1. - Pendant l'action militaire directe de l'impérialisme allemand contre l'U.R.S.S., notre attitude envers la bureaucratie russe était celle d'un Front Unique pour la défense commune de l'U.R.S.S. : c'est-i-dire que, tout en menant notre propagande révolutionnaire contre Staline et tout en démontrant la nécessité de son renversement, nous remettions l'opportunité de cette tâche r i l'étape suivante la plus proche possible » (Trotsky), à savoir, quand la menace militaire directe contre F'U.R.S.S. serait éloignée.
Cette étape est aujourd'hui atteinte. L'Allemagne nazie est sur le point de succomber, et l'U.R.S.S. porte la guerre victorieuse loin de ses frontières.
Cest pourquoi nous remettons à nouveau à l'ordre du jour la nécessité de la chute immédiate de Staline.
2. - Etant donné que ce qui reste actuellement en U.R.S.S. des conquêtes révolutionnaires d'Octobre se réduit essentiellement à l'économie étatisée et planifiée, tout emploi dans notre propagande de formulations telles que « Etat ouvrier» tout court, « Etat soviétique », • bastion avancé de la Révolution », ete.... qui dissimulent le fait de la liquidation en U.R.S.S. de la gestion et du contrôle des masses sur l'économie étatisée, done d'un élément qui est inséparable à la notion de l'Etat ouvrier, n'est qu'erroné et dangereux.
3. - Dans les territoires qui sont en voie d'annexion à IC.R.S.S. pour renforcer sa défense stratégique (Carélie finlandaise, pays baltes, Pologne orientale, Bessarabie), la bureaucratie russe est obligée, pour ne pas partager ses privilèges avec la bourgeoisie de ces territoires, de procéder à l'étatisation de leur économie, et par cela elle accomplit une tâche relativement progressive.
Mais, pour que l'étatisation de la propriété dans ces territoires devienne la base d'un développement réellement progressif, c'est-a-dire socialiste, il est nécessaire de renverser la bureaucratie stalinienne.
Ainsi les partisans de la IV* Internationale dans ces territoires, tout en s'efforçant d'entretenir des rapports amicaux avec l'Armée Rouge, tout en prenant a part la plus active a l'expropriation des proprietaires fonciers et des capitalistes, à la répartition de la terre aux paysans, à la création des soviets et des comités ouvriers, etc.... maintiennent la mème attitude qu'en C.R.S.S., à savoir : la lutte révolutionnaire pour le renversement de Staline.
Les partisans de la IV* Internationale reconnaissent aux masses de tous ces territoires le droit de disposer d'elles-mêmes poussé jusqu'à l'autonomie complète.
4. - Dans les pays qui sont ou qui seront temporairement occupés par l'Armée Rouge (Finlande, Pologne occidentale, Tchécoslovaquie, Hongrie, Houmanie, Bullgarie, Yougoslavie, Allemagne), la bureaucratie russe, tout en favorisant certaines réformes sociales, principalement la réforme agraire, brise l'élan révolutionnaire des masses et tache de maintenir leur action dans les cadres du régime capitaliste. Les partisans de la IV* Internationale dans ces pays, tout en développant leur propagande de fraternisation avec l'Armée Rouge, contre Staline, doivent pousser au développement d'un mouvement autonome masses et les éduquer dans un esprit de méfiance et de vigilance à l'égard de l'Armée Rouge, instrument de la bureaneratie russe. Elles doivent s'opposer, le cas échéant par les armes, à toute tentative de l'Armée Rouge de désarmer leurs milices ouvrières, de réprimer leurs grèves, de dissoudre leurs soviets, leurs comités d'usine, ou de leur imposer de anelle facon one ce soit son contrôle réactionnaire.