Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro d’octobre-novembre

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, numéro d’octobre-novembre · octobre-novembre 1946 · p. 40-55 · 9 715 mots

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L'UNIFICATION des trois organisations trotskystes

Fin juillet 1946, s'est tenu le Congrès d'unification des trois organisations qui, en Grèce, se réclamaient de la IVe Internationale.

L'unification a été réalisée dans le Parti Communiste Internationaliste de

Grèce, dont la reconnaissance comme section officielle de la IVe Internationale en

Grèce sera à l'ordre du jour d'une prochaine réunion du Comité Exécutif International.

Nous publions le manifeste adressé au lendemain de l'unification par le Parti à tous les exploités du pays, pour définir sa ligne politique actuelle.

IV° INTERNATIONALE 41 CAMARADES, Une longue période de division et de dispersion des forces qui, en Grèce, luttent pour le programme du marxisme révolutionnaire et de la révolution socialiste prolétarienne prend fin.

Se plaçant au-dessus des divergences poiltiques secondaires, les organisations qui se réclament du programme de la IVe Internationale et luttent pour son application en Grèce ont décidé, à l'unanimité, de réaliser leur unification dans une organisation unique qui revendiquera sa reconnaissance comme section officielle grecque de la IVe Internatioanle.

Un pas d'une grande importance a été ainsi accompli dans la voie de la création, en Grèce, d'un véritable parti prolétarien révolutionnaire qui duire, en suivant les enseignements de Marx, de Lénine et de Trotsky, le prolétariat et les masses exploitées du pays à leur seule délivrance du joug capitaliste et impérialiste : la révolution prolétarienne socialiste.

Le mouvement ouvrier grec est arrivé à un tournant critique. Dans le pays sorti saigné, ruiné, disloqué de la longue tyrannie de la dictature métaxiste et de l'effroyable épreuve de la deuxième guerre impérialiste et de l'occupation, mais dont les masses exploiées ont fait preuve d'optimisme et de dynamisme révolutionnaires, la réaction sociale la plus noire relève de nouveau la tête et passe à l'offensive.

Ayant gagné, avec l'appui actif de l'impérialieme britannique, une première victoire sur les aspirations révolutionnaires des masses en décembre 1944, la classe dominan'e des banquiers, des gros industriels, des gros négociants, des armateurs marche aujourd'hui vers la consolidation d'un nouveau régime de dictature qu'elle espère sanctionner par la restauration de la monarchie.

Le pouvoir d'état, l'armée, la police, les tribunaux, les bandes para-militaires réactionnaires des Khi, etc.... développent une aclivité permanente qui s'accentue chaque jour contre toute manifestation de lutte et toute organisation des masses qui ont pour tâche l'amélioration de leurs conditions de vie et la défense de leurs libertés politiques.

Les assassinats quotidiens dans les villes et les villages, les mesure de terreur contre les organisations politiques et syndicales de la classe ouvrière, les poursuites, les emprisonnements, les déportations, les exécutions se multiplient chaque jour et plongent de plus en plus le pays dans le moyen âge d'une réaction semblable à celle que l'humanité a connue avec les régimes d'Hitler et de Mussolini.

Dans ses quelques mois d'existence, le gouvernement « Par la grâce du Peuple » des monarchistes réactionnaires a fait pâlir la sauvagerie et la tyrannie du régime métaxiste.

C'est. dans cette atmosphère de terreur sans précédent déchaînée dans tous le pays et de condamnation à la mise dans l'illégalité de fait du mouvement syndicaliste et politique que se prépare le « référendum » pour le retour du dictateur royal.

Malgré la défaite de décembre 1944 et la capitulation de Varkiza qui ouvert la voie à l'offensive capitaliste, la classe ouvrière et les autres masses exploitées de la ville et de la campagne ont montré, par de grands combats de classe et leur mobilisation, dans des grèves, des meetings et des manifestations de rue, qu'elles n'ont pas fléchi, qu'elles disputent, pied à pied, le terrain à la réaction bourgeoise, qu'elles résistent, qu'elles luttent.

Mais la direction à laquelle elles croient encore dans leur grande majorité — le P.C.G. — s'avère de plus en plus incapable d'organiser autre chose que défaites sur défaites.

Le Parti Communiste Grec, comme tous les Partis Communistes dans le monde, n' est plus aujourd'hui que l'agent de la politique de la bureaucratie sovié

IN° INTERNATIONALE tique s'occupant avant tout de ses propres intérêts de caste privilégiée et non des intérêts de la révolution prolétarienne.

En Grèce, le Parti Communiste règle avant tout sa politique suivant la politique extérieure de la Russie soviétique.

Tant que l'intérêt de la Russie soviétique l'orientait vers une collaboration étroite avec les impérialistes anglais et américains, contre l'impérialisme allemand, le Parti Communiste Grec se pliait complètement et toujours aux exigences des impérialistes anglais et du capitalisme grec qui les suivait (Liban, Kazerta, participation au gouvernement Papaandreou). Quand les impérialistes anglais et les capitalistes grecs ont considéré comme superflus et dangereux les services du P.C.G., de l'E.A.M. et de I'E.L.A.S. et ont voulu appliquer exclusivement leur loi pour de la Grèce en dehors de l'influence russe dans les Balkans, le P.C.G. voulut s'y opposer, mais trop tard, sans aucune préparation idéclogique, sans perspective et il livra la bataille désespérée de décembre.

La capitulation de Varkiza et, plus tard, les avances du P.C.G. aux libéraux pour les élections furent les dernières tentatives du P.C.G. pour aboutir à un compromis avec l'impérialisme britannique et avec la fraction « démocratique » de la bourgeoisie grecque.

Mais la logique de la lutte des classes est infiniment plus implacable que les calculs opportunistes de la direction peite-bourgeoise et aventurière de ce parti. Malgré lui et malgré ses sermons nationalistes, malgré sa politique de conciliation et de collaboration des classes, le Parti Communiste Grec groupa autour de lui

• forces que l'Histoire avait mises en mouvement et qui, en dernière analyse, étaient les forces de la révolution prolétarienne. Avec son instinct de classe aigu, la bourgeoisie avait vu, dans les masses qui se dressèrent contre elle en décembre, les ouvriers et les paysans armés, les grévistes, les femmes et les enfants des quartiers cuvriers qui assistaient les combattants des barricades et des batailles de rues, le spectre de la révolution sociale. Et quand la capitulation de Varkiza lui permit de reprendre l'initiative, sa réponse fut impitoyable. Aux pleurnicheries du P.C.G., à tous ses bavardages petit-bourgeois répugnants pour la « conciliaion », à tous ses vains flirts avec une fraction « démocratique » inexistante de la bourgeoisie, elle répondit par une série de mesures dont le but final est l'écrasement et l'anéantissement pour une longue durée de toute riposte sérieuse de la classe ouvrière. Telle est la logique inexorable de la lutte des classes, quand les masses exploitées ont par malheur, à leur tête, dans leur lutte décisive, non le véritable parti de la révolution prolétarienne, mais l'état-major petit-bourgeois des théoriciens politiquement lâches et confus de la « démocratie populaire ».

CAMARADES,

Un temps précieux a été perdu, et ce temps a été mis à profit par la réaction bourgeoise. Si la classe ouvrière continue à suivre passivement la voie de la retraite sans combat et de la capitulation que lui indique la direction du P.C.C., la réaction, à coup sûr instaurera dans le pays un régime de dictature totale plus tyrannique que celui de Metaxas et de l'occupation. Pour les masses exploitées, il n'y a qu'une seule voie de salut : La voie de la lutte de classe systématique dans l'unité d'action.

