Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Sur la nature et le caractère de la période de transition

juin 1951 · Débat préparatoire au IIIe Congrès mondial · 3 298 mots

In English: On the Nature and Character of the Transition Period from Capitalism to Socialism — traduction assistée par machine.

du capitalisme au socialisme Michel Pablo (Raptis), juin 1951

Ce que j'ai écrit dans mon article sur « La nature de classe de la Yougoslavie » et ensuite dans l'article « Où allons-nous ? » au sujet de la période de transition du capitalisme au socialisme, de sa durée probable et de son caractère, a provoqué une série de commentaires et de réactions diverses dans notre mouvement. Ce qui m'oblige à m'expliquer davantage sur cette question, dont l'intérêt d'un point de vue théorique, et aussi pratique, est, il me semble, considérable.

J'ai en effet écrit que cette période de transition occupera probablement quelques siècles, et j'ai insisté sur ce fait. Les camarades qui trouvent excessive cette durée probable n'ont peut-être pas fait suffisamment attention à ce point précis : qu'il s'agit de la période dans laquelle s'achèvera la transition du capitalisme au socialisme. La prise du pouvoir n'est pas encore le socialisme, selon le sens économique et social de ce terme dans le vocabulaire marxiste. J'emploie le terme socialisme dans son sens classique, défini tout d'abord par Marx lui-même, à savoir le régime dans lequel les forces productives auront pris un tel développement qu'il permettra l'abolition progressive effective des classes, de l'État, de la distinction entre travail manuel et culturel, entre la ville et la campagne.

La société socialiste achevée est l'antichambre directe de la société communiste dans laquelle s'appliquera effectivement la formule « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », et dans laquelle auront disparu les différents « stigmates de l'ancienne société », comme disait Marx, stigmates que porte encore « sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel », la société issue du capitalisme après la prise du pouvoir par le pro14riat. Cette période de transformation du capitalisme en socialisme, ce dernier terme étant pris dans son sens économique et social et non simplement politique (prise du pouvoir par le prolétariat), est de toute évidence une période historique entière s'étendant sur quelques siècles.

Les classiques du marxisme ont envisagé la question, il me semble, dans ce sens général, indépendamment des nuances que nous pouvons distinguer chez les uns et les autres. Marx, dans sa lettre à Bracke sur le programme de Gotha du 5 mai 1875, parle de la « période de transformation révolutionnaire de la société capitaliste en société communiste », période à laquelle correspond « une période de transition politique où l'État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat ».

Une idée de la durée probable assignée par Marx à cette période, nous l'avons dans le passage essentiel de la Critique du programme de Gotha où Marx donne une analyse économique et sociale de la société future. Rappelons les points essentiels de ce passage qui nous servira du reste aussi à mieux comprendre le caractère concret de cette période de transition.

Marx insiste sur le fait que la société issue du capitalisme après la prise du pouvoir ne pourra pas être immédiatement une « société communiste (...) telle qu'elle s'est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire telle qu'elle vient de sortir de la société capitaliste ; une société par conséquent qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l'ancienne société des flancs de laquelle elle est issue ».

Sur le plan économique et social, cette société est régie encore par un droit bourgeois qui, tout en étant en amélioration constante par rapport au droit bourgeois intégral, « reste toujours grevé d'une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu'il a fourni ; l'illégalité consiste ici dans l'emploi du travail comme unité de mesure commune ». Cependant, les besoins des individus n'étant pas égaux, « à égalité de travail et par conséquent à égalité de participation au fonds social de consommation, l'un reçoit donc effectivement plus que l'autre, l'un est plus riche que l'autre, etc. ».

Mais ces défauts sont inévitables dans la première phase de la société communiste, ajoute Marx, « telle qu'elle vient de sortir de la société capitaliste après un long et douloureux enfantement [souligné par nous] ». Tout ceci disparaîtra selon Marx quand la phase socialiste de la société post capitaliste sera achevée et que commencera la phase supérieure communiste, c'est-à-dire quand « auront disparu l'asservissante subordination des individus à la division du travail et avec elle l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre mais deviendra lui-même le premier besoin vital ; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance [souligné par nous] ».

