Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Statuts de la IVe Internationale

septembre 1938 · La conférence de fondation de la IVe Internationale (3 septembre 1938) · 847 mots

In English: Statutes of the Fourth International — texte anglais publié à l’époque.

1. Tous les militants prolétariens et révolutionnaires du monde qui acceptent et

appliquent les principes et le programme de la IV° Internationale se réunissent

en une seule organisation mondiale sous une direction centralisée internationale

et une même discipline. Cette organisation a le nom de IV° Internationale (Parti

mondial de la révolution socialiste) et est réglée par les présents statuts.

2. Dans tous les pays, les membres de la IV° Internationale s'organisent en partis

ou ligues, qui constituent la section nationale de la IV° Internationale (Parti

mondial de la révolution socialiste).

3. Les sections nationales se constituent sur la plate-forme et selon la structure

organisationnelle définies et établies par le congrès de fondation de la IV°

Internationale (septembre 1938). Dans sa plate-forme, la IVe Internationale

concentre l'expérience internationale du mouvement révolutionnaire marxiste,

en particulier telle qu'elle ressort des conquêtes socialistes de la révolution

d'Octobre 1917 en Russie. Elle assimile et s'appuie sur toutes les expériences

sociales progressives de l'humanité, qui conduisent à l'expropriation de la classe

capitaliste et à la suppression finale des classes.

4. Le régime intérieur de l'Internationale, à l'échelle locale, nationale et mondiale,

est déterminé par les principes et la pratique du centralisme démocratique.

Les sections sont tenues d'observer les décisions et résolutions de la Conférence

internationale et, dans l'intervalle, du Comité exécutif international, représenté

dans l'intervalle de ses sessions par le Secrétariat international, tout en

conservant le droit d'appel devant les instances immédiatement supérieures

jusqu'à la prochaine. Conférence internationale.

5. Les sections nationales doivent verser une cotisation régulière (mensuelle ou

trimestrielle) à la trésorerie du Secrétariat international destinée au

fonctionnement des organismes internationaux, qui sera proportionnelle au

nombre de ses adhérents.

6. Dans chaque pays, il ne peut y avoir qu'une seule section de la IVe Internationale,

c'est-à-dire qu'une seule organisation dans chaque pays peut être régulièrement

affiliée à la IV° Internationale.

La procédure et les mesures pratiques pour la formation ou la reconnaissance

de nouvelles sections nationales dans les pays où elles n'existent pas seront

établies par le Comité exécutif international pour chaque cas particulier, et

soumises à la ratification de la Conférence internationale. La fusion d'une

organisation évoluant vers la IV° Internationale et d'une section nationale

pourra être réglée par le Secrétariat international et soumis à la décision du

Comité exécutif international.

7. L'instance suprême de la IV° Internationale à l'échelle mondiale est la

Conférence internationale, qui fixe la politique de l'Internationale et des sections

dans toutes les questions politiques importantes, adopte les résolutions et

tranche en dernière instance les questions d'organisations et les conflits

intérieurs.

La Conférence internationale devra se réunir au moins tous les deux ans. Elle

sera convoquée ordinairement par le CEI et sera composée des délégués, ou de

leurs représentants mandatés, de toutes les sections. Elle pourra être convoquée

extraordinairement sur la demande de plus d'un tiers des sections nationales.

8. Dans

l'intervalle

entre

les

conférences

internationales,

la

direction

internationale est confiée au Comité exécutif international, composé de quinze

membres, appartenant aux sections nationales les plus importantes et élus par

la Conférence internationale.

Le CEI se réunit au moins une fois tous les trois mois, pour examiner le travail

du Secrétariat international et délibérer sur les problèmes les plus importants.

Les délibérations du Secrétariat international ne sont susceptibles d'appel que

devant le CEI ou la Conférence internationale. Le CEI peut être convoqué

extraordinairement par décision majoritaire du SI ou par demande d'au moins

trois directions nationales.

Le CEI est responsable devant toute l'Internationale de l'exécution des décisions

et de l'application de la ligne politique adoptés par la Conférence internationale.

9. Une section nationale peut proposer la révocation ou la substitution d'un de ses

membres appartenant au CEI. Cette mesure doit être approuvée par le vote

majoritaire des membres du CEI.

10. Le travail administratif et politique quotidien, ainsi que les liaisons régulières

avec les sections, est assuré par un Secrétariat International, composé de cinq

membres résidant au siège du secrétariat, choisis dans leur majorité parmi les

membres du CEI et par celui-ci.

Le SI aura au moins un camarade permanent dont l'activité sera entièrement

consacrée au travail du SI et dont l'appointement sera assuré par les

contributions des sections. Le SI édite un bulletin régulier mensuel, au moins en

langue française, anglaise et allemande, au nom du CEI.

11. Les membres du SI peuvent être remplacés par décision majoritaire du CEI, qui

aura aussi le droit d'appeler à son travail des collaborateurs qualifiés.

12. Dans le but d'assurer une meilleure liaison et une plus grande cohésion

organisationnelle et politique entre les pays des continents éloignés du siège du

SI, il est prévu la constitution de sous-secrétariats chargés des mêmes tâches

que le SI, mais soumis à la juridiction de celui-ci.

La constitution de ces sous-secrétariats est décidée dans les cas concrets par

décisions de la Conférence internationale, et en l'absence de celle-ci par le CEI.

13. Le CEI a le droit de prononcer, après examen et consultation des intéressés,

l'exclusion de sections ou de membres individuels de la IV° Internationale. Les

décisions d'exclusion sont exécutoires, bien que les intéressés conservent le

droit d'appel devant la Conférence internationale.

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 1, p. 266–268 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

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