Les ouvriers, les paysans pauvres et les autres exploités ne doivent se fier qu'à leurs propres forces. Ils n'ont pas d'autres alliés.

L'illusion la plus dangereuse qui paralyse l'action des masses et que développe le P.C.G. est celle qui consiste à croire qu'en dehors des masses exploitées, il existe

IV INTERNATIONALE 43 d'autres masses « démocratiques » dans le pays, une soi-disante fraction démocratique de la bourgeoisie avec laquelle nous devrions collaborer et à laquelle nous devrions confier la direction politique de la lutte contre la réaction.

Nous, au contraire, disons aux masses : la lutte contre la réaction bourgeoise dont l'expression particulière immédiate est la restauration monarchique qui signifiera l'instauration d'un régime de dictature totale, doit s'appuyer exclusivement sur les forces de l'Alliance Ouvrière des ouvriers, des paysans pauvres et de tous les exploités de la ville et de la campagne. Dans chaque usine, dans chaque syndicat, dans chaque quartier et dans chaque village, des comités le l'Alliance Ouvrière doivent être élus démocratiquement et proportionnellement par toutes les tendances du mouvement ouvrier. Ces comités doivent avoir comme programme de lutte immédiat :

— L'ajournement dans la mesure du possible du référendum jusqu'au rétablissement des libertés démocratiques élémentaires;

— Le vote contre la monarchie au cas où le référendum aurait lieu;

— La dissolution, dans tous les cas, de la « Chambre » bâtarde des réactionnaires monarchistes, et de nouvelles élections libres à une assemblée constituante avec droit de vote pour tous, hommes et femmes, à partir de 18 ans;

→ L'organisation de gardes ouvrières:

— L'amnistie générale pour tous les militants de la classe ouvrière;

— Les revendications économiques immédiates et les libertés syndicales et politiques des ouvriers, des paysans pauvres et de tous les exploités.

La réalisation de ce programme minimum est impossible sans unité d'action de tous les partis qui parlent au nom de la classe ouvrière et avant tout du P.C.G., du Parti Socialiste, du Parti Archiomarxiste et du Parti Communiste Internationaliste. C'est à ces partis qu'incombe avant tout la tâche de prendre l'initiative pour couvrir le pays d'un réseau serré et puissant de Comités d'Alliance Ouvrière qui se mettront à la tête de la lutte des masses.

La réaction bourgeoise qui cherche à réaliser ses projets sous le couvert de la restauration monarchique ne sera pas brisée par des mots, ni des pleurnicheries et par des utopies petites-bourgeoises, mais en se heurtant au roc de la lutte de classe des ouvriers et des autres exploités. Seule, l'organisation des Comités d'Alliance Ouvrière serait aujourd'hui en mesure de regrouper les énergies révolutionnaires dispersées en un torrent unique qui balaierait la réaction bourgeoise sous sa forme monarchique actuelle et ouvrirait de nouveau, dans toute son étendue, la voie vers la révolution socialiste prolétarienne.

Ouvriers, paysans pauvres et autres exploités de Grèce, La voix qu'élève aujourd'hui le Parti Communiste Internationaliste, c'est la voix du marxisme révolutionnaire de Marx, de Lénine et de Trotsky que la direction stalinienne des partis communistes s'efforce d'étouffer systématiquement.

Minuit va sonner, et alors le mouvement pour la libération des travailleurs. en Grèce sera étouffé pour de longues années sous le joug de la réaction la plus noire.

Le salut est entre vos mains, et seulement entre vos mains. Pendant qu'il en est temps, exercez toute la pression possible sur les directions des partis ouvriers en qui vous avez encore confiance pour qu'elles mettent fin à leur politique criminelle de collaboration de classe et pour qu'elles entrent dans la voie des Comités d'Alliance Ouvrière. Rejoignez les rangs du seul parti révolutionnaire de Grèce, Communiste Internationaliste. La lutte de votre classe n'a, en dernière analyse, de sens et de valeur que sous son drapeau, le drapeau de la IVe Internationale.

(Publié dans le journal Lutte Ouvrière du 12 août 1946).

Des discussions communes entre P.C. et P. C.l.

Il y a un mois environ le secrétaire du Parti Communiste Gree Zachariades a proposé par l'organe central de son Parti « Rizospaslis » au Parti Communiste Internationaliste (IV° Internationale) l'organisation commune d'une série de Conférences sur les divergences existantes entre les deux Partis. Zachariades proposait les Conférences dans une salle centrale à Athènes louée de tenir organisations et de limiter l'accès de la salle à mun nombre égal des membres des moitié-moitie par les deux deux partis. A ces proposilions la direction du P.C.I. a répondu en suggérant :

a) Que la discussion entre les deux partis se fasse aussi par la presse pour qu'elle par tous les militants du pays; b) Que l'entrée pour les Conférences soit libre à tous les ouvriens désirant suivre les Conférences:

c) D'accepter comme troisième rapporteur pour ces Conférences un représentant de l'organisation centriste des Archiomarxistes.

Ces contre-propositions n'ayant pas été acceptées la direction du P.C.I. a signé l'accord éerit suivant avec les représentants du Parti Communiste grec :

« Pour le meilleur déroulement des Conférences communes décidées par le Parti Communiste Gree et le Parti Communiste Internationaliste (IV° Internationale) les conditions suivantes ont été acceptées d'un commun accord :

1o Le sujet de la première Conférence sera: « La situation intérieure de la

Grèce et la position de la classe ouvrière »;

20 Pour les sujets des conférences qui vont suivre (2, 3*, eto...) chaque organisation fera des propositions et en cas de désaccord la question sera tranchée par tirage au sort;

3o Une commission sera formée composée par un représentant de chaque Parti pour l'organisation technique des Conférences selon les stipulations de l'accord

4º La première Conférence se tendra, dans un théatre ou une salle centrale d'Athènes, le 22 septembre 1946;

5º La discussion sera dirigée par un présidium commun de deux membres, dont chacun sera président pendant le temps de parole du représentant du Parti opposé. Le service d'ordre sera assuré par dix membres responsables de chaque Parti;

6o Il y aura 4 orateurs, deux de chaque Parti parlant le premier pendant 30 minutes, le second pendant 15 minutes et lorateur fermant la discussion pendant 20 minutes; 5 questions seront posées en tout aux orateurs de chaque Parti, chacune de 2 minutes;

To L'orateur du Parti qui a proposé le sujet de la Conférence. prendra le premier la parole, ensuite l'orateur du Parti opposé suivis des deux autres orateurs:

8o l'auditoire sera composé par des membres, des sympathisant et des ouvriers

Imprimées inorganisés, invités par par la commission d'organisation et distribuées responsablement chaque Parti avec des carles d'invitation qui seront par les deux Partis;

90. Les rapports des deux Partis pour ehaque Conférence doivent être écrits et déposés avant la Conférence au Présidium. Tout le matériel, après examen pour garantir son exactitude, sera donné à la commission d'organisation pour être publié en brochure et vendu publiquement;

10o Tous les frais des Conférences, etc..., seront payés moitié-moitié par les deux

Parlis;

11o A la fin de chaque Conférence les auditeurs auront le droit d'exprimer leur opinion en écrivant sur un papier le nom du Parti avec les thèses duquel ils sont d'accord et en jetant ce papier dans une urne spéciale à la sortie de salle.

Une commission spéciale composée de deux membres de chaque Parti examinera ce vote.

