(Extrait de l'article « Après Munich 1938 »)
Une guerre impérialiste, commençant dans n'importe quelle partie du monde, sera engagée non pas pour « l'indépendance nationale », mais pour une nouvelle division du monde dans l'intérêt de cliques particulières du capital financier. Ceci n'exclut pas qu'au cours de la guerre impérialiste celle-ci peut améliorer ou aggraver la posicion d'une des ‹ nations ›; ou, plus exactement d'une nation aux dépends d'une autre. Ainsi, le Traité de Versailles causa le démembrement de l'Allemagne. Une nouvelle paix peut être cause du démembrement de la France. Des « Social-Patriotes » invoquent précisément la possibilité de ce futur péril « national » comme argument pour soutenir en ce moment « leurs » bandits impérialistes.
En réalité tous les arguments de cette sorte et l'évocation peureuse de la menace de calamités nationales afin de pouvoir soutenir telle ou telle bourgeoisie impérialiste découlent du rejet tacite des perspectives et d'une politique révolutionnaires. Naturellement, si une nouvelle guerre ne se termine que par la victoire militaire de tel ou tel camp impérialiste; si une guerre n'appelle ni un soulèvement révolutionnaire ni une victoire du prolétariat; si une nouvelle paix impérialiste, plus terrible encore que celle de Versailles impose pour des décades de nouveaux enchaînant les peuples; si la pauvre humanité se soumet et supporte tout cela en silence, alors non seulement la Tchécoslovaquie ou la Belgique mais aussi la France peuvent être rejetées au iang de nations opprimées (la même hypothèse peut être envisagée pour l'Allemagne). Dans cette éventualité la décomposition effroyable du capitalisme entraînera le recul de tous les peuples pour plusieurs décades à venir. Naturellement, si cette perspective de passivité de capitulation, de défaites et de déclin se réalise, les masses opprimées et des peuples entiers seront forcés de grimper à nouveau, versant leur sueur et leur sang, rampant sur leurs mains et leurs genoux, la voie historique qui a déjà été une fois parcourue.
Une telle perspective est-elle exelue? Si le prolétariat supporte sans fin la direction des social-impérialistes et des communo-chauvinistes; si la IV• Internationale s'avère incapable de trouver une voie vers les masses; si les horreurs de la guerre ne poussent pas les ouvriers et les soldats à la rébellion; si les peuples coloniaux continuent à saigner patiemment pour les intérêts de leurs maîtres, alors dans ces conditions le niveau de la civilisation baissera inévitablement et le recul et la décomposition générale pourront à nouveau inscrire à l'ordre du jour des guerres nationales en Europe. Mais alors, nous ou plutôt nos fils, devront déterminer leur politique, en ce qui concerne les prochaines guerres, d'après la nouvelle situation. Aujourd'hui nous n'envisageons pas la perspective du déclin, mais celle de la Révolution. Nous sommes défaitistes aux dépends des impérialistes et non aux dépens du prolétariat. Nous ne lions pas la question du destin des Tchèques, des Belges, des Français et des Allemands en tant que nations aux changements épisodiques des fronts militaires au cours d'une nouvelle rixe des impérialistes, mais au soulèvement du prolétariat et à la victoire sur tous les impérialismes. Nous regardons en avant et non pas en arrière. Le programme de la IV° Internationale déclare que la liberté de toutes les nations européennes, petites et grandes, ne neut être garantie que dans le cadre des Etats-Unis Socialistes d'Europe.