D'après ces passages, à mon avis il est clair que Marx, tout en considérant comme il le dit dans sa lettre précitée à Bracke que « le programme [du parti] n'a pas à s'occuper pour l'instant, ni de cette dernière [de la période de transition], ni de l'État futur dans la société communiste », envisageait une période historique entière entre la société capitaliste et sa transformation en société socialiste achevée (dans le sens, répétons-le, économique et social du terme).

Venons-en maintenant à Lénine. Il fut, lui, à la fois contraint et porté par les conditions de son temps, à parler beaucoup plus concrètement sur cette période de transition et sur son caractère, surtout après la prise du pouvoir en Russie. Les trotskystes savent tous de quelle manière puérile Staline et son école ont voulu patronner leur théorie du « socialisme dans un seul pays » par le nom de Lénine, à coup de citations falsifiées dans leur esprit et même leur lettre. L'essentiel de leur opération consistait à donner au terme « socialisme » que Lénine emploie effectivement, dans plusieurs de ces articles, dans le sens de « prise du pouvoir politique », possible dans un seul pays, le sens d'achèvement du contenu économique et social du socialisme, achèvement de la société socialiste possible, y compris dans un seul pays. En réalité, aussi bien l'esprit que la lettre d'innombrables écrits de Lénine sur cette question n'envisagent la possibilité d'une société socialiste achevée qu'à l'échelle mondiale.

Et dans quels délais ? Voici quelques citations caractéristiques : « Il est difficilement imaginable de supposer que notre génération prochaine, qui sera beaucoup plus développée, pourra effectuer une transition complète au socialisme. » (rapport du 29 avril 1918 au comité exécutif central pan-russe du gouvernement soviétique). Voici dans quels termes Trotsky commente cette concession de Lénine : « L'accomplissement de ce but [l'achèvement de la société socialiste], Lénine l'envisageait comme le travail successif de deux ou trois générations, d'ailleurs en liaison indissoluble avec le développement de la révolution internationale. » (« La IVe Internationale et l'URSS », 1er octobre 1933)

Le 3 décembre 1919, au Congrès des communes et cartels, Lénine déclarait : « Nous savons que nous ne pouvons établir un ordre socialiste à présent. Ce sera bien [souligné par nous] si nos enfants et peut-être nos petits-enfants l'établissent. » (Œuvres, vol. 16) Cette estimation de Lénine prend toute son importance que on ajoute que Lénine envisage ici la durée de l'accomplissement non pas du socialisme dans la Russie seule, arriérée et isolée, mais du socialisme sur une échelle beaucoup plus large, par la victoire de la révolution qu'il misait en Europe, et en Allemagne avant tout.

Mais, naturellement, c'est encore Trotsky qui a dû et qui a pu s'exprimer le plus concrètement possible jusqu'ici sur la durée probable et le caractère de la période de transition du capitalisme au socialisme. Pour combattre la confusion et les falsifications dans lesquelles l'école stalinienne a traîné une notion aussi fondamentale du marxisme que le sens à donner politiquement, économiquement, socialement au terme « socialisme », Trotsky fut obligé d'insister avant tout sur les conditions matérielles qui caractérisent un régime vraiment socialiste. « La société socialiste ne peut être construite, considère Trotsky, que sur les forces productives les plus avancées, sur l'application de l'électricité et de la chimie au processus de production, y compris l'agriculture ; en combinant, généralisant et portant au développement maximum les éléments les plus élevés de la technique moderne. (...) Le socialisme ne doit pas seulement hériter du capitalisme les forces productives les plus élevées, mais il doit immédiatement les faire progresser, les élever à un niveau supérieur et leur donner un développement inconnu dans le capitalisme' [souligné par nous]. »

