après des rapports du Times et du Manchester Guardian, la grève était dirigée par les trotsky tes. Le Times déclare: « Les trotskystes qui dirigèrent la grève ont aussi la drection des transports routiers, des employés du gaz et des services des hôpitaux qui peuvent se melre en grève d'un mement a taure

Le 23 octobre, le Manchester Guardian rapporta l'arrestation du Dr. Perera, un dirigeant trot kyste de Ceylan: « Le dirigeant cingalais de la grève, Dr. N.M. Perera, a été arrêté aujourd'hui à l'aube et relâché ensuite. Une délégation grévistes reçue Par ne dure te co rend du uter fans la pid en de De perDr: Perrautre cola par le Gouverneur relusa de discuter sans la présence du Dr. Une autre consituation de grève demeure inchangée. »

La grande masse des grévi tes était composée d'employés des établissements du gouvernement, chem ns de fer, postes et entrepr.ses electriques. Les cheminots et les employes electriciens entrerent en grève et furent rejoints par 3.000 dockers, puis par des milliers de fonctionnaires du gouvernement.

Le fait que la grève devint generale est la preuve d'une combattivite croissante dans toules les couches de la classe ouvrière de Cevlan. Un facteur important qui permit d'autre part le succes de la grève est la direction sans compromission des trotskystes qu!, à la différence des dirigeants staliniens et réformistes dans les syndicats. ne capituleront pas devant le gouvernement pour vendre les ouvriers.

Les dernières informations nous annoncent l'unification, après une scission qui dura plusieurs années, entre Forgan sation cingalaise du Bolshevik Leninist Party of India, Section officelle de la IV° Internationale, et le Lanka Sama Samaj Party qui était dirigé par le Dr. Perena.

BOLIVIE

Les trotskystes dans la lutte révolutionnaire des masses Un des plus Imporlants événemens. ces derniers temps, en Amérique laline c'est la récente révolution bolivienne, pendant laquelle le peuple en armes a mis en déroute ses oppresseurs. Trahi une fois de plus par les agents de la bourgeoi ie dans ses propres rangs. representes par le Parti de Gauche Révolutonnaire (P..R.), le peuple bolivien n'a répandu si généreusement son sang uniquement que pour mieux servir les intérêts de limpérialisme et d'une fraciion de la bourgeoise, qui voyait ses intérêts mis à l'arrièreplan par d autres secteurs de la bourgeoisie sous le reg me precedent.

Le Parli Ouvrier R. voluliennaire. avan'-garde du prolétariat belvien. s'est trempe quant à sa structure durant de longues années de lutte. Il a réussi à construire une force de premier ordre au sein des ouvriers mineurs qui forment la majorité du prolétariat bolivien, des cheminots, des ouvriers de textile, ele.. et également au scin de la masse des étudianis dont la vie fut étroitement lée à la tragédie de la classe ouvrière.

Déjà au dernier Congrès des ouvriers mineurs, la plateforme des revendicat ons Immédiates du P.O.R. fut adoptée par le prolétariat bolivien. Cette plateforme fut ratifiée plus tard dans un accord entre les mincurs et les étudiants à Oruro, qui devint la base d'un accord général entre la classe ouvrière et la masse des étudiants. Face aux tentalives de faire dévier la révolution, les organisations du prolétariat et de la jeunesse s'unissent pour renforcer cette révolution comme base de toute action revendicative. Toute cette importante activité du P.OR. remplit de peur la bourgeoisie et ses agents.

Le journal bourgeo's « Le Temps » de Cochabamba confirme cette impression par le jugement suivant : « Parmi les nombreux partis révolutionnaires qui existent en Bolivie, Je P.O.R. occupe une place d'avant-garde par sa doctrine extrémiste et les méthodes radicales qu'il préconise. Ce parti se crée une clientèle aguerrie dans les centres ouvrier el se lance contre les partis tradirionnels aussi bien que e PI.R. ».

Dans des déclarations faites il y a quelques jours par le ministre du Travail, le stalinien Alcobs, en tant que membre du P.I.R. et avocat fidèle des intérêts de la bourgeoisie, préconise des mesures de répression énergiques contre les militants trotskystes. A tout cela, le P.O.R., fortement enraciné dans les masses laborieuses répond en appelant le prolé'ariat, dane diverses manifestatiore. à rer fereer son parli. à mener à bien la révolution agraire et antiimpérialiste qui fera sortir la Bolivie de sa situation de dépendance face à l'impérialisme.

(Extrait du n° d'oelcbre de « Contre la Correnle ». organe officiel de la bigue Ouvrière Révolutionnaire, section Uruguayenne de la IV" Internationale.)

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