IV* INTERNATIONALE 45 Aprés proposition du Parti Communiste Internationaliste (IV Internationale) les tels suivants ont éle acceptes pour la deuxieme tols e troisième Conférence:

- République Popula.re ou République Socialiste Soviétique en Grece

-- La guerre de 1939-1944, la position des Communistes envers elle et le danger d'une nouvelle guerre. Athènes, le 11 septembre 1946 Pour le P.C.G. Pour le P.C.I. Signature : Signature : Cest la première fois depuls la session de la III* Internatlonale en 1927 qu'un accord pareil a été réalisé entre un Parl stalinien et une organiration trotskyste

Le fait ne peut avoir aucune autre expication que la profonde crise Intérieure que traverse actuellement le Parti Communiste Gree, à laquelle sa direction cherche une diversion.

HOLLANDE SOLDATS ET OUVRIERS LUTTENT pour l'indépendance de l'Indonésie

Nous avons reçu d'Amsterdam l'information suivante: la politique impérial'ste du gouvernement sociaL'indignation croi sante envers Iste-catholique de Hollande qui réprime la lutte des Indonesiens pour leur indépendance,- a entraine la semaine dern ere. chez les soldats, des mouvements de prolestation organisés qui se transformèrent en manifestations de masse samedi dernier et en grève générale à Amsterdam qui commença lundi et se termina dans la nuit de mardi. sentiment dindignation croissant et #" tente de le detournee sue des votes inoften- Le Parti Communiste (stalinien) n'a pris que récemment en considération sives sous la forme d'une campagne de protestations éerites au gouvernement. Les réformistes et les politiciens bourgeois du gouvernement, serviteurs des intérêts des cartels internationaux en Indonésie, ne portent naturellement pas grande attention à cette dérisoire agitation istalimienne. Les ouvriers et les soldats, d'autre part, ne pouvaient être apaisés par ce genre d'agitation.

Au cours de la deuxième semaine de septembre. les soldats du camp d'Harderwijk près d'Amsterdam furent informés qu'ils allaient embarquer pour l'Indonésie. Diaprès la Constitution hollandaise. seuls les volontaires peuvent etre embarques outre-mer pour des taches militaires. Protestant contre Tordre du gouvernement conné en fonction d'un décret de temps de guerre, les soldats refuserent obstinément de partir. Ils formèrent un Comité représentant au début 150 hommes et se rendirent au quartier général communiste (stalinien) pour y chercher un soutien pour obtenir le respect de leurs droits constiutionnels, étant donné que beaucoup d'entre eux etalent membres du Parti Communiste. Les dirigeants de ce dernier refusèrent tout appui. Le Comité de soldats ge tourna alors vers les autres organisations ouvrières.

La semaine dernière. le Comilé de soldats sortit deux tracts. Tun adressé aux autres soldats, l'autre aux ouvriers d'Amsterdam. Le premier appelait les soldats destinés à être embarqués à faire entendree leur voix, entreprendre des actions de masse contre l'embarquement pour l'Indonéste, mais à eviter les actes de résigtance individuelle aux ordres du gouvernement, expliquant que les soldats et les ouvriers conscients avaient le devoir de rester avec la masse de leurs camarades et de gagner la majorité à leurs vues. Le même tract appelait aussi les soldats, s'ils étaient envoyés en Indonésie, à fraterniser avec les travailleurs et les paysans de justement pour leur indépendance. Le deuxième traet s'adressait ce pays combattant aux dockers en particulier et aux syndicats en général, leur demandant de soutenir la cause des soldats et de montrer deur désapprobation des huts impérialistes du gouvernement en s'opposant par la grève à tout ordre d'embarquement.

Ces deux tracts firent une très forte impression dans la lorsqu'ils furent distribués par des soldats la ville. Des meetings dans la rue eurent lieu dans plusidurs parties de la ville sous du rang et placardés ville, particulièrement sur les murs de

La rue eurent lieu dans les auspices du Comité de soldats. Les soldats et les travailleurs réagirent avec une sympathie massive. Des manifestations se déroulèrent dans la nuit de samedi dans L'indignation se répandait devant la sauvagerle des attaques de la police contre bataille les quartiers d'Amsterdam. avec la police militaire, au cours desquelles un soldat fut tué Le Comité de soldats grandissait constamment. dans une manifestants. Lundi matin, les employés des tramways d'Amsterdam mettaient les

Le mardi main suivis par les communaux, les dockers et les imprimeurs. Dans l'après-midi de mardi la grève était générale.

Le Revolutionnair-Communistiche Parti, section hollandaise de la IVe Internationale, fut la première organisation ouvrière, et la seule parmi les partis politiques, à proclamer sa sympathie avee les vues des soldats et à leur apporter un soutien total, par des tracts en son nom propre, par des affiches et en aidant à la fraternisation entre soldats et ouvriers.

Au point le plus élevé de l'action, les staliniens furent forcés d'en tenir compte joindre aux revendications générales. Dans un meeting de masse convoqué par eux à Amsterdam, la demande de cessation des hostilités en Indonésie et de la cessation des transports de troupes fut acclamée dans l'enthousiasme. Les staliniens promirent de porter l'affatre devant le Parlement et, sur cette promesse, les ouvriers. et les soldats acceptèrent de cesser la grève pour le moment.

Nous attirons l'attention de toutes nos sections et de toutes les organ/sations ouvrières sur ces événements extrêmement importants, et nous les appelons à de près leurs développements ultérieurs et à montrer leur solidarité envers les travailleurs et les soldats hollandais, particulièrement si des capitalistes de Hollande et leur gouvernement tentaient de prendre des mesures policières et judiciaires contre ces derniers.

Tan Malaka, Soebardjo et d'autres lutteurs indonésiens en danger de mort L'information suivante vient juste d'arriver d'Amsterdam : Frans Goedhart, ancien stalinien et actuellement député du parti réformiste « Partij van de Arbeid » au Parlement, est rentré récemment d'un voyage en Indonésie. Au cours d'une conférence de presse, il a déclaré entre autres choses :

« Tan Malaka, Soebardjo et 200 autres, qui ne sont pas communistes, mais soidisant trotskystes, et qui agissent dans le but politique de maintenir le chaos, passeront en jugement dans peu de temps. Il est probable qu'un certain nombre d'entre eux seront condamnés à mort. »

D'après nos camarades hollandals, le gouvernement Siahrir d'Indonésie est devenu quelque chose da peine meilleur que celui de Tehang-Kaï-Check en Chine. Il n'hésipas à assassiner Tan Malaka en vue de montrer aux impérialists hollandais qu'ils peuvent conclure tranquillement un compromis pourri.

Depuis lors, des communiqués parus dans la presse (dépêche de l'A.P. du 25 septembre de Batavia), montrent que dans la coulisse, il y a déjà eu des arrangements dans le sens de la reconnaissance par les impérialistes hollandais du gouvernement Sjahrir comme gouvernement « de facto ». En raison du refus obstiné des hollandais dans le passé de prendre une telle voie, ce fait est significatif et semble confirmer les appréhensions de nos camarades hollandais. Les camarades conclurent un appel : « Pouvez-vous fuire que toutes les sections envoient des protestations?» Dar

Nous faisons nôtre complètement la proposition du Revolutionnair-CommunisLische Parti de Hollande et appelons toutes les sections à promouvoir un large mouvement de protestation pour sauver Tan Malaka et ses courageux camarades de la menace d'exécution. Pour la libération immédiate de Tan Malaka et de ses camarades! Pour l'Indépendance complète de l'Indonésie!

IN INTERNATIONALE 47

FRANCE

Le 3° Congrès du P.C.I. Le Il1° Congrès du P.C.L. (section française de la IV: Internationale), s'est tenu ừ Paris du 7 au 11 septembre 1946.

Y assistaient environ 150 délégués dont 103 mandatés. Le Congrès a enregistré avec satisfaction les progrès accomplis par le Parti depuis novembre dernier.

Le rapport politique a donné lieu à une vive discussion politique qui se cristatlise autour de cinq motions différentes. lise autour de cinq motions dulerentes.