Le « réel développement socialiste Trotsky envisageait qu'il dépendait d'un haut développement des forces productives, porté bien au-delà des niveaux atteints par les pays capitalistes les plus avancés, et qui commencerait après la victoire du prolétariat « au moins dans quelques pays avancés ». Trotsky parlait à ce propos de l'« époque de véritable construction socialiste » qui s'ouvrirait alors seulement . Mais c'est encore dans la Révolution trahie que Trotsky a pu le mieux s'exprimer sur toutes ces questions, le but de l'analyse donnée dans cet ouvrage étant de saisir le devenir réel de la révolution à notre époque en partant de l'expérience concrète de l'URSS. Quelles sont à ce propos les conclusions fondamentales de cet ouvrage ?

a) La prise du pouvoir, qui est à l'ordre du jour pour tous les pays à notre époque et qui

est par conséquent possible dans chaque pays séparément, n'établit pas

immédiatement un régime socialiste, selon le sens économique et social de ce terme,

mais un régime transitoire « entre le capitalisme et le socialisme ou préparatoire au

socialisme ». Ce régime appliquera « des méthodes socialistes pour des tâches

présocialistes ».

b) L'époque du « réel développement socialiste » commencera avec la 'victoire de la

révolution sur une échelle internationale, c'est-à-dire englobant au moins plusieurs

pays avancés, sur la base d'un niveau de forces productives dès le début au moins égal

à celui « dont le capitalisme le plus avancé s'est rapproché ».

c) À l'encontre de ce que pensaient Marx et encore Lénine, « procédant uniquement de

la théorie marxiste de la dictature du prolétariat », on ne peut pas abolir,

immédiatement après la prise du pouvoir et avant d'avoir atteint un certain niveau de

forces productives bien supérieur au niveau du capitalisme le plus avancé, les

« déformations bureaucratiques » et on ne peut plus les combattre par des mesures

« purement politiques » (éligibilité et révocabilité à tout moment de tous les

mandataires, suppression des privilèges matériels, contrôle actif des masses). « L'État

socialiste, même en Amérique, sur les bases du capitalisme le plus avancé, ne pourrait

pas donner à chacun tout ce qu'il lui faut et serait par conséquent obligé d'inciter tout

le monde à produire le plus possible. » (la Révolution trahie, p. 68)

d) Les tendances et déformations bureaucratiques ne sont pas propres au seul

développement de l'URSS arriérée et isolée. « Les tendances bureaucratiques qui

étouffent le mouvement ouvrier devront aussi se manifester partout après la révolution

prolétarienne [souligné par nous]. » (ibid., p. 71)

« Mais il est tout à fait évident que plus est pauvre la société née de la révolution et

plus cette "loi" doit se manifester sévèrement, sans détour, et plus le bureaucratisme

doit revêtir des formes brutales ; et plus il peut devenir dangereux pour le

développement du socialisme [souligné par nous]. » (ibid, p. 71)

e) « Le développement des forces productives est pratiquement la première condition

absolument nécessaire [du communisme] pour cette raison encore que l'on

socialiserait sans lui l'indigence et que l'indigence ferait recommencer la lutte pour le

nécessaire et par conséquent ressusciter tout le vieux fatras [souligné par nous]. »

(Marx, cité par Trotsky dans la Révolution trahie, p. 71)

Il résulte que, dans l'esprit de Trotsky (sinon dans la lettre même de ses écrits), la transformation du capitalisme en socialisme occupera effectivement une époque historique entière, remplie de régimes transitoires bureaucratiquement déformés, et que ces déformations bureaucratiques inévitables (qui ont avant tout des causes économiques) ne disparaîtront qu'au fur et à mesure que la révolution gagnera les pays avancés et que leur niveau des forces productives atteindra et dépassera celui du capitalisme le plus avancé. D'où naturellement l'intérêt primordial de la révolution dans les pays avancés et de la victoire internationale de la révolution ; pour accélérer la reconstruction socialiste et atteindre le plus rapidement possible le réel contenu économique et social du socia4me.

