Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Une lettre au C.C. du Parti communiste bulgare

10 avril 1956 · Secrétariat international · Le IVe Congrès mondial et après (1954-1957) · 608 mots

Texte lu par machine (OCR) sur le scan de la revue : il contient des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan.

Camarades,

Votre organisation est en train de reconnaître les erreurs et les crimes commis contre toute une série de militants révolutionnaires, et de dénoncer les conséquences néfastes des méthodes de Staline qui s'étaient implantées chez vous également.

. Le cas de Traicho Kostov — pour lequel la IV* Internationale n'a pas hésité à dénoncer immédiatement le caractère faux et monstrueux de l'accusation — est l'exemple le plus connu des conséquences de ces méthodes de Staline en Bulgarie.

Traicho Kostoy était naturellement loin d'avoir été trotskyste, c'est-à-dire un marxiste révolutionnaire conséquent, Si la IV‘ Internationale a pris sa défense ainsi au elle l'a fait dans le cas de Koxe Dodje, de Rajk et d'autres victimes de la terreur stalinienne, c'est parce que, indépendamment des idées politiques défendues par lui, il était victime de méthodes de violence et de calomnies policières qui n’ont pas de place dans les rangs du mouvement ouvrier.

Mais Traicho Kostov n'est pas la seule victime de ces méthodes indignes. Avant lui ces méthodes furent appliquées avec une rigueur égale contre les membres de la section bulgare de la IV‘ Internationale, le camarade Gatchev et ses compagnons.

La section bulgare de la IV* Internationale a une glorieuse histoire de lutte conséquente pour le programme du marxisme révolutionnaire en Bulgarie. Elle n'a jamais trahi les intérêts du prolétariat bulgare; elle n'a pas pactisé avec ses ennemis de classe : elle n'a pas avili les idéaux de la Révolution et du Socialisme.

La section bulgare de la IV° Internationale a eu une conduite irréprochable pendant la deuxième guerre mondiale ; elle s’opposa dès le début contre l'occupation nazie

QUATRIEME INT EUR N A TT O NA LE du pays et contre les collaborateurs indigènes. Plusieurs de ses militants ont payé de leur vie cette attitude,

Lors de la libération, elle revendiqua tout le pouvoir aux ouvriers et paysans bulgares, sans compromissions opportunistes avec qui que ce soit du camp ennemi. Elle lutta avec courage pour un régime de véritable démocratie prolétarienne en Bulgarie qui aurait évité les conséquences néfastes de l’absolutisme stalinien et fortifié immensément la République.

Précisément à cause de cette conduite, elle fut immédiatement après la libération l'objet d'une répression impitoyable.

Le camarade Gatchev, vieux révolutionnaire, un des plus anciens membres du P.C. bulgare, qui a passé une longue période de sa vie dans les prisons de la réaction, fut arrêté à Plovdiv en 1946 et déporté ; il a disparu. Sa compagne a connu le même sort, ainsi que plusieurs de leurs camarades.

Nous vous demandons que vous donniez la preuve d’un véritable abandon des méthodes de violence, de terreur envers des tendances idéologiques du mouvement révolutionnaire, en réhabilitant la mémoire des trotskystes bulgares criminellement supprimés, en libérant ceux qui survivent encore dans les prisons et les camps de concentration, en nous fournissant des nouvelles sur le sort de chacun d'eux, en commençant par celui du camarade Gatchev et de sa compagne.

C'est maintenant votre strict devoir.

Nous vous demandons que de telles mesures soient étendues à toutes les autres tendances du mouvement révolutionnaire bulgare qui ont subi la même répression, y compris celle des camarades anarchistes.

La démocratie prolétarienne n'est pas autrement concevable dans un pays qui se réclame d’un régime socialiste, Faites la preuve que vous abandonnez réellement la monstrueuse caricature de dictature du prolétariat à laquelle vous a acculés l'imitation bureaucratique des méthodes odieuses de Staline. Rétablissez la démocratie prolétarienne en réhabilitant les tendances du mouvement ouvrier bulgare et en légitimant leur existence.

Vive ja démocratie prolétarienne !

Vive le pouvoir démocratique des ouvriers et paysans bulgares !

Salutations communistes-internationalistes,

LE SECRETARIAT INTERNATIONAL DE LA IV: INTERNATIONALE mm

Le 10 avril 1956

Source : Quatrième Internationale, Vol.14 N°4-6, juin 1956 · scan (Radar, 16-014-00073).

Une erreur sur cette page ?