Nous publions ci-dessous le texte de la dégagée du Congrès, ainsi que celui de la l'ancienne majorité du Parti. Résolution majoritair

(adoptée par 52 mandats)

La situation n'a pas évolué - contrairement aux prévisions adoptées par le Il° Congrès du P.C.I. - dans le sens d'une attaque directe du pouvoir bourgeois par le prolétariat, à partir d'un commencement de transformation de la deuxieme guerre impérialiste en guerre civile.

Au contraire, la classe ouvrière, sans avoir subi de défaite décisive, a perdu l'importantes positions de combat, et une partie considérable de son pouvoir d'achat (législation antiouvrière et suppression du contrôle des prix aux U.SA.: Equidation en Europe des organisations armées et des comités populaires, ete...).

En France:

a) Les dernières élections montrent ue les partis bourgeois se sont renforcés. Les partis ouvriers traditionneis perdent des voix. Les 800.000 voix qui leur manquent pour maintenir leur proportion avec le bloc bouregols, leur enlèvent la majorité à la Constituante.

b) L'absence de luttes de ma ses depu's le II* Congrés signifie que, malgré les déboires dus à la politique de concessions incessantes des grandes organ sations ouvrières, les masses prolétariennes n'ont par abandonné leurs illusions dans la possibilité d'améliorer leur sort sans briser le cadre de la démocratie parlementaire bourgeoise.

c) Depuis août 1944, la bourgeoisie frança se a sans ceese consolidé sa domination politique sous la face de la démocratie bourgeoise parlementaire. Elle prépare maintenant le retour du Sénat, la destruction de l'école laique, le renforcement de motion de la nouvelle majorité qui s'est motion défendue par Marcoux-Frank, de e l'Exécutif et la restauration du pouvoir personnel.

d) La bourgeoisie a réussi à ranimer son F 18 P. economie, grace aux sacrifiees que le P.s. et le PC. ont fait accepter aux masses laborieuses. La ranimation économique crée les conditions favorables pour la lutte pour les salaires et, en général, pour les luttes revendicatives dans les entreprises.

e) Cette stabilisation politique et économique du régime bourgeois est très relative. car les difficultés financières, la disloention de l'Empire colonial et la faiblesse de l'équipement économique français par rapport à celui des Etats-Un's, engendreront de nouvelles crises.

La politique du P.C.I.

a) La volonté de la bourgeoisie d'instanrer un Etat fort qui tombe de moins en moins sous le contrôle des masses, fait des revendications démocratiques un levier puissant pour réaliser l'unité d'action des travailleurs contre le pouvoir bourgeois. A l'heure actuelle, avec la nécessité pour la bourgeoisie de réduire les libertés ouvrières pour conserver ses profits, chacune des revendications démocratiques (assemblée unique et souveraine, révocabilité des élus, représentation proportionnelle intégrale, suppression des écoles libres, enseignement laïque et nationalisé, etc.) prend une valeur d'assaut contre la dominaiion politique de la bourgeoisie.

b) Notre mot d'ordre « gouvernement P.S.-P C.-C.G.T. » tel qu'il était formulé par le II° Congrès, doit être abandonné. Un tel gouvernement ne peut plus être instauré qu'a l'aide d'une puissante pression

IV° INTER de la classe ouvrière dans la rue et dans les usines. Ce serait alors le « gouvernement ouvrier et paysan » appuyé sur les masses armées organisées dans des comités. La nécessité de cette forme de la dictature du prolétariat doit être patiemment expliquée dans la propagande. Elle ne peut faire l'objet d'une agitation en vue de la lutte directe et immédiatement possible. Ce qui est immédiatement possible, c'est la rupture de la coalition gouvernemenlale entre partis ouvriers et partis bourgeois, et le soutien des revendications ouvriéres par toutes les organisations de classe.

c) Le P.C.I. doit partir de toutes les Iuttes politiques et économiques, de toutes les revendications posées par les travailleurs; il doit intervenir dans ces luttes en proposant les revendications transitoires et en travaillant à l'unité d'action et au front unique. La lutte pour le Front unique est, pour le parti révolutionnaire, meillear moyen de démontrer aux.travailleurs qu'il est digne de la confiance des masses et que son programme est le seul juste.

d) En intervenant dans les luttes revenRésolution minorita

(46 m

La erise révolutionnatre. Issue des contradictions du régime capitaliste exacerbées par la guerre impérialiste, n'est pas terminée. La première vague caractérisée en France par l'apparition ou le développement d'organiemes de dualité de pouvoir (août 1944), a pu être canalisée par les dirigeants staliniens et réformi-tes. Leur tache a été grandement facilitée par laffaissement économique du pays, la présenec des troupes victorieuses de l'impérialisme américain, anglais et francais, enfin par l'absence d'un parti révolutionnaire vraiment lié aux musses.

De ce fait, aucune grande lutte revendicative n'a pu naitre pendant près de dix-huit mois. Ceci a fucilité le détournement de l'attention des masses vers la scène parlementaire, ce à quol ont tendu, d'une Tacon délibérée et consciente, les dirigeants staliniens et réformistes.

Cette vague a abouti pour les vieux partis ouvriers à la perte de la majorité sur le pian parlementaire, et au plétinement qui a marqué la période de la fin de la Il Constituante.

La deuxième vague est déclenchée par remise en marche de la production. L'absence de défaite importante de la classe ouvrière, au cours de la première vague, permet aux travailleurs de se laneer dans le combat revendicatif avee toutes leurs forces.

Ces luttes se différencient de celles qui se sont développées avant guerre, ou de

NATIONALE dicatives de la classe ouvrière, le P.C.L. doit:

- travailler au succès complet de ces luttes, même les plus élémentaires;

- lier chaque revendication au programme transitoire;

- mettre en avant le contrôle ouvrier comme le meileur moyen de garantir les avantages acquis en sapant le pouvoir bourgeois; défendre la démocratie ouvrière et l'unité d'action des travailleurs.

Sans se faire d'illusions sur la proximité de la prise du pouvoir par le prolétariat,

Pleinement conscient que la période qui vient est celle des combats de la classe ouvrière pour la défense de son niveau de vie et de ses libertés,

Convaincu de la nécessité pour le parti révolutionnaire de gagner au cours de ces luttes la confiance des masses ouvrières,

Le III° Congrès du P.C.L. appelle tous les combattants d'avant-garde du prolétariat à faire du P.C.I. le parti révolutionnaire de masses, instrument indispensable à la victoire du socialisme. ire Marcoux - Frank andats) celles qui ont eu lieu aux Etats-Un's, par exemple du fait que la bourgeoisie dispose plus de réserves pour accorder des satisfactions réelles aux besoins des masses. De là découle:

1o Une généralisation de ces luttes peut facilement briser la courbe de la reprise économique, en qui d'ailleurs rétrécit les possibilités déja étroltes de la bourgeoisie: - 20 Une général'salion des luttes peut aboutir à une crise algue sur le plan politique, rendant de plus en plus diffledle à la bourgeoisie le contrôle des masses travailleuses par les vieux partis ouvriers.

Parler dans ces conditions d'une stabilisation de la bourgeoisie, c'est en réalité «hypnotiser sur les faits du jour, hors de toute perspective générale. En réaltte, toute Tutte revend cative plus ample, entrainant de larges couches de la classe ouvrière, déborde fatalement du plan économique sur le plan politique, et peut rendre les masses réceptives au problème de la rupture de la coalition gouvernementale.

Dans ces conditions, le parti révolutionnaire doit détinir:

a) Une stratégie des grèves à partir des mots d'ordre revendicatif; b) Un ensemble de mots d'ordre démocratiques transitoires pouvant crever l'enveloppe de la démocratie bourgeoise et permettant à la fois la mobilisation des masses et leur passage sur la voie qui mène en définitive à la conquête du pouvoir;

IV° INTERN c) Des mots d'ordre permeltant d entralnermeltant d'entrainer les masses au niveau le plus élevé de leurs luttes, vers de combat pour le pouvoir:

Revendications et stratégie des grèves

Dans cette conjoncture, lá stnatégie du parti révolutionnaire, en co tui concerus les revendications cconomiques, part des deux préoccupations cardinales:

a) Le parti soutient toute revendieat on partielle mise en avant par les masses en lutte (même dans un combat isolé) pour In revalorisation de leur pouvoir d'achat, mais Il s'efforce de relier ces revendications aux mots d'ordre du minimum vital, de léchelle mobile et du contrôle ouvrier. qui, face à la hausse constante du cotl de vie. apparaitront comme une nécessité de plus en plus ev dente pour les masses. Seuls ces mots d'ordre peuvent poser concrètement la question d'une revalorisation réelle du pouvoir d'achat et permettre de surmonter les particularités corporatives et géographiques, comme ils auraient dû le faire dans la grève des postiers. En outre, ils portent atteinte à l'équilibre de l'Etat bourgeois.

b) Le part! lutte pour Textension et la généralisation de chaque lutte. Cette génénalisation est possible aujourd'hui sur la base de la préoccupation de l'ensemble de Ia classe ouvrière, de revaloriser son pouvoir diachat.

e) Dans la période qui s'ouvre, les luttes revendicatives se déclencheront et se dérouleront souvent contre la volonlé des dirigeants traîtres, Pour vaincre cette opposition, pour entrainer dans la lutte l'en-

-emble des ouvriers et pour leur donner une direction de combat unie, le parti propage l'idée de la constitution des comités de grève, élus par la base, et foncfionnant sous son contrôle.

d) La lutte d'une opposition révolutionnaire dans les syndicats ne s'oppose pas.

mais au contraire con-titue un des points d'appui principaux pour lancer et propager l'idée des comités de grève.

e) Dans la même perspective, nous aurons la possibilité de remettre à l'ordre du jour le mot d'ordre de milice ouvrière que pose en termes concrets l'apparition de piquets de grève.

1) Le parti lutte également pour la cons titution de comités populaires du ravitaillement.

Mots d'ordre démocratiques transitoires

Dans la période actuelle de crise révotionnatre et face a la nécessité, pour la bourgeoisie, d'imposer un pouvoir fort. les mots d'ordre démocratiques sont particu

Merement aptes a réveiller l'intérêt des masses dans la lutte politique, à les mobiliser pour des objectifs compréhensibles pour elles et à les entraîner à crever l'enveloppe de la démocratie bourgeoise. Ces mots d'ordre démocratiques employés en tant que mots d'ordre d'action des mas- lATIONALE 49 loin d'entretenir les illusions parleBeS, mentaires des masses, servent au contraire MES, à les dissiper. Le parti révolutionnatre ne doit pas se réfugier derrière l'apathie des masses a l'égard des mots d'ordre démocrat ques, ma.s au contraire a le devoir de les mobiliser. Face à la Constitution et au Parlement qui en résulteront, et qui préparent la liquidation des libertés ouvrières et de la démocratie hourgeoise dans son ensemble, le parti rétitutionnel qui permet aux masses de faire la transition de leurs illusions démocratiques actuelles vers la compréhension de la nécessité de la démocnatie coviétique (tel qu'il a été exprimé dans la « Vérité ») :

a) Chambre unique et souveraine, élue sur la base de la représentation proportonnelle, révocabilité des élus au gré des électeurs.

A bas le Sénat (toute seconde Assemblée).

Pas de Président de la République.

b) Election dans les organes judiciaires, militaires et administratifs. de tous les magistrats, a tous les degres, et revocabilité des élus au gré des electeurs.

c) Dissolution de l'armée, de la police.

garde mobile, ete., armement du peuple et instruction militaire des travailleurs sous le contrôle des syndicats, reconstitubon des gardes civiques.

Pd) Autonomie des communes, Paris inclus, et des départements, suppre sion des préfets et de la Préfecture de police.

Be) Défense de toutes libertés: presse, réunions, associations, grèves.

écoles teres et des congreations religieu 1) Défense de la laïcilé d's olution des ses.

Eg) Droit des peuples à disposer d'euxmêmes, retrait des troupes françaises de

1' « Empire » et des zones occupées, indépendanee complète du Viet-Nam, de l'Afrique du Nord et de toutes les colonies.

Th) Abolition de la démocrate secrète.

publication de tous les traités, abolition des réparations.

Débordement du stalinisme

Get gouvernement ouvrier et paysan L'opposition des dingeants bureaucratiques aux luttes ouvrières rend objectivement poss ble le débordement du stalinisme el du réformisme, et rend objectivement possible le révolutionnaire.

1o Cependant le du arbordement caractère hétéroge développement du parti rylhme et l'extension sont subordonnés

ALE ne des différentes comches de la clas e ouvrière, à l'entrée de ces couches, à des moments différents. dans la lutte el a tampeur ameront d dans la lutte et à l'ampleur dillérente de leur combat;

20 En outre, l'hostilité présentée par la bourgeo sie alla poltique stalinienne de conquête de l'Etat met un cachet pseudorévolutionnaire aux mesures réactionnaires

IV* INTERNATIONALE du P.C.F. et ralentit encore le rythme du débordement

En somme, cela signifie: a) Qu'il faudra une série d'expériences successives, de victoires et même de défaites, à l'échelle de l'entreprise ou de la corporation, avant que des masses très larges se détachent complètement du sta-

Ini sme.

b) Que même quand le débordement du stalisme se sera produit à une grande échelle (par exemple, greve generale). i restera probablement encore à l'ensemble des masses laboneuses à fatre l'expérience des vieux partis au pouvoir.

Au moment où les masses entrent sur une large échelle en Jutte contre la bourgeoste (mobilisation des masses sur la base revendicative ou des mots dordre démocratiques trans toires), elles sont perméables à l'idée de la rupture de la coalition gouvernementale avec les partis bourgeos et à l'instauration d'un gouvernement ouvrier et paysan. A ces moments, le parti révolutionnaire concentre toute son agitaton sur ce mot d'ordre. Les grèves

« Les mouvements de grève qui se manifestent depuls quelques semaines ne s'apaisent ici que pour reprendre là. A la grève des postiers a succédé celles des fonctionnaires des Finsaces et des ageats des régies financières. Nous sommes mantenant menacés d'une grève des employés de banque et d'une grève de la police, » Ainsi s'exprimait « Le Monde » du 26 septembre.

Depuis un mois, une épidémie de grèves sévit en France, qui concernent toutes une revalorisation des salaires et traitements, quelle que soit la forme part culière que cette revendication prend dans chaque corporation. Un aspect de ces grèves et qu'elles se produisent en dépit des directions syndicales ou, comme dans le eas des fonctionnaires des Finances, en accord avec leur syndicat de catégorie. mais en opposition avec l'instance syndicale supérieure, l'Union Générale dea Fédérations de Fonctionnaires. Une autre caractéristique llée à celle-ci, c'est toppositon ouverte des drigeants du Parti Communiste, tandis que les chefs socialistes se permettent l'hypocrisie de dire leur accord avee les revendications tout en déplorant et en condamnant les mouvements. Enfin, il faut aussi observer que ces mouvements partent et conservent plus d'ampleur en province cul Paris, du fait que c'est dans la capitale que se fait sentir le

Aussi longtemps que les dirigeants du parii socialiste, du P.C.F. et de la C.G.T.

seront suivis par de très larges couches des masses laboreuses, le mot d'ordre gouvernemental ouvnier et paysan se concrétisera sous la formule gouvernement

P.S.-P.C.F.-C.G.T.

Le parti révolut onnaire entend donc :

a) Partir du sentiment sain des masses qui veulent rompre avec la bourgeoisie:

b) Lutter pour cette rupture, car elle favorise le passage des masses à une étape plus haute des luttes.

Cependant, un gouvernement P.S.-P.C.F.-

C.G.T. ne peut etre un gouvernement ouvnier ou pay an que dans la mesure où il "mers de ne sier aapplique un programme de véritable déde la classe ouvrière contre la bourgeoisie. Une politique pareille ne peut surmonter le sabotage constant de la bourgeoisie qu'en s'appuyant sur l'action et les organes autonomes des masses, en s'ontentant vers une politique hardie d'expropriation des banques et des trusis, et en appliquant une politique d'internationalisme prolétarien. plus lourdement le poids des appareis bureaucratiques.

Dans la grève des fonctionnaires des Finances, un comité de grève fut constitué. mals bureaucratiquement, par l'appareii ébranlat fortement tout le fonct onnement syndical lui-même. mouvement quide l'Etat qui ne pouvait ni effectuer ses palements, ni recevoir les impôts, voyait ses frontières traversées au grand qui jour par des milliers et des dizaines de milliers de fraudeurs, tourna court, en l'absence d'une généralisation du mouvement et même d'un torpillage ouvert par les dirigeants staliniens du syndicat des instituteurs.

Dans ce pullulement de grèves, la question de leur généralisation nécessaire pour aboutir à une victoire réelle (alors que les 25% du mois de juillet ont déjà été engloutis par la hausse du coot de la vie) ne peut être réglée qu'en relant les revendications de catégories à des revendientions générales, celle du salaire minimum vital et celle de l'échelle mobile. C'est ce que propagent les militants du P.C.I. et la « Vérité ». Dans les mouvements actuels qul, d'une façon générale, n'aboutissent a rien de précis. ni à une victoire, ni à une défaite, va mürir l'idée de la grève générale sur un programme commun à tous les travailleurs.

BELGIQUE La grève des

Un mouvement d'une force peu commune s'est déclenché dernièrement dans les ports de Belgique, La bureaucratle syndicale de la Centrale du Transport a été complètement débordée. Pur ses trahisons successives, par son attitude dictatoriale, elle a ouvert les yeux de milliers de dockers. Brisant tous les freins, ceux-ci s'engagent dans la voie qui leur permet d'aborder la lutte contre le patronat et l'Etat capitaliste dans de meilleures conditions. Ils trouvent dans leurs Comités d'Action et de Grève le moyen de mener ane lutte autonome de classe pour leurs revendications.

Les causes de la grève. — Tous les jours les dockers doivent se présenter deux voire trois fois à l'embauche. Ils restent ainsi à Anvers près de quatre heures à la d'sposition du patronat. S'ils ne se présentent pas au « marché d'esclaves », ils ne reçoivent pas leur contrile. C'est contre ce sy-tème d'embauche que les dockers luttent depuis des dizaines d'amnées et exigent l'applcation d'un système d'embauche à tour de rôle, revendication que les patron et les bureaucrates syndicaux craignent comme la peste, car elle leur enlève Tarme du favonit'sme. A cette revendication les dockers joignent depuis longtemps celle de la sécurité d'existence qui consiste en une indemnité décen e pour les jours où ils ne trouvent pas d'embauche. Si l'on ajoute à cela les salaires de famtne, l'aversion des dockers envers les dirigeants de la Centrale du transport, le contrat signé par leurs dirigeants en ce qui concerne la sécurité d'existence, le licenciement de près de 6.000 dockers à Anvers, on peut avoir une Idée des causes du présent conflit.

Les dirigeants syndicaux vendus. — Il y a un mois, les dirigeants publiaient qu'ils avaient signé avec la Fédération Maritime (patronale), un contrat surda sécurité d'existence qui accordalt aux ouvriers non embauchés une indemnité de 90 francs par jour. Ils y ajoutaient que les pères de famille continueraient à toucher les fomille pontinnersient 3 tonehey leg allocations familiales.

Les dockers se méfiialent de cette « vietoire », ils appréhendaient que des concessions aient été faites aux patrons et que c'était une manœuvre contre le système d'embauche à tour de rôle. Et ils avalent raison.

La première de ces concessions tomba comme un coup de massue. Six mille dockers recevaient une lettre leur signifiant qu'ils n'étaient plus considérés comme dockers. Cette provocation reçut une

ATIONALE 51 dockers réponse immédlate : tous les dockers cessèrent Je travail à Anvers.

Ainsi les dockers purent ce rendre compte du prix payé par la bureaucratle pour les avantages obtenus. Avant tout c'était une attaque contre le droit de grève, car en cas d'arrêt du travall l'indemnité n'aurait pas été versée. Deuxièmement, en échange, la bureaucratie syndicale faisait cadeau du paiement des journées fériées légales. Encore plus, elle admettait de considérer l'index salaire, qui est eflectivement à 196, comme etant a 210, consacrant ainsi a l'avenir une baisse de 14 %.

La grève s'étend: les travailleurs crééent leur propre direction. - Des le début de la grève, des Comités d'Action et des Comités de grève se formèrent. Ces Comités étaient formés d'environ 40 dockers de toutes tendances politiques. Les mensonges et la trahison de la bureaucratie syndicale, au lieu d'affaiblir ces Comités, provoquerent une puissante sol darité entre les Comités et la masse des dockers.

Lorsque les bureaucrates synd caux. de concert avee des centaines de policiers. installèrent des pick-up pour persuader les dockers de reprendre le travail, des milliers de vox demandèrent que Vanden Branden (stalinien) et Doremans (syndicaliste internationaliste) parlent. Les bureaucrates allèrent Jusqu'à provoquer Van den Granden pour le faire arrêter par la police avec deux autres travailleurs. Ceci entraina une pussante man.fe-tation devant la Mairie et le Palais de Justice et ils furent relâchés.

La bureaucrate organisa des réunions séparées dans les communes environnantes pour essayer de racoler des travailleurs arriérés et des jeunes.. Elle camoufla quelques employés de la régionale en dockers pour leur de l'embauche...

Le 2 septembre début de la grève faire jouer la comédie trois jours après le à Anvers, les dockers de Gand, sans connaître les origines de la grève, et sans contact, se mirent en grève à leur tour. A Bruxelles, un petit port. les dockers se mirent aussi en grève. Craignant que les grévistes n'aillent rejoindre le syndicat exelu, les dirigeants du Syndicat Chrétien et de la Centrale des Transports donnèrent leur accord pour l'arrêt du travail.

Les staliniens trahissent à leur tour. — L'ampleur prise par cette lutte risquait en se prolongeant, après avoir tenu en échee les réformistes et les bureaucrates

IV° INTER syndicaux, de tenir en échec aussi pour les staliniens.

Ayant reçu les instructions de son Parti,

Van den Branden, principal représentant des staliniens dans le Comité d'Action dut briser la discipline du CA. et lancer en son nom personnel une circulaire dans laquelle abandonnait la revendication qu'il avait défendue durant la grève: celle

ETATS-UNIS

La grève des

La grève générale nationale anese par l'A.F.L. Maritime Unions, après avoir paralysé tout transport marilime pendant une semaine, s'est terminée pur une vietoire des grevistes le 15 septembre. Mais alors que les 500.000 grévistes de l'A.F.L. Maritime Unions reprenaient le travail, Je C.I.O. Maritime Union donna l'ordre de grève pour les mêmes revendications que celle de TA.F.L. Maritime Unions et 300.000 narins affiliés au C.I.O. se mirent en grève à leur tour.