Je pense que ce que j'ai écrit dans mes deux articles sur la durée probable et les caractéristiques de la période de transition cadre complètement avec ces vues réelles de Trotsky sur ces questions.

En ce qui concerne la durée de la période de transition, j'ai ajouté dans « Où allons-nous ? » la remarque qu'il ne faut pas oublier que nous sommes déjà dans le deuxième centenaire depuis la parution du Manifeste communiste qui mettait à l'ordre du jour la révolution socialiste, et à plus de cinquante ans depuis le commencement de « l'impérialisme, dernière phase du capitalisme ».

Croit-on sérieusement que tout le reste, c'est-à-dire la transformation effective du capitalisme en socialisme, soit une question de quelques décades, d'années seulement ? Même dans le cas où la révolution gagnerait prochainement les États-Unis, cette masse essentielle et de loin la plus importante du système capitaliste, dans laquelle est concentré le plus haut degré de développement des forces productives que le capitalisme ait connu, l'achèvement d'une société socialiste mondiale restera une œuvre de longue haleine (ne serait-ce que pour porter le niveau des forces productives et du progrès économique dans le reste du monde au niveau des USA). D'autre part, dans le cas, maintenant plus que probable, où la victoire de la révolution prolétarienne mondiale aura à traverser encore l'épreuve d'une troisième guerre, avec toutes les destructions que celle-ci provoquera (y compris cette fois aux USA même), il faut naturellement compter avec des délais encore plus longs et des difficultés supplémentaires. Ces vues n'ont rien de « pessimiste ». Ce qui serait plutôt illogique, enfantin, mécanique serait, à notre avis, une conception d'après laquelle la plus formidable transformation de la société (sortant de sa barbarie millénaire) sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, pourrait s'accomplir miraculeusement, selon une ligne courte et rectiligne de développement.

Quelle importance pratique y à-t-il à insister tant sur la durée probable et le caractère de la période de transition ? Elle nous paraît grande. Il s'agit tout d'abord d'armer les cadres communistes de notre mouvement avec une perspective historique et avec des notions claires sur les buts à atteindre, pour qu'ils puissent dominer le conjoncturel, l'impatience activiste, l'impressionnisme. Il s'agit aussi de les rendre aptes à saisir le développement de la révolution à notre époque dans son aspect réel et concret, en dehors de tout formalisme de pensée.

Les développements qui ont eu lieu durant et après la dernière guerre, la formation du « glacis » européen, la révolution yougoslave et chinoise, les autres révolutions coloniales actuellement en cours en Asie ont provoqué des réactions divergentes dans l'avant-garde révolutionnaire. Une série d'éléments ont interprété ces événements comme l'expression d'un rôle historique « progressif » du stalinisme et en sont arrivés à la « conciliation » avec lui, à son « idéalisation » ou à la capitulation pure et simple devant lui, plus spécialement dans les pays où sa pression reste toujours grande.

D'autres éléments subissent la pression de classe contraire, qui devient de plus en plus grande au fur et à mesure que nous approchons du moment crucial de l'épreuve, se refusant â toute distinction entre le caractère social des régimes et des mouvements et leur direction temporairement stalinienne ou stalinisante et rejettent les uns et les autres en bloc. Ces éléments ont une conception « idéale » du processus révolutionnaire réel et concret à notre époque, et ne l'admettent que dans ses formes pures, les normes décrites par Marx et Lénine. La déformation bureaucratique du pouvoir prolétarien qui a marqué la Révolution russe et, à travers sa dégénérescence, une grande partie du processus révolutionnaire de nos jours, ils la considèrent comme la négation pure et simple de toute différence avec le capitalisme dans le contenu de classe, bien que ce contenu n'ait été acquis que par la lutte contre le capitalisme et la destruction de ses fondements, c'est-à-dire des rapports de production et de propriété qui lui sont propres.