En juin dernier, les marins syndiqués obtinrent une importante augmentation de salaires à la suite de négocations appuyees par une courte greve, Les armateurs durent céder sur l'auginentation, mais le « Wages Stabilisation Board (Organisme gouvernemental pour la stabilisation des salaires) rejeta les accords SouS prétexte que les augmentations étaient trop élevées et « inflationnistes ». Un vote de grève fut immédiatement lancé par PA.FL. Maritime Unions qui provoqua la greve generale nationale le 6 septembre. Immédlatement le C.I.O. Marilme Union apporta son soutien, car l'issue de la grève intéressait également les deux syndicats. En juin dernier ce fut TA.E.I.. qui avait appuyé de la même facon la menace de grève lancée par le C.I.O. obligeant ainsi le gouvernement 4 abandonner son projet de briser la grève.

Le « Wages Stab l'sation Board » repoussa à nouvean les demandes d'ausmentation de salaires pour le 12 septembre formulées par les grévistes qui réclamaient 2150 dollars par mois pour les marins de la côte Est et 22.50 dollars par mois pour ceux de la côte Quest. Des préparalifs pour une grève générale nationale étaient en cours lorsune le Président Truman intervint par-dessus la tête du « Wages Stabilisation Board » et accepti les revendications des marins. Les marins

NATIONALE du système d'embauche à domicile. Il em-

CA. d'Anvers, renforcé par les délégations pêcha aussi la d'Action National. constitution En pleine réunion d'un Comité du venues de Gand et de Bruvelles, il déserta son poste de secrétaire.

Peu après la grève se terminait. les ouvriers ayant reçu au moins une satisfaction partielle. marins des remorqueurs et les dockers avaient deja cessé le travail; les marins affiliés au C.L.O. et à lA.F.L, avaient formé des piquets dans tout le pays. Au même moment continuait la grève des 6.000 camionneurs de l'A.F.L. à New-York. Le Maire O'Dwyer a utilisé de puissantes forces de police pour empécher les piquets de stopper les camions qui ne s'étalent pas joints a la greve. Malgré l'ordre de reprendre le travail, lancé par Daniel Robin, le dirigeant réactionnaire des Teamsters Union (camionneurs), la grève continuait. Le Maire O'DWyer déclarait qu'il s'agissait « de la pire révolte des syndiqués dans l'histoire des ouvriers camionneurs ».

Le 21 septembre, après 17 jours, le Syndicat Indépendant des « Maritime Firemen » de la côte Ouest et le Syndicat des marins affiliés au C.I.O. donnèrent l'ordre de cesser la grève. Là & U.S. Maritime Commission » réunie à la hâte avait été obligée d'accepter que des salaires égaux soient payés à tous les marins américains sur la base des augmentations obtenues par les grévistes à l'AJF.L. Au cours de la grève, les marins affiliés à T'A.F.L. Maritime Union qui avaient repris le travail après avoir obtenu satisfaction le 13 septembre refusèrent de passer le barrage des grévistes affiliés a C.I.O. Maritime Union qui continuaient toujours la grève.

La solidarité sans précédent de tous les marins - A.F.L., C.LO. et Indépendants -a permis d'arracher l'égalité des salaires au taux le plus élevé qui ait jamais été obtenu dans la marine marchan.le.

Elle força Egalement l'organisme Trumen, le « Wages Stabilisation Board» à revenir sur une décision tendant a dminuer de 10 dolers par mois les augmentations de salaires négociées par P'A.F.L. Maritime Union.

Les salaires de base obtenus sont de 172,50 dollars pour les marins et de 177,50 dollars pour les speclalistes, De plus les marins qui faisaient 5o heures en 1ser. obtinrent le palement de 8 heures * P. mentaires pour les dimanches en vertu de l'accord sur le semaine de 48 beures de travail. arraché dès le 15 juin par ies syndicats du G.1.0.

Celle grève fut la plus imporlante de

JAPON Grèves gran

Un réveil grandiose du mouvement ouvrier japonais englobant presqu'un million de travailleurs - un tiers des forces ouvrières organisées - a commencé, le 10 septembre, à Tokio par une grève ginérale totale du Syndicat des marins japonais. Celle-ci fut suivie peu de jours après par une grève de 536.000 trava leurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organisés dans le Syndicat National Agraire du Japon.

Cette puissante grève se poursuit contre le décret dictatorial promulgué par le général Mao Arthur il y a deux semaines, décret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant « les grèves, abandons de travail et autres formes d'arrêt de travall-».

Ce décret de style hitlérien ainsi que la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de grève réussirent à briser une grève de trois jours des marins à Sasebo.

Pendant la nouvelle grève, suivant les rapports syndicaux, 3.899 bateaux ont été immobilisés. paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des grèves de solidarité du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins Cotlers ajontèrent 60.000 grévistes Aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitté les bateaux. Plusieurs équipages. japonais de Liberty Ships qui

ATIONALE 53 toute Thistoire des syndicats de marins. go1 pas par le nombre des grevistes mais put la solidarité entre deux centrales syndicales qui s'étaient âprement combattues dans le passé. Ceci représente bien une nouvelle etape dans la lutte de la classe ouvrière américaine. La sondarne du mouvement ouvrier s'accroit et avec elle les revendications politiques des ouvriers américains. Lioses

Le syndicat déclana que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas néces-aires, mais d'après le « Christian Science Monitor » du 12 septembre, « peuvent à l'heure aetuelle représenter un effort pour arrêter la croissance du mouvement ouvrier sous prétexte de nécessites économiques ».

Le Congrès des syudicals ouvriers (équivalent du C.IO.- américain) a O1donné aux principales centrales alilliées de se mettre en grève et de tenir bon jusqua ce que « le gouvernement idactonnaire de Yoshida s'effondre ».

L'ordre de grève a été donné aux mineurs, aux metallos, aux travailleurs des industries chimiques. aux mmprimeurs aux électriciens et à d'autres corporationsLa grève des travailleurs agricoles suit lordre de grève de la C.G.T. japonaise, étant donné limpossbilité d'arriver à un accord entre le syndicat et les grands proprétaires fonciers sur Taugmentation des. salaires et les conventions collectives.

La C.G.T. japonaise est forte de1.600.000 membres, comprenant 600.000 cheminots. La Fédération Générale des Cheminots à aussi lancé lordre de grève à la suite de la menace du gouvernement de Icencier 75.000 cheminots sous prétexte

« d'économiser ». le même prétexte utilisé pour menacer les marins d'un licenciement massif.

Le Gouvernement est accusé. — Le Synd'cat des cheminots accuse le gouverneurnt de ne s'occuper que de payer les

Interets des bons de défense nationale émis pendant la guerre, et ceci aux dépens des ouvriers. Ce sont les mèmes pron capilalistes japonais qui treat mas sacrer les travailleurs durant ln guerre impérialiste, qui profitent aujourd'hui de ces paiements et sont protégés par Mae devaient retourner joints à la grève.

Les revendications

Syndicat des marins aux U.S.A., se sont des marins. - be

Japonais exigeait une augmentation de 100% % des salaires. De " plus, les marins étaient fermement dele bonvermement de praliser sa menace de licenciement de 80 % des marins, sans consultation avec les syndicats.

Arthur. Le Syndicat se prépare à la grève ne règle la question, le droit de regard du pour protester contre, le fait que ce sont les travailleuns qui sont les vietimes des * defeits » faits « dans le but de mener la guerre ».

Cette menace de grève a fait reculer le gouvernement. et le Ministère des Transports a retiré ses ordres de licenclements massifs. Le Syndicat des cheminots par la suite adopta une attitude de trève temporaire.

VICTOIRE DES MARINS

Après dix jours de grève, celle-ci se termina par une victoire des principales revendications des marins.

D'après une dépêche de l'A.P., le Comité de la Marine Marchande Civile accepta qu' • aucun Icenciement n'aurait lieu avant qu'une commission commune

AFRIQUE DU SUD La grève des m

Le 11 août 1946 commença la plus grande grève des travailleurs africains noirs, la grève des mineurs africains de WItwatersrand. Ces travailleurs, les plus opprimés et les plus arriérés d'Afrique du Sud, secouèrent et terrorisèrent pendant quelques jours, par leur action de masse, les magnats des mines d'or qui sont l'épine dorsale de la classe dominante en Afrique du Sud. Jamais on n'avait vu une telle terreur et une telle hystérie se répandre dans la presse capitaliste que durant cette grève.

La grève avait tonché environ 100.003 travailleurs de 15 mines ou plus, dont 8 craient complétement arrêtées, parmi lesquelles se trouvèrent de très importantes mines du Reef, comme City Deep. Robinson Deep. Nourse Mines, Brakpan Mines, New Kleinfontein. Van - Byk, Marievale, Van Ry Estates, Sub-Nigel et d'autres.

La grève fut décidée le 4 août lors d'un meeting de masse des mineurs au Market Square de Johannesbourg. Cette décision resard du Syndicat sur les questions personnelles, l'augmentation moyenne des salaires 35 % pour tout salaire de moins de 550 yens (33 dollars) par mois: allocations familiales, assurances sociales et fonds pour les activités culturelles ».

D'après une dépêche de Tokio « Christian Science Monitor » du 17 septembre, « trois jours avant la in de la greve, des équipages américains de Libertly Ships à Yokohama, ou environ 70 navires japonais sont bloqués par la greve, sympathisèrent avec les grévistes Japonais et manitestèrent à plusieurs reprises leur désir de se joindre à la grève ».

La grève des marins avait entrainé près de 1.000.000 de travailleurs, le tiers des forces organisées du mouvement ouvier, comprenant les princ paux syndicats affiliés à la C.G.T. japonaise ainsi que les travailleurs agricoles organisés. ineurs du Rand dait que très rarement aux lettres du Syndicat. Même les modestes recommandations de la Commission Lansdown deenquête sur les salaires dans les Mines en 1943, furent presque totalement ignorées par les patrons. Le salaire actuel des mineurs africains est le même qu'en 1900. Les principales revendications des grevistes etaient un salaire minimum de 10 shillings par jour et de meilleures conditions de travail.

La classe dominante était consciente de l'importance vitale de cette grève : qui menaçalt le cœur de tout le système d'oppression des Dianes dans ce pays et tous les moyens turent employés pou: l'écraser brutalement. Pendant cinq jours les travailleurs tinrent bon face a la pollce qui fit preuve d'une violenee et d'un terrorisme encore jamais vus dans le pays Jamais encore il n'avait été aussi clairement demontre que sous le regime capitaliste, les forces de police sont l'instrument de la domination des espitalistes et des millionnaires des mines dior sur les travailleurs exploités et opprimés. tantionna contut

La grève fut brisée à coups de mitraillettes, de triques et de fusils dans une vague de terrorisme et de violence sans précédent dans l'histoire des conflits du travail de ce pays. Dans les mines ellegmêmes on assista à des scènes de violenfut prise après des années et modestes revendications auprès de la Chambre des

Gouvernement. D'après une de patientes du Syndicat

Mines et du déclaration du Comité Exécutif du Synd'cat, ces revendications furent continuellement ignorées par la Chambre des Mines qui ne répon-

IV INTERN ce exacerbée lor la pollee tira à plusieurs repri travallleurs africains qul ne endalent qu'avee des batons et plerres. A plusieurs reprises la pollee ohargea à coups de triques pour repousser les travailleurs dans les pults.

Le mardi 13 ao0t, les grévistes de l'East Band se rassemblèrent pour marcher vers le bureau de la Chambre des Mines et de Ja & WIlwatersrand Native Labour Association » à Johannesbourg, afia de poser leurs revendications aux propriétaires des mines. Près de Brakpan, la police armée les arrêta et leur ordonna de retourner en arrière. Les grévistes marquèrent leur refus en s'asseyant dans la rue d'une attitude déterminée. La police chargea alors les grévistes à coups de triques. Devant cette sauvage attaque de nombreux grévistes s'enfuirent. La police pour uivant les grévistes isolés à travers les barrieres, les champs et les fossés blessa des dizaines de travailleurs noirs sins néfense, en les frappant à coups redoublés.

Le lendemain, mercredi, des scènes semblables eurent lieu lorsque les grévistes de la mine Simmer and Jack près de Germiston, tentèrent de marcher sur Johannesbourg « pour voir la Chambre des Mines ». A leur tour ils furent assaillis par la polis lourdement armée et transporice dans des camions militaires. Des témoins oculaires déclarent que des postes de n ltrailleuses furent installés aux points stratégiques de la Reef Road Joignant Johannesbourg à l'East Rand. De nombreux travailleurs furent gravemeat blessés et transportés à l'hôpital.

Le samedi 17 août la grève était finie. Ellé avait été écrasée dans le sang, brisée par la puissance de la machine d'Etat. Les dirigeants le la grève furent arrêtes, les locaux syndicaux perquis tionnés et des membres du syndicat ainsi que quelques Hindous ou travailleune noirs qui avaient distribué des tracts aux travailleurs furent arrêtés. Dans une rafle destinée à ramasser toute personne liée à la grève, de nombreux imprimeurs furent perquisitionnés et les tracts de la grève confisqués. Les locaux du Parti Communiste furent perquisitionnés et les documents

ATIONALE 55 confisqués. Le secrétaire de Johannesbourg. du Plessis, fut arrêté et quelques travailleurs hindous, noirs et chinois sont train de passer en jugement comme agitateurs et pour avoir incité à la grève.

Jamais une grève du Rand nilavait eu de si larges répercussions. Un appel à la grève génénale fut décidé et on sait que 1.000 ouvriers du tabac déclenchérent une grève de solidarité. La grève générale fut arrêtée par les menaces de la police (Interdiction du meeting du 15 août à Market Square en y envoyant des forces de police et en placant des escouades de police partout ou les travailleurs pouvaient se rassembier - stations d'autobus, de chemin de ter. ele... - la police appréhendant tout individu appelant les Africains a continuer la greve) et du tait que les altaques des forces policières avalent réussi à écraser la grève des mines avant que ne puisse s'organiser la grève générale, ce qui a découragé et désorienté les travailleurs des autres industries.

Une grève de 10.000 travailleurs de Prétoria décidée pour le lundi 19 août échoua à cause de la police et surtout du fait que la grève des mines était terminée.

Il est évident qu'il manque une organ.sation suffisante pour organiser et diriger une action aussi importante qu'une grève générale. Néanmoins, si les mineurs avaient pu tenir quelques jours de plus, il est tres probable qu'une grève très étendue (sinon générale) se serait produite dans les autres industries. Cela aurait certainement stimulé la grève des mineurs, l'aurait renforcée et lui aurait permis de s'étendre à de grandes mines comme Crown Mines, E.R.P.M. et Consolidated Main Reef, qui n'ont pas été touchées par la grève.

Cela aurait été un barrage contre is classe dom'nante! On ne sait jusqu'au une telle explosion aurait pu aller... La force policière aurait été incapable de briser une telle grève et rien n'aurait pu l'arrêter si ce n'est l'appareil militaire, Les conséquences en auraient certainement été un pement d'organisme de dualité de pouvoir la guerre civile. (Reportage envoyé par des camarades Sud-Africains)

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