Pris entre ces deux tendances, nous avons été obligés de réaffirmer et de défendre les critères fondamentaux de la théorie marxiste et les idées maîtresses données par l'analyse trotskyste de l'URSS et du stalinisme. Nous avons patiemment expliqué dans quelles conditions concrètes exceptionnelles, la bureaucratie soviétique fut amenée à exproprier économiquement et politiquement la bourgeoisie dans les pays du « glacis » européen, et dans quelles conditions exceptionnelles le Parti communiste yougoslave et le Parti communiste chinois furent poussés par le puissant mouvement des masses au pouvoir. Nous avons analysé et démontré, â la lumière plus spécialement de l'expérience yougoslave et de la crise du stalinisme dans les autres pays du « glacis », les éléments de crise et de différenciation qui existent dans l'expansion du stalinisme. Nous avons surtout insisté sur cette idée fondamentale de notre arsenal théorique que la déformation bureaucratique du pouvoir prolétarien, et plus spécialement la forme monstrueuse qu'elle a prise avec la bureaucratie soviétique en URSS, ne sera éliminée que par le triomphe de la révolution sur une échelle internationale comprenant les pays avancés.

Mais qui dit révolution dit avant tout destruction du capitalisme, destruction de ses rapports de production et de propriété et établissement de nouveaux rapports. C'est là le fait décisif La forme stalinienne de la déformation bureaucratique du pouvoir prolétarien n'a pris naissance que dans le cas d'un pays arriéré et semi-barbare qui est resté longtemps isolé de nouveaux progrès importants de la révolution mondiale.

L'expropriation politique du prolétariat et la formation d'une telle bureaucratie omnipotente et incontrôlable, comme celle qui existe en URSS, est exclue dans le cas d'un triomphe international de la révolution englobant les pays avancés, et particulièrement dans le cas d'une victoire aux États-Unis.

Nous n'avons jamais écrit ni laisser comprendre que l'expropriation politique du prolétariat après la prise du pouvoir sur une échelle internationale peut être envisagée comme possible, et moins encore qu'elle peut s'étendre sur des siècles. Une telle affirmation équivaudrait théoriquement à admettre la théorie du « collectivisme bureaucratique », c'est-à-dire la possibilité d'un régime historique intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme. Nous avons écrit au contraire mot à mot ceci : « Le pouvoir [prolétarien] se bureaucratisera inévitablement rapidement et risquera d'aboutir à une expropriation politique complète du prolétariat, si la révolution reste isolée dans un pays encerclé de l'impérialisme [souligné maintenant]. »

« Les modifications de la norme du pouvoir prolétarien, avons-nous écrit plus loin, ne diminueront qu'au fur et à mesure que la base du pouvoir prolétarien débordera le cadre d'un seul pays et englobera de plus en plus un domaine de l'économie mondiale [souligné maintenant]. »

Même pour l'URSS, nous n'avons pas admis que le développement de la bureaucratie favorisée par de puissantes causes économiques devait nécessairement et fatalement transformer « le Parti bolchevik, et à travers lui de toute l'Internationale communiste, en organes de la bureaucratie . »

La chute du stalinisme, nous la plaçons dans le déroulement de la lutte déjà engagée entre l'impérialisme et la révolution sous toutes ses formes : l'URSS, les « démocraties populaires », la Yougoslavie, la Chine, les révolutions coloniales en cours, le mouvement révolutionnaire international. Cette lutte ne durera pas des siècles mais une période beaucoup plus courte. Elle amènera, comme nous l'avons maintes fois répété dans tous nos écrits, à travers la destruction du capitalisme et de l'impérialisme, la chute aussi du pouvoir bonapartiste de Staline et du stalinisme. Ceci est la base de notre optimisme et de nos perspectives révolutionnaires.

Bulletin intérieur du SI, n° 8, juillet 1951.

Notes

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 4, p. 71–